Volume XXVII n° 4

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 5 décembre 2016  

"If Ulysses is not fit to read, it is because life is not fit to live."  
- James Joyce      

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ , tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™ , destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant .

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Moins de trois semaines...

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Fin d'année

Fin d'année, oui : pour ceux qui vivent au jour le jour. Or, dans un établissement comme celui de l'Université de Napierville, les années débutent en septembre et se terminent en juin (en mai pour les finissants). Et pour beaucoup d'entre nous, les années débutent avec nos anniversaires pour se terminer quand la main ordonnatrice de l'univers (sauf certaines parties de Pointe-Saint-Charles et le Nouveau-Rosemont) en aura décidé autrement.

Écoutons ce que les regrettés frères Goncourt disaient de ce moment :

« Un jour, Dieu reviendra sur terre, vêtu de sa djellaba, avec sa barbe fleurie et son trousseau de clés et dira, comme on le fait à dix-huit heures au Musée des Arts décoratifs : "Messieurs on ferme !" »

Visiblement, cette heure n'est pas encore arrivée pour nos rédacteurs qui en sont, pour la plupart, toujours au calendrier du regretté Grégoire XIII (bulle Inter gravissimas) et dont l'année courante se terminera le 31 décembre prochain, six jours après l'anniversaire de notre distingué recteur, le Profeseur Marshall qui célébrera, en effet, son quatre-vingt-trosième anniversaire le 25 décembre qui, pour les plus pressés d'entre eux, est, à toutes fins utiles, un demain proche.

Célébration, fête, félicitations, souhaits, tout sera mis en oeuvre pour honorer sa présence parmi nous.

Entre-temps, le Castor™ continue son oeuvre édificatrice.

Cette semaine :

Ann Julian, Napoléon, François Cheng, Marcel Proust, Francis Carco, Everett Sloane, Louis-Ferdinand Céline, les DRM., l'athéisme vu par une anarchiste du début du siècle dernier, l'Ohio University Marching Band, les lecteurs, les tablettes, mots de passe, John Updike, Jean Passe et D. Meilleur.

Bonne lecture !


    Chroniques

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.




  Livres, lecteurs, tablettes et... DRM

Je dis souvent à ceux qui veulent bien m'écouter que si quelqu'un pouvait transformer («digitaliser») tous les livres qui sont dans ma bibliothèque en fichiers électroniques, je lui ferais volontiers don de tous les livres qu'elle contient. - Une boutade, naturellement, mais pas trop loin de la vérité : depuis plusieurs mois et même plusieurs années, il est rare que je me lève pour consulter un de mes volumes, qu'il soit de référence ou tout simplement de photos ou de fiction. - Je n'ai, par exemple, pas ouvert une de mes quatre éditions de Proust depuis longtemps : lorsque j'ai eu à rechercher un passage dans une de leurs trois à quatre mille pages (c'est selon l'édition) de son "À la recherche du Temps perdu" (ou même de son "Jean Santeuil" - malheureusement sa correspondance n'a pas encore été digitalisée), j'ai fait CTRL-F dans le répertoire approprié, tapé quelques mots et la citation est apparue presque immédiatement et dans son contexte, le tout en une fraction de seconde, ce qui me prenait, auparavant (vous voyez comme on parle très vite du passé), plusieurs minutes et parfois une heure... ou deux. - Idem pour les dictionnaires, les grammaires, la table des éléments ou une recette de cuisine car tout est maintenant à peu près disponible instantanément si on a accès à l'Internet et quelques notions de comment y faire des recherches. - Et pourtant, deux éditions de l'Encyclopédie Larousse, une Grevisse et quelques dictionnaires Français-Anglais, Anglais-Français, grecs, latins et même Allemands sont toujours bien rangés dans un des rayons qui se trouvent derrière ma table de travail.

Il y a diverses raisons qui expliquent la présence de ces volumes en format-papier dans mon appart, raisons que John Updike (sur lequel Copernique nous prépare un dossier) a résumées dans un court essai paru dans le New York Times en juin 2000 sous le titre de "A Case for Books". Il en cite quatre :

    1) Les livres considérés comme pièces d'ameublement :

Les bibliothèques - je parle des meubles -, même, si en partie, remplies de bibelots, réchauffent une pièce et des livres éparpillés un peu partout laissent sous-entendre que son occupant a certaines notions intellectuelles et qu'il est prêt en tout temps à reprendre la lecture d'un roman ou d'un livre d'essais débuté il y a deux jours, une semaine ou deux ans. - Sur une chaise, sur une table de travail ou de chevet, sur un bureau, un livre laisse planer la possibilité d'entrer à n'importe quel moment dans un nouveau monde... enfin : d'échapper à celui dans lequel on vit.

    2) Les livres, objets sensuels :

Plus petit qu'un sac à main, à peine plus gros qu'une manette de télévision, un livre dans une main est un objet plutôt plaisant. Son poids peut-être supporté des heures sans fatigue et on peut l'ouvrir debout, assis, étendu sur un fauteuil ou dans son lit. Le résultat de cinq cents années d'expérimentations artisanales qui en ont rendu le maniement tout aussi naturel que celui de prendre une pomme ou un chaton.

    3) Les livres en tant que souvenirs :

On ne jette pas un livre : on le garde précieusement. Sa table de logarithmes, son premier livre de poche, ses livres de recettes, sa désuète géographie. Derrière un meuble, dans son sous-sol ou une remise, se trouve une caisse de carton défraîchi qui contient les volumes ayant apartenu à son père, une bible, son premier livre de lecture...

    4) Les livres sont des jalons, des repères, des élément stabilisateurs :

L'expression qu'Updike a utilisée est "ballast" qui se traduit en français par "lest", mais son texte se rapporte plus à des objets qui rendent les déplacements difficiles. Les déménageurs, à ce propos, vous le diront : ils préfèrent déplacer et transporter des fauteuils ou des réfrigérateurs plutôt que des caisses de livres et lorsqu'il nous vient à l'esprit de changer de demeure, c'est à deux fois, en regardant sa  bibliothèque, qu'on y pense. Certaines séparations ont même été évitées à l'idée qu'il faudrait faire le tri de ses collections de romans policiers, de livres de recettes, de romans lus à deux. - Les livres sont des objets qui stabilisent nos vies d'errance et qui tempèrent nos idées de repartir à neuf quelque part... ailleurs... avec quelqu'un d'autre.

Je n'ai aucune objection à formuler contre ce ou ces point(s) de vue. J'en ai même un cinquième à ajouter : celui qu'une bibliothèque bien remplie donne plus de prestige à celui qui la possède que tous les diplômes et certificats qu'il pourrait afficher derrière son bureau. (Idem à des tas de feuilles de papier par rapport à un ordinateur.) - Je retiens tous ces arguments, car c'en sont, pour les refiler à ceux qui reprochent aux écrans de lecteurs en simili-plastique une clarté peu comparable à des textes imprimés. Ils auront ainsi plus de munitions contre celles dont ils se servent en faveur du livre numérique :

- on peut souligner ou annoter un livre électronique sans l'endommager

- ces fameux objets en simili-plastique, pour reprendre l'expression utilisée ci-dessus peuvent contenir des dizaines de volumes, ce qui est fort appréciable en voyage

- y sont également incorporés des dictionnaires qu'on peut d'un mouvement de la main consulter immédiatement à partir d'un mot dont on ne sait au juste la signification (sans compter les traducteurs et autres outils de travail qu'on peut leur ajouter)

- on peut faire des recherches dans un volume de milliers de pages en un seul ou deux clics.

- et, en plus, ils sont légers ; on peut à volonté, en modifier la grandeur des caractères (fontes) et, en plus, on peut les lire au lit sans déranger son conjoint ou sa conjointe...

Y'a un problème :

Les DRM ou Digital Rights Management ou, en français GDN pour Gestion des Droits Numériques

Pour ceux qui n'ont pas encore fait face à cette calamité, rappelons qu'il s'agit d'un ajout à un fichier numérique qui empêche son transfert ou sa copie d'un appareil électronique à un autre, d'un ordinateur, par exemple, à une tablette ou à d'un lecteur à un portable (et vice-versa). Cet ajout (un bout de code) fait en sorte que si vous vous êtes procuré un roman d'un éditeur au moyen de votre ordinateur, vous ne pouvez pas en faire une copie sur un autre de vos appareils électroniques.

De petits comiques ont vite créé des logiciels pour effacer ces ajouts (disponibles gratuitement sur la Toile), mais ce serait, pour ainsi dire, illégal de les utiliser. De plus, les éditeurs qui utilisent ce stratagème pour contrer la reproduction de leurs livres, les modifient régulièrement.

Je compare cela à l'achat d'un livre-papier qu'on n'aurait le droit de lire que dans son salon et non dans son bureau ou sa chambre à coucher. Tout cela pour empêcher la possibilité de le prêter ou de le donner à quelqu'un d'autre.

J'ai cessé, dès que je m'en suis procuré un, d'acheter ce type de livres-fichiers-électroniques chez les éditeurs et libraires qui en font usage et je suggère à tout le monde de faire de même. - Pourquoi ? Parce que personne ne m'empêchera de disposer de mes "livres" comme je l'entends et je considère insultant de me faire ni plus ni moins laisser sous-entendre que je pourrais être malhonnête.

Et en plus, y'a les prix. Alors là, je souhaite aux éditeurs toutes les misères du monde, comme je les ai souhaitées à tous les fabricants de CD qui se retrouvent aujourd'hui Gros-Jean comme devant en ayant pratiqué la vente et la distribution d'objets qui leur coûtaient moins cher à reproduire (que 33t vinyles) en en augmentant le prix.

Pensez-y :

Voici à peu près la part qui revient, en $ ou en Euros, à tous ceux qui éditent, impriment, distribuent et vendent au détail un livre-papier :

40% est remis au libraire
20% va au distributeur (entreposage, transport, etc.)
20% va à l'imprimeur
et 20 % à l'éditeur qui en remet entre 5 et 10% à l'auteur, parfois moins.

(Les pourcentages peuvent varier, mais cela n'est pas mon propos.)

Digitalisé et revendu sous la forme d'un fichier électronique - souvent directement par l'éditeur - un livre digitalisé devrait coûter au bas mot, moins que la moitié du prix papier (enlever la part du libraire, du distributeur et de l'imprimeur), mais non : l'on vous donne un rabais, la plupart du temps, de 10%, et jamais plus que 15. (Parfois un peu plus, je l'avoue, mais c'est plutôt rare.)

Si vous trouvez cela raisonnable, moi pas.

Heureusement, je ne lis la plupart du temps que des classiques ou des livres qui sont aujourd'hui du domaine public et ces livres, je les trouve, sans DRM ou GDN, gratuitement sur Internet. Voici quelques adresses où, entre autres, vous pourrez trouver Proust, Joyce, Wilde, Racine, Cornelle, Shakespeare, tout Balzac, tout Dostoievski, tout Tolstoi, etc.

https://www.gutenberg.org/

http://www.livrespourtous.com/

http://www.decitre.fr/ebook/bonnes-affaires/ebooks-gratuits.html

http://www.ebooksgratuits.com/

Et si vous tenez à lire sur papier, fréquentez donc une librairie d'occasion. Voici les adresses de celles que je visite régulièrement, à Montréal :

La boîte à son - 355 rue Emery (près du théatre St-Denis, en face du Cinéplex) - Sympatique propriétaire. Titres limités, mais toujours de qualité.

Le port de tête - 262, est, rue Mont-Royal - Grand choix et, toujours, des Pléiade à moitié prix.

Mona lisait, 2054 rue St-Denis - Un véritable capharnaum, mais j'y ai trouvé des raretés dont l'encyclopédie Larouuse pré-1940 en parfait état.

Volume - 277 est, rue Ste-Catherine - C'est qu'ils ont, en plus, des disques et des DVD.

Pour les livres anglais, je vais chez The Word, 469 rue Milton (près de l'Université McGill), mais régulièrement, parce qu'il n'existe plus de grandes librairies anglophones à Montréal, je vais chez Barnes & Nobles à Burlington, au Vermont (livres neufs), mais surtout à Montpellier, également au Vermont, où se trouvent trois des meilleurs used-book-stores de ce côté-ci de Toronto.

Et je consulte régulièrement les sites où l'on offre la livraison gratuite.

Par ailleurs...

Évidemment, tout ce qui précède ne se veut en rien être une attaque en règle contre les éditeurs dont les frais d'opération sont, comme toutes les entreprises, sujets à l'inflation, aux fluctuations imprévisibles des prix et aux aléas du marché, et, en plus, en ce qui les concerne, également sujets aux caprices de leurs lecteurs. 

Si l'on parle d'inflation, le prix des livres imprimés n'a pas, contrairement à l'opinion générale, augmenté au-delà des prix en général. Voici à titre de comparaisons, quelques statistiques, au cours des cinq dernières décennies :

(Merci Jeff !)

Inflation en général :                            7.30 (1)
Prix des automobiles :                             7.50
Entrée au cinéma :                                  8.00
Panier d'épicerie :                                  11.70
Vêtements :                                            9.89

Prix des livres :                                     7.46

Rien de comparable à l''essence :            13.6

Ni aux salaires :                                     10.1

(1) Ce qui coûtait 1$, 1 euro, etc., en 1956, coûte, aujourd'hui, 7.3 fois plus.

Sauf qu'il faut faire attention à ces statistiques. Ainsi, si le prix d'une entrée au cinéma se compare facilement à celui des livres, on ne peut en dire la même chose du panier d'épicerie, ni des autos qui, au cours des derniers 50 ans, ont été considérablement affectés par la diversité, les habitudes alimentaires, les caractéristiques des automobiles etc. - Les tables d'impôt n'ont pas, non plus, été amendées par rapport aux salaires, l'essence a été affectée par des circonstances sur lesquelles il est inutile d'insister.

Le nombre de livres publiés par année, le nombre d'éditeurs, l'imposition d'un prix unique (en France), les subventions gouvernementales, la diminution du nombre des petits libraires, ont, tous ensemble, considérablement affecté les revenus des éditeurs. Or, et c'est là, que les véritables informations ne sont pas disponibles. Oui, on publie les statistiques de ventes, mais les revenus nets ne sont pas connus sauf qu'il faut se rendre à l'évidence : depuis des temps immémoriaux, les écrivains connaissent des sorts qui sont difficilement comparables aux maisons d'édition qui ont été relativement plus rares à déposer leurs bilans.

Et puis, en terminant (temporairement car je vois déjà d'ici le courrier que je vais recevoir - sera-t-il plus important que celui que je reçois quand je parle de la française langue ? - on ne sait jamais) :

Dans un article le 18 février 2004 Antoine Robitaille (Le Devoir) rappelait que Philip Roth, le romancier américain, disait que « Le nombre des vrais lecteurs, ceux qui prennent la lecture au sérieux, se réduit. C’est comme la calotte glaciaire » [...] en ajoutant que : « Inquiétant, le phénomène n’a cependant rien d’inéluctable. »

Voici ce qu'il ajoutait :

« Le constat que[ce] romancier fait est confirmé dans certaines études sur les pratiques culturelles au Québec. En 2004, un rapport mettait en relief la " diminution des grands lecteurs au profit des petits lecteurs". En outre, cette progression de la lecture de livre n’est pas le fait des jeunes générations, mais des plus âgées.

« Philip Roth a déjà soutenu qu’il y a même là un risque d’extinction pour le roman. Le patient tueur, on le connaît : l’ère numérique, qui a bien des qualités, mais qui propage le virus du "déficit d’attention". C’est une ère de dispersion, de papillonnage, de messages surgissant, d’alertes, etc. Autant dire un complot contre les longues heures de concentration qu’exige le roman. »

Simon




Fin ou début d'une nouvelle année ?

C'est la question que le commun des mortels habitant le ou près du Quartier Universitaire de Napierville est en droit de se poser à la proche veille du 25 décembre lorsque notre bien-aimé recteur entrera dans la quatre-vingt-quatrième année de son inestimable existence, année où il sera à la quarante-septième année de son rectorat où il demeurera encore longtemps, comme nous l'espérons tous, le cerveau-phare de plus de trois générations.

(Pour de plus amples renseignements sur sa carrière, voir à : chronologie.)

Quelle occasion s'est offerte à nous tous de restaurer le bénitier au-dessus duquel cet homme a été baptisé, il y a de ça, dans quelques jours, huit décennies et trois dixièmes (plus deux jours car il ne reçut le sacrement du Baptême que le 27 ) et d'ainsi lui rendre hommage.

Le curé de la paroisse du Saint-Sépulc(h)re et des deux Vierges m'informe que tout est prêt et j'en suis fort heureux car humblement fier, je dois l'avouer, je le suis quelque peu ayant, grâce à la Bonté Divine, été choisi pour naquir le même jour que notre ami à tous.

Obédieusement vôtre,

Herméningile Pérec



Hard work

 « It's no trick to make a lot of money, if it's all you want :  make a lot of money. »
(Everett Sloane as Mr. Bernstein in Citizen Kane - Orson Welles, 1941)

I am, believe it or not, constantly being told that I use too many long words, arcane vocabulary, archaic forms, unusual contractions and other idiosyncrasies that make everything I write difficult to read. - Having heard these remarks, I said to myself : "Thank God, no one has so far noticed that I often switch subjects in the middle of paragraphs and even sentences ! "

Be that as it may, I should take exception to the above as, the more I read some writers, well known writers, including very popular writers, the more I find them difficult to decipher ; the latest in this category is John Updike whom I've added to a long list in which the likes of Henry James, John Ruskin and a few 19th century essayists figure prominently. The same applies to various American authors who write in a telegrammatic prose style such as James Ellroy of whom I wasn't able to read more than three pages of his L. A. Confidential about which I had heard so much. On the other hand, some people can't understand why I find Le Carré, Hitchens and even Joyce easy to read.

A matter of likes or dislikes, I guess. Or perhaps a « birds of a feather » thing.

And then, there's what one writes about. - Pulp fiction ? Keep it simple. - Spy novels ? Make it complicated. - Five hundred word articles on gardening ?  Make it to the point and get out. - Politics ? Use your imagination.

I agree with Shelby Foote : writing is hard work. It takes time, and patience ; devotion actually. And a no shame and stubborn attitude, particularly towards critics. Some people would say an unbreakable backbone helps, but I think it has more to do with not for whom but for what or rather why one writes. Some say money. Makes sense. Fame ? Nah. Better try something else (dancing, singing or selling newspaper want-adds, comes to mind). Even reading news live at eleven and try to make everyone believe you're a journalist (1). - One of the worst answer I got was « posterity ». I didn't believe that either, but I wished I had said it first. Unless t'is for revenge or malicious intents.

I think people write because they have to, period, full stop. - To make sense of their endless, obsessive, confused thoughts. Which is why writing is dam' hard work, Don't kid yourself.

(1) I won't mention anybody because he's still alive, but one news reader I remember couldn't have recognized what a news was if it had happened in front of his house and had been  preceded by a band and neon signs saying «THIS IS NEWS !». He read news. That's all he did. (And I heard that some newsreader, in the USA, have had their hair dyed white to look more serious...)

And another thing : too many comas...

In «Mortality», a book I mentioned last month, Christophe Hitchens said that he used to open his writing classes by saying that anybody that could talk could write, but he immediately followed that statement by a question: «How many people [amongst you] can talk... really talk ?». - That question, he adds, used to have a duly woeful effect. (Chapter V.) - Further on, he wrote that every composition should be read aloud and that if something was worth hearing or listened to, it was probably worth reading.

I can't, as I'm writing this, remember whom or who, amongst French littérateurs, had what he called a «gueuloir» (a room where he could read aloud his own scribbles). Needless to say that I never had such a room, but I don't remember writing anything - I mean : anything -  without mumbling it to myself, sentence after sentence ; and then whole paragraphs, and finally the entire thing. Which is why you'll see so many commas in what I write. Something, it seems, I have in common with Simon Popp. We call it breathing indications : a section in a sentence where one should inhale.

If you look up what commas are to be used in any grammar, you'll find rules after rules where one ought or ought not use a comma. I never followed any. A comma, for me, besides the obvious tool to separate words in a list or a series of adjectives, is a place where one should pause, take a short break before going on with another section of a sentence. - Read me aloud, one day, and you'll find out what I mean.

In the meantime, I shall concentrate on a problem which has plagued me for years : how to describe in a few words what a sneeze does to one's thought when it happens.
***

The tricks I use to buy (and) read good books

First, I don't read critics. nor anything written on back covers, but I must confess that I do pay some attention, sometimes a lot of attention, to the opinions of people who actually read books, some of which are critics..

(Same thing with films : I refuse to enter in a conversation with someone who hasn't viewed at leats 500 movies - and some of them several times. Particularly anyone who hasn't seen Cizien Kane, La  grande illusion and A Touch of Evil, or is not familiar with silent films.)

I don't pay attention either to friends' recommendations and, what I consider even worst that of people I barely know.

Then I look at the print - it's got to be readable - and the number of pages. If it's a novel and longer than 200 pages or a book of essays without an index, I put it back on the shelf.

I particularly avoid best sellers or books on which a sticker has been affixed stating something like «The librarians' choice» or «Coup de coeur de nos employés». - Over the years, I have found that bookstores' employees know very little about books.

Finally, I read a few sentences, randomly, and the first, last or before last. - Nothing remotely connected with an introduction or a preface. Particularly if it's not written by the author.

I never judge beforehand. Condemn, yes, but judge, no.

Let me give you an example :

Would you buy a book whose first sentence of its last paragraph reads like this :

«Rêver, aimer, écrire et voyager, j'ai troqué mes lames de rasoir pour son fil, l'âme aiguisée comme un silex» (1)

My case rests.

Copernique

(1) «Pourvu que ça brûle» - Caryll Férey - Albin Michel, 2016.


Lecture rapide

Ça s'apprend. Je sais parce que, depuis un an, j'ai doublé ma vitesse de lecture.

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. - J'avance ce titre parce qu'il s'agit d'un roman, pas trop compliqué et sur lequel on peut trouver, sur Internet, diverses statistiques.

Ce livre contient environ 184,000 mots.

Si vous êtes un lecteur moyen et que vous lisez environ 200 mots à la minute (avec - ceci est important - une compréhension d'environ 60%), il vous faudra environ 15 heures ou, à 45 minutes par jour, quelque chose comme 20 jours, en n'ayant retenu qu'environ 60% de son contenu.- C'est-à-dire que vous pourrez en donner un résumé à peu près complet, mais sans beaucoup de détails.

Si vous êtes un très bon lecteur, à 400 mots à la minute, vous pourrez diminuer ce temps à 10 jours en ayant retenu de 70 à 75% de son contenu.

Et si vous êtes un superlecteur (1% de la population), vous en serez à 1000 mots à la minute et en trois jours de 45 minutes (environ 2 heures en lecture continue), vous aurez non seulement lu Voyage au bout de la nuit, mais vous en aurez retenu plus de 90% de son contenu.

Pour savoir à quelle vitesses vous lisez, je vous suggère de faire le test (et en même temps apprendre plus sur la lecture rapide) que vous trouverez à la page suivante :

http://www.readingsoft.com/fr/test.html

Nos deux grands lecteurs, ici, Simon Popp et Copernique Marshall, ceux qui écrivent le plupart des comptes-rendus de lecture qui paraissent dans le Castor™ en sont à 500 mots minutes... en moyenne... car cette moyenne varie énormément en fonction du contenu de ce qu'ils lisent (article dans un magazine, livres techniques, romans, pièces de théâtre, etc.), ce qui les ramène entre 350 et 750 mots à la minute.

Simon nous assure qu'il peut lire deux livres (d'environ 75,000 mots chacun) en une seule journée si leur contenu n'est pas trop complexe, si ce sont des romans qui ne contiennent pas trop de personnages, s'ils traitent d'un sujet qu'il connaît assez bien, s'il y a pas trop de dialogues, notes en bas de page et ainsi de suite, mais qu'il aurait de la difficulté en lire la moitié d'un court traité de philosophie, par exemple. "Et puis, comme Copernique, il m'arrive souvent de lire mot-à-mot des livres bien écrits. - Ulysse de James Joyce m'a pris un bon bout de temps. Je dirais deux à trois semaines à raison de deux heures par jour . (Et en français par dessus le marché.) - Par contre j'ai passé à travers Le vieil homme et la mer d'eEmingway en moins d'une heure. Et en anglais !" nous a-t-il expliqué.

De son côté, Copernique parle non pas de mots à la minute, mais de livres. De mille à deux mille pages par mois à raison d'une heure par jour, mais qu'il peut mettre de trois à cinq mois pour lire un Thomas Pynchon et qu'il lui a fallu plus d'un an pour lire A la recherche du Temps perdu (1,5 million de mots). Son record personnel, ajoute-il en riant, a été de lire cinq Agatha Christie entre Montréal et Londres il y a quelques années. "Ben quoi : il fallait bien que je dorme un peu...". - Il avoue cependant lire jusqu'à sept à huit livres en même temps et qu'il lui arrive d'en lire un plusieurs fois de suite. En français et en anglais, comme il nous expliquait le mois dernier.

Bref : deux gros lecteurs, mais ils ont, derrière eux, une immense pratique ou expérience.

Personnellement, je vise 500 mots à la minute (au dernier décompte, j'en étais à 365) et, au strict minimum, une heure par jour. Cette heure, je la prends quand je déjeune (lunch) seul, la plupart du temps, au restaurant, sur ma tablette ou avant de m'endormir, le soir. Parfois, quand les enfants sont à une activité quelconque et qu'il n'y a pas de travaux urgents à la maison, je peux étirer cette heure à deux ou trois dans la même journée, mais c'est plutôt rare. Entre vingt et trente livres par année. Ce qui fait de moi, un phénomène au travail où les «grands» lecteurs consomment jusqu'à six romans par année (sic).

Cela étant dit et compte tenu de son contenu (et de ce qu'on m'en a dit), Voyage au bout de la nuit me prendrait, en ce moment, entre sept et quinze jours... - Mais ce que j'ai lu, ici, sur Wittgenstein, je crois que j'en aurais pour dix ans.

Paraît qu'un Américain détient en ce moment le record Guinness de lecture rapide : 25,000 mots à la minute. Voyage au bout de la nuit en moins de 8 minutes. - Je suppose qu'il a fait installer un four à micro-ondes dans son foyer ; ce qui lui permet, en même temps, de passer une soirée complète en 12 ou 13 minutes. - À se demander qui tourne les pages de son livre quand il lit.

Et vous ?

Jeff

Note de l'éditeur : Voir également "Écrire", par Simon Popp - Chronique du 4 avril 2016. (cité également un peu plus loin dans cette édition).

***

Mot de passe 2

En octobre dernier, j'ai expliqué pourquoi les mots de passe devaient être plus complexes qu'une simple série de lettres en suggérant d'utiliser à la fois des chiffres et des lettres (majuscules et des minuscules), mais également au strict minimum de 10 à 13 caractères. Mais comment se souvenir de mots de passe aussi longs ? m'a-t-on demandé. Deux méthodes :

La première, car il ne faut pas utiliser le même mot de passe partout (courriel, etc.), est d'utiliser un logiciel

La deuxième, beaucoup moins difficile, est de se souvenir des premières lettres d'une ligne d'une chanson, du premier vers d'un poème ou d'une réplique théâtrale :

Ainsi : «Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur» pourrait vous servir à créer le mot de passe suivant : «LjnepppqlfdmC» (en n'oubliant pas de mettre en majuscules la première et dernière lettre ou en ajoutant un signe de ponctuation.

Le principe général est de ne pas utiliser des mots ou combinaisons de chiffres personnels : votre date de naissance, votre numéro de téléphone, le nom de votre animal de compagnie, etc.

Finalement, il faut changer ses mots de passe régulièrement. La raison est quelque peu complexe car elle découle des habitudes des pirates informatiques qui, dès qu'ils ont réussi à pénétrer dans un réseau, récupèrent immédiatement la liste de tous les mots de passe de leurs usagers, liste dont ils se servent pour pénétrer dans d'autres réseaux où ils font la même chose. Cela leur rend plus facile à pénétrer dans d'autres et ainsi de suite. - Pas question, dans leur cas, d'essayer les combinaisons AAA-AAB-AAC et ainsi de suite.

Car si vous croyez que Simon_Templar est un mot de passe difficile à trouver, il devient facile quand on sait qu'il s'agit du même que vous avez utilisé à votre banque, pour vos courriels, chez votre fournisseur de gadgets...

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Et avant que j'oublie :

Sur le site de Radio-Canada-Nouvelles (http://ici.radio-canada.ca/), vendredi dernier, le 2, un article d'Émile Dubreuil intitulé : «Les adultes Asperger, ces géants aux pieds d'argile» qui débutent comme ceci : 

« On les appelle autistes de haut niveau ou autistes savants. Car, pour une raison qu'on ignore, leurs capacités intellectuelles sont le plus souvent impressionnantes : mémoire encyclopédique, compréhension cristalline de la réalité. On pourrait dire que ce sont des autistes manqués. 

« Comme si l’autisme n’avait pas réussi à subjuguer leurs capacités intellectuelles », résume le psychologue Normand Giroux. Mais cet important panache cognitif repose sur une fragilité toute particulière. S’ils sont plus performants que les gens « normaux » intellectuellement, les autistes Asperger sont des « handicapés émotifs ».

Je ne sais combien de temps cela restera disponible, mais c'est à l'adresse qui suit :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1003510/adultes-asperger-diagnostic-autisme

(Vous pouvez vous y fier : c'est mon ami Serge qui m'a fourni ce lien.)

Jeff


  Textes choisis

Comme aux beaux jours de nos vingt ans
Par ce clair matin de printemps
J'ai voulu revoir tout là-bas
L'auberge au milieu des lilas.
On entendait sous les branches
Les oiseaux chanter dimanche
Et ta chaste robe blanche
Paraissait guider mes pas
.

Tout avait l'air à sa place
Même ton nom dans la glace
Juste à la place où s'efface
Quoi qu'on fasse
Toute trace.
Et je croyais presque entendre
Ta voix tendre murmurer
"
Viens plus près"

J'étais ému comme autrefois
Dans cette auberge au fond des bois
J'avais des larmes dans les yeux
Et je trouvais ça merveilleux
Durant toute la journée
Après tant et tant d'années
Dans ta chambre abandonnée
Je nous suis revus tous deux

Mais rien n'était à sa place
Je suis resté, tête basse,
À me faire dans la glace
Face à face
La grimace
Enfin, j'ai poussé la porte
Que m'importe
Ni ni
C'est fini !

Pourtant, quand descendit le soir
Je suis allé tout seul m'asseoir
Sur le banc de bois vermoulu
Où tu ne revins jamais plus
Tu me paraissais plus belle
Plus charmante, plus cruelle
Qu'aucune de toutes celles
Pour qui mon cœur a battu

Et je rentrai, l'âme lasse,
Chercher ton nom dans la glace
Juste à la place où s'efface
Quoi qu'on fasse
Toute trace
Mais avec un pauvre rire
J'ai cru lire :
Après tout,
On s'en fout.

Franci Carco - Chanson tendre.

Fawzi

P.-S. - Oh ! Paul m'a retouvé ce poème chanté par Francis Carco lui-même. Je n'oserai pas l'écouter toute seule :

Cliquez sur la note :


C'est dans le temps du Jour de l'AN...

"Timeo Danos et dona ferentes"

Jamais j'aurais cru qu'à deux, trois semaines de Noël, j'allais citer, au début d'une chronique un vers... attendez que je trouve la référence... de Virgile, de son Énéide (que je n'ai jamais lu), un vers et que m'a refilé Copernique il n'y a pas très longtemps où nous nous sommes retrouvés seuls - n'en déplaise à sa femme - au Bar l'Abri en attendant que les autres chroniqueurs du Castor™ viennent nous rejoindre.

Pour ceux qui ne lisent pas le latin, ce vers veut dire : "Je crains les Grecs, même lorsqu'ils font des cadeaux". C'est du moins ce que j'ai lu, par après, mais Copernique, si je me souviens bien, m'a bien dit : "Méfie-toi des Grecs surtout lorsqu'ils t'offrent des cadeaux"... que, à la maison, j'ai fini par comprendre, voulait dire : "On t'aime pas pour tes beaux yeux" ou, comme m'a déjà dit une collègue, par rapport à une autre que nous détestions toutes les deux : "L'ont embauchée à cause de ses petites fesses intelligentes..."

Pas question, pour moi, qu'on m'ait approchée pour rédiger une chronique mensuelle dans le Castor™ pour mes deux f... - Je ne les ai jamais vues, naturellement, mais je sais qu'elles sont énormes. - Moins que ma voisine d'en face, c'est certain, mais par rapport à la p'tite - qui a eu deux enfants, estie ! - et qui est à la réception du bureau d'à côté....

Et puis ça m'est revenu, hier, quand j'ai compris que le Professeur, avec toute sa gentillesse, m'a dit que ce serait bien si je venais vous parler une fois par mois ; de ma (lire : mon) job, de mon fils, de mon chum, de ce que je pensais et ainsi de suite

C'était un cadeau de Grec.

Assez que, juste comme le temps des Fêtes approchait, je me suis retrouvée en train de penser que ce qui allait se passer était démentiel. - Non, je ne vous parlerai pas de l'arbre à monter, de la robe à porter, du cadeau à acheter pour le p'tit, ni de mon chum qui, lors de son party de Noël allait rentré émêché (pourvu qu'il ne prenne pas son auto!), ni de sa mère, ni de sa tante.

Je vais juste vous dire que le temps des Fêtes, je m'en dispenserais.

Ce qui ne veut pas dire que Copernique ne m'intéresse pas, mais même Jeff, un de ces soirs... Et vous ne connaissez ni la voix, ni les mains de Simon.

;-)

George

 


           

De notre disk-jockey

Au prix où sont rendus les disques fixes ou externes (ordinateurs), je me sentirais bien coupable d'effacer ne serait-ce qu'un enregistrement, un film ou un texte qui, souvent par hasard, sont passés par mon ordinateur. Le problème, c'est de les classer pour les retrouver un jour ou l'autre et puis se souvenir dans quels répertories, sous-répertoires ou sous-sous-répertoire ils ont été déposés. Et de ces répertoires, sous-répertoires, sous-sous-répertoires, j'en ai toujours quelques-uns qui portent de jolis noms comme «WIP» (Work In Progress), «À classer», «Temp», «À refaire» et ainsi de suite au point où, quand j'ose les ouvrir, il m'arrive d'avoir peur.


Un disque de 4 megaoctets
IBM - 1956

C'est ce qui m'est arrivé il n'y a pas très longtemps lorsque j'ai découvert une conversation que j'avais enregistrée il y des années. J'étais à la recherche d'un enregistrement pour une émission de radio (longue histoire que je vous raconterai un de ces jours) quand j'ai tout à coup entendu la voix d'un ami décédé depuis quelques années...

Étrange découverte, mais pour cette chronique, j'ai découvert dans le même répertoire la marche originelle du Royal 22e Régiment jouée non pas par les membres de leur fanfare, mais par l'Ohio University Marching Band qui en ont fait, à l'origine également, leur marche emblématique. La voici :

Cliquez sur la note :

Vous avez bien entendu : le Régiment de Sambre et Meuse, composé en 1870 par Robert Planquette, le même qui nous adonné l'opérette Les cloches de Corneville...

paul

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


  Book Review - Lectures

On reading

Last month, writing about Hitchens' Mortality, I mentioned that reading a translation was like looking into what someone else had found in a book. I should have mentioned "like having two brains" or through a "a stereoscope viewer". You must remember those : two pictures being looked at, side by side, with a 3D or depth effect. - They were very common in the early part of last century, but also the fifties and sixties. And they're still around. - See the Viewmaster site or the Stereoscopy article on Wikipedia.

Simon having got hold of my comments, phoned me up and said that I should have mentioned Proust's introduction to his translation of John Ruskin's Sesamies and Lillies which, he added, was published in English under the name of On Reading from its original title of Sur la lecture...

I swear to God :  if I didn't know any better I wouldn't believe that Simon has read everything written by Proust or on Proust, which, for a man of his profession - and I might even add his education and working milieu -, is not only remarkable but downright dumfounding. He would have, in his heydays and most likely still today, put to shame the most knowledged Proustien (and I've meet a few) but who else but him can also quote, from memory, long excerpts of Finnegans Wake ?

Anyway, it didn't take me long to find a copy of On Reading translated and edited by Jean Autrel and William Burford, printed in 1971 by Souvenir Press (Educational & Academic) Ltd. of London and simultaneous by J. M. Dent & Son Ltd. in Canada (London). - Where else but at the Westmount Public Library ? In their Non Fiction section, cat. no. 844 P968o. - You wanna be precise : that's precise.

A short book (86 pages) which is one of the rarest thing I've seen lately : half is the French version on the left and the other half in English on the right. - For a moment, there, I thought I had stumbled upon a Budé book which is the familiar name of all the books published by La société d'éditions «Les belles lettres» which print and distribute in French and in Latin (and Greek) the classics «sous le patronage de l'Association Guillaume Budé» of which my father has a sizeable collection. - Same format, same presentation.

(The Budé library is located, if you ever go to Paris, on Le boulevard Raspail (no. 95) - corner Rue de Fleurus - Paris 6e - Métro St-Placide or Rennes, just south of de Vaugirard - Worth a detour. - Bring a lot of money.)

Libraire Bude

Where was I ? - Ah yeah : a short book, but a gem, content-wise. In its introduction, one of its translators, William Burford, quotes François Mauriac who stated in his, Du côté de chez Proust (Coll. La Table Ronde - Gallimard, 1947), that, having come across Poust' translation of Ruskin, he felt suddenly «on the frontier of an unknown country» which is precisely how I felt when I started to read «Sur la lecture» which, of course, I read in both French and English. The temptation was too strong.

All references aside, this is the sort of book I would recommend to every kid, teenager, man, woman and child or anyone who is beginning his or her life long love of litterature. Not because it was written by Proust (which it was, albeit not in his À la recherche du Temps perdu style) but because it is practically a book on how ro read books, something which seems to have been forgotten lately.(1)

(1) Simon wrote a column on this, I think, in which he said that while everybody and their mother-in-law wouldn't dream of piking up golf or tennis without following a few lessons from a pro but when it comes to reading, just because they can decipher letters and words, they believe they know how to read. (1a)

(1a) Voir "Écrire" - Chronique de Simon Popp - 4 avril 2016. (Note de l'éditeur)

It reminded me what Shelby Foot (I don't know why but everything I've been reading lately remind of Shelby Foote) who, in his interview on his frienship with Walker Percy (1), mentioned that having read Tarzan and similar stuff, he started reading David Copperfield only to discover that there was an entirely different world out there in that he suddenly realized that he knew more about Copperfield that he knew about himself, which is something, I believe, avid readers are well aware of.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=ovspayOOzCA.

Anyway, Proust's On Reading starts this way :

«There are perhaps no days in our childhood we lived so fully as those we believe we left without having lived them, those we spent with a favorite book.»

Il n'y a pas peut-être de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré.)

And then he goes on by describing the influence books and writers have on our thoughts, particularly good books and good authors whom we find good because they give us good thoughts. Thoughts we wouldn't have had, had it not been for them.

It is, even in its brievity, a profound analysis of the impact litterature has on our minds and why it is important to read which is the equivalent of having great men as lifetime companions.

And it is also a great introduction to Proust.

Copernique

***

De l'Âme
François Cheng - Albin Michel - Novembre, 2016

Un livre étrange par son côté paradoxal : destiné à un public qui n'a aucune raison de le lire sauf pour se rassurer que chacun est dans la bonne voie et un autre qui ne le lira pas, mais qui devrait.

Son côté anecdotique est décrit dès ses premières lignes :

« Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané.

Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : “ Parlez-moi de l’âme ”…

Votre phrase : “Sur le tard, je me découvre une âme ”, je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques-uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi… »

"De l'âme" est composé, en effet, de sept lettres rédigées à une dame que l'auteur a connu dans des circonstances inhabituelles trente ans auparavant et qui forcément ne l'a pas oublié. Le thème de ses sept lettres est, évidemment, l'âme qui cohabite avec l'esprit l'intérieur de chaque personne, âme que François décrit comme étant "l'irrépressible et intarrissable besoin et désir de respirer, de se nourir, de sentir, de s'émouvoir d'aimer et d'être aimé, de se souvenir aussi de ses peines et joies, de ses souffrances et de ses félicités" comparativement à l'esprit, l'autre partie de notre être qui "nous permet de penser, de raisonner, de concevoir, d'organiser, de réaliser, d'accumuler consciemment nos expériences et de les communiquer".

Une longue réflexion sur ce qui fait l'essence de tout être humain, mais qui rappelle à chacun de nous que prendre conscience de son soi est une nécessité qui donne un sens à sa vie, la vraie vie, la vie enfin vécue et qui est de :

"... retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans l'avoir connue, et qui est tout simplement notre vie, la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue, cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas « développés » ". (Marcel Proust - Le Temps retrouvé)

Combien de gens connaissons-nous qui n'ont jamais appréhendé ni leur âme, ni leur esprit et qui ont ainsi vécu en totale errance, se souvenant à peine de leur passé et se contentant des fugaces moments du présent sans leur attacher la moindre importance ? - Voilà la question que pose en filigrane François Cheng en quelque cent cinquante pages qu'on s'imagine être capable de lire en une seule soirée, mais si denses qu'on se surprend à constater que c'est notre âme qui les lit et non pas notre intellect.

Une longue et lucide réflexion sur ce qui en nous fait que nous sommes nous de la part d'un très grand sage.

François Cheng, de l’Académie française, est à la fois poète (Entre source et nuage, 1990 ; Le Livre du vide médian, 2004), romancier (Le Dit de Tianyi Prix Femina 1998, L’Eternité n’est pas de trop 2002, Quand reviennent les âmes errantes 2012) et essayiste (Cinq méditations sur la beauté 2006, L’un vers l’autre 2008, Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, 2013, Assise, 2014).

Chez Albin Michel
(514) 523-1182

paul


  Un essai

Note de l'éditeur :

Nous n'avons pas pu trouvé une traduction de ce fort intéressant article. Par contre, notre attention a été attirée
par un autre, d'Emnma Goldman' intitulé «Le communisme n’existe pas en Russie», datant de 1935, que nos
lecteurs pourront trouver à l'adresse qui suit : 

http://inventin.lautre.net/livres/Goldman-Le-communisme.pdf

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The Philosophy of Atheism

by Emma Goldman

(First published in February 1916 in the Mother Earth journal)

(Mother Earth was an anarchist journal that described itself as «A Monthly Magazine Devoted to Social Science and Literature», edited by Emma Goldman. It published longer articles on a variety of anarchist topics including the labor movement, education, literature and the arts, state and government control, and women's emancipation, sexual freedom, and was an early supporter of birth control. Its subscribers and supporters formed a virtual "who's who" of the radical left in the United States in the years prior to 1920. - Wikipedia)

To give an adequate exposition of the Philosophy of Atheism, it would be necessary to go into the historical changes of the belief in a Deity, from its earliest beginning to the present day. But that is not within the scope of the present paper. However, it is not out of place to mention, in passing, that the concept God, Supernatural Power, Spirit, Deity, or in whatever other term the essence of Theism may have found expression, has become more indefinite and obscure in the course of time and progress. In other words, the God idea is growing more impersonal and nebulous in- proportion as the human mind is learning to understand natural phenomena and in the degree that science pro- gressively correlates human and social events.

God, today, no longer represents the same forces as in the beginning of His existence; neither does He direct human destiny with the same Iron hand as of yore. Rather does the God idea express a sort of spiritualistic stimalus to satisfy the fads and fancies of every shade of human weak- ness. In the course of human development the God idea has been forced to adapt itself to every phase of human affairs, which is perfectly consistent with the origin of the idea itself.

The conception of gods originated in fear and curiosity. Primitive man, unable to understand the phenomena of nature and harassed by them, saw in every terrifying manifestation some sinister force expressly directed against him; and as ignorance and fear are the parents of all super- stition, the troubled fancy of primitive man wove the God idea.

Very aptly, the world-renowned atheist and anarchist, Michael Bakunin, says in his great work God and the State: "All religions, with their gods, their demi-gods, and their prophets, their messiahs and their saints, were created by the prejudiced fancy of men who had not attained the full development and full possession of their faculties. Conse- quently, the religious heaven is nothing but the mirage in which man, exalted by ignorance and faith, discovered his own image, but enlarged and reversed - that is divinised. The history of religions, of the birth, grandeur, and the decline of the gods who had succeeded one another in human belief, is nothing, therefore, but the development of the collective intelligence and conscience of mankind. As fast as they discovered, in the course of their historically- progressive advance, either in themselves or in external nature, a quality, or even any great defect whatever, they attributed it to their gods, after having exaggerated and enlarged it beyond measure, after the manner of chil- dren, by an act of their religious fancy. . . . With all due respect, then, to the metaphysicians and religious idealists, philosophers, politicians or poets: the idea of God implies the abdication of human reason and justice; it is the most decisive negation of human liberty, and necessarily ends in the enslavement of mankind, both in theory and practice."

Thus the God idea, revived, readjusted, and enlarged or narrowed, according to the necessity of the time, has domi- nated humanity and will continue to do so until man will raise his head to the sunlit day, unafraid and with an awakened will to himself. In proportion as man learns to realize himself and mold his own destiny theism becomes superfluous. How far man will be able to find his relation to his fellows will depend entirely upon how much he can outgrow his dependence upon God.

Already there are indications that theism, which is the theory of speculation, is being replaced by Atheism, the science of demonstration; the one hangs in the metaphysical clouds of the Beyond, while the other has its roots firmly in the soil. It is the earth, not heaven, which man must rescue if he is truly to be saved.

The decline of theism is a most interesting spectacle, especially as manifested in the anxiety of the theists, what- ever their particular brand. They realize, much to their distress, that the masses are growing daily more atheistic, more anti-religious; that they are quite willing to leave the Great Beyond and its heavenly domain to the angels and sparrows; because more and more the masses are becoming engrossed in the problems of their immediate existence.

How to bring the masses back to the God idea, the spirit, the First Cause, etc. - that is the most pressing question to all theists. Metaphysical as all these questions seem to be, they yet have a very marked physical background. Inas- much as religion, "Divine Truth," rewards and punishments are the trade-marks of the largest, the most corrupt and pernicious, the most powerful and lucrative industry in the world, not excepting the industry of manufacturing guns and munitions. It is the industry of befogging the human mind and stifling the human heart. Necessity knows no law; hence the majority of theists are compelled to take up every subject, even if it has no bearing upon a deity or revelation or the Great Beyond. Perhaps they sense the fact that humanity is growing weary of the hundred and one brands of God.

How to raise this dead level of theistic belief is really a matter of life and death for all denominations. Therefore their tolerance; but it is a tolerance not of understanding; but of weakness. Perhaps that explains the efforts fostered in all religious publications to combine variegated religious philosophies and conflicting theistic theories into one de- nominational trust. More and more, the various concepts "of the only tree God, the only pure spirit, -the only true religion" are tolerantly glossed over in the frantic effort to establish a common ground to rescue the modern mass from the "pernicious" influence of atheistic ideas.

It is characteristic of theistic "tolerance" that no one really cares what the people believe in, just so they believe or pretend to believe. To accomplish this end, the crudest and vulgarest methods are being used. Religious endeavor meetings and revivals with Billy Sunday as their champion -methods which must outrage every refined sense, and which in their effect upon the ignorant and curious often tend to create a mild state of insanity not infrequently coupled with eroto-mania. All these frantic efforts find approval and support from the earthly powers; from the Russian despot to the American President; from Rocke- feller and Wanamaker down to the pettiest business man. They blow that capital invested in Billy Sunday, the Y.M.C.A., Christian Science, and various other religious institutions will return enormous profits from the subdued, tamed, and dull masses.

Consciously or unconsciously, most theists see in gods and devils, heaven and hell; reward and punishnient, a whip to lash the people into obedience, meekness and content- ment. The truth is that theism would have lost its foeting long before this but for the combined support of Mammon and power. How thoroughly banlrupt it really is, is being demonstrated in the trenches and battlefields of Europe today.

Have not all theists painted their Deity as the god of love and goodness? Yet after thousands of years of such preach- ments the gods remain deaf to the agony of the human race. Confucius cares not for the poverty, squalor and misery of people of China. Buddha remains undisturbed in his philosophical indifference to the famine and starvation of outraged Hindoos; Jahve continues deaf to the bitter cry of Israel; while Jesus refuses to rise from the dead against his Christians who are butchering each other.

The burden of all song and praise "unto the Highest" has been that God stands for justice and mercy. Yet injus- tice among men is ever on the increase; the outrages com- mitted against the masses in this country alone would seem enough to overflow the very heavens. But where are the gods to make an end to all these horrors, these wrongs, this inhumanity to man? No, not the gods, but MAN must rise in his mighty wrath. He, deceived by all the deities, be- trayed by their emissaries, he, himself, must undertake to usher in justice upon the earth.

The philosophy of Atheism expresses the expansion and growth of the human mind. The philosophy of theism, if we can call it philosophy, is static and fixed. Even the mere attempt to pierce these mysteries represents, from the the- istic point of view, non-belief in the all-embracing omnipo- tence, and even a denial of the wisdom of the divine powers outside of man. Fortunately, however, the human mind never was, and never can be, bound by fixities. Hence it is forging ahead in its restless march towards knowledge and life. The human mind is realizing "that the universe is not the result of a creative fiat by some divine intelligence, out of nothing, producing a masterpiece chaotic in perfect operation," but that it is the product of chaotic forces operating through aeons of time, of clashes and cataclysms, of repulsion and attraction crystalizing through the prin- ciple of selection into what the theists call, "the universe guided into order and beauty." As Joseph McCabe well points out in his Existence ot God: "a law of nature is not a formula drawn up by a legislator, but a mere summary of the observed facts - a 'bundle of facts.' Things do not act in a particular way because there is a law, but we state the 'law' because they act in that way."

The philosophy of Atheism represents a concept of life without any metaphysical Beyond or Divine Regulator. It is the concept of an actual, real world with its liberating, expanding and beautifying possibilities, as against an unreal world, which, with its spirits, oracles, and mean content- ment has kept humanity in helpless degradation.

It may seem a wild paradox, and yet it is pathetically true, that this real, visible world and our life should have been so long under the influence of metaphysical specula- tion, rather than of physical demonstrable forces. Under the lash of the theistic idea, this earth has served no other purpose than as a temporary station to test man's capacity for immolation to the will of God. But the moment man attempted to ascertain the nature of that will, he was told that it was utterly futile for "finite human intelligence" to get beyond the all-powerful infinite will. Under the terrific weight of this omnipotence, man has been bowed into the dust - a will-less creature, broken and sweating in the dark. The triumph of the philosophy of Atheism is to free man from the nightmare of gods; it means the dissolution of the phantoms of the beyond. Again and again the light of reason has dispelled the theistic nightmare, but poverty, misery and fear have recreated the phantoms - though whether old or new, whatever their external form, they differed little in their essence. Atheism, on the other hand, in its philosophic aspect refuses allegiance not merely to a definite concept of God, but it refuses all servitude to the God idea, and opposes the theistic principle as such. Gods in their individual function are not half as pernicious as the principle of theism which represents the belief in a super- natural, or even omnipotent, power to rule the earth and man upon it. It is the absolutism of theism, its pernicious influence upon humanity, its paralyzing effect upon thought and action, which Atheism is fighting with all its power.

The philosophy of Atheism has its root in the earth, in this life; its aim is the emancipation of the human race from all God-heads, be they Judaic, Christian, Mohammedan, Buddhistic, Brahministic, or what not. Mankind has been punished long and heavily for having created its gods; nothing but pain and persecution have been man's lot since gods began. There is but one way out of this blunder: Man must break his fetters which have chained him to the gates of heaven and hell, so that he can begin to fashion out of his reawakened and illumined consciousness a new world upon earth.

Only after the triumph of the Atheistic philosophy in the minds and hearts of man will freedom and beauty be real- ized. Beauty as a gift from heaven has proved useless. It will, however, become the essence and impetus of life when man learns to see in the earth the only heaven fit for man. Atheism is already helping to free man from his dependence upon punishment and reward as the heavenly bargain- counter for the poor in spirit.

Do not all theists insist that there can be no morality, no justice, honesty or fidelity without the belief in a Divine Power? Based upon fear and hope, such morality has always been a vile product, imbued partiy with self- righteousness, partly with hypocrisy. As to truth, justice, and fidelity, who have been their brave exponents and daring proclaimers? Nearly always the godless ones: the Atheists; they lived, fought, and died for them. They knew that justice, truth, and fidelity are not, conditioned in heaven, but that they are related to and interwoven with the tremendous changes going on in the social and material life of the human race; not fixed and eternal, but fluctuating, even as life itself. To what heights the philosophy of Athe- ism may yet attain, no one can prophesy. But this much can already be predicted: only by its regenerating fire will human relations be purged from the horrors of the past

Thoughtful people are beginning to realize that moral precepts, imposed upon humanity through religious terror, have become stereotyped and have therefore lost all vitality. A glance at life today, at its disintegrating character, its conflicting interests with their hatreds, crimes, and greed, suffices to prove the sterility of theistic morality.

Man must get back to himself before he can learn his relation to his fellows. Prometheus chained to the Rock of Ages is doomed to remain the prey of the vultures of dark- ness. Unbind Prometheus, and you dispel the night and its horrors.

Atheism in its negation of gods is at the same time the strongest affirmation of man, and through man, the eternal yea to life, purpose, and beauty.

Note : the above text is in the public domain

Emma Goldman (June 15, 1869 – May 14, 1940) was ananarchist known for her political activism, writing, and speeches. She played a pivotal role in the development of anarchist political philosophy in North America and Europe in the first half of the 20th century. (Wikipedia)


    Le courrier

        Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Un message d'une de nos lectrices :

Suite à notre numéro de novembre, nous avons reçu de la part de M. et Mme. Charles L. de Laval, (Québec) le court récit suivant d'Ann Julian, l'épouse de Carl Sagan, en réponse à la question qu'on lui a posée suite à la mort de son mari à savoir s'il s'était converti à la dernière minute (Carl Sagan s'étant toujours dit non-croyant) :

"Carl fit face à la mort avec un courage mémorable. Ce qui nous sembla tragique à tous les deux, c'est que nous savions que nous nous reverrions plus jamais. Personnellement, je ne m'attends pas, en mourant, à être réunid à nouveau avec lui, mais pendant les vingt ans que nous avons passées ensemble, nous avons apprécié vivement à quel point la vie est courte et précieuse. La façon dont il m'a traitée et la façon dont je l'ai traité, la manière avec laquelle nous avons pris soin l'un de l'autre et de nos enfants, furent et demeurent beaucoup plus importants que de le revoir un jour, car je l'aurai vu, je l'aurai connu, nous nous sommes vus et connus dans ce cosmos et ce fut merveilleux."


Carl Sagan
(1934-1996)
(Source : Wikipedia) 

Réponses diverses :

Ms Juliette Montgomery-Ward   - Calgary, Alberta

Au Canada ? Les dernières données sont les suivantes :

  • 23.9? de la population serait composée de non-croyants
  • 47% des Canadiens croient que la religion a engendré plus de mal que de bien dans le monde
Au USA, les derniers sondages démontrent que plus de la moitié de l'électorat ne sait pas que le Président des États-Unis est élu par un collège électoral et non pas au vote populaire.

M. Réal Lemieux  - Saint-Lambert, Québec

Le journalisme ? - Lorsque Napoléon revint de l'île d'Elbe, Le Moniteur le chargea de tous les maux. Mais au fur et à mesure qu'il se rapprochait de Paris...

«L'anthropophage est sorti de son repaire... L'ogre de Corse vient de débarquer au golfe Juan... Le tigre est arrivé à Gap... Le monstre a couché à Grenoble... Le tyran a traversé Lyon... L'usurpateur a été vu à soixante lieues de la capitale... Bonaparte avance à grands pas... Napoléon sera demain sous nos remparts... L'empereur est arrivé à Fontainebleau... Sa Majesté Impériale a fait son entrée hier à Paris...»

Proust, quant à lui, trouvait curieux qu'au tout début de la guerre 14-18, les victoires des Alliés se raprochaient de plus en plus de Paris...

Mr. George Forthnight  - Montreat, North Carolina

I understand that God told them to go forth and multiply themselves (but not in those terms).

Mr. Christopher Heinz - Chicago, Illinois

Yes, we know the type : the sort of fellow that follows you in a revolving door and comes out first.

Mme Micheline Legrand  - Paris 7e, France

Nous regrettons, Madame, mais nous n'avons pas pu trouver ce que les chaînes de radio dites «classiques» pouvaient faire tourner avant l'invention de la musique baroque.

M. Jean-Jacques Vallerand  - Joliette, Québec

Si vous avez des problèmes avec vos freins, faites augmenter le volume de votre klaxon.


    Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à :

 


Georges Seurat

(1859-1891)


    Le mot de la fin

«Si Dieu existait et qu'il s'intéressait à l'humanité, il me semble qu'il nous aurait donné des directives claires et précises ; un livre, par exemple, facile à lire, facile à comprendre et non pas un ensemble d'écrits qui se contredisent, brillants par moment, ridicules en d'autres, encourageants ici, décourageants là ; un livre logique et non pas composé de récits, de biographies, de poésies et de proverbes...» - Sean Carroll   


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Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro


    Notes et autres avis

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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