En marge du «Super-Bowl»
Il semblerait que, quel que soit le sport
pratiqué, le pays où on le pratique (j'allais écrire «vénère»), il faut qu'il y ait à la fin d'une saisons, un grand gagnant mais un grand gagnant qui n'a rien à voir avec les résultats des
seize, trente-deux, soixante-quatre ou cent vingt huit matchs ou games joués au cours de l'année. (Je me trompe peut-être mais la palme quant au plus grand nombre de ces
games doive être attribuée au baseball américain avec ses 160 rencontres par équipe quoique, si on compte le nombre de minutes passées sur le court, le basket soit, dans ce
domaine, un sérieux concurrent).
Oublions les catégories (moskito, battam, battam-junior, junior, collégiale, mineure,
etc.) et pensons juste, comme disent les américains, aux majors (on prononce «médjeur») mais attention, hein : aux vraies majors car, il y a dans ces
majors, des minor-majors qui, à elles seules, pourraient faire l'objet d'une plus longue chronique.
Dans ces
véritables majors, pour en revenir au grand gagnant, voici comment l'on procède :
On choisit, sur les mille vingt-quatre
équipes en présence, les cent vingt huit ou deux cent cinquante six premières qu'on fait jouer entre elles en soixante-quatrième, trente-deuxième, seizième, huitième, quart et demi finale pour
en arriver à une grande finale qui, au football américain [*], porte le joli
nom de Super-Bowl ou bowl des Bowls
Pourquoi bowl des Bowls et
pourquoi Super-Bowl ? - Parce qu'il y en a d'autres : le College Bowl, le Rose Bowl, le Junior Bowl, les West-Coast Bowl... un peu comme
il y a différentes coupes dans l'autre foot )voir la note ci-dessus) : celle d'Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas, celle de France, d'Europe, d'Amérique, d'Australie et puis celle du
Monde, sauf que cette dernière a lieu une fois à tous les quatre ans tandis que le Super-Bowl, lui, a lieu tous les ans vers à peu près la période de l'année que
nous traversons présentement qui finit, en quelque sorte, l'année précédente.
So far, so good, comme disait Voltaire,
mais voilà qu'à cause des blessures, des échanges, des départs et des changements de direction, les deux équipes en présence lors de Super-Bowl n'ont pas
nécessairement la même allure ni la même composition, ni les mêmes joueurs qu'elles avaient au cours de la saison dite régulière et ce sont donc deux formations différentes (par rapport
à ce qu'elles étaient au départ) qui s'affrontent lors de cette ultime rencontre. - Qu'importe : leurs joueurs portent, d'une part et de l'autre les mêmes couleurs et proviennent tous, en
principe (mais rarement) de la même ville et c'est là que la véritable rivalité entre en ligne de compte mais une rivalité telle qu'on veut bien nous la décrire.
Parce que, si vous regardez de près, particulièrement ce qui s'est passé lors des Super-Bowls précédents, vous vous
rendrez vite à l'évidence qu'au cours du match qu'on va vous présenter sous ce ronflant titre, il n'y aura pas de véritable rivalité et, compte tenu des individus en présence, il n'est pas
certain que vous verrez un bon match.
Bon, d'accord, y'aura les pubs (pas mauvaises à ce qu'on dit mais des pubs, c'est pour
vendre quelque chose, non ?), le spectacle à la mi-temps, les idioties dites par les spécialistes invités, une bière avec les copains mais si tout va bien peut-être verrez-vous un joueur
se faire briser un bras ou une jambe.
Ne manquera plus que les lions, l'empereur et le doigt levé mais ça viendra.
Simon
[*]
On dit «football» mais dans le fond, ce port n'a rien à voir avec les pieds : il se joue essentiellement en tenant le ballon près de soi ou en l'envoyant,
par les airs, à un coéquipier. - Après avoir compté un «touché» (vous voyez d'ici la contradiction), alors là on peut le frapper avec ses pieds (et puis parfois, aussi, quand on
se sait plus quoi faire). Raison pour laquelle les Américains appelle l'autre foot, le soccer. - À cause des socks (bas) ?