Volume XXVII, n° 8c Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 3 avril 2017

Patience, Sam, l'été s'en vient

En cette édition :

Simon Popp a eu la bonne idée cette semaine d'oublier les désagréments auxquels il a dû faire face le mois dernier et passer tout de suite à trois des histoires abracadabrantes qu'il nous raconte régulièrement. Nous avons décidé de faire de même, du moins en ce qui concerne les raisons pour lesquelles cette édition paraît avec deux jours de retard, chose qui ne s'est produite, à notre connaissance qu'une ou deux fois depuis que nous sommes passés à l'édition électronique de l'organe qu'est Le Castor™ créé à l'origine pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier.

En ce numéro, donc, mis pas nécessairement dans l'ordre : un deuxième regard sur un livre de Le Carré (précédé d'une nouvelle préface de son Thinker, Tailor, Soldier, Spy), les quarante ans de Jeff, célébrités, antisémitisme et immigration, Trump, la monarchie et Karl Lagerfeld, un poème sur l'inconsistance, le budget d'une famille de deux adultes et deux enfants, les habitudes de lecture des homo sapiens, le chemin Olmstead, un curieux roman et une bamboula.

Comme d'habitude, les fautes de frappe et autres erreurs seront corrigées dès que possible pour sa version destinée au marché américain.

Bonne lecture !

***

            

 
 
Les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.

      Simon Popp


Ah, et puis...

Frustré par un disque de données qui est devenu un ex-disque, une auto qui a rendu l'âme et un serveur qui, grâce, à l'évolution de l'informatique, est passé du côté des appareils à remplacer, je me suis dit que j'étais mieux de débuter ma chronique d'aujourd'hui par des choses qui ne me feront pas indûment sortir de mes gonds et que - qui sait ? - la masse si fine et si intelligente de nos lecteurs pourraient même trouver drôles.

     1) Célébrités

Existe quelque part, dans les archives du Castor™ ou de l'UdeNap, une chronique rédigée il y a quelques années  par Monsieur Pérec dans laquelle il est question de célébrités et du Professeur Marshall à qui un inconnu lui avait demandé un jour s'il avait déjà rencontré des personnalités du genre dont on entend parler dans les journaux.

«Bien sûr, lui répondit le Professeur. Tenez : pas plus tard que la semaine dernière, à Paris, j'ai...»

Et de là il décrivit une scène tiré du film «A View to Kill» ou James Bond, joué par Roger Moore, se retrouve au coeur d'un incendie à l'hôtel de ville de San Francisco, en compagnie de Tanya Roberts. Des sapeurs-pompiers s'amènent, installent une grande échelle qu'ils étirent  jusqu'au toit et que Roger Moore emprunte pour descendre tenant dans ses bras l'inoubliable Tanya.

«Vous devez vous souvenir, poursuivit le Professeur. Une fois au sol, il est accueilli par le chef de la brigade des pompiers derrière lequel se trouvent trois de ses assistants. - Oui, oui !, dit l'inconnu - Celui de gauche, le plus jeune... -  Oui... - Ben, j'ai serré la main de son beau-frère il y a six jours

Je cite souvent cette anecdote quand on me demande si j'ai connu untel ou untel.

Oui, parfois, il m'est arrivé de rencontre des célébrités. Quand on voyage quelque peu et que l'on vit assez longtemps, l'on finit toujours par rencontrer des vedettes de cinéma, des peintres, des écrivains, de richissimes hommes d'affaires, des escrocs même et, invariablement, des politiciens (ugh !). ou, sans les rencontrer personnellement, on les voit in the flesh, comme disait le regretté cardinal de Richelieu.

2 - Antisémitisme

C'est l'histoire d'un juif qui, à New York ouvrit un déli et, comme il détestait les Arabes, il fit mettre dans sa vitrine un affiche qui se lisait :

«Interdit aux Arabes»

Dès l'ouverture deux Arabes entrèrent et commandèrent chacun un café. Le garçon ne sachant plus quoi faire va voir son patron qui lui dit : «Double leur addition. ils ne reviendront plus.» - L'addition étant de $2.00, le garçon leur en présente une de $4.00. Les deux Arabes lui remettent $5.00 et lui disent de garder la monnaie.

Le lendemain les deux Arabes reviennent avec deux de leurs amis et, à quatre, ils prennent du café, des bagels, du fromage à la crème.... - «Trois fois le prix» dit le patron. - Addition : $8.00. On leur en présente une de $24.00. - On remet au garçon $30 et on lui dit merci..

La même chose se répète le surlendemain avec six Arabes, le jour après, douze et toute la semaine au point où on est rendu à quarante-huit le vendredi et à leur charger 10 fois le prix de tout : $160 est devenu $1,600 et l'argent remis est deux billets de mille.

Désespéré, le patron décide d'enlever son affiche et la remplacer par une autre qui se lit :

«Interdit aux juifs»

3 - Immigration

C'est l'histoire d'un Italien qui émigre aux États-Unis avec, comme seules possessions, le costume qu'il a sur le dos, un orgue de Barbarie et un petit singe.

Il s'installe dans le quartier des affaires et fais la seule chose qu'il sait faire : tourner la manivelle de sa boite-à-sons pendant que son petit singe se promène avec une petite tasse parmi les gens qui passent.

Les deux sont tout de suite adoptés, très aimés même, et très tôt, grâce à la générosité de tous et chacun, le nouvel immigrant put s'acheter un appartement, une auto, un cinéma-maison...

En fait, il devint si riche qu'il put, en moins d'un an, se procurer un orgue Casavant et un gorille.

     Et pendant ce temps...

Au moment où j'écris ces lignes, il est 13h40, - heure avancée de l'est - et nous en sommes au 22 mars 2017 et, à la Une de Radio-Canada Nouvelles, je viens de lire ceci :

Un assaillant abattu devant le parlement de Londres

Une voiture qui tue une piétonne et en blesse plusieurs autres sur le pont de Westminster, un homme abattu après avoir poignardé un policier dans l'enceinte du parlement, placé sous confinement avant d'être évacué ; Londres est en état de choc mercredi après une série d'événements considérés comme terroristes par la police municipale.

Il y a trois jours, dans le métro de Montréal, s'est jeté devant une rame et a, ainsi, bloqué, - pardon : officiellement, il y a eu un problèeme technique - la ligne orange et, ainsi,  arrêté la circulation sur cette ligne pendant plus d'une heure...

Et je viens d'apprendre qu'à chaque fois que Donald Trump va passer le week-end en Floride il en coûte 3 millions de dollars aux Américains.

Sans compter que mon garagiste, qui m'a promis mon auto pour avant-hier, ne me rappelle pas.

Et, l'on voudrait que sur ce tas d'informations, j'aie une opinion

Mon opinion, la voici : j'ai hâte de revoir mon ami André G., un grand spécialiste de la littérature russe, au bar de Chez Patrick's, le vendredi 24 prochain.

***

Et Trump - Faut-il en rire ou en pleurer ?

Rien. Tout comme son prédécesseur et le prédécesseur de ce prédécesseur et le prédécesseur de cet autre prédécesseur (et ainsi de suite), son influence sur la politique américaine sera, à long terme négligeable. Tout au plus aura-t-il pu modifier deux, trois paragraphes d'obscures lois n'ayant aucune importance dans la vraie vie. Les véritables dirigeants des USA lui auront dit quoi faire et comment. - Ils seraient, ces véritables dirigeants au nombre de 196, d'après ce que j'ai lu récemment dans un journal qui n'a pas de lecteurs et qui, comme tous ceux qui l'ont précédé, n'existera plus dans six mois parce qu'il ne se penche pas du côté de ces 196.

On me reproche - et Dieu sait comment ! - de ne pas avoir voté aux dernières élections municipales, provinciales et fédérales  dans ce beau pays de liberté qu'est le Canada. - C'est que j'ai appris, après avoir vécu sous une douzaine de régimes dont ceux de Duplessis, Bourassa, Lévesque, Saint-Laurent, Diefenbeaker, Trudeau (père), Chrétien, Houde (Camilien), Drapeau, Tremblay et Jean Passe et D. Meilleur...  appris que tous ces pantins n'avaient rien eu à dire (qui aurait pu avoir une influence quelconque).

Cent quatre vingt seize éminences grises aux USA ? - Probablement pas plus d'une vingtaine au Canada.

C'était un choix, entre Trump et Hillary Clinton ?

Vous voyez ce que je veux dire : quelle que soit la nature des élections, les candidats sont ceux que les 196 décident à l'avance, ce qu'ils ont fait des semaines et des mois avant la campagne électorale de 2015-2016, i.e. : qui allait être le candidat à la présidentielle pour chacun des partis y compris la possibilité qu'un clown (Trump) contourne leur prévision car il allait tomber dans le moule comme tous les autres.

Leurs règles ?

Ils s'entendent à peu près comme ceci : huit ans de démocrates, huit ans de républicains. Une question de balance. - "On en est rendu où ?" demandait un d'entre eux lors de leur dernière réunion. "Pas important, lui a répondu son voisin. On a mis les environnementalistes avec modifications d'un côté et les antienvirronalistes avec modifications de l'autre..." - "Oui, mais le mur entre le sud des États-unis et le Mexique ?" a-t-il insisté. - Ce fut le clou de la soirée. On en riait encore à trois heures du matin.

Et la France qui se croit libre, égalitaire et fraternelle ? Qu'elle regarde son histoire des deux cents dernières années ne serait-ce que les noms de leurs politiciens. Chose certaine : on ne peut pas devenir président de la France si on s'appelle Dupont. - Vaut mieux être né avec ou s'être acheté une particule sinon... quoique Dupont d'Estaing ou Machin-Chouette d'Arvors, ça fait pas sérieux.

Tiens, tandis que j'y pense : j'ai un pari de cent dollars que je dois sous peu récupérer. Celui d'avoir parier que Trudeau (fils) ne modifierait pas la loi électorale. - C'était voler du bonbon à un enfant..

Ce n'est pas que je suis pour ou contre le vote populaire car la démocratie à outrance, suffit d'être membre d'un groupe de copropriétaires pour savoir qu'elle est insupportable. Je veux tout simplement qu'on ne brasse pas trop, trop ma cage, cage dans laquelle je me suis enfermé en me débarrassant de mon téléviseur et de ma radio et en n'achetant plus de revues et de journaux.

Je suis de ceux qui croient que, lorsque le Gouvernement charrie à l'extrême, les gens se révoltent. Moins souvent, je l'avoue depuis la Révolution Française : les véritables dirigeants ont appris depuis ce temps-là que, quand même, il ne fallait pas trop exagérer. Ce qui n'a pas empêché Hitler, Staline, Ceoucescou, mais, avant que les Américains plébiscite Trump, y'a quand même un mur à franchir.

 

      Herméningilde Pérec


 Lire en marchant

Puisque Copernique a cru bon cette semaine de mentionner que je lisais souvent en marchant, j'ai décidé de vous parler d'un endroit où j'exerce cette douce habitude : du chemin Olmstead situé sur le Mont-Royal à Montréal :

Ce chemin, car c'en est un, est connu, depuis plusieurs années, par la plupart des néo-habitants de Montréal, mais il est peu fréquenté par les Montréalais de souche. Il s'agit un large sentier dont le début (il en a plusieurs) se situe du côté nord-est de l’intersection des avenues du Parc et des Pins, à l’est du stade Percival-Molson, dans la continuité de la rue Hutchison (autrefois Taylor), mais on l'emprunte le plus souvent soit à partir du monument George-Étienne Cartier, un peu plus au nord, ou encore à l’angle de l’avenue du Mont-Royal qui devient boulevard du Mont-Royal à l’ouest du chemin de la Côte-Saint-Catherine, tout près de la voie Camilien-Houde. 

Ce sentier où, l’été, on y croise des piétons, des joggers, des cyclistes, des familles, des femmes poussant des landaus (poussettes), des flâneurs et parfois des touristes, mène, en zigzags qui rendent sa pente presque imperceptible, du pied de Mont-Royal jusqu’à son sommet en passant par son lac des Castors, son chalet et sa croix.

Venez donc m'y voir, à l'occasion, car je ne rate jamais l'occasion de m'y rendre lorsque mes travaux m'amènent sur cette l'île de Montréal, en banlieue de Napierville.

Herméningilde Pérec

 

       Copernique Marshall


Down with Monarchy !

I don't know about you but I'm sick and tired, occasionaly mad and sometimes on the verge of writing frantic letters to the Times when I read newspaper headlines stating that Kate Middleton wore this or that in her recent visit in Paris or that her brother in law, fourth in line to inherit the British Crown, is dating an American actress. It was the same when the late Princess Diana was around. Worst actually as I was in Paris when she was killed, you know : in that car accident which we're still hearing about 10 years later. On the very next day. I was stuck for two hours in a traffic jam because people wanted to deposit flowers where it had happened. - I was in a «What is this ?» mood. Unfortunately driving.

I just can't imagine why we're so concerned about a family of German descendants who have nothing better to do than go around waving hands and receiving flowers as if each and every of its member was a demi-god or something. 

Fortunately there are less and less around nowadays. - I mean royals. - In the last hundred years, we got rid of most of them. - Five emperors, eight kings and eighteen minor dynasties expired during the 25 years reign of George V alone. - Missed the British Royal family though. - It is said that the British Crown survived by changing its name from Battenberg to Mountbatten and adopting the - oh so English sounding - title of Windsor before WW1 but, like everything else, people have short memories and don't read history. The «stability» and «continuation» of the British royal «succession» is a myth that ought to be banned because it is the result of was a series of ruptures, upheavals and wars, not to mention whims and fancies not even worth mentioning.. Remember, for example, the Duke of Windsor, the ex-Edwardd VIII ?  He was a total embarrassement during WWII because, well, he was for the «other» side.

What else can you say of a country who has a Royal Navy, a Royal Airforce, a Royal Opera, a Royal Postal Service, a Royal Everything, including - somebody's gotta print money out there - a Royal Mint. but then... a National Debt.

I have two books to suggest on this :

Common Sense by Thomas Paine - 1776 - Particularly chapter two dealing with «Monarchy and hereditary succession»

The Monarchy by Christopher Hitchens - Chatto and Windus - 1990

In the meantime, if you're still under the spell of glamour and pageantry, you can always line up and sign the on-going petition to be sent to the Vatican in order to have the disco-princess mentioned above declared a saint. After all, she did visit Mother Teresa, did she not ?

But don't get me involved with the Vatican. Not now.

Anyway, I'm in this mood because I just looked into the latest issue of Paris Match in which there was an article (with the usual photos) on a charity ball at which were present the count of so and so, the duchess of something that has to do with thunder-and-lightning, and, of course, the usual earls, barons, movie stars and assorted piques-assiettes.

No, the following is not from Paris Match, but you'll get the idea.

From left to right :
La Princesse Charlene de Monaco, le Prince Albert, la Princesse 
Caroline de Hanovre, Charlotte-et-Pierre Casiraghi, Beatrice Borromeo
and
Karl Lagerfeld 

(Photos from : Wikipedia Commons et RTL)

Don't recognize these people ? I guess you weren't invited to the launch of Savoir vivre au XXième siècle by La princesse de Clermont-Tonnerre. Too bad, you would have meet, amongst important people, Ze prince François d’Orléans, son of Ze comte d’Evreux, Ze princesse Hélène of Yougoslavia, Ze princesse Anne de Bourbon-Deux-Siciles as well as Ze prince Fayçal Bey of Tunisia.

Great book, I'm told.

***

Reading Habits of the Homo Sapiens

I know Simon won't read a book unless he's seated at a table or a bar stool with either Bristol cards or his famous notebook nearby with a ton of lead pencils.

Mrs. Malhasti, I am told, will only read (and write) in bed which she shares with her cat named "Bonbon".

George, in what she says is her hectic timetable, reads in buses, taxis, metro stations or trains.

Jeff, because of his incessant travels, says he's learned to read anywhere and that includes what he calls "difficult places" and, moreover, "difficult works", his latest having been a treatise on algorithms which, he swears, he read in a dive near Syracuse, New York, a city where a McDonald, with kids, is a quiet place. - Airport terminals, busy restaurants. crowded buses and people moving systems are his natural reading habitats.

Mr. Perec will only read in quiet rooms lighted by a single - but adequate, he insists - lamp. «Most people do not remember today what a 'bréviaire' used to be» he mentioned to me not too long ago. «It was read, practically on a daily basis, by every priest, bishop and cardinals(*), usually while walking about in the gardens surrounding their church or abbey... - I use to do the same when wood paths existed everywhere. - I just wished I could do the same today.»

(*) «And most likely read TO the pope during his afternoon nap...», I thought...

Politicians read newspapers, period. And less and less. They now watch CNN, FOX, NBC, ABC... and, I suppose,  won't start a single day without checking what one of their demented colleagues has tweeted overnight. What else is new ?

Doctors, engineers and other professionals must at least read their trade journals. Well I hope so..

Some people must read in their sleep because, regardless of their activity, they find the time to read and therefore are able to have opinion on every book ever printed or just off the press, including the old masters and the latest bios, novels or essays. Yet, you never see them reading. I know one to whom I can't recommend a single book of what I've read over the years, he (it's a she actually) has already read it. - Frustrating. - I guess I must be the slowest reader in the world.

Judging also by the number of magazines I see at my local newsstand, the general public must read a lot about current events (two shelves and a stand), fashion and cooking (an entire wall) and what's happening with Brad Pitt (several areas as you come in or near the cash register).

If statistics - I mean real statistics - were available on the number of copies The Wall Street Journal, The National Geographic or Le Nouvel OB's are sold as opposed to Star Secrets, Sex Scandals or People, we might have a better idea of what the general public actually reads. Who's gonna admit that they buy The Enquirer every week or read only Pulp fiction or pay only attention to the latest starlets' escapades ?

I used to travel around with leathered covered books with - you know - ribbons indicating at which page I had opened them up the last time. And I used to sit in a remote corner of a usually half-empty hotel bar. It was the best deterrent I had found not to be invited to join a conversation on the latest football game, nor bored stiff by the latest grand coup of a traveling salesman.

Finally, there's something to be said about what people in general do with their books or magazines after they've read them. They throw them away or what ? Thousands are printed every single week and yet, how many of your friends have what you could call a library, a room, a wall even a single shelf where they've accumulated the stuff they've read ? And I don't mean by that one or several bookcases filled with nice looking group of books by For collector's only editions such The Franklin Library or even Readers' Digest. - Not to mention coffee tables photo albums of castles, mountains, paintings...

Food for thought.

My father used to say : "Don't worry Copernique, the less people read, the less competition you'll have in life." - It turned out to be oh, so true.

Copernique

   

       Jeff Bollinger


Quarante ans 

On n'y pense pas souvent - pardon : je n'y pense pas souvent ! -, mais quand Élyanne m'a dit l'autre jour que je commençais à avoir des cheveux gris, j'ai réalisé tout à coup que j'allais avoir quarante ans cette année ; que, comme les statistiques nous le soulignent, je vais, sous peu, m'engager dans, probablement, la deuxième et évidemment la dernière quarantaine de ma vie.

«Chanceux !» me disait Simon il y a quelque temps. Ah oui ? Il ne m'a rappelé que la vie était tout simplement ce qu'elle est et qu'il ne fallait que la prendre par le bon bout et en profiter. «Mon problème, poursuivit-il, si c'est un problème, est qu'elle est, à mon âge, en phase finissante, d'où cette urgence que je ressens au jour le jour de faire les choses auxquelles je n'ai pas consacré assez de temps du temps où je pensais avoir tout le temps devant moi. Lire, par exemple.»

George, dans sa dernière chronique soulignait qu'avec son enfant, son travail, sa maison, son chum et tout le reste, elle  n'avait pas le temps de penser et je regrette d'avoir à le dire, mais il m'arrive régulièrement de me dire la même chose.

Je ne veux pas changer de sujet, mais j'écoutais Copernique récemment (ou était-ce Simon ? car ils parlaient entre eux) qui disait, à propos de Buster Keaton, que l'univers tout entier était contre lui dans la plupart de ses films - c.était, un jour, tous les policiers d'une ville (Cops), toutes les femmes ou toutes les pierres d'une montagne (Seven Chances) et ainsi de suite - et je me disais qu'effectivement, tout était contre nous quand il s'agissait de penser à notre avenir ou tout simplement de penser.

Et l'après-vie ?

Voici ce qu'en pensait l'auteur américain Percy Walker :

«No [paradise], thank you. No rebirth either, but I wouldn’t mind a visit in the year 2050—a short visit, not more than half an hour—say , to a park bench at the southeast corner of Central Park in New York, with a portable radio. Just to have a look around, just to see whether we made it and if so, in what style. One could tell in half an hour. By “we” of course, I do not mean just Americans, but the species. Homo sapiens sapiens.» (Percy Walker)

«Pas de paradis, merci. Ni de réincarnation, mais j'aimerais bien revenir sur terre en l'an 2050 - pas plus qu'une demi-heure - et m'asseoir sur un banc du Central Park, côté sud-est, avec un appareil radio. Juste pour voir ce qui se passe, savoir si nous avons réussi ou non, et de quelle façon. Facile à percevoir dans une demi-heure. par "nous", je ne veux pas dire "Nous, les Américains», mais l'espèce humaine, l'homo sapiens.»

On a le droit de rêver.

Jeff

P.- S. : Merci Paul ! Et pour la citation, et pour la traduction !

Note de Paul Dubé :

La citation ci-dessus est tirée d'un interview de Zoltan A. Nagy qui fut publié sous le titre de «The Art of Fiction»  dans la revue Paris  Review (no. 97). - Cet interview s'est déroulé par la poste entre les mois de mai et d'octobre 1986. - J'ai substitué le mot «paradis» à l'expression «vales of Har» de (William Blake) qui fait référence à un endroit où les âmes perdent peu à peu leur capacité cognitive pour se retrouver dans un état proche de la petite enfance. - Percy Walker est décédé en 1990.

 

        Fawzi Malhasti


Texte choisi

Je veux bâtir un temple à l'Inconsistance.
Tous amoureux y viendront adorer,
Et de leurs voeux jour et nuit l'honorer,
Ayant leur coeur touché de repentance.

De plume molle en sera l'édifice,
En l'air fondé sur les ailes du vent
L'autel de paille, où je viendrai souvent
Offrir mon coeur par un feint sacrifice.

Tout à l'entour je peindrai maint images
D'erreur, d'oubli et d'infidélité,
De fol désir, d'espoir, de vanité,
De fiction et de penser volage.

Pour le sacrer, ma légère maîtresse
Invoquera les ondes de la mer.
Les vents, la lune, et nous fera nommer
Moi le templier et elle la prêtresse.

Elle séant ainsi qu'un Sybylle
Sur un trépied tout pur de vif argent
Nous prédira ce qu'elle ira songeant
D'une pensée inconstante et mobile.

Elle écrira sur des feuilles légères
Les vers qu'alors sa fureur chantera.
Puis à son gré le vent empôrtera
Deçà delà ses chansons mensongères.

Elle enverra jusqu'au ciel la fumée
Et les odeurs de mille faux serments :
La Déité qu'adorent les amants
De tels encens veut être parfumée.

Et moi gardant du saint temple la porte,
Je chasserai tous ceux-là qui n'auront 
En lettre d'or engravé sur le front
Le sacré nom de léger que je porte.

De faux soupris, de larmes infidèles
J'y nourrirai le muable Prothé
Et le serpent
(*) qui de vent allaité
Déçoit nos yeux de cent couleurs nouvelles.

Fille de l'air, déesse secourable
De qui le corps est de plumes couvert,
Fais que toujours le temple soit ouvert
À tout amant comme moi variable.

Jacques Davy Du Perron (1556-1618)
(Le temple de l'inconsistance)

Fawzi

(*) Le serpent : le caméléon, emblême de la métamorphose et de l'inconsistance.

 

Cinquante-deux-mille-neuf-cent-vingt-huit

MOI et les chiffres ? - Oui, Monsieur. - Avec les déclarations de revenus qui s'en viennent, la facture pour les dents du p'tit et l'ensemble des meubles de patio à remplacer, ben... des chiffres, je suis bien obligée d'y penser.

Cinquante-deux-mille-neuf-cent-vingt-huit ! - Ceci :

Dépenses

Des chiffres, des chiffres, des chiffres !

Mettez-vous bien une chose dans la tête : ce n'est pas moi qui ai trouvé les chiffres que vous voyez à gauche. C'est Jeff qui me les a envoyés après que je lui ai demandé comment, avec ses trois enfants et une femme à la maison, il finissait par joindre les deux bouts. 

Parce que mon chum et moi et le petit, nous sommes à la limite de ce qu'on pourrait appeler le raisonnable. Avec les impôts qui s'en viennent...

Ils proviennent (ces chiffres) de l'IRIS, pas de l'ISIS, l'État Islamique ni de l'autre ISIS, la boutique sur l'avenue du Parc à Montréal (là où je n'ai pas les moyens d'aller magasiner), mais de l'Institut de Recherche de d'Informations Socioéconomiques (du Québec). - Ce serait un résumé des dépenses annuelles moyennes d'un couple avec deux enfants dans la région de Montréal. En dessous de ça, c'est la pauvreté.

Une note en bas de page dit que pour faire face à ces dépenses, ce couple doit gagner, avant taxes, $54,450.

«$54,450 ! a dit mon chum quand je lui ai montré ce tableau. Payent pas d'impôts ce monde-là ? - Anyway, additionne $6,000 parce que ça nous prend deux autos. - Et puis $2,000 pour les vacances ! Vont où ? Prennent le métro et vont au Jardin Botanique ?»

Moi, j'ai regardé $3,468 pour les vêtements...

Mon chum gagne plus que $50,000 par année. J'en gagne pas autant, mais pas loin. Il nous en reste pas les deux tiers après les impôts. On n'est pas loin, après taxes, de ce $52,428. Pas pour rien qu'on n'arrive pas ! Bon ok, nous n'avons pas à nous plaindre, mais y'a quelque chose que je ne comprends vraiment pas, c'est comment, des gens dans notre situation - des copines de travail ! - réussissent à se payer des maisons de trois, quatre cent mille dollars, deux autos de trente, quarante mille et avoir suffisamment d'argent pour aller en Europe à tous les ans. Quand ce n'est pas l'Europe et une semaine dans le Sud au mois de janvier.

Et ça joue au golf, au tennis et vous les trouverez sur les pentes de ski l'hiver...

Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux finances...

Base
Nourriture $10,775
Vêtements et souliers $3,468
Habitation
Logement (4 et $9,300
Électricité $1,640
Téléphone $600
Assurances $240
Internet $660
Câblodiffuseur $456
Transport
Automobile $6,609
Transport en commun $984
Autres
Vacances $2,000
Sorties, restaurants, etc. $1,535
Meubles, literie, etc. $1,361
Soins personnels $907
Soins dentaires $304
Soins des yeux $230
Frais de garde en CPE $4,199
Éducation $2,000
Fonds d’urgence $2,050
Livres et papeterie $609
Médicaments etc. $1,500
Cafés, journaux, etc. $1,500
Coûts totaux $52,928

Et surtout, ne me confiez pas vos budgets.

Georges

 

L'extrait du mois


John le Carré's Introduction to the 1991 Reprinting of Tinker, Tailor, Soldier, Spy
(17 years after the original issue)

Attention : the following is subject to copyrighst.

«I have always wanted to set a novel in Cornwall, and to this day Tinker Tailor is as near as I ever came to doing so. The unfinished version that had lain in my desk drawer for years before I started writing the story in earnest did not contain George Smiley at all, but opened instead with a solitary and embittered man living alone on a Cornish cliff, staring up at a single black car as it wove down the hill-side towards him. I had chosen in my imagination a spot not unlike the little harbour of Porthgwarra in West Cornwall, where the cottages lie low on the sea's edge, and the hills behind seem to be pressing them into the sea. My man was holding a bucket in his hand, on his way to feeding his chickens. He had a limp, as Jim Prideaux has a limp in the version you are about to read, and like Jim he was a former British agent who had walked into a trap set for him by a traitor inside his own service, called "The Circus."

My original plan was for the Circus investigators to put this figure back into harness, in a way that would provoke the unknown traitor to try his hand again, and thus reveal himself. I wanted the entire story to play in contemporary time and not in the flashbacks I later resorted to. But when I got down to writing the book for real, I discovered that I was painting myself into a corner. I could think of no plausible way to pursue a linear path forward while at the same time peering back down the path that had brought my man to the point where the story began. So one day, after months of frustration, I took the whole manuscript into the garden and burned it, and began again.

I had also saddled myself with another headache. I was determined to describe something that in those days was still new to my readers and perhaps, despite all the press revelations about the penetration of our secret services, still is even now: namely,the inside-out logic of a double-agent operation, and the sheer scale of the mayhem that can be visited on an enemy service when its intelligence-gathering efforts fall under the control of its opponent.

Oh, we knew vaguely that Kim Philby had once been head of the counter-intelligence section of the British secret service and privy to American efforts to penetrate the KGB. We knew that at one time he was in line to become chief of the entire British service. Perhaps we even knew that he had personally advised the CIA's foremost Moscow Centre watcher, James Jesus Angleton, on double-agent cases, in which Philby was held to possess exceptional expertise. We had read perhaps that George Blake, another KGB traitor inside SIS, had betrayed a number of British agents to his Soviet masters-he now claims hundreds, and who is to deny the wretched man his boast? His cause, like his victims, is dead. But what very few people managed to understand was the pushmepullyou nature of the double-agent's trade.

For while on one side the secret traitor will be doing his damnedest to frustrate the efforts of his own service, on the other he will be building himself a successful career in it, providing it with the coups and grace-notes that it needs to justify its existence, and generally passing himself off as a capable and trustworthy fellow, a good man on a dark night. The art of the game-best described in J. C. Masterman's account of the British double-cross system operated against Germany in wartime-is therefore a balancing act between what is good for the double agent in his role as loyal member of his service, and what is good for your own side in its unrelenting efforts to pervert that service to the point where it is doing more harm to the country that employs it than good; or, as Smiley has it, where it has been pulled inside out.

Such an abject state of affairs was certainly reached by SIS in the high days of Blake and Philby, just as it was self-inflicted on the CIA by the paranoid influence of Angleton himself, who, in the after-math of discovering that he had been eating out of the hand of the KGB's most successful double agent, spent the rest of his life trying to prove that the Agency, like SIS, was being controlled by Moscow; and that its occasional successes were consequently no more than sweeteners tossed to it by the fiendish manipulators of the KGB. Angleton was wrong, but his effect on the CIA was as disastrous as if he had been right. Both services would have done much less damage to their countries, moral and financial, if they had simply been disbanded.

I never knew either Blake or Philby, but I always had a quite particular dislike for Philby, and an unnatural sympathy for Blake. The reasons, I fear, have much to do with the inverted snobbery of my class and generation. I disliked Philby because he had so many of my attributes. He was public-school educated, the son of a wayward and dictatorial father-the explorer and adventurer, St. John Philby-he drew people easily to him and he was adept at hiding his feelings, in particular, his seething distaste for the bigotries and prejudices of the English ruling classes. I'm afraid that all of these characteristics have at one time or another been mine. I felt I understood him too well, and in some odd way he seems to have sensed this, for in his last interview before he died he told his interviewer, Phil Knightley, that he had the feeling I knew something discreditable about him. And in a way, he was right: I knew what it was like, as he did, to be brought up by a man so oversized that your only resort as his child was to subterfuge and deceit. And I knew, or thought I knew, how easily the anger and inwardness thus born could turn themselves into a love-hate relationship with the father images of society, and finally with society itself, so that the childish avenger becomes the adult predator, a thing I touched upon in my most autobiographical novel, A Perfect Spy. I knew, if you like, that Philby had taken a road that was dangerously open to myself, though I had resisted it. I knew that he represented one of the-thank God, unrealised-possibilities of my nature.

I warmed to Blake, on the other hand, because he was half a Dutchman and half a Jew, and in both capacities a most unlikely recruit to the secret ranks of the British Establishment. Where Philby had been born inside the fortress and spent his life borrowing beneath its ramparts, Blake had been born in the wastes of foreign and ethnic disadvantage, and had gone to great lengths to gain acceptance by those who secretly despised him: his employers. So that when I started putting together my little bestiary of suspects, I made sure that there were at least two of them-Bland and Esterhase and perhaps Jim Prideaux also-who were alienated by birth from the class structure that they served.

So much for the documentary background. The rest is an informed fantasy. The origin of my use of the word "mole" to describe a long-term penetration agent is a small mystery to me, as it was to the editors of the Oxford English Dictionary, who wrote to me asking whether I had invented it. I could not say for certain. I had a memory that it was current KGB jargon in the days when I was briefly an intelligence officer. I even thought I had seen it written down, in an annexe to the Royal Commission report on the Petrovs, who defected to the Australians in Canberra some time in the Fifties. But the OED couldn't find the trace and neither could I, so for a long time, I thought perhaps I had. Then one day, I received a letter from a reader, referring me to page 240 of Francis Bacon's Historie of the Reigne of King Henry the Seventh, published in 1641:

"As for his secret Spialls, which he did imploy both at home and abroad, by them to discover what Practices and Conspiracies were against him, surely his Case required it : Hee had such Moles perpectually working and casting to undermine him."

Well, I certainly hadn't read Francis Bacon on moles. Where did he have them from? Or was he just having fun with an apt metaphor?


John le Carré
(CBC.CA)

The other bits of jargon -lamplighter, scalphunter, babysitter, honey-trap and the rest- were all invented, but they too, I am told, have at least in part since been adopted by the professionals. I made no particular cult of them as I wrote: I wished merely to underline the fact that spying for those who do it is a trade like any other, and that, like other trades, it has its little bits of language. The Russians were always more imaginative in this respect, living in daily contact with shoemakers (forgers), neighbours (members of a sister service), pianists (radio operators) and the like. My clandestine vocabulary was therefore a small conceit, but when the BBC's television version reached the screen, it became for a while a national amusement, for which I was duly grateful.

How do I remember the book now, sixteen years on? Partly, I suppose, for the luck that followed it-the exposure of Blunt, the TV series, Alec Guinness triumphant as George Smiley, not to mention the marvellous direction and casting. And partly, because it restored my spirits after the miserable critical reception given to its predecessor,
The Naive and Sentimental Lover. But mostly I remember it for the little boy Bill Roach, who had his counterpart in my own days as a schoolmaster, and later in A Perfect Spy as poor Pym's son. Roach was not his name, of course, and he did not, so far as I know, spy on members of the staff. But I remember his watchfulness as if it had been my own, and I remember how deeply he got under my skin, perhaps because I could not help thinking of him as myself, when I was fifteen years younger.

And I remember Connie Sachs, too, my Circus researcher, an archetype for the last generation of secret service vestals-clever, unhappy ladies of the English upper classes, who, having joined the service in the war, stayed on to fight the peace, making a kind of granary of their extraordinary memories for us young turks to plunder.

It is odd, in these altered days, to discover that
Tinker Tailor is already an historical novel, but I don't think that makes it irrelevant, and I hope you have as much pleasure with it as I do myself, when I dip into it.

John le Carré
July 1991

 

 

           Paul Dubé

Louis Moreau Gottschalk

Peu connu aujourd'hui, ce pianiste virtuose  et compositeur, né à la Nouvelle-Orléans en 1829, fut un des musiciens les plus admirés de son vivant. Berlioz le considérait comme un des ses plus brillants élèves et Chopin, lui-même, assista à son premier concert, à Paris, en 1844. 

The International Cyclopedia of Music and Musicians lui a consacré plus qu'une cinquantaine de lignes dans lesquelles on peut apprendre qu'au cours de la saison 1855-56, il donna pas moins de 80 concerts dans la seule ville de New York et que, de 1856 à 1861, il fit une tournée dans les Antilles pour ensuite se produire aux États-Unis, en Europe, et en Amérique du Sud où il mourut dans des circonstances qui n'ont jamais été éclaircies, à Rio de Janeiro, en 1869.

Peu connu ? - Étonnamment, sur YouTube, on peut retrouver pas moins de 200 vidéos de ses compositions interprétées par des dizaines de pianistes, petits ensembles ou orchestres et dans Wikipedia, un long article où sont listées les 298 pièces qu'il a composées au cours de sa carrière.

Parmi ces pièces, on retrouve une bonne centaine de compositions aux rythmes en provenance des îles des Caraïbes ou de la Louisiane et que nous connaissons aujourd'hui, surtout depuis les années soixante-dix, sous les noms de reggaes, calypsos, compas, salsas, bachatas, etc.

À remarquer, entre autres, une surprenante pour l'époque, mais toujours aussi fraîche aujourd'hui, fantaisie datant de 1844 ou 1845, dédiée à Isabelle II, reine d'Espagne, intitulée Bamboula et sous-titrée «danse des nègres".

En voici une interprétation retrouvée sur YouTube par le pianiste W. A. DeWitt :

Cliquez sur la note : Second

Au même endroit, une gallope tirée d'une étude de concert - souvenir de Porto Rico - (1855 ou 1856) dont The American Ballet Theatre a tiré un court ballet tout à fait ravissant :

https://www.youtube.com/watch?v=rCoztD2Igvg

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

paul

Book Review - Lectures

1 - Un nouveau le Carré !

 Le 7 mars dernier, Penguin Books a annoncé la publication en date du 7 septembre prochain (*) d'un tout nouveau roman de John Le Carré intitulé A Legacy of Spies dans lequel on retrouvera le personnage le plus célèbre de l'écrivain, George Smiley, dont la dernière mention remonte à 1990 dans Le voyageur secret (The secret Pilgrim).

(*) Le 5 septembre, selon Amazon.

Voici ce qu'on pouvait lire dans leur communiqué de presse :

«This is the first novel in over twenty-five years to feature George Smiley, le Carré’s most beloved character. Peter Guillam, staunch colleague and disciple of George Smiley of the British Secret Service, otherwise known as the Circus, is living out his old age on the family farmstead on the south coast of Brittany when a letter from his old Service summons him to London. The reason? His Cold War past has come back to claim him. Intelligence operations that were once the toast of secret London, and involved such characters as Alec Leamas, Jim Prideaux, George Smiley and Peter Guillam himself, are to be scrutinised under disturbing criteria by a generation with no memory of the Cold War and no patience with its justifications.Interweaving past with present so that each may tell its own intense story, 

John le Carré has spun a single plot as ingenious and thrilling as the two predecessors on which it looks back: The Spy Who Came in from the Cold and Tinker Tailor Soldier Spy.»

Soit, à peu près ceci :

« Peter Guillam, le fidèle collègue et disciple de George Smiley (du Service secret britannique dit "Le Cirque"), , le personnage le plus célèbre de John le Carré, vivant sur la ferme familiale, à la retraite côte sud de la Bretagne, reçoit une  lettre de ses ex-employeurs lui demandant de bien vouloir se présenter à leur bureau. La raison? Son passé au cours de la Guerre froide. - Certains détails de certaines opérations auxquelles il aurait été mêlé, lui et des ex-collègues comme Alec Leamas, Jim Prideaux et George Smiley doivent être interrogés selon de nouveaux critères établis par une génération qui n'a pas connu la guerre froide, qui n'a aucune idée du pourquoi des décisions prises à l'époque et aucune patience pour les comprendre. - Entre le passé et le présent, le Carré, avec ce nouveau roman a ficelé une intrigue découlant d'un complot aussi ingénieux et passionnant que ceux à la base de ses deux plus grands romans,  L'espion qui est venu du froid et La taupe. »

paul

***

2 - Aveu de faiblesses de Frédéric Viguier - Albin Michel, 2017

Je me demandais l'autre jour, comme si je n'en avais aucune idée,  qui lisait encore des romans en 2017.

Par "romans", j'entends, selon la définition classique «des oeuvres littéraires caractérisées par la narration dans un ordre plus ou moins séquentiel d'événements généralement fictifs

Ce qui implique, forcément, un ou des personnages, une situation quelconque et des événements qui vont modifier cette situation sans nécessairement un dénouement, un but précis ou même une certaine logique.

Toto aime Titine dont les parents ne veulent rien savoir de Toto.

Quelqu'un a tué Titine et un fin limier finira par découvrir qui.

Voyageant dans l'espace, Toto rencontre des extra-terrestres.

Enfin : vous voyez le genre.

Je n'irai pas jusqu'à dire que toutes les variantes de ces histoires finissent par se ressembler, mais, après un certain temps, il est rare qu'on ne devine pas, après un ou deux chapitres, ce qui va se passer par la suite ou la fin de ce qu'on est train de nous raconter. - Sauf, vous allez me dire, dans les romans style policiers, mais lisez-en quelques uns du même auteur et vous m'en direz des nouvelles.

Or, Aveu de faiblesse est un de ces romans où l'on devine très vite ce qui va se produire même s'il a été finaliste du Prix Landerneau Polar décerné par le passé, entre autres, à Sandrine Colette (1), Fred Vargas (2) et Hervé Le Corre (3).

      1. Il reste la poussière chez Denoël (2016)

      2. Temps glaciaire chez Flammarion (2015)

      3. Après la guerre chez Rivages (2014)

Ce qui fait que, en tant que polar, les amateurs de romans policiers sont mieux d'aller voir ailleurs. La revue LiRE l'a classé différemment en disant :

«Difficile de ne pas se laisser emporter par ce conte cruel, à mi-chemin "entre le polar et le roman social". Un roman aussi envoûtant que glacial.»

Je n'irai pas jusque dire que ce roman est envoûtant parce que glacial, ni que les faits qu'on y raconte sont de nature sociale et certainement pas que c'est un polar, mais quelle que soit sa nature, il a un côté irrésistible parce qu'il est merveilleusement écrit.

Dès son premier paragraphe, je suis resté accroché :

« Je suis laid, depuis le début. On me dit que je ressemble à ma mère, qu’on a le même nez. Mais ma mère, je la trouve belle. »

Vous aurez deviné : son narrateur est - ce qui est poli de décrire aujourd'hui comme - atteint d'une certaine déficience intellectuelle. C'est ce qui le rend captivant. Non seulement est-il intelligent à sa manière, mais on le prend vite en pitié et l'on voudrait quasiment, si c'était possible, le protéger des autres qui l'accablent continuellement.

En d'autres mots, la beauté de ce roman n'est pas dans son côté anecdotique, mais dans le style de l'auteur qui, du début à la fin, n'utilise que des mots simples, faciles à comprendre, dans de courtes phrases qui peuvent émouvoir tout autant que ces romans dits psychologiques où il faut huit chapitre pour décrire la détresse d'un Toto ou d'une Titine.

Et je n'en dirai pas plus.

****½

Simon

***

3 - John le Carré -The Pigeon Tunnel - Stories of My Life (*) - Viking-Penguin, 2016
(Traduit en français par Isabelle Perrin sous le titre de Le tunnel aux pigeons - Seuil, 2016.)
(Deuxième coup d'oeil suivi de quelques remarques sur sa traduction)

(*) Paru en Grande Bretagne sous le titre de «The Pigeon Tunnel : a Life of Writing».

Note :

La majeure partie du texte qui suit a été rédigée en anglais pour un ami, puis adapté et traduit en français pour un autre et j'ai pensé que son contenu pourrait servir d'une deuxième introduction à ce livre, le dernier en date de John le Carré. 

     Copernique

John le Carré et votre serviteur

Je n'ai pas cessé depuis des années de vanter l'immense talent - et si je n'avais pas peur de passer pour un admirateur un peu trop fanatique, je dirais le génie - de John le Carré que je considère non pas comme un simple auteur de roman d'espionnage, mais un grand écrivain. Un auteur dont je n'ai jamais hésité à classer les livres à côté de ceux de Proust, de Joyce, de Borges, de Céline...

Aussi, quand deux de mes amis m'ont dit, après la lecture du Tunnel aux pigeons, qu'il s'agissait d'un ramassis de souvenirs non seulement sans intérêt, mais illisibles contenant trop de références obscures et une quantité anormale de noms de parfaits inconnus.

L'ayant lu en anglais et fort apprécié,  j'ai cru que son attrait s'était peut-être perdu dans sa traduction qui n'aurait pas su reproduire adéquatement le style de le Carré, à la base même de son grand art, ou encore peut-être remplacé son vocabulaire par un autre un peu trop savant et même avoir mal rendu le rythme de ses phrases qui permet la multiformité de ses récits.

Or, l'ayant relu en français, je me suis aperçu que tout cela avait été reconstitué avec une adresse remarquable, ce qui ne surprendra personne puisque Madame Perrin et/ou sa fille Isabelle en étaient, avec Le tunnel aux pigeons, à leur quatorzième traduction de le Carré avec qui ils collaborent depuis 27 ans.

Pour m'en convaincre, j'ai relu The Pigeon Tunnel une troisième fois, mais cette fois-là dans les deux langues comparant presque phrase par phrase, parfois même un mot à un autre et c'est alors que j'ai compris que le Carré, chose qui m'avait frappé lorsque je l'ai lu pour la première fois, est un de ses écrivains qu'il faut apprendre à lire tout comme on apprend à lire Proust, ou Joyce, ou Céline parce que son univers exige pour être décrit, une langue particulière.

À la question qu'il est loisible de poser, à savoir si  Le tunnel aux pigeons est un des chef-d'oeuvre de le Carré. la réponse est non sauf que, comme tous ses romans et essais, il faut savoir le prendre par le bon bout et avoir appris comment il écrit, comment il construit ses moindres textes, comment il met en place ses énigmes, ses personnages et dans quel ordre. - Pour cela, il vaudrait mieux commencer par son Espion qui venait du froid ou, celui que je préfère, son Thinker, Tailor, Soldier Spy dont le titre, incidemment, donne une idée de la difficulté à le traduire en français.

Comment, par exemple, on est passé de Tinker, Tailor, Soldier, Spy à... La taupe (son titre français)

 Tinker, Tailor, Soldier, Spy est une variante d'une comptine anglaise qui se déclame comme suit :

«Tinker, 
 Tailor,
 Soldier,
 Sailor,
 Rich man,
 Poor man,
 Beggar man,
 Thief
»

Dans Tinker, Taylor, les mots de cette comptine doivent servir à désigner l'agent-double qui s'est infiltré au sein de la direction du Service de renseignement britannique.

Le chef de ce Service (Control) a limité ses recherches à cinq de ses assistants qu'il a, pour les besoins de la cause, surnommés :  

Percy Alleline, Tinker 
Bill Hayden, Tailor
Roy Haden, Soldier
Toby Estherhase, Poor man
George Smiley, Beggar man.

Dans la traduction française, les mots de cette comptine sont utilisés tels quels sauf que, pour le titre, où Sailor est remplacé par Spy, il est évident qu'on ne pouvait pas se servir d'un traduction directe, d'où le mot taupe qui dévoile que ce roman aura pour intrigue la possibilité de démasquer un traite, chose qu'on n'apprend pas tout de suite en anglais et qui ajoute une sorte de mystère supplémentaire à l'ensemble.

Un détail, vous allez me dire, mais c'est justement ce genre de détails qui fait le charme des récits de le Carré. Dans le monde de l'espionnage, tout n'est jamais très clair..

En passant, j'ai vu qu'Isabelle Perrin avait traduit avec brio une expression bien anglaise non directement, mais par une équivalence française :

Like a bull in a china shop
(Comme un boeuf dans une boutique de porcelaine)

qui est devenu, en français :

Comme un chien dans un jeu de quilles..

Mais revenons à The Pigeon Tunnel.

Le Tunnel aux pigeons dans l'oeuvre de le Carré

Des vingt et quelques romans écrits par John le Carré, j'ai dû en lire une bonne douzaine ayant, après quelques chapitres,  laissé tomber pour diverses raisons, Une petite ville en Allemagne (A Small Town in Germany), Un amant naïf et sentimental (The Naive and Sentimental Lover) et La petite fille au tambour (The Little Drummer Girl) auxquels, malgré le style le Carré (j'y retourne tout de suite),  je ne suis pas pu m'accrocher. C'est un peu comme si je disais qu'après Les misérables et Notre-Dame de Paris, je n'ai pas trouvé le Quatrevingt-treize (sic) de Victor Hugo très attirant. Il m'en reste encore quelques uns à lire dont Un traître à notre goût (Our Kind of Traitor) qui me semble tout à fait être parmi les meilleurs de l'auteur de L'homme qui venait du froid (The Spy Who Came in from the Cold) et auquel je m'attaquerai dès que j'aurai terminé ma troisième lecture de Le directeur de nuit (The Night Manager) car rares sont les romans de le Carré que je n'ai pas lu au moins deux fois. 

De ses deux (ou serait-ce trois ?) essais, je n'ai lu que ce The Pigeon Tunnel, sujet de cette chronique car, comme je le disais le mois dernier -  ou que j'aurais dû dire -, ce livre n'est ni une série de contes ou d'histoires, (comme son titre le laisse sous-entendre), ni un livre qu'on pourrait qualifier d'autobiographique. Ce serait plutôt un recueil de réflexions basées sur divers événements auxquels il a, au cours de sa vie d'écrivain, participé et qu'il décrit sous forme presque romanesque. C'est le cas, en particulier de son chapitre numéro 33 intitulé en français «Le fils du père» où il raconte la vie rocambolesque de son père, un escroc du tout premier ordre et qui se termine par une phrase typique de ses romans.

(Un autre chapitre, très court celui-là [une page], est le  numéro 36 dont le titre est  «La carte de crédit de Stephen Spencer» se termine de la même façon.)

Tout ça pour répéter ce que pensait Bernard Pivot de le Carré : que ce n'était pas un simple écrivain de romans d'espionnage, mais bel et bien un grand écrivain, ce avec quoi, je suis totalement d'accord et c'est de ce point de vue que Le tunnel aux pigeons (The Pigeon Tunnel) doit être lu non pas en tant que «souvenirs d'un écrivain de romans d'espionnage», mais bel et bien en tant qu'une suite de récits rédigés par un grand auteur dans un le style qui lui est propre et qui est aussi unique que sa vision du monde qui l'entoure.

Quelques remarques supplémentaires sur, justement, le style de le Carré

Le style narratif de le Carré est quelque peu déroutant. Pas autant que celui de Thomas Pynchon (dont tous les romans me demandent plusieurs semaines de lecture), mais pas loin.

Tous les romans que j'ai lus de lui débutent par la description d'événements qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux. Souvent les trois, quatre premiers chapitres se déroulent à des endroits différents, avec des personnages différents. Tinker, Tailor, Soldier, Spy, par exemple, débute dans un collège anglais où l'on fait la connaissance d'un professeur nouvellement arrivé pour passer, au chapitre suivant, à la description d'une rencontre entre deux individus sans rapport apparent avec ce professeur, dans un restaurant, à Londres, puis au troisième chapitre, on se retrouve à bord d'une voiture avec un des deux individus du chapitre précédent en compagnie d'un quatrième personnage qui l'amène en banlieue de Londres où l'on fait connaissance avec un autre qui au chapitre suivant (on en est alors au cinquième) le présente à un cinquième qui se met à raconter ce qui lui est arrivé six mois plus tôt à... Hong Kong.

Dans le film qu'on en a tiré (le premier de deux adaptations, celui mettant en vedette Alec Guiness), pour sans doute rendre le récit plus visuellement cohérent, l'ordre d'à peu près tous les chapitres a été modifié. Les événements du premier chapitre, par exemple, ont été déplacé au quatrième épisode (sur six) alors qu'on fait, au départ, connaissance immédiatement avec ce futur professeur.

C'est une des manières qu'utilise le Carré pour : a) mettre en évidence que, dans la vraie vie, ce qui passe à un endroit peut avoir des conséquences dans un autre, b) présenter ses personnages, chacun dans un contexte qui leur est propre et c) démontrer comment certains événements, à cause d'une méconnaissance de certains faits, à cause d'une mauvaise interprétation de ces faits, à cause de divers préjugés, mensonges et fausses vérités, notre connaissance du monde n'est qu'approximative.

"Je mens, dit-il dans un de ses récits. Je suis né dans le mensonge. J'ai voulu m'en sortir en joignant le contre-espionnage pour réaliser qu'on y mentait systématiquement et je suis devenu écrivain. La pire chose qui puisse arriver à un menteur."

(Je cite de mémoire alors, ne pas trop m'en vouloir)

Copernique

Le courrier

M. Donald Bergeron - Trois-Rivières, Québec

«One, two, / Buckle my shoe;/ Three, four, / Knock at the door; / Five, six, /  
Pick up sticks; / Seven, eight, / Lay them straight: / Nine, ten, / A big fat hen...
»

Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/One,_Two,_Buckle_My_Shoe

Ms Danielle Oliver - Houston, Texas

Shakespeare est le seul auteur qui possède un numéro spécifique dans le système Dewey : 822.33.

M. D - Perduto (vicino Tassignano, Lucca), Italia

Dans la Bible, Dieu est responsable de la mort d'environ deux millions de personnes. - Satan ? Dix.

Mr. Roddy Martindale - London S.W. 4. U.K.

Le 11 avril 1954. - Rien, mais absolument rien de significatif n,est arrivé ce jour-là.

Sir John Ralsphton-Bigard - Nassau, Bahamas

Le pluriel de graffito est graffiti.

M. Gérald Lafleur - Hollywood, California

Charlie Sheen, Freddie Mercury, Arthur Ashe, Anthony Perkins, Rock Hudson, Liberace, Tom Fogerty, James Merrill et John Holmes. (+ Magic Johnson)

Mme Irène Doddridge - Biloxi, Mississippi

Bob et Dolores Hope : 69 ans.

 

Cette édition du Castor est dédiée à :

Charles Edward Anderson Berry
(1926-2017)

c


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