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Le Castor de Napierville Organe vespéral et officiel de l'UdeNap |
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| Volume XVI, numéro 30a |
«Le castor a les dents longues : il répond à tout.» |
Le lundi 25 octobre 2004 |
Spécial courrier
Nous ne répondons généralement pas aux messages, signés au non, qui nous sont adressés et qui débutent par «bande de crétins» ou «triple idiot» mais celui qui suit, qui nous est parvenu de Saint-Armand Ouest, une délicieuse municipalité de la Province de Québec, adjacente à l'état du Vermont (aux USA), a quelque peu frappé notre imagination parce que, sans le vouloir, son auteur confirme ce que nous avancions dans un de nos précédents Castor.
Le texte de ce message, d'abord :
«...étant moi-même résident de [...], je tiens à exprimer bien haut la colère de mes concitoyens suite à la compétition de lancer du marteau d'un kayak récemment tenue sur la rivière aux Roches dans notre municipalité. Les quinze premiers participants, passe encore. Mais après les deux premières rondes, nous comprimes que l'alcool circulait à bord des embarcations. Cela se voyait aux vitres cassées dans les maisons des riverins, aux pare-brise en étoile et au décès très subit d'un bovin appartenant à M. Louis Hautecloque, honorable et pacifique agriculteur. La bête [le bovin, non l'agriculteur (*)] a déclaré mourir contente car elle ne verrait pas les anglais dans Québec. Le choc, évidemment.
Quand, voulant faire un jeu de mots gestuel, quelques uns voulurent lancer des enclumes, des marteaux-piqueurs et de petits os de l'oreille interne pris on ne sait où, la foule s'est dispersée. On a plus tard trouvé errant dans les rues un pauvre homme disant se nommer Pierre Paradis et déclarant ne plus vraiment savoir ou il en était. Il fut établi qu'aucun projectile ne l'avait atteint.
Des rumeurs circulent à l'effet que l'an prochain, les organisateurs de ce stupide événement veulent remettre ça avec un concours flottant de souque à la corde en panier percé. La révolte gronde...»
Évidemment, ce citoyen de Saint-Armand Ouest faisait allusion à un entrefilet paru dans le Castor du 23 août dernier que nous reproduisons ci-dessous pour ceux qui auraient temporairement égaré leur copie :
«Aux Jeux de Saint-Armand-Ouest, samedi dernier, la médaille de bronze, dans la catégorie du contre-la-montre quatre fois cent mètres du lancer du marteau à partir d'un kajak (avec barreur et en eau trouble), a été remportée par l'équipe de Saint-Armand-Est. - Étaient présents lors de la finale de cette rencontre : les frères Laferrière de Delson, le batteur des Rats et un fonctionnaire du Ministère des Finances, du Bien-Être Social et des Bijoux...»
Jeux de Saint-Armand-Ouest... bon, faisons la part des choses : les Jeux de Saint-Armand-Ouest n'ont pas toujours été homologués par le Guinness Book of World's Records et pour cause : pour faire partie de cet exclusif et prestigieux Book, encore faut-il avoir accompli son exploit devant deux témoins dignes de foi car où trouver à Saint-Armand-Ouest de tels témoins ? Et puis quels critères adopter par rapport à ce Book, originaire d'une fabrique où les boissons fermentées sont la source des principaux revenus ?
(*) Note de l'éditeur
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D'un autre correspondant, nous est parvenu un message débutant par une invective rarement utilisé dans nos régions (ce qui nous laisse supposer que, soit son auteur habite à l'extérieur du pays ou encore qu'il a fait parti d'une récent regroupement d'immigrants) qui, suite à la publication dans nos pages d'une photo de Pierre Laval (voir le Castor du 4 octobre dernier), s'est dit «outré» que l'on rappelle à nos lecteurs l'ouverture du procès de ce «traître à la Patrie», de ce «collaborateur de la pire espèce», de ce «vendu», etc., etc.
Inutile de préciser que nous n'avons pas répondu, notre travail étant d'informer et non de juger mais ce qui a retenu notre attention dans le message de ce correspondant, c'est sa référence au fait qu'il nous «attendrait cinq cents ans, s'il le faut, mais qu'il allait nous parler dans le casque (1) lorsque nous allions le rencontrer, etc., etc.»
Cinq cents ans nous a semblé quelque peu exagéré mais nous nous sommes souvenus à ce propos que le regretté saint Pierre a consenti, lui, à attendre une période beaucoup plus longue tel qu'en fait foi un article de notre feu confrère, A. Allais, article paru dans Rose et vert pomme (1893) (2). - On retrouvera le texte complet de cet article en annexe (3)
(1) Voir ce que nous disions ci-dessus à propos d'expressions rarement utilisées dans nos régions.
(2) Oeuvres anthumes / [avant-propos, biographie et bibliogr. par François Caradec]. – Paris : R. Laffont, 2000. – XLIX, 1173 p. ; 20 cm. – (Bouquins).
(3) Il faudra bien remercier un de ces jours la Providence qui a su enseigner aux Nations - à défaut d'autres enseignements - la sagesse de permettre aux défunts chroniqueurs, écrivains, dramaturges et autres écrivains de se faire entendre longtemps après leur mort, plus précisément, cinquante, soixante-dix ou soixante-quinze après (c'est selon les pays), les fameux copyrights sur leurs oeuvres n'existant plus après cette période, sinon, nous en serions, aujourd'hui, à chercher pour leur remettre des redevances - les descendants de Sophocle, Pline le Jeune ou, plus récemment, Victor Hugo dont les Ôdes, des années après leur première publication, continuent à faire tout un tapage auprès de la jeunesse de Saint-Édouard (Var).
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Vous trouverez, Madame Yvette G. de Trois-Rivières (Québec), dès ce matin, la version intégrale (1m27) de La chanson des prunes d'Oscar Thiffault en cliquant ICI.
Retour, si vous êtes venu par là, au : Castor du 3 mai 2005
Voir également à César et les Romains
Ou encore à : Sedia Gestatoria