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Nos
chroniques :
Du bureau d'Herméningilde Pérec :
«My
Dear Hermy, tout cela n'est qu'une conséquence de la "dreadful
cabin fever"...»
Pour le «dreadful», je n'ai eu aucune difficulté : mon
Marshall French-English-French-Italian Dictionnary™ m'a mis sur la
bonne piste. Dans ce compendium linguistique, le mot signifiait tout
simplement : «affreux», «épouvantable» et même «formidable»
qui, en français, comme tout le monde le sait, veut dire «qui est à
craindre». C'est du côté de la «cabin» (cabane ?) et de la «fever»
que j'ai eu quelques difficultés, i.e. : comment une «cabane»
pouvait bien avoir la «fièvre» ? J'ai du, à ce propos, consulté
le directeur de la voirie de l'Île Saint-Louis (Var) qui m'a référé au «Dictionnaire
des expressions savantes» de Sternwallow et Fitzgerald où j'ai
trouvé, en page 726 du volume XVII : «folie passagère conséquente à
une solitude prolongée». Et c'est ainsi que j'ai compris - et pu
expliquer à la population locale - la présence, dans le quartier
universitaire de Napierville, de l'abominable homme des neiges (ou d'un
extra-terrestre, ou d'un policier de la Gendarmerie Royale du Canada -
les plaintes variaient) vendredi dernier, au cours de l'avant-dernière
tempête de neige à s'abattre dans notre région (avant-dernière parce
qu'on nous en annonce une autre pour ce soir - au moment où ces lignes
seront publiées).
La
photo ci-dessus décrit la «chose» aperçue.
Enquête faite, il s'est avéré que cette «chose» n'était qu'un
gardien de sécurité effectuant sa ronde.
«Cabin
fever» ! - Comment expliquer autrement, en
effet, l'hiver n'étant pas encore terminée, qu'on ait pris ce brave
gardien affrontant une des manifestations du réchauffement de la planète
pour un être dont la réalité a toujours été mise en doute, un de ces
policiers habituellement vêtus d'un costume rouge britannique ou un
extra-terrestre ?
Surtout un extra-terrestre, comme nous le souligne Simon Popp dans sa
chronique d'aujourd'hui...
Pour le reste, nous conseillons à tous nos lecteurs de réserver leur
place pour la conférence que doit donner, samedi prochain, à 07h00, en
la salle Marc Ronceraille, un des directeurs des files d'attente dans
les hôpitaux du Québec, conférence qui a pour thème
«L'introduction d'événements indépendants dans l'axiome de Bayes».
Surtout à cause des vins et fromages.
Sur ce, nous vous souhaitons à tous, une bonne semaine.
Obédieusement vôtre,
Herméningilde Pérec

Du bureau de Simon Popp :
Pubs et pubs
Qu'ont en commun le bowling et un verre de vin ? Un lit. - Un
parachute et un café-terrasse ? De la bière. - Une jeune fille
sans chaussures et une Rolls ? Un parfum. - C'est du moins ce que
laissent sous-entendre les plus récentes pubs qu'il m'a été donné de
voir à la télévision.
Il y en a,
malheureusement,beaucoup d'autres :
-
deux
ex-entraîneurs de hockey qui semblent vouloir mousser la vente d'un produit connu sous le
nom de «glucosamine» et dont on nous dit absolument rien
-
des chiens
qui annoncent du savon pour laveuse à vaisselle
-
un
malhabile homme à-tout-faire qui représente une chaîne de
pharmacies
-
une dame
atteinte d'une perte de mémoire chronique qui oublie, de jours
en jours, et cela depuis des semaines, de se procurer le petit
bloc-note vocal dont elle dit que personne ne devrait se passer
-
un
bonhomme qui porte une couronne et qui vend des stores verticaux
-
un robot
pensant (à la Rodin) qui vend des autos
-
un
programmeur, les deux pieds dans l'eau, qui représente la firme
Toshiba
-
des
corbeaux qui se spécialisent dans la vente de nettoyeurs pour
portes de patio...
C'est sans
doute ce qui explique pourquoi nous ne sommes plus visités, depuis
quelques années, par des extra-terrestres car ces extra-terrestres,
aussi intelligents qu'ils puissent être, doivent avoir une certaine
difficulté à nous comprendre, ou à comprendre tout simplement ce que
sont ces liquides dont on remplie des verres sans jamais les boire
et qu'on nous dite de ne consommer que modérément et que
personne ne consomme modérément (du moins dans les
établissements que je fréquente, moi le premier).
Chose
certaine, quand on dit qu'une bonne pub peut vendre à peu n'importe
quoi à n'importe qui, je pense à ces concepteurs de pubs qui ont
réussi, eux, à vendre leur salade à ceux qui sont prêts à
investir des millions dans quelque chose (une pub) dont ils ignorent
tout. - À ceusses-là, je
dis une chose : j'aimerais bien voir votre
campagne pour faire de Sophocle ou de Saint-Simon des auteurs de
best sellers.

De nos reporters :
Roger V. Landry
(r.i., q.t.)

Septième avenue, au nord du boulevard Rosemont. À Montréal, Québec. C'est là que notre
reporter s'est fait photographier vendredi dernierl. - «J'ai été attiré à cet endroit, nous a-t-il
écrit, car
des rumeurs voulaient qu'on pouvait y trouver une souffleuse à neige en
plein action, chose rare depuis quelques années.»

Moe Spitzman
(Son éminence, le cardinal) -
en direct d'Hollywood :
Il
est bon ton, aujourd'hui, de parler contre la jeunesse : qu'elle est
comme ceci ou comme cela, qu'elle boit trop, qu'elle se drogue, qu'elle
n'a ni moralité, ni patriotisme... Il n'en demeure pas moins qu'elle
existe, qu'elle ressemble à peu de choses près à celle qui l'a précédée
et que c'est parmi ses membres que se trouvent nos futurs prêtres. - Un
miracle en perspective.

Inferna Mieli (Ms) - Sport.
Les miracles ne sont pas l'apanage des grandes religions. - À
Aberdeen (South Dakota), par exemple, au cours du tournoi de basketball
(Série B), les Hurley Bulldogs sont revenus de l'arrière, dans les
dernières secondes de jeu, par sept points !, pour vaincre les
Mitchell Christians. - Nous avons de plus appris qu'Erik Bédard sera le lanceur
partant lors de l'ouverture de la saison des Orioles (de Baltimore) le 2
avril prochain (!) et que Randy Ferbey a battu son compatriote
Kevin Martin 9-8 au curling
hier après-midi (Coupe Strauss)..,.

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