Journalisme et... journalisses
À la une du Nouvel Obs,
hier, on pouvait lire (dans l'ordre) : «La violence doit cesser et les discussions doivent reprendre [au Moyen-Orient], déclare la Maison Blanche»
[1], «Le peuple irakien n'aime pas l'Amérique, déclare le président iranien»
[2], «Bogota affirme que l'opération conduite samedi contre le numéro 2 des
Farc a eu lieu en territoire colombien» [3]. - Dans la même veine,
c'était du pareil au même à la une du New York Times, du Times de Londres et à à celle de cette belle grosse Presse de Montréal (qui ajoutait quand même que «les Canadiens
étaient maintenant seuls en tête de leur division»). Pour le reste (journaux du monde entier), j'imagine que les nouvelles devaient être les mêmes sauf, peut-être sur l'ile de Jersey - où
l'on vient de découvrir quelque chose d'«anormal» dans une ancienne école - ou à Chamonix où un bonhomme s'est tué en tombant d'une télécabine ou peut-être même à Trois-Rivières
(Québec) où deux présumés trafiquants ont été arrêtés vendredi dernier à... Sainte-Cécile...
Qu'on me pardonne de poser la question
mais ces nouvelles, qu'on-t-elle à voir avec le journalisme, cette noble profession qui consiste à être un phare qui provoque, crée et soutien l'opinion publique ?
(Th. Renaudot)
Je regardais, il n'y a pas longtemps, de vieux, de très vieux journaux, des journaux du début du siècle dernier, et quelle ne fut pas ma surprise
de constater qu'à l'époque, on n'y allait pas de ces «faits» neutres, vérifiés et revérifiés, quitte à laisser au lecteur le droit de se faire une opinion mais que, si on n'aimait pas
son adversaire d'en face, le job du journaliste consistait à ne dire que du mal de lui, point, à la ligne. - Le choix du lecteur, c'était d'acheter un autre journal - Aujourd'hui
? - Tenez :
J'ai passé plusieurs heures, hier, à lire les dépêches en provenance du monde entier surtout en ce qui concerne le Moyen-Orient et en ce qui concerne
particulièrement l'état d'Israël et la Palestine (oui, je sais, la Palestine n'existe pas mais passez-moi l'expression) et vous savez ce que j'ai trouvé ? - Une condamnation unilatérale de
tout ce qui est bombardement, tuerie, attaque à la roquette, intervention militaire mais aucune, absolument aucune opinion quant à de quel côté son opinion devait pencher. - Ça, je l'ai trouvé
dans les courriers des lecteurs (particulièrement celui du Times de Londres) où chacun ne se gêne pas pour dire que les juifs sont des nazis, que les gens du hamas sont des terroristes,
que les États-Unis se sert d'Israël pour s'emparer des réserves de pétrole du Moyen-Orient, que les enfants du coin vivent dans la misère et terreur, etc., etc.
Enfin, que je me suis dit, des informations qui en valent la peine mais parallèlement à cette lecture, vous savez que ça m'a pris un bon bout de
temps, sur Internet, pour apprendre la grandeur du territoire de l'état d'Israël en 1949 et la grandeur du territoire de l'état d'Israël aujourd'hui ?
[4] - Un fait qui m'a semblé intéressant de savoir. - Y'en a plusieurs autres (qui finance le Hamas ? d'où provienne les roquettes lancées
contre Israël ? combien de morts, dans un camp comme dans l'autre depuis, mettons 1970 ?) mais j'a appris une chose : que c'est pas dans les journaux que j,allais l'apprendre.
Et les journalistes ? - Une suggestion : qu'ils cessent de s'appeler «journalistes» : ce mot a des connotations d'ennuyeux personnages qui, à la
été, viennent expliquer pendant des heures la victoire d'un parti plutôt qu'un autre dans un comté totalement sans importance. - Qu'il s'appellent, plutôt, je ne sais pas, moi : rédacteur,
chroniqueur, correspondant, échotier, envoyé (spécial), reporter ou tout simplement : recopieur de bandes de nouvelles.
Simon
[1]
Proche-Orient : Washington demande la fin des violences dans la bande de Gaza.
[2] Reécu
en Irak, Ahmadijenad critique les États-Unis
[3]
Farc :
la Colombie dément tout viol de souveraineté
[4] Pour les
curieux : 20,700 km² en 1949 v. 28,177 km² en 2008
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