Communiqué d'un
de nos abonnés de Saint-Armand-Ouest (Québec)
Le
Professeur
Olaf de Huygens-Tremblay, titulaire de la
Chaire de la Faculté des lettres, langues et
communication à l'Université de Napierville, recevait cette semaine une lettre
en provenance d'un résident de Saint-Armand-Ouest, paroisse constituée le
premier juillet 1855, membre, se dit-il, et mandaté par
l'Académie de
dressage canin de Saint-Armand (ADCSA) pour solliciter les lumières de
l'Université de Napierville en ce qui concerne le comportement animal.
«Notre académie
canine, écrivait-il, forme depuis 1949 des chiens pour diverses
tâches (rapportage de boomerangs défectueux, rapportage de canards
défectueux, enterrage de rumeurs malveillantes etc.) mais elle a connu ses
plus beaux succès académiques et financiers dans la formation de chiens
pour aveugles.
«Or, poursuivait-il, depuis deux ans, soucieux de diversifier ses
activités, le président de l'ADCSA, M. Fustave Glaubert, a entrepris
de créer un programme destiné à la formation de chiens pour muets. Hélas,
c'est un échec retentissant. On nous ramène nos animaux, se plaignant de
l'inefficacité de leur entraînement. Nous sommes consternés, d'autant plus
que tous nos autres nouveaux programmes connaissent le succès : rennes pour
Pères Noël, hiboux pour insomniaques, etc. - Y a-t-il à l'Université de
Napierville un spécialiste capable de nous expliquer les causes de l'échec
du dressage des chiens pour muets ? Je vous serais éternellement
reconnaissant et toute notre communauté aussi si vous veniez à notre
secours.
«Veuillez
agréer, Messieurs, etc., etc.»
Le sujet étant
d'ordre général et susceptible d'intéresser la masse fidèle, croissante et
si fine de nos lecteurs, nous avons pensé publier la réponse de Monsieur de
Huygens-Tremblay pour le bénéfice de tous :
«Cher Monsieur,
«Votre problème
n'est pas nouveau. Non seulement n'est-il pas nouveau mais il a fait depuis
longtemps l'objet de plusieurs légendes, contes et récits dont un, en
particulier, a été le sujet de plusieurs études et même d'une thèse de
doctorat à l'UdeNap (en 1953). - (Cette thèse s'intitulait "De
l'usage d'animaux savants comme moyens de communication".) -
Écrit en
cuarini, ce conte, datant du début du
siècle, fait état de l'élevage, au XIXe siècle, de perroquets par des
Caraguayens
(de souche) pour le compte de communautés religieuses espagnoles, mais de
perroquets aphones ; aphones parce qu'ils devaient
uniquement servir d'animaux de compagnie dans des monastères ou des trappes
où, comme vous le savez, l'usage de la parole est limitée au strict
minimum, les échanges verbaux étant considérés dans ses maisons et
institutions comme étant autant de précieux instants volés à la prière et à
la contemplation.
«Vous
allez me dire que c'est précisément au contraire que votre académie de
dressage veut s'adresser et à ce propos je vous référerais aux travaux du
Herr Professor Gunther von Fleisch de l'Institut qui a essayé, lui, de se
servir de perroquets en remplacement de pigeons voyageurs, les perroquets
étant plus aptes à demander des directions si jamais ils se perdaient en
route. Mais nous nous éloignons de votre propos...
«Ce propos,
heureusement, a fait l'objet d'un autre conte mais indirectement. - Vous
trouverez, en effet, sur ce site, en la page que nous lui avons consacré
une référence à un récit du célèbre
raconteux,
Roland
"Tit-homme" Caseault,
qui s'intitule La sourde de Saint-Hypolithe et son
chien-écouteur. - Dans les archives de l'UdeNap, vous en trouverez
non pas une copie mais un résumé mais ce résumé saura, j'en suis certain,
vous guider dans la bonne voie.
«Sur une note
personnelle, j'aimerais vous proposer d'étudier la possibilité, dans vos
recherches, d'utiliser un autre type d'animal que le chien à cause de
l'absence, chez lui, d'un appareil vocal suffisant pour exprimer les divers
sons que l'être humain peut reproduire. À cet égard, le Professeur me
faisait remarquer que si le chien n'était pas l'animal idéal, un de ses
parasites possédait des caractéristiques qui mériteraient qu'on les
étudie. - Il parlait bien sûr, de la puce. "Bien électronisée, me
disait-il, elle pourrait fort bien être utilisée."
«En espérant,
etc.
Olaf de
Huygens-Tremblay.»
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