«Ayant
dû, nous écrivait récemment une correspondante de
Saint-Paul-de-l'île-aux-Noix, me rendre récemment en
Abitibi-Témiscamingue - pour l'enterrement d'un cousin éloigné (mais
fort riche) - il m'est arrivé ainsi de manquer deux numéros du
Castor. À mon retour, quelle ne fut pas ma surprise de noter qu'ils
étaient non seulement parus mais qu'avec mon retard je me devais de prendre deux
jours de congé supplémentaires pour en lire les contenus et me mettre au
parfum des dernières nouvelles. [...] Je sais que vous êtes plusieurs derrière ce vespéral organe,
que l'information ne doit pas être écourtée, que vous êtes là pour
l'édification de la jeunesse mais serait-il possible que vous songeassiez
dans un éventuel futur à en faire un résumé ou à le raccourcir quelque peu
de telle sorte que des lecteurs et des lectrices comme moi puissent être
renseignés sans avoir à décider entre supprimer quelques-unes de leurs tâches
domestiques et leur travail ?»
(Pour nos lecteurs
d'outre-mer : Saint-Paul-de-l'île-Aux-Noix est une municipalité
[désignation : paroisse] constituée en 1898 sur la rivière Richelieu, en
amont de Saint-Jean-sur-Richelieu. Quant à la région de l'Abitibi-Témiscamingue,
il s'agit d'une vaste superficie riche en minéraux de toutes sortes sise
au nord-ouest de Montréal, entre la fin du parc La Vérandrye et la
frontière ontarienne. - Grandes villes : Val-d'Or, Rouyn, Noranda, Amos,
Senneterre, Barraute, Malartic et La Sarre.)
Réponse :
Désolé,
d'abord, chère Madame, pour l'Abitibi-Témiscamingue, et puis nos
sympathies rapport à votre cousin. Désolé, ensuite, pour votre incapacité
de lire le Castor lors de votre déplacement. Nous apprécions quand
même votre volonté de ce faire mais nous savons à quel point la vie
nocturne de cette région rend difficile la prière et la méditation. - Nous
avons connu, par le passé, de jeunes séminaristes, fort convaincus, qui,
après quelques mois passés à Val-d'or, ont dû abandonner leur vocation.
Quoiqu'il en
soit, je ne peux que vous faire remarquer que, si, vous, vous trouvez la
lecture du Castor quelque peu longue, que pensez-vous de ceux qui en
rédigent les textes ? - Nous n'avons pas tous, hélas, la résistance, le
stamina d'un être comme
le Professeur et souvent, il nous arrive, à nous
aussi, d'être dans la pénible obligation d'abandonner certaines activités hors-castoresques pour nous concentrer sur l'essentiel de notre vie et qui
est d'édifier la jeunesse, cette jeunesse qui, par les temps qui courent
(suffit pour le noter d'arpenter les rues de Montréal), semble avoir de
plus en plus besoin de nos précieux avis et conseils. C'est ainsi que
celui qui vous écrit - un exemple parmi tant d'autres - a dû remettre à
décembre prochain l'enlèvement du sapin de Noël qui encombre son patio
depuis janvier dernier. - Tempus fugit.
Résumer le Castor
? - Oui, nous y songeons mais par où commencer ? Avons-nous le malheur de
le publier avec quelques heures (je ne dis pas jours mais heures)
de retard que déferle sur nous une avalanche de plaintes auxquelles il
faut, par-dessus le marché, répondre... Et avons-nous le malheur de
supprimer une rubrique que le même phénomène se produit.
C'est dans cette
impasse, Madame, que nous nous retrouvons aujourd'hui et j'ai bien peur,
comme disait le regretté saint Jean que, seul, le repos éternel nous
arrachera à nos pénibles travaux.
Je demeure,
Obédieusement
vôtre,
Herméningilde Pérec
Secrétaire à la rédaction