Le courrier
Un faux sur le site de l'UdeNap ?
C'est pourtant ce que nous a écrit le grand
spécialiste du regretté Louis Fréchette, Roger «Pic-pic» Dubois
(autrefois de l'Université de Sherbrooke et maintenant du Carré Saint-Louis,
à Montréal) qui nous dit que s'étant rendu à Saint-Norbert et ayant épluché
toutes les éditions de son Édificateur, il n'a pas pu trouver
une seule référence à l'article de l'abbé Lemoyne dont parle
Louis Fréchette dans sa fameuse lettre du 29 janvier 1893 et que nous
citons in extenso en nos pages.
(Voir
Lettre inédite de Louis Fréchette pour de plus amples références
sur cet abbé, l'hebdomadaire que fut l'Édificateur, etc.)
«J'ai
tout lieu de croire, nous écrit Monsieur Pic-pic, que Fréchette s'est
payé votre tête en vous faisant parvenir, évidemment, un double de sa
lettre - Dieu seul sait comment ou quand, car vous ne citez pas votre
source (et je dis "double" parce que l'orignal devant, de ce fait, être en
possession de son destinataire -, lettre à propos de laquelle, d'ailleurs,
j'ai de grave doute quant à la véritable authenticité car - vous
m'excuserez : à mon tour de ne pas être en mesure de citer mes sources,
toutes mes notes ayant été confisquées récemment à cause d'une vague affaire
de moeurs - ayant sacrifié mon existence à classer et reclasser le courrier
de Monsieur Fréchette, je ne me souviens pas d'avoir lu.»
«Quant à l'abbé
Lemoyne, poursuit-il, il n'y a jamais eu d'abbé Lemoyne à
Saint-Robert, selon l'archiviste de cette paroisse malheureusement décédé il
y a huit jours.»
Réponse :
N'eut été de la
promesse de non divulgation de nos sources, c'est avec une gifle épistolaire
que nous répondrions aujourd'hui à ce Monsieur Pic-pic mais voilà : quand on
a fait la promesse, comme nous l'avons fait, de ne publier en notre Castor
que des faits, tous les faits et seulement que les faits, nous ne pouvons
nous draper dans le drap de l'indifférence et du mutisme, notre devoir ayant
été accompli :
Cher Monsieur Pic-pic,
La
lettre publiée, ici, par nos soins, est non seulement authentique mais
originale car c'est des mains propres de l'abbé Lemoyne lui-même (évidemment, il
s'agit d'un nom d'emprunt à cause de certaines réputations à protéger) que
notre fondateur l'a reçu en 1897, peu avant que le pauvre homme (nous
parlons de l'abbé) trépasse d'une rare maladie dont nous ne pouvons hélas
révéler tous les détails (toujours ces réputations).
Veuillez agréer, etc.
Note :
Nous apprenons en
dernière heure que ce Monsieur Pic-pic, un joyeux farceur, a été condamné à
deux ans de détention pour faux et usage de faux (en rapport avec cette
vague affaire de moeurs mentionnée dans sa lettre).
Comme quoi...

Louis Fréchette
***
Le Castor en
plusieurs cahiers ?
C'est pourtant ce
qu'un de nos correspondants nous suggère :
«Chers géniaux
journalistes,
Je suis deuxième
assistant-chef à la direction du Département des Objets Retrouvés au
Ministère des Commandites, Dons et Legs de [...] et dois, de ce fait,
me présenter à mon bureau au moins trois fois la semaine, de huit heures du
matin à quatre heures de l'après-midi (avec deux pauses-café et de quoi me
nourrir longtemps le midi) mais avec ce qui se passe présentement du côté
des Commandites (je n'insisterai pas) et l'absence presque totale, depuis
plusieurs années, de dons et legs (et en conséquence le manque d'objets à
retrouver), il arrive que, les lundis et mardis, la somme de travail que
j'ai à accomplir n'effrayerait pas une horde de paresseux oisifs, qu'il soit
du domaine du loir au d'un autre. Aussi, dès la semaine commencée, je suis
content de revoir mon Castor, cet organe si régulier, paraître
à mon écran suite à diverses manoeuvres électroniques de ma part. Seulement
voici :
Avec son Carnet
de l'éditeur, ses Nouvelles nationales et internationales, ses
Nouvelles du quartier, son Carnet culturel (dont j'apprécie en
particulier la description des films qui passent au Bijou), le courrier,
les fêtes et anniversaires, les nouvelles de votre reporter, vos autres
nouvelles et vos nouvelles de dernière heure (plus les compte rendus, les
interviews et ces pages qu'on retrouve en annexe), je n'arrive plus à tout
lire en une seule session.
Vous allez me dire
que je n'ai qu'à le lire en sections mais voilà : le temps de tout charger,
ma première pause-café exige que je m'absente de mon bureau après n'avoir lu
que quelques lignes et, à mon retour, il faut que je recommence le même
processus. Inutile de vous expliquer plus longtemps mon dilemme.
Oh, j'ai bien
essayé, une ou deux fois, de sauter par des dessus ces pauses-café et même
une fois de rester devant mon écran pendant tout le temps du déjeuner mais
les regards réprobateurs de mes collègues m'ont vite fait changer d'idée.
Aussi, je me
permets de vous suggérer, pour vos nombreux et multiples lecteurs qui, comme
moi, doivent faire face à des contingences d'ordre organisationnelles
[de travail], de continuer de publier votre Castor mais de
le publier en plusieurs morceaux avec un menu, facile à charger, menant vers
différentes sections où, en prime, chacun pourra y aller selon sa fantaisie
et ses intérêts (quoique, personnellement, je continuerai à le lire dans son
intégralité).
Veuillez agréer,
cher maîtres,[etc., etc.]
Fulgence C. A.
de M.
deuxième assistant-chef
Direction du Département des Objets Retrouvés
Ministère des Commandites, Dons et Legs [...]»
Réponse
La publication du
Castor sous sa présente électronique forme en une seule page (avec annexes)
pose en effet des problèmes comme ceux que vous décrivez mais sa publication
en morceaux (comme vous dites) ne serait pas sans en poser d'autres
dont celui de la gérance (passez-nous l'expression) de multiples
et nombreuses pages (je vous cite encore) ce qui exigerait la création
d'un comité ad hoc, chargé de faire le lien entre toutes et le lien,
surtout, entre nos différents collaborateurs dont certains, dans un pays où
la régularité serait un mot d'ordre, pourraient être considérés comme des
anarchistes.
Tenez, par exemple,
nos nouvelles du sport. À l'heure où j'écris ces lignes (10h56), la tombée
est dans moins de vingt-quatre heures et nous n'avons toujours pas de
nouvelles de la personne responsable de ce cette rubrique et n'aurons aucune
autre alternative que de mettre un "à suivre" vis-à-vis son encadré
si son communiqué ne nous parvient pas. Or, un "à suivre" dans une
page à plusieurs facettes peut passer inaperçu mais le même "à suivre"
dans une page pour ainsi dire vierge aurait l'air d'un pouce meurtri
("sore thumb", en anglais) et devant la multiplicité de ces pages sur
internet où l'on peut lire "à suivre", "en construction", "à
bientôt" ou encore tout simplement "page inexistante", il nous
apparaît à nous, du Castor, que d'en ajouter une ou deux par semaine ne
serait que multiplier le problème de la pollution des ondes.
Nous songeons
cependant à rendre la lecture de notre hebdomadaire plus facile et avons
retenu votre suggestion ne serait-ce que pour les articles de nos
chroniqueurs les plus réguliers.
D'ici quelque temps,
etc.
C'est donc à suivre.
Obédieusement vôtre,
etc.
***
Autres messages
Un message de son altesse, Heliah 4 (1),
le shah d'Éghout, en exil au Caraguay qui nous signale aimablement quelques
fautes de frappe.
Nous sommes toujours heureux d'avoir de
vos nouvelles, cher altesse.
(1)
Ennemi juré des Romains depuis des décennies, le shah
d'Éghout préfère utiliser le chiffre arabe «4»
plutôt que son équivalent latin «IV». - Note de l'éditeur.
***
Une dame de Saint-Ubald-le-Truque (Var) nous
demande, avec la quantité de noms qui paraissent dans votre Castor à chaque
semaine, si les gens qui y sont mentionnés ne paieraient pour y voir leurs
noms étalés en première page. - Bien sûr que non, Madame. En fait, certaines
personnalités paient pour justement ne pas avoir leur nom publié en nos
pages.
***
Parmi les autres
messages qui nous sont parvenus, des demandes d'aide en tous genres (nous
répondons à celles que nous pouvons), des demandes de renseignements sur
comment on se joint à l'Église
Pentateutique des Saints de la Septième Venue du Christ,
comment en entre en communication avec la
F.I.BA.,
comment obtenir un doctorat
de l'UdeNap et ainsi de suite.
Ces messages ont été
traités comme il se devait.
|