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Nos
chroniques :
Du bureau d'Herméningilde Pérec :
«Comment
rédigez-vous votre canard ?» nous écrivait un jeune
étudiant de Saint-Agapit récemment diplômé de l'École de Technologie
Supérieure de Saint-Hyacinthe [1].
Voici notre réponse :
Cher Jeune
Homme,
Première
réponse : il ne s'agit pas, comme vous dites, d'un «canard»
mais bien d'un «hebdomadaire illustré au service de la
communauté intellectuelle du quartier universitaire de Napierville»
et d'un hebdomadaire qui porte le nom de «Castor». -
«Castor», en l'honneur de cet industrieux petit
mammifère qui, comme le dit sa devise «a les dents longues et
répond à tout». - Que ce «Castor» soit lu dans le
monde entier (et même ailleurs, comme nous le soulignait il y a deux
jours le
Révérend Chasuble) ne fait que
rappeler l'universalité de nos habituels propos et n'enlèvent rien à
ses qualités représentatrices.
Deuxième
réponse : de différentes façons.
Certains
écrivent encore à la machine avec l'aide facultative d'une
dactylo. - D'autres préfèrent le crayon de plomb, comme notre
reporter, Roger V. Landry, qui doit souvent composer
ses textes sous différents climats où les stylos à bille, les
porte-plumes et autres instruments épistolaires ne supportent pas la
chaleur ou le froid. - Son Éminence le cardinal Moe Spitzman,
à ce qu'on m'a laissé sous-entendre, utiliserait les services d'un
de ses damoiseaux pour recueillir ses nobles pensées. - Ms
Inferna Mieli, côté sport, serait une adepte des «Post-it». -
Simon Popp aurait un de ces gadgets électroniques où s'entremêlent
rendez-vous, numéros de téléphone et enregistrements vocaux. - Quant
au
Professeur,
il n'écrit pas : il dicte mais il dicte après avoir longuement
réfléchi et classé, mots par mots, phrases par phrases, ses plus
qu'importants communiqués [2]. -
Personnellement, je me sers toujours d'un stylo Steinberger (modèle
1927), hérité de mon père, et auquel je n'ai pas hésité, pour être à
la page, à transformer en stylo à cartouches dès 1954 et toujours
dans des carnets fabriqués sur mesure par la Vatfair-air Recycling
Company (division du New Jersey).
Et il en est
ainsi pour tous ceux qui, de semaines en semaines, prennent la plume
(une façon de parler) pour rédiger les textes que nous soumettons à
la masse toujours croissante de nos fins lecteurs.
Veuillez
agréer, cher Jeune Homme, l'expression, etc.
Que ceux qui tiennent le présent numéro dans leur main songent
conséquemment à toutes ces variantes avant de nous écrire, comme le
faisait, il y a quelque temps, une dame considérablement avancée en âge,
et nous dire que nous sommes trop... «électriques» [3].
Sur ce, bonne lecture.
Nous souhaitons à tous, une bonne semaine.
Obédieusement vôtre,
Herméningilde Pérec
[1]
Saint-Agapit, Québec et Saint-Hyacinthe, Québec
(pour nos lecteurs européens). - Qu'on nous permette
d'ajouter, ici, que nous recevons depuis des années
des lettres toujours enflammées de la jeunesse
agapitoise.
[2]
La légende veut qu'il ait dicté, sans qu'une seule
correction soit nécessaire, en neuf sessions de huit
heures, les 26 volumes de son traité sur les
Anglicismes dans la région de Sutton (1978).
[3]
Obvieusement «éclectiques».

Du bureau de Simon Popp :
De la musique dans les ascenseurs Il
y en a que ça ne dérange pas. Il y en a d'autres qui ne peuvent pas
supporter. - Je parle, bien sûr de la musique dans les ascenseurs, dans
les restaurants, les shopping centers. Je suis un de ceux
qui, sans la condamner, la trouve un peu bébête.
J'ai connu des gens qui la planifiaient. Pour les fêtes qu'ils avaient à
organiser dans leur village ou pour un dîner en faveur des déshérités de
la paroisse. «Après la soupe, nous passerons Les Compagnons de la
Chanson ; après le fromage, Mireille Mathieu, et, pour les
jeunes, nous aurons du rap...» Comme si les jeunes allaient accourir par
centaines pour entendre via des haut-parleurs mal fichus ce qu'ils
écoutent toute la journée sur leurs appareils à mp3.
D'abord, les gens feront bien ce qu'ils voudront et ce n'est pas en leur
passant n'importe quelle musique qu'ils se lèveront pour se lancer en
bloc sur la piste de danse. - C'est pareil pour les pelouses : s'il n'y
a pas de trottoirs où ils ont l'habitude de passer, il n'y aura pas de
pelouses non plus.
Dans le lot de mes contemporains, il y en a, évidemment, qui sont sourds
ou imperméables à n'importe quoi mais quand, dans le restaurant où je
vais, j'entends pour la onzième fois la même chanson, chantée par le
même chanteur - et parfois au cours de la même soirée -, je me demande
ce à quoi ça peut servir. - Certainement pas à me faire digérer mon
fettucini Alfredo.
Et
il y a ces pubs à la radio, tout comme à la télé, où le concepteur, un
mal-entendant évidemment, tient absolument à ce que son produit soit
identifié, tôt ou tard, à un jingle quelconque. - Quatre notes, je vous
le donne (ex. : Intel) mais quand j'entends deux chanteurs totalement
inconnus (et pour cause !) s'époumoner en voulant me convaincre que «C'est
chez X qu'on trouve les meilleurs petits pois / Parce qu'on ne les vend
pas au poids...», alors là je débarque.
J'ai déjà lu quelque part que, tout ça, c'était planifié, que c'était le
fruit de plusieurs années de recherches, de recherches qui, notamment,
avaient démontré que les hommes étaient meilleurs vendeurs de savon à
lessive que les femmes ; qu'il fallait des gonzesses pour vendre des
autos ; que les hommes préféraient se raser avec des coupe-gorge plutôt
qu'avec des rasoirs électriques ; que les enfants, dans une pub bien
faite, étaient essentiels ; que des chimpanzés étaient d'excellents
vendeurs de thé. Et aujourd'hui, on vend des produits pharmaceutiques
dans une langue incompréhensible.
Quand j'étais jeune, il y avait des lames à double tranchants.
Aujourd'hui, z'en sont rendus avec des rasoirs à cinq lames. Ce que nos
barbes ont fait comme chemin depuis les débuts de la télévision !
Et
puis vous voyez : même moi je suis tombé dans le panneau : je voulais
parler de la stupide musique dans les ascenseurs et voilà que je vous ai
parlé de publicité. - On ne s'en sort pas.

De nos reporters :
Roger V. Landry
(r.i., q.t.)

Montréal-poubelle ? - Pas si l'on en croit notre reporter qui est allé
examiner de près les dizaines de camions de la ville prêts à oeuvrer au
sein de la communauté montréalaise et rendre aux trottoirs et aux rues
leurs destinations premières. - Montréal propre comme New York ? - Dans
un avenir rapproché, n'en doutons pas. - C'est ce que nous disait notre
reporter pas plus tard que la semaine dernière.

Moe Spitzman
(Son éminence, le cardinal) -
en direct d'Hollywood :
On
me demande souvent quelles sont les caractéristiques les plus
intéressantes de la papemobile. - Dans l'ordre : 1 - des
vitraux à la place des glaces latérales, 2 - un miroir sur lequel on
peut lire «Les objets que vous voyez sont plus saints qu'ils ne le
paraissent», 3 - on peut maintenant y monter à la manière de Bo et
Luke des Dukes of Hazard, 4 - lorsque Sinead O'Connor se met à chanter,
la radio change automatiquement de poste, et 5 : 4,6 litres au 100 kms
(un vrai miracle !).
Et
non, en réponse à Madame Legendre de Brossard, le pape n'a pas
l'intention de porter le chapeau à pointes que lui a dessiné la firme
Kangol mais ce chapeau sera déposé au musée du Vatican.

Inferna Mieli (Ms) - Sport.
Quart pour
Biarritz, demie en vue pour Paris. - Le PSG cherche le maintien et
dernière chance pour Sedan. - Samedi classé «orange». -Alain Delon
dévoile une partie de sa collection et : 53.000 festivaliers
attendus à Tout-Rosières le 1er mai.

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