Vieillir...
«Vieillard : personne un peu plus vieille, un peu plus gâteuse que soi. Et antipathique de surcroît.» (Georges Elzoguy,
Le fictionnaire - Denoël, 1973)
J'ai déjà lu - et il me semble il n'y a pas très longtemps - que le problème
de la vieillesse, c'était la jeunesse, c'est-à-dire qu'en vieillissant,
on conservait cette sensation qu'on restait jeune. - En y repensant ce
matin je me suis dit qu'il s'agissait là d'une boutade pondue par
quelqu'un qui n'était plus tout en fait jeune mais qui n'était pas
encore tout à fait vieux. Entre, mettons, trente-cinq et quarante-cinq ans
car, avant et après, comment savoir de quoi on parle ?
De toutes façons, je m'excuse mais le problème de la vieillesse
n'a rien à voir avec la jeunesse : il émane du fait que les vieux se ramassent
invariablement avec des gens de leur âge et, de surcroît comme disait
l'autre, des gens avec qui ils n'ont plus rien en commun.
À vingt ans, quand ils étaient vraiment jeunes, les vieux
ont fait comme tout le monde : ils ont crié dans les couloirs du métro, pour les garçons,
et ri de la robe d'une voisine, pour les filles et se sont crus ainsi
convaincus de faire partie d'un clan où ils se ressemblaient tous mais, trente, quarante ans plus tard, après avoir
eu des enfants (ou pas), après être devenus ministres, assistés sociaux,
avocats, chauffeurs de camion, téléphonistes, soudeurs, braconniers,
voleurs, équilibristes (cf. : la chanson) ou encore agriculteurs, notaires, pelleteurs de nuages,
réparateurs de chaudières ou pédérastes, après avoir habité quelques
décennies, les uns, un pavillon de banlieue, les autres un tour au centre-ville, que
leur reste-t-il de ce qu'ils avaient en commun ?
Personnellement, je trouve fort détestables les gens de mon âge :
comprennent rien de ce que je leur dis, de ce que je pense ; ils ont lu
d'autres livres, écoutés d'autres musiques, voyagé ailleurs, bu
d'autres liquides et, de plus, ils ne font que me parler de leurs
bobos... à eux.
Et puis vous avez vu comment ils s'habillent ?
Ceux de la génération précédente, autant ne pas en parler et je me demande
si on peut donner le qualificatif de «génération» à ceux qui me suivent.
Autant rester seul
: pas un problème mais une consolation.
Simon