Ordonnateurs, pardon : ordinateurs
Trente ans et quelques mois (un peu plus si on pense aux premiers Heatkits) : voilà l'âge des micro-ordinateurs, ces appareils qui auraient, selon certains
historiens, «révolutionné» le monde de la communication. Pourtant, quand je lis mes courriels, le matin, je me demande si on ne devrait pas revenir aux
tablettes de cire ou aux manuscrits enluminés du moyen-âge. D'ailleurs, je me demande souvent ce que certaines personnes peuvent bien faire avec des appareils capables de gérer des compagnies
d'aviation ou de jouer la Marseillaise à l'envers. Ils surfent ? Mais où ?
Toujours le même problème avec l'informatique
(je parle de l'informatique personnelle) : les appareils et les logiciels sont devenus si puissants qu'on ne s'y retrouve plus : écrire un simple mot de remerciement avec Word ou calculer ce
qui nous reste à calculer, après taxes et impôts, avec Excel est devenu d'une complexité incommensurable. - Dans chaque ordinateur, pourtant, livrés gratuitement, on retrouvera sans peine une
calculette, un bloc note et même un petit agenda qui ne sont pas piqués de vers et même de quoi faire jouer la Marseillaise à l'endroit. Des portables (téléphones) en sont même équipés : on
peut, en effet, aujourd'hui, trouver facilement des portables-téléphone-caméra-walkman-ouvre-bouteilles avec boussole et couvre-chaussures. Reste qu'il sont trop petits pour être vraiment
utiles et si nous avons tous entendu parler de portables échappés dans des cuvettes, la même chose ne semble pas s'être produit à la même fréquence avec des ordinateurs de table ou des laptops
d'où leur prolifération même avec la miniaturisation
Je ris toujours de bon coeur quand je vois quelqu'un entrer chez un
revendeur de micro pour se procurer l'ordinateur qui comblera tous ses désirs.
Cela se passe un peu comme cela se passe dans les
pavillons de banlieue : dans les murs les constructeurs déposent des produits chimiques qui font, qu'après quelques semaines seulement, ceux qui les habitent trouvent que les murs sont mal
placés, que les placards ne sont pas assez grands ou que la cuisine mériterait d'être rénovées : une fois les premières données entrées, le nouveau propriétaire d'un micro réalise tout à coup
qu'il peut classer ses diapos, «remonter» ses films, écouter la radio ou transformer les 107 symphonies de Haydn en fichiers mp3 ; seulement... manque, à l'appareil qu'il a en main, la
carte, le disque externe de six milliards d'octets, le multiplicateur de ports USB et le voilà qui pense au prochain appareil.
La solution ? - Décider d'abord ce qu'on veut faire (et rien d'autre) et se procurer l'appareil ad hoc mais allez donc expliquer à quelqu'un qui roule six kilomètres par jour qu'il n'a pas de
besoin d'une Ferrari...
Simon