Dans la continuité d'une série :
C'est à se demander, parfois, pourquoi certains enregistrements qui se vendent en millions d'exemplaires ne sont pas imprimés sur des CD biodégradables tellement
leur durée de vie sera courte. - Qui se souvient, par exemple, de «All My Love», basé sur le Boléro de Ravel (sic), créé par Patti Page
et qui fut numéro 1 pendant cinq semaines au Hit Parade de 1950 ?
Et puis y'a le contraire :
Imaginez une opérette dont le livret fut écrit par un commissaire de police qui, ne connaissant pas grand chose en versification, s'adjoignit
un des co-signataires d'une opérette sur une actrice à la Comédie Française arrêtée en 1793 avec ses camarades pour avoir joué une pièce révolutionnaire et dont la musique fut
confiée à un musicien de Café-Concert qui avait composé des pochades comme «Méfie-toi de Pharaon» ou «Paille d'avoine». - Pas prometteur, n'est-ce pas ?
À la première, un critique du temps (aujourd'hui inconnu), Edmond Stoullig n'y alla pas de main morte :
«[Le compositeur] s'imagine sans doute avoir fait de la musique. Hum !... Appliqués à des refrains de cafés-concerts
qui ont traîné partout, les mots de "musiquette" et "d'opérette" nous semblent bien suffisants... Sa partition est un ramassis de polkas, de valses et de rondeaux
qui sont autant de réminiscences. Quant à la pièce, c'est une Dame Blanche transportée au pays du Roi d’Yvetot, avec ressouvenirs de La fille du régiment...
On prendrait volontiers sa canne et son chapeau si l'on n'était retenu par les artistes, qui font parfois preuve de talent et d'originalité...»
L'auteur : Charles Gabet. - Le co-auteur : Clairville. - Le compositeur : Robert Planquette.
Ce serait quand même surprenant que n'ayez jamais entendu parler de «Les cloches de Corneville», le titre de leur chef-d'oeuvre.
De ces «Cloches», une chanson qui, comme l'opérette tout entière a fait le tour du monde et qui continue d'être chantée, bon an, mal, depuis
plus d'un siècle (et presque une demi).
L'interprète : Placide Morency, un baryton québécois (1887-1890)
qui, lui, n'a pas fait le tour du monde..
Bon d'accord : un commissaire de police, un boulevardier, un compositeur plus ou moins connu et un
interprète presque tout aussi inconnu mais... écoutez quand même. C'est mieux que le «All My Love» de Patti Page
(cité ci-dessus).
J'ai fait trois fois le tour du monde - Un disque Starr (Gennett), no. 12129 - 1924
- 1,32 mo

Pour nos enregistrements précédents, cliquez
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Et puis :
Le livre de l'année :
Le Café-Concert
1848-1914
François Caradec -Alain
Weill

Faites-vous plaisir ou faites plaisir à vos amis. - Un livre sur la chanson française du temps du
Café-Concert comme il n'en sort un qu'à tous les vingt-cinq ans.
Plus qu'une réimpression du livre
des mêmes auteurs, portant le même titre, paru en 1980 à l'Atelier Hachette/Massin (et qui ne cesse d'être cité depuis sa publication) : une nouvelle édition entièrement revue,
augmentée (de 190 pages, on est passé à plus de 400) - Aux Éditions Fayard :
«François Caradec et Alain Weill nous amènent au café-concert, cette forme
typiquement française de spectacle qui, de 1848 à 1914, fut l'ancêtre du music-hall.
À ses débuts , sous le Second Empire, ce sont des établissements en plein air dans les jardins des Champs-Élysées, avec pour seul décor la corbeille - cinq ou six
femmes en toilette qui occupent le fond de la scène. À son apogée, sous la Troisième République, ce sont de grandes salles au décor luxueux où, au fil des années la scène
et les costumes s'enrichissent pour aboutir à «la Revue». Il reste toujours un lieu où on entre gratuitement pour écouter des chansons tout en buvant et fumant la pipe ou
le cigare.
Ce livre illustré cite de nombreux couplets de chansons ainsi que les textes des principaux critiques de l'époque. Il fait revivre tout le petite monde des
entrepreneurs, vedettes (Paulus, Yvette Guilbert, Bruant, Polin, Dranem, Fragson, Mayol...), les cabots en tous genres, les musiciens, les bouquetières, qui ravissaient un
public avide de la grivoiserie d'un répertoire que la censure n'arriva jamais à vraiment contrôler.»
Et encore. Cette notice ne mentionne pas les trois plus grandes qualités de ce livre : un texte
impeccable, d'innombrables photos (plusieurs inédites) et un véritable index pour s'y retrouver.
Ne nous reste plus qu'à attendre un livre similaire sur le Music-hall.
(Nous rappelons que le site
Du temps des cerises aux Feuille mortes
n'a aucune
vocation commerciale et que son auteur ne reçoit aucun bénéfice direct ou indirect en attirant l'attention de ses lecteurs sur de telles publications).