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Nos
chroniques :
Du bureau d'Herméningilde Pérec :
Des dizaines ? Sûrement. -
Plusieurs centaines, sans doute. - Des milliers ? Peut-être mais nous ne
sommes pas ici, au Castor™, de ceux qui attachent [*]
une importance démesurée à ce genre de statistiques : nous sommes de
ceux qui, comme certains politiciens, préfèrent la qualité à la quantité
mais, nous fiant à la correspondance que nous recevons de semaines en
semaines, c'est toujours avec un grand soin, malheureusement atrophié
par les heures de tombée, que nous nous attaquons à nos affligeants
travaux dont le but est toujours de satisfaire la curiosité de la masse
si fine et si intelligente de nos lecteurs.
Nous disons «masse» en pensant à la fois à «quantité» et à
«volume» mais surtout au «poids» que peut représenter
l'opinion de nes lecteurs dans leur environnement de tous les jours.
«Un
intelligent vaut trois sots» me disait justement à ce propos le
Professeur Marshall pas plus tard que la semaine dernière lorsque je lui
ai demandé son opinion sur je ne me souviens plus quel sujet.
Chose certaine : pour la curiosité, nous en avons, cette semaine, pour
tous les goûts. Comme d'habitude.
Nous souhaitons à tous, une bonne semaine.
Obédieusement vôtre,
Herméningilde Pérec
[*]
Certains écriraient, ici, «attachons»

Du bureau de Simon Popp :
Journalisme
Je sais qu'il ne faut pas poser ce
genre de questions mais je vais la poser quand même :
S'il n'y avait pas
eu de tuerie en Virginie la semaine dernière, de quoi les journaux
auraient-ils parlé ? Des pédophiles d'Angers ? Du ti-gars de dix ans qui
est mort dans un incendie à Québec la semaine dernière ? des cinq morts dans une collision
frontale près de Trois-Rivières ?
Je me souviens du
temps où, à court de nouvelles, les journalistes nous parlaient de
l'apartheid en Afrique du Sud ; ou des pourparlers de paix au
Moyen-Orient (toujours à la mode quand aucun avion ne s'écrase).
Je me souviens
également m'être dit une journée que, pour faire la une de La Presse (à
Montréal), il fallait un petit avion qui s'écrasait dans une champ dans
l'est de l'île, d'un quatre places en banlieue de Sherbrooke, d'un douze
places à Toronto, d'un Boeing 747 à Los Angeles mais d'au moins deux
Boeing, et en pleine ville, de Bogota ou de Dahomey.
...
Il m'arrive
parfois de lire de vieux journaux (j'en ai une collection du début du
siècle dernier) et ce n'est qu'au niveau d'un entrefilet - en troisième
page - que j'apprends, parfois, qu'il y a eu un déraillement, en
Allemagne, vers 1910 ou par là, avec au-delà de 120 morts. - La première
page de ces journaux est invariablement consacrée aux nouvelles
économiques, politiques, aux décisions ministérielles, à l'ouverture
d'une exposition universelle... - Vous allez me dire qu'il y a bien eu
le Titanic mais du Titanic, on en parle encore. Quand est-ce, la
dernière fois, avez-vous entendu parler de la destruction du World Trade
Center ? Mais s'il y a eu une explosion dans le sud de Bagdad, vous en
avez immédiatement été informé. - Ici, à Montréal (car je pose la
question souvent), qui se souvient de ce couple dont le mari ne voulait
pas que sa femme se fasse avorter et qui a fait la manchette de tous les
quotidiens pendant des semaines il y a, quoi ? dix ans ? - Réponse :
plus personne.
Les politiciens
ont bien compris le jeu : un problème ? Créons un comité d'enquête : le
temps que son rapport sera émis, la chose aura été oubliée. Pourvu que
ce comité prenne son temps.
Le rapport Malouf,
ça vous rappelle quelque chose ? Le maire de Montréal accusé de
tergiversations, de détournement de main-d'oeuvre, de dilapidation de
fonds publics. - Aux USA, ce maire aurait fait de la prison. Pas ici :
il a dit qu'il allait répondre à ce rapport. La réponse n'est jamais
venu : il a eu le temps de vieillir paisiblement et de mourir «entouré
des siens», bien paisiblement. On a même donné son nom à un parc. -
On le déterrerait, aujourd'hui, et sa dépouille redeviendrait maire.
...
Je n'ai jamais
serré la main à un politicien - JAMAIS - et dorénavant à l'exception de
deux ou trois et du personnel du Castor, je crois que je serrerai plus
la main à un journaliste.

De nos reporters :
Roger V. Landry
(r.i., q.t.)

Angle
Sainte-Catherine et Saint-Laurent, Montréal
Poursuivant sa visite du centre-ville de Montréal, la plus grande ville
française en Amérique, notre reporter s'est rendu, la semaine dernière,
sur la «Main» ou rue (boulevard) Saint-Laurent, dans son
secteur le plus actif soit celui qui va du quartier chinois à l'avenue
des Pins mais il a dû rebrousser chemin, l'accès d'un de ses tronçons
ayant été temporairement interdit pour cause de meurtre. - «Ce n'est
que partie remise, nous a-t-il confié, car je compte bien y
retourner la semaine prochaine mais... armé cette fois-là.»
En
attendant, nos lecteurs sont invités à visiter un mini-reportage sur l'art
mural, tel que pratiqué dans le quartier (avec un lien vers
le poète skin
Robert «Bob» Lortie.

Moe Spitzman
(Son éminence, le cardinal) -
en direct d'Hollywood :
Au
coeur d'un débat qui dure depuis plusieurs semaines dans la communauté
hollywoodienne : l'infaillibilité du pape. «Saurait-il, m'a
demandé jeudi dernier un de nos paroissiens, préparer adéquatement un
sandwich aux oeufs frits ?» - J'ai répondu que je ne le savais pas,
ce qui prouve que si le pape est omniscient et infaillible, ce n'est pas
nécessairement le cas de ses humbles cardinaux.

Inferna Mieli (Ms) - Sport.
-
Cinq matchs auront été
disputés mardi dernier dans la LNH, dont le quatrième entre
les Sénateurs et les Penguins.
-
Yannick Nézet-Séguin et Louis Lortie
pourraient, dans un avenir rapproché faire face au même
orchestre.
-
René Therrien,
ingénieur à la retraite, autrefois employé de
Desjardins-Sauriol, a admis, lundi dernier, avoir participé
à la conception de plans et à la surveillance de chantier de
viaduc et de pavage de routes.
-
Rt il paraït qu'en
France, ils n'en sont qu'à la première moitié.

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