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Nos
chroniques :
Du bureau d'Herméningilde Pérec :
Nous recevions la semaine dernière un message d'un abonné au numéro
habitant la partie septentrionale de l'état du Wisconsin, Mr. Ernst Muëller,
q.t., nous signalant que dans l'édition du Castor™ du 29 janvier
dernier il avait trouvé pas moins de dix-sept fautes de grammaires, neuf
d'orthographe (dont deux graves et une impardonnable) ainsi que trois
concordances de verbe de «douteuse» nature. «Qu'est-il arrivé
à votre équipe de correcteurs ? nous a-t-il demandé, cette équipe
qui savait jusqu'à tout récemment, du moins dans vos troisième et
quatrième éditions rendre votre canard digne de l'université que vous
représentez...»
Pour l'équipe, nous en reparlerons dans un prochain numéro mais que Mr.
Muëller, q.t., sache que nous sommes surpris d'apprendre que Messieurs Grevisse
et Larousse n'ont point, à cause de nos imprudences, le repos qu'ils
méritent mais que nous sommes encore plus surpris de constater que notre
édition destinée au marché américain ne lui parvienet pas car, comme nous
le soulignons à chaque semaine, c'est dans cette édition que nous
atteignons neuf fois sur dix la perfection digne, comme IL le
souligne, «de l'université que nous représentons».
Nos autres abonnés auront, à cet égard, noté que l'Université de
Napierville n'a pas de faculté d'orthographe ni de grammaire pour la
simple et bonne raison que, si ses étudiants ont su se rendre jusqu'à
elle, c'est qu'ils ont déjà subi les examens appropriées dans les
institutions ad hoc (CEGEP au Québec, Lycée en France et High School
ailleurs) et qu'en conséquence ils savent s'exprimer dans une langue
sinon compréhensible, à tout le moins correcte.
On
remarquera, par ailleurs, que, du strict point de vue post-secondaire et
même post-collégial, l'UdeNap observe une politique unique de culture
qui se reflète dans les nombreuses activités parascolaires dont elle est
l'instigatrice dans la région où elle est installée ; conférences,
films, pièces de théâtre avec, à chaque semaine, au moins un récital de
poésie.
Can't be that !
Sur ce, nous vous souhaitons à tous, une bonne semaine.
Obédieusement vôtre,
Herméningilde Pérec

Du bureau de Simon Popp :
Puisque mon médecin m'a conseillé de perdre du poids (vous en
connaissez, vous, des médecins qui suggèrent à leurs patients
normaux de gagner du poids ?), puisque, comme je disais, il
m'a conseillé de perdre quelques kilos, je me suis mis à la
diète. Oh, pas à l'une de ces diètes où il faut boire du thé
déshydraté et bouffer trois graines de tournesol aux quatre heures
mais à une diète sensée : moins de gras, plus de légumes, moins de
viandes, plus de poisson, moins de fromage, plus de céréales,
etc., etc. Seulement... je me suis aperçu que je ne pouvais plus
rien manger.
C'est que,
voyez-vous, je me suis mis à lire les étiquettes que l'on colle sur
les produits en vente dans les supermarchés pour constater qu'il y
avait du sel ou du sucre dans tout. Il m'a fallu pour cela retourner
des années en arrière pour me souvenir que du sodium,
c'était du sel, que le sucre s'appelait également glucide mais que
quel que soit le nom qu'on donnait à l'un ou à l'autre, il était
normal d'en retrouver dans les pâtes alimentaires, le pain, les
saucisses, les biscuits et même le yaourt.
Autre
découverte étonnante : que j'étais, depuis des années, un grand
amateur de gomme xanthane, d'huile de canola, d'erythorbate, de
benzoate et de sorbate en tous genres (notamment de K ou de
potassium) ; que je raffolais des oignons, des champignons et de
différents produits laitiers (à condition qu'ils soient en poudre) ;
que j'absorbais régulièrement des colorants, du fer, du zinc, du phosphore et
même du
magnésium ; et que mes céréales contenaient suffisamment de
vitamines pour faire démarrer un 747 par grand froid.
Mais ce n'est
pas tout : que, dans mon eau, celle que mon médecin m'a recommandé de
boire par dessus tout (et en grande quantité), il était normal que
j'y retrouve du chlore. Vous savez ce que dit Le Larousse à
propos du chlore ? Que c'est un gaz TOXIQUE, jaune verdâtre (ce qui
en démontre la comestibilité) et d'une odeur SUFFOCANTE.
Alors je me
suis rabattu vers le comptoir des «produits naturels». Là
j'ai constaté que j'avais des problèmes de cholestérol, une
sorte de choses que, si on en a d'un certain type, c'est bien mais
que si on en a d'un autre, c'est pas bien du tout. (Pas assez futé
ces naturalistes de donner un nom différents à chacun.) Sauf que les
prix m'ont - passez-moi l'expression - estomaqué. - Je n'ai
pas demandé pourquoi, en n'ajoutant RIEN à des aliments, il fallait
les vendre plus cher. J'ai juste remercié l'ultra-maigre et'émaciée
jeune fille derrière le
comptoir et suis parti.
Dix minutes
plus tard, j'étais au café d'en face à consommer une double-vodka,
sans fruits, ni légumes, en me disant qu'avec la distillation, on
avait dû faire disparaître des pommes de terre et des grains à
l'origine de ce produit toutes ces cochonneries qu'on vendait de
l'autre côté de la rue.
Quoiqu'il en
soit, j'ai réalisé qu'avec tout ce que j'ai mangé (et bu) depuis que
je suis jeune, y compris ce que ma mère, une détestable cuisinière, me
faisait manger, j'ai réalisé que... j'étais mort depuis longtemps.
Et mon médecin
?
J'en ai déjà enterré deux.

De nos reporters :
Roger V. Landry
(r.i., q.t.)

Au
Turkménistan la semaine dernière, notre reporter a voulu assister live
à une manifestation de démocratie en vue des prochaines élections qui se
tiendront bientôt, ici même, au Québec, puis au Canada et finalement aux
États-Unis où de braves citoyens éliront en toute connaissance des faits
leurs futurs dirigeants.

Moe Spitzman
(Son éminence, le cardinal) -
en direct d'Hollywood :
La
messe à la télévision ? Oui, parfaitement d'accord. À condition qu'on ne
compare pas la qualité du spectacle à celle d'autres émissions,
particulièrement celle des bulletins de nouvelles ou de ces shows
dits de réalité. Malgré qu'on niveau des costumes, nous avons
plus d'expérience.

Inferna Mieli (Ms) - Sport.
Liverpool 6, Braves d'Atlanta 4. - Sénateurs d'Ottawa 9, Olympique de
Marseille 2. - Le RCT de Toulon 4, les Celtiques de Boston 103. - Aux Six Jours de Bruxelles, les Bouchons de Liège ont vaincu les Cataractes
de Shawinigan en deux sets, 6-1 et 6-2. - Et lors de sa dernière
présence au bâton, Madame Ségolène Royal portait une robe de taffetas
aux couleurs de Saint-Étienne tandis qu'au dernier tournoi de boxe, à
Rouyn-Noranda (Abitibi), les pugilistes Mario Tremblay et René Roy ont,
au troisième engagement, chaussé des patins et compté chacun deux buts
dans des filets déserts.

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