Volume XXVII, n° 2

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 3 octobre 2016  

" Si vous voulez vous faire une idée de ce que sera le futur, pensez
à une botte estampée sur une face humaine... Pour toujours."    
George Orwell      

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ , tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois

2 - L'édition corrigée du Castor™ , destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant .

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Oktoberfest

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Circulation
( Banlieue de Napierville - Un après-midi tranquille)


    Chroniques

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.




En guise d'introduction
(C'est à mon tour aujourd'hui)

"Heavy", comme dirait un de mes petits-neveux (par alliance). "Heavy", en effet, mais j'utiliserais plutôt le mot "dense" pour décrire la chronique de Copernique de cette semaine - pardon : de cet hebdomadaire. Person-nellement, j'ai dû m'y reprendre par trois fois et ne suis toujours pas sûr d'avoir tout compris. Pas de sa faute, le pauvre : il a dû en pondre une deuxième à la dernière minute, celle qu'il avait rédigée pour ce numéro ayant été reportée au mois qui suit le présent à cause du thème, décidé à l'unanimité, en ce qui concerne notre prochain Castor™ et au sujet duquel nous ne pouvons, pour le moment, vous donner plus de précisions. Elle se termine, sa présente chronique, quand même sur une pointe d'humour, ce qui, si j'en avais le talent, aurait pu me servir ici étant donné une histoire de Martini que Simon nous a racontée lors de notre dernière réunion et qui a un rapport avec un des sujets (ou serait-ce un des exemples ?) abordés aujourd'hui par Copernique et qui est celui des accidents.

Simon, lui, n'y est pas allé par quatre chemins puisqu'il nous entretient du hasard et, conséquemment, du parcours presque accidentel - disons aléatoire - d'une vie humaine, non sans nous avoir au préalable raconté une histoire qui lui est récemment arrivée à - il ne le dit pas, mais nous l'avons deviné : la Grande Bibliothèque du Québec, angle Berri et de Maisonneuve, dans une ville située dans la banlieue de Napierville.

Madame Malhasti. Ah ! Madame Malhasti ! Quelle surprise elle nous a faite cette ce mois-ci en nous faisant lire, dans ses pages choisies, les paroles d'un poème ou plutôt celles d'une chanson d'un des grands humoristes-satiristes de la première moitié du siècle dernier. - Le Professeur lui-même a trouvé son intervention délicieuse. Ce qui est peu dire.

Jeff nous replonge quant à lui dans un de ses univers favoris, celui des mathématiques. Si vous êtes, comme celui qui rédige ces lignes, peu connaisseur en la matière, lisez quand même ce qu'il a à dire sur les mots de passe et le temps incroyable qu'il faut, dans certains cas, pour les "craquer" (mon petit-neveu, encore une fois). De quoi vous faire réfléchir longtemps. - Pour ma part, j'ai décidé de modifier les miens.

Pour ce qui est de nos recommandations de lecture, à se demander quand Copernique a le temps de lire. Il y va, cette semaine, avec deux captivants livres.

George ? Elle est au café cette semaine.

Et j'y retourne immédiatement.

Obédieusement vôtre,

Herméningilde Pérec




Est-ce moi ou bedon...

«À et 15, et à 45... le pire qu'il puisse m'arriver, c'est que j'attende une demi-heure.» - Je suis donc arrivé dès l'ouverture (10h00 a.m.) pour demander, avant le et quart, qu'on me retire cinq disques de la réserveparce que, vous savez, ce sont des choses qu'on nous demande pas souvent...»). - Une affaire de cinq minutes : à et quart, la préposée irait dans la réserve ; à et vingt, vingt-cinq, elle sera remontée. Le temps de passer au «merci d'utiliser notre guichet automatique», j'allais être au supermarché à la demi ; à onze heures, chez moi et à midi tout aura été livré...

Cela se passait ou allait se passer à...[la Grande Bibliothèque du Québec, rue de Maisonneuve, angle Berri, à Montréal] et au supermarché.... de la Place Dupuis.

(Note : Les ajouts entre crochets sont de l'éditeur.)

Un acte de pure optimisme. Un peu comme quand on visite Paris. Faut pas avoir de montre-bracelet.

Je n'avais pas prévu être obligé d'expliquer au préposé ce en quoi consistait le système Dewey ; que sa collègue avait inscrit sous le même numéro quarante disques en négligeant de regarder au verso qu'il s'agissait du disque numéro 1, du numéro 2, du numéro 3...


Cliquez pour agrandir

Et c'est ainsi que j'ai loupé le et quart (10h15) , mais également le moins quart (10h45) car je n'avais pas prévu la pause-café dudit préposé qui n'était plus là quand sa collègue est remontée. - Bref : à la demie, mais à la demie de l'autre heure, je sortais de la bibliothèque, trop tard pour le supermarché car j'avais rendez-vous à une heure : jamais allait-on faire la livraison de mes achats avant l'autre demie...é.

J'en fus quitte pour manger un sandwich dans un fastfood du quartier ; un fastfood dont la cuisine n'ouvrait pas avant midi, mais, fort heureusement pour les rares amateurs qui allaient s'y pointer plus tôt, diffusait déjà, et à tue-tête, du Janis Joplin.

Et, en entrant chez moi, un message d'une autre bibliothèque me signalant que le livre que je leur avait emprunté il y a 17 jours devrait leur être retourné 4 jours plus tard...

L'histoire de ma vie.

Solitude

J'ai des amis...

Pardon : s'il y a une chose que l'on réalise à mon âge, c'est qu'on n'a pas d'amis ; qu'on en a plus ; ou que l'on n'en probablement jamais eus. - Plus personne pour nous comprendre. - Un peu comme, quand on était adolescent et même avant, en ce temps reculé où personne, même pas nos chums, nous comprenait.

S'il est un dicton, un adage, un proverbe et même une phrase de  Proust  qu'il faudrait répéter sur (ou serait-ce sous ?) tous les toits, c'est bien celle-ci :

Chaque personne est bien seule

Je n'ai pas d'amis. Des connaissances, oui. Des gens que je connais depuis des années et avec qui je peux, de temps à autre, prendre une bière et même échanger quelques paroles, mais ça se limite à ça. C'est-à-dire à peu de choses.

Le hasard est en grande partie responsable de cette situation. Et puis, ce qui m'a été décrit comme étant mon free-will (libre arbitre). Tout fut une conséquence de l'endroit - que je n'ai pas choisi - où habitait mes parents, des établissements d'enseignement où j'ai fait mes études - qu'on m'a imposés -, des endroits où mes patrons - que je n'ai pas choisis - m'ont fait travailler, des clients - qui, eux, m'ont choisi - pour lesquels j'ai travaillé et depuis quelques années, du quartier où je demeure, que ma dernière blonde a choisi et qu'elle m'a laissé en partage.

Je préciserai quand même que, pendant cet immense voyage qui a débuté avec ma naissance où je n'ai été, à toutes fins utiles, qu'un passager, il m'est arrivé, parfois, de choisir la couleur de certaines de mes cravates, de prendre un taxi plutôt que d'emprunter le métro et de boire plus de vodka que j'aurais dû.

«I'm free to do what I want any old time»
(The Rolling Stones)

"Yeah, sure."

Quant à mes loisirs, il m'a fallu attendre que la pièce que je voulais voir, le concert que je voulais entendre ou le récital auquel je voulais assister soient à l'affiche aux endroits où j'étais pour pouvoir satisfaire me morbide curiosité. Et si pensez que ce fut facile de trouver les oeuvres complètes de Proust à un prix abordable...

Le hasard a fait que ceux qui auraient pu devenir mes amis apprenaient à jouer au golf pendant que je lisais Rabelais et que pendant qu'ils lisaient les derniers bestsellers, j'apprenais à cuisiner. Et j'étais à Paris, Londres ou New York alors qu'ils étaient sur les plages du Maine, à Acapulco ou à Cuba.

Si ce n'est pas votre histoire, c'est la mienne.

En vain, et les gens de mon âge vous le diront, persistons-nous tous à chercher sans fin la personne qui aurait pu partager et qui pourrait encore partager notre expérience, nos idées, nos projets (quand ils nous en reste encore). - Vous n'avez qu'à compter les veuves qui me courent après.

J'en entends, ici, me dire : "Ce que tu peux être pessimiste, Simon !" Mais pas du tout : en vieillissant, je crois que l'on apprend à être, je ne dirai pas optimiste, mais très heureux... loin des soucis de faire carrière, d'impressionner ses voisins, de faire plaisir aux autres, de fréquenter ses proches et encore plus loin de tout ce qui pourrait s'appeler onthonlogie, philosophie, métaphysique, métempsychose et même metautrechose.

Bien sûr, comme je le faisais déjà en sortant de mon adolescence, je continue à m'insurger quotidiennement contre la réalité de la vie (voir la section précédente), mais de moins en moins.

Dans la nuit éternelle, emporté sans retour, sur mon océan des âges, j'ai pu surnager quand même ; jeter mon ancre, planter mon clou, ériger de chimères espérances : j'ai lu.

J'ai lu au point d'en rêver.

J'ai rêvé de voir, un jour, la ville de Dublin ; d'arpenter ces endroits mythiques décrits dans Ulysse et The Dubliners. - Un concours de circonstances a fait que je n'y ai jamais mis les pieds.

Les égouts de Paris, il fallait bien que je les vois après avoir lu Les misérables. Ça a pas, comme on dit chez nous, adonné et quand ça aurait pu, j'ai pensé que ça n'en valait pas la peine.


Les égouts de Paris
Pont de l'Alma, quai d'Orsay, Place de la Résistance, Paris 7e
11h-17h00 du 1er mai au 30 sept. - 11h-16h00 du1er oct, au 30 avril
Fermé le jeudi et le vendredi, le 25 déc., le 1er janv. et deux semaines en janvier.

Idem pour les Grandes Pyramides, Machu Picchu, le Parthénon, là où a vécu ses dernières années, Edna St-Vincent-Millay et l'endroit où est inhumé Thomas Paine.

Le hasard - arrêtons de le blâmer - ne m'a pas quand même conduit n'importe où :

Avant de me cadavériser, j'aurai vu les falaises d'Étretat, marché sur les toutes dernières pierres du Land's End, photographié le tombeau de Robert de Montesquiou-Fezensac, passé sous l'arche de Saint-Louis (Missouri), mangé du roastbeef à Wichita, assisté à un duel pour touristes à Tombstone, constaté les dégâts d'un ouragan en Floride, revu plusieurs fois Vue de Delft de Vermeer, examiné en détails des dizaines de toiles de Jackson Pollock, marché longtemps dans les landes de Hampstead, visité Illiers-Combray, vu Chartres, la Place Saint-Marc, Haight-Ashbury, le Washington Square, l'endroit où a eu lieu le massacre de la Saint-Valentin, trempé mes pieds dans les océans Pacifique et Atlantique (et dans les eaux du golfe du Mexique de la mer dite Térannée et de la Manche, si je me souviens bien), assisté à un récital privé de Schubert à Vienne, déjeuné chez Point, chez Bocuse, chez Terrail, chez Robuchon, bu du Château Lafitte '61 dans la salle à manger du Connaught Hotel, à Londres. et dégusté des pétoncles cueillies quelques heures auparavant à Crinan, en Écosse.


Crinan by Lochgilphead, Argill, Scotland

J'aurai surtout lu : Suétone, Voltaire, Proust, La princesse de Clèves, les aventures de Biggles, Sherlock Holmes, Wilde, Racine, Molière, les journaux de Gide et de Green et une bonne partie des Mémoires de Saint-Simon. Et aussi connu Lady Bracknell, Trissotin et George Smiley.


George Smiley

Écouté aussi : tous les quatuors à cordes de Beethoven, toute la musique de chambre de Brahms, les symphonies de Mahler, les mazurkas de Scriabin, les sonates pour pianos préparés de John Cage et Lutoslawski.

Et, en concert ou en récital, qui peut se vanter d'avoir vu Tino Rossi, Chevalier, Brel, Brassens, Ferré, Lama, Vigneault, Tex Lecors et Renaud ?

Mieux encore : Sweet Emma Barrett, Miles Davis, John Coltrane, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Count Basie, Louis Armstrong et Thelonius Monk ?

Et, dans ma bibliothèque, j'ai un canon miniature en bronze acheté à Waterloo, près de Bruxelles et des poupées russes qu'on m'a ramenées de Moscou.

Simon

P.-S. : En relisant ce qui précède j'ai pensé à une des cinq ou six cent chroniques qu'Herméningilde Pérec a rédigées sur le Professeur Marshall et dans laquelle il était question de célébrités. «Vous avez dû en connaître, vous, Professeur des gens riches et célèbres ?» lui demandait un admirateur. La réponse fut : «Si j'en ai connues ? Des centaines.. Tenez : vous avez vu le dernier [à l'époque] James Bond ? Celui qui se passe en majeure partie à San Francisco. Avec Roger Moore ? La scène où, enfermé à l'intérieur de l'hôtel de ville, il est secouru par des sapeurs-pompiers ? Vous l'avez sans doute remarqué : au bas de l'échelle qu'il vient de descendre se trouve, à gauche, un jeune acteur qui tient une hache à la main... Et bien j'ai serré la main de son frère, pas plus tard que la semaine dernière.» - Des mains comme celle-là, moi aussi, j'en ai également serrées.



What are you talking about ?
(Said the husband to his wife who had mentioned that their friend, Sam, had called and that his friend, the other Sam, had had a problem with his car and that Margie who was supposed to come with him wouldn't make it, so that Sam's cousin, Margie's roommate would be there before he showed up and that he would be grateful if...)

Note : if you find what follows difficult to read (I had to rush it), skip to the P.-S. ; it contains a very funny joke.

T'was last Thursday, that is the Thursday before this edition of Le Castor™. - I was having lunch, alone, in some dive near the old Montreal Forum (don't ask), writing notes on a piece of paper when a friend of mine walked in and asked me what I was doing there. - I told him and he said : «Sorry !». (Which ought to give you an idea of how exciting it was.) «But I have to go back at two, I added. To see if they followed my instructions.» - «But you're writing... - Yeah : notes for my next column. - Next ? You mean Monday's ? I thought you always wrote them a couple of weeks ahead....»

(I don't know why... but people have a tendency to speak to me, when I'm in my most dishevelment state.)

I do, I told him, but last Monday, when we had our meeting, the other columnists, Mr. Perec, the Professor and myself, we all agreed that we should be writing on a certain subject for November and, as it happened, the column I had prepared for this month was found to be perfect for that issue and I was then forced to write another for this issue. (Or words to that effect.) - Which brought to mind what I had written last month on the writing habits of scribblers and my particular habit :

I have none. That is : I can't write anywhere, anytime on any subject. I don't have what Simon calls the «writer's muscle», that physical or intellectual part of , it seems, everybody, that makes it possible for certain people to fill six blank pages, ready, when they're through, to be printed. - I have to think, organize my thought, find the words to express them and then I can sit down and write. Which makes me not a quantity writer but, hopefully, a regular one.

Writing, for me, is a hard job unlike Simon or even Paul who seem to be able to write as they speak but who, ironically, envy me because they say that if they knew the conclusion or even the general idea of what they are about to say when they start writing, they wouldn't be able to continue ! - Julien Green wrote like that and so did Walker Percy (*)

(*) Author of The Moviegoer. You'll find an interview of him published by the Paris Review, summer of 1987, at this address : http://www.theparisreview.org/interviews/2643/the-art-of-fiction-no-97-walker-percy in which you will find some gems like : «I’m interested in—like the man Kierkegaard described who read Hegel, understood himself and the universe perfectly by noon, but then had the problem of living out the rest of the day.»

Conversation-wise, they're both the same - I mean Simon and Paul - and act the same way. They can hold the floor an entire evening and tell you very interesting things on all sorts of subject but after they're gone, you're left with a myriad of bons mots, superb jokes, hundreds of riveting new ideas, but nothing that will invite you to explore further so vast and complicated are their insights. - No offense meant. - They are both great entertainers and fun to be with but I wouldn't be able to last four minutes inside their brains. Mine is kind of slow, I guess. Make that «more methodical» although I've seen reports written by them in a day or so that would have taken me weeks to bot write bu simply plan.

Which brings me back by a commodius vicus of recirculation to :


Ludwig Wittgenstein
(1889-1951)

What was I scribbling when I was interrupted by my friend mentioned above ? I was writing notes on Ludwig Wittgenstein, the Austrian-British philosopher who spoke, amongst many subjects, about the nature of language and why verbal or written communications between humans are impossible. Well, not quite so, but what he did write has made people think about how they do communicate with each other and I was thinking about how to make my children aware of this. And that morning something happened as I was driving to where I was going that struck me as, perhaps, being the way to do it :

An accident.

Nothing dramatic. Just one of those accrochages that block traffic in the morning, like on a bridge with an embouteillage stretching from where you started to where you were going.

Made me think :

If I had phoned my wife and told her that I was involved in an accident, God knows what she could have imagined.

But if it had been her who had phoned me, from home, to tell me that she had just had an accident, I don't know what I would have thought.

And then a man walked in on crutches - an accident, I presumed - just as...

The waitress who was serving me dropped a glass behind the counter.

It's the sort of thing which reminded me that we do not think in words, nor in sentences but in images, in short clips ; in other ways as well : souvenirs, flashes of lights, patterns, colors, sounds, odors or any which way we individually communicate with the outside world or we experience it. And then - this is where things get very complicated, we associate these images and short clips with previous experiences unique not only to each and everyone of us but in the way they are chemically connected in our minds.

See what I'm driving at ?

Hope you remember this when your spouse starts talking about his or her friend called Sam but switches to another Sam in the middle of his or her sentence without telling you...

But then it might provoke, well not an accident, but an incident...

***

Did I read Wittgenstein ? Of course not. He's impossible to read. At least for a layman like me and probably half of the people who have read him. - I remember hearing one day a student (of philosophy) saying that the only way he could read wass with a bottle of Scotch. (*) - But, sans Scotch, I did read about him and I thought the above might interest you.

(*) Sounds like the mathematician and physicist Richard Feynmann said about quantum mechanic : « If you think you understand quantum mechanic, you don't understand quantum mechanic !».

What's uncanny about all of this is that Wittgenstein managed to make himself understood...

Copernique

P.-S. : A quote by Dennis Miller : «I just got back from the airport. My taxi driver smelled like a man eating Gorgonzola cheese while getting a permanent in a septic tank of a slaughter house. So I said to him : "There's another five for you if you run over a skunk."»


Mathématiques et mots de passe

Quand on me demande pourquoi je m'intéresse tant aux mathématiques, je réponds toujours par deux notions que j'ai apprises il y a des années :

La première est celle du nombre  π et la deuxième, l'équation qui découle du théorème de Pythagore dont la plus simple expression est : a² + b² = c².

J'en ai apprises bien d'autres depuis ce temps-là, mais ces deux-là m'ont ébloui et continuent de m'éblouir. De même que :

2 + 2 peuvent égaler 5

... à condition que les nombres «2» soient de grandeurs suffisantes

ou encore que :

le soleil tourne autour de la terre

... si l'on considère que la terre est fixe.

π :

Avez-vous déjà remarqué que, quelle que soit la grandeur d'un cercle, la longueur de sa circonférence est toujours 3.141592... fois celle de son diamètre ? (On en est renu à quelque chose comme quinze trillons de chifres «après le point» car il s'agit d'un nombre infini). C'est la toute première chose qui m'a fasciné quand j'ai commencé à m'intéresser aux mathématiques. Il s'agit là d'un nombre qui relève presque de la métaphysique.

Jeune, on me disait : «multiplie par 22 et divise par 7» (au lieu de faire l'exténuante opération de multiplier par 3.141592...). Je trouvais ça simpliste, bon pour les paresseux, facile, mais un jour, j'ai essayé de calculer l'erreur qu'une telle formule causerait comme distorsion dans un nombre aussi important que la circonférence de la terre calculée à partir de son diamètre (environ 12,700 kilomètres - passez-moi l'approximation). Ben, ce diamètre, multiplié par 3,1415926535 (dix chiffres «après le point») m'a donné une circonférence de 39,898.23 kilomètres tandis que multiplié par 22 et divisé par 7, j'en suis arrivé à 39,914.28 Une éneaurme différence de 16 mètres (0.0403%) (1). Alors, si vous pensez que je m'en fais depuis ce temps-là...

(1) 0.0403% ? - Si vous vivez jusqu'à cent ans, adopter la formule 22 divisé par 7, car en ajoutant 0.0403%  au nombre de jours que vous aurez vécu jusque là, vous pourrez en ajouter 14.29..

Note : I couldn't help remembering, reading the above, a joke made by the British Comedian Milton Jones (look him up on YouTube : he's hilarious) about having baked an apple tart and taken it to Leeds, Liverpool and Reading after having been told by his math teacher to make sure to take π to three dismal places. (Note de Copernique)


a² + b² = c² :

Pytagore, par contre, n'a jamais cessé de m'épater. J'ai lu, il y a longtemps que les égyptiens avaient découvert, des centaines (des milliers ?) d'années auparavant, que dans un triangle à angle droit, la somme au carré des deux cotés formant cet angle était toujours égale au carré de son hypothénuse. À se demander si ce n'est pas cette curiosité qui a fait qu'on pouvait obtenir, ainsi, un angle droit...

Ce que l'on sait, c'est qu'on a construit de grandes pyramides au moyen de cette connaissance.

Et puis, vous saviez qu'on a finalement résolu le pourquoi de la présence du nombre π dans ces pyramides ? C'est que les égyptions se servaient d'une roue pour mesurer les distances entre deux points parce qu'avec une corde ou des chaines et les variations de température...

Et puis voilà qu'on m'a posé la colle : «C'est quoi l'hypothénuse d'un triangle dont l'angle droit est formé par deux cotés d'égale longueur, dison un mêtre ?» La réponse est la racine carré de 2, un nombre irrationel.

Moyenne :

La notion la plus étonnante des moyennes concerne l'intellligence humaine peut être résumée comme suit:

Quelle que soit l'heure, l'année, l'endroit où vous êtes, la moitié des gens qui s'y trouvent sont moins intelligents que la moyenne [des gens qui s'y trouvent]. Et si vous êtes seul, vous ne pouvez pas être plus ou moins intelligent que vous l'êtes.

Quant à savoir à quel niveau se situe cette moyenne, tout dépend naturellement de l'endroit où vous vous tenez...

              

          À l'École de Technologie Supérieure         ou                   Aux Foufounes Électriques

Ou avec qui :

             

Mais passons à quelque chose de plus pratique : aux mots de passe

On n'y pense jamais, parce que la plupart du temps on nous en demande un à la dernière minute et comme on veut s'en souvenir, on tape toujours le même ou on invente un très facile à retenir. Et puis, on est surpris d'apprendre que quelqu'un est entré dans son système informatique et est allé consulter son compte en banque (ce qui, dans mon cas, est sans importance car son solde est généralement négatif). - Lisez un peu les journaux et vous constaterez que les sites de grandes entreprises et même des bureaux ou des départements gouvernementaux sont sujets à ce genre d'invasions continuellement.

Pensez à un mot de passe constitué d'une seule lettre, d'une lettre minuscule. Suffit de 26 essais pour le trouver n'est-ce pas ? - En moyenne 13 mais oublions cette «moyenne» pour le moment - Vous n'avez qu'à taper "a", puis "b", "c", "d" jusqu'à "z" si, par hasard vous avez choisi cette dernière lettre.

Ajouter à vos minuscules, les majuscules et déjà, vous avez doublé ce nombre d'essai à 52. ("A", "a", "B", "c", "D", "d" et ainsi de suite.

Ajoutez les chiffres de 1 à 10 et vous en serez à 62. Déjà mieux.

Appelons ces minuscules-majuscules-chiffres «caractères».

Ajoutez une deuxième caractère à ces 62. Vous en serez à 124 ? Pas du tout. Car au premier de vos caratères («A») vous devez ajouter non pas un seul caractère pour trouver toutes les variantes de "AA", "Aa", "AB", "Ab", "AC", "Ac"... à "AZ" et "Az" mais 62 ; même chose au deuxième («B»), au troisième («C»), au quatrième («D») et ainsi de suite. - Faites le calcul, vous verrez qu'avec deux caractères, on peut créer 62 x 62 mots de passe : 3,844 !

Et continuez : ajouter un troisième caractère : 62 x 62 x 62 : 238,328.

À quatre, vous en serez rendu à combien? - À... 62 X 62 X 62 X 62... 14,776,336 !

et poursuivez vos calculs.

En pratique, disons que vous avez une amie qui s'appelle Marie Paule et que vous voulez utiliser son nom comme mot de passe. - Un truc ? Ajoutez un chiffre entre son nom et son prénom. Ex. :

Marie3Paule

Votre mot de passe sera composé de combien ? ONZE caratères : 2 majuscules, 1 chifre et 8 minuscules. - Vous savez combien de mots de passe qu'on peut créer avec ONZE majuscules, minuscules et les chiffres de 0 à 9 ?

62 X 62 X 62 X 62 X 62 X 62 X 62 X62 X 62 X 62 X 62

ou

52,036,560,683,837,100,000

Pas impressionné ?

Alors lisez bien ce qui suit :

Pour découvrir votre mot de passe, un ordinateur capable de faire 100,000 essais à la seconde prendra, non pas quelques jours, quelques semaines ni quelques mois pour entrez dans votre système informatique mais :

16,500,685 ans !

Marie3Paule, quand même `ce n'est pas la fin du monde !

Tous mes mots de passe sont constitués de 13 caractères et n'allez pas me dire que vous êtes incapables de vous souvenir du début d'une chanson, d'un vers, du prénom de votre premier professeur ou du nom du chien de votre premier ou de votre première ami(e)... en ajoutant un ou deux chiffres.

Et je ne vous ai pas parlé des signes de ponctuation ni de caractères accentués ou autres caractères. )

13 caractères ? - 63,428,633,710 ans.

Tout ça pour qu'on ne sache pas le solde négatif de votre compte en banque...

Jeff


 Le fils-père

Il était beau, il s'appelait Jules
Il n'avait pas encore fauté
Quand certain soir, au crépuscule
Par le désir il fut hanté.
Juste à ce moment une brunette
Qui descendait de l'autobus
Lui dit : "
Viens-tu dans ma chambrette ?
J'habite au quartier Picpus..
."

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Il soupira.
"Si je faute ma mie
M'épouseras-tu ?" "Oui" - C'était fatal !

Mais quand il s'eut donné bêtement
Elle lui dit :
"Maintenant va-t-en !"
Et le jeta dehors de sa maison
Sans lui rendre son pantalon.
C'est alors qu'il comprit
Sa honte et sa misère.
Un malaise le prit :
Jules était fils père !

A fin d'dissimuler sa faute
Il prit d'affreuses précautions
Il serra ses entrecôtes
Et fit élargir ses caleçons
Mais un jour il perdit sa place
Le patron l'ayant fait appeler
"T'as fauté, je te chasse :
Faut pas d'fils-père à l'atelier"

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Pour oublier, il sombra dans l'orgie
Il but du cidre et de l'Urodonal

Alors à Montmartre là-haut
On l'vit rouler dans le ruisseau…
Tandis que d'joyeux noctambules
Venaient tirer l'oreille à Jules.
Et de son pauvre corps
Les filles abusèrent :
On n'est pas respecté
Quand on est fils-père.

Un soir dans une louche officine
Il entra, décidé à tout
Et vit une femme, une gourgandine,
Qui s'appelait madame Guettautrou.
Pour faire disparaître les traces
De la faute du pauvre gueux
Elle lui charcuta la carcasse
En se servant d'une pelle à feu.

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Le pauvre gars faillit perdre la vie
Hier il est sorti de l'hôpital.

Et maintenant pâle et flétri
Le ventre et les seins pleins de plis
Sur le Sébasto on peut le voir
Il est devenu fils du trottoir !
Mariez-vous jeunes gens
Avant d'vous laisser faire
Ne faites pas comme Jules
Le malheureux fils-père...


Georges Guibourg
dit Georgius (1891-1971)

Fawzi


On m'a volé mon titre !

Je vous jure : ma première idée était d'intituler cette chronique «Est-ce c'est moi ou bedon...», mais Simon, qui, depuis qu'il est à la retraite a tout le temps devant lui, a déposé sa chronique avant la mienne. Sauf que, lui, avait pour point de départ un haut lieu de culture alors que j'en étais au Starbucks de l'édifice où je travaille.

La nomenclature (est-ce ainsi qu'on dit ?) qu'il utilise pour la grandeur de leurs cafés, me fait scier. Même pas foutus d'appeler un café "un café" ; faut que ce soit un "caffè" qui ne peut être "petit", "moyen" ou "grand", mais "tall", "stretto", "grande", "venti" ou "trenta" avec toutes leurs variantes.

Je ne suis pas mathématicienne comme Jeff, mais je suis certaine qu'il faudrait un camion pour transporter une tasse de tous leurs mélanges, avec ou sans "extra shots", avec ou sans sucre, avec ou sans vanille, caramel, noisette, etc. (y compris la "flavour of the month"), format chaud ou froid, "blended" ou non, avec lait  écrémé, 2% de gras ou demi-écrémé  ou encore avec lait de soja, lait d'amandes ou noix de coco, décafféiné ou pas (ou moitié, moitié)... et avec ou sans glutten...

Doublez le tout en pensant aux thés.

Pas vérifié pour leux eaux en bouteille.

De quoi traverser la rue, entrer chez le dépanneur local et se servir soi-même un café à partir de leurs machines de marque Van Houte. - À un tiers du prix.

Et si vous pensez qu'on vous sert votre café chez Starbucks...

On vous le remettra à condition : 1) que vous donniez votre nom (qui sera sans doute illisible ou imprononcable par le minus qui s'y trouve) et 2) que vous attendiez en ligne à un autre bout du comptoir.

De là, vous pourrez le déguster en toute tranquilité, face à la rue, face à tous les passants, parce que les tables seront occupées par ceux qui ont eu la bonne idée d'y amener leurs ordinateurs ou tablettes.

Non mais...

George

P.-S. : Et pensez-y deux fois avant de commander un muffin : c'est de la graisse et du sucre aromatisé.

 


           

 Bad moon

Sortant à peine de Schubert - "à peine" ? ... une façon de parler : depuis trois semaines je travaille sur sa discographie... -, je suis tombé sur un enregistrement de 1969 dont un parti politique américain (ça devait être celui des Républicains, qui d'autres ?) faisait jouer lors de leurs réunions jusqu'à ce que quelqu'un - un journaliste, sans doute - a fait comprendre à ses organisateurs que ce n'était peut-être pas tout à fait l'image qu'ils voulaient projeter. Et c'est alors qu'on a lu ses paroles :

I see the bad moon arising.
I see trouble on the way.
I see earthquakes and lightning.
I see bad times today.

Refrain :

Don't go around tonight,
Well, it's bound to take your life,
There's a bad moon on the rise.
I hear hurricanes ablowing.
I know the end is coming soon.
I fear rivers over flowing.
I hear the voice of rage and ruin.

All right!
Hope you got your things together.
Hope you are quite prepared to die.
Looks like we're in for nasty weather.
One eye is taken for an eye.

Écrite par John Fogerty du groupe Credence Clearwater Revival (*), cette chanson fait aujourd'hui quasiment partie du folklore américain. Il ne se passe pas une ou deux semaines sans qu'aux USA l'on ne l'entende tourner à la radio, dans un établissement de fast-food ou un bar. Apprendre qu'elle date de 1969 et qu'elle aura donc, cette année, 47 ans, en surprendra plusieurs. La voici, récupérée sur YouTube où il en existe des dizaines de versions.

(*) Creedence Clearwater Revival (souvent appelé simplement Creedence ou désigné par ses initialesCCR) est un groupe de rock aux influences blues etcountry, originaire de Berkeley dans la région de San Francisco. Formé en 1958 à l'initiative de l'auteur, compositeur, chanteur et guitariste, John Fogerty, dubatteur Doug Clifford, du bassiste Stu Cook — et rapidement rejoint par le frère aîné de John, Tom Fogerty — il prendra d'abord le nom des Blue Velvetspuis des Golliwogs, avant de se révéler en 1967 avec l'album Creedence Clearwater Revival. (Wikipédia)

À écouter, en particulier, celle de Rasputina :

https://www.youtube.com/watch?v=W9KchCouIjI

Ou encore, pour les nostalgiques ou masochistes, celle de Sony and Cher :

https://www.youtube.com/watch?v=tECtsovJm-s

Voici la version originale :

Cliquez sur la note :

paul

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


  Book Review - Lectures

A book by Sam Harris

«The young man boards the bus as it leaves the terminal. He wears an overcoat. Beneath his overcoat, he is wearing a bomb. His pockets are filled with nails, ball bearings, and rat poison.

The bus is crowded and headed for the heart of the city. The young man takes his seat beside a middle-aged couple. He will wait for the bus to reach its next stop. The couple at his side appears to be shopping for a new refrigerator. The woman has decided on a model, but her husband worries that it will be too expensive. He indicates another one in a brochure that lies open on her lap. The next stop comes into view. The bus doors swing. The woman observes that the model her husband has selected will not fit in the space underneath their cabinets. New passengers have taken the last remaining seats and begun gathering in the aisle. The bus is now full. The young man smiles. With the press of a button he destroys himself, the couple at his side, and twenty others on the bus. The nails, ball bearings, and rat poison ensure further casualties on the street and in the surrounding cars.

All has gone according to plan. The young man's parents soon learn of his fate. Although saddened to have lost a son, they feel tremendous pride at his accomplishment. They know that he has gone to heaven and prepared the way for them to follow. He has also sent his victims to hell for eternity. It is a double victory. The neighbors find the event a great cause for celebration and honor the young man's parents by giving them gifts of food and money.

These are the facts. This is all we know for certain about the young man. Is there anything else that we can infer about him on the basis of his behavior? Was he popular in school? Was he rich or was he poor? Was he of low or high intelligence? His actions leave no clue at all. Did he have a college education? Did he have a bright future as a mechanical engineer? His behavior is simply mute on questions of this sort, and hundreds like them.

Why is it so easy, then, so trivially easy—you-could-almost-bet-your-life-on-it easy—to guess the young man's religion ?»

***

This is how Sam Harris starts his latest essay entitled «The End of Faith», a powerful plaidoyer against, not only the Muslin faith, but all faiths on the basis that, like Christophe Hitchens once said about religion : «It poisins everything».

But, as the Professor reminded us last week :

«In our little town of Napierville, we don't see such things happening. Two kids seen smoking a joint behind the church and you'll hear about it for weeks. Murders, robberies, explosions, planes crashes and even political scandals are stuff we see on tv, not in real life.»

I don't know if it's a blessing or not.

 

Copernique

***

De moi, pauvre, je veux parler

Il est malheureux que je n'ai pas eu le temps de lire au complet [les épreuves non corrigées] de ce livre au titre équivoque qu'on m'a remis au début du mois dernier et qui doit paraître dans les jours qui suivent car j'en aurais long à dire sur le fait qu'il m'a fait découvrir de façon fascinante le monde du Moyen-Âge parisien.

Ne vous fiez pas à son titre (on l'a modifié pour sa version finale, comme vous le verrez dans quelques instants) ; il ne s'agit pas de l'histoire sordide d'un pauvre d'aujourd'hui ou d'un de ces transfuges qui font la une des journaux depuis quelque temps, mais bien d'une très sérieuse étude sur François Villon qui n'a jamais eu et qui n'a toujours pas la place qu'il devrait occuper dans l'inconscient collectif des amateurs de poésie française. On lui préfère Ruteboeuf et ses amis disparus ou deux, trois poétesses de l'époque qui, elles, ont chanté leurs amours tandis que Villon, lui, chantait la joie de vivre, la liberté et le j'en-foutisme d'une époque où le clergé, la noblesse et les bien-nantis tentaient par tous les moyens de maintenir la population sous leurs férules.

Qu'on en soit bien conscient : que tout ce que nous connaissons de Villon pourrait tenir en un opuscule de quelques pages. On sait où il est né, où il a étudié et comment il a échappé à la potence après avoir été accusé d'un crime auquel il n'avait pas participé, mais on ignore tout de sa vie, notamment à partir de son 32e anniversaire, et, forcément ni où, ni quand il est mort. Mais voilà, qu'à travers d'innombrables recherches et à partir du Lais ou Testament de Villon (abondamment cité) Sophie Brouquet, nous reconstitue dans ce volume les endroits et l'atmosphère dans lequel il a vécu en nous brossant un tableau de Paris comme il ne s'en trouve guère dans toutes les études traitant de cette époque lointaine ; cette époque que même Victor Hugo n'a pas réussi à ressusciter dans son Notre-Dame de Paris.

C'est malheureux, comme je disais au début, que je n'ai pas eu le temps de lire en détail ce livre que je me dois, aujourd'hui, recommander à tous. Surtout aux amateurs de la petite histoire. Ses descriptions de de la vie quotidienne, bien après la mort de saint Louis et bien avant Louis XIII, au beau milieu de la guerre de cent ans, méritent un grand regard.

Attention : assurez-vous d'être en mesure de consulter des plans de Paris (vous les trouverz sur Internet) avant d'entreprendre la lecture de cette étude.

Sur l'auteur, voici ce qu'on dit dans le communiqué de presse :

Après un doctorat d'histoire à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et une thèse en histoire de l'art médiéval, Sophie Cassagnes-Brouquet est devenue conservatrice des Antiquités et Objets d'Art en Corrèze. Elle est aujourd’hui professeur d'histoire médiévale à l'Université de Toulouse II.

Sophie Cassagnes-Brouquet a notamment publié La passion du livre au Moyen-Age (2003), Les romans de la Table Ronde, premières images de l’univers arthurien (2005), La Vie des femmes au Moyen-Age (2009) et récemment chez Perrin, Chevaleresses (2013).

Sur le livre :

S’il est un mystère dans l’histoire de la littérature, c’est celui du poète appelé pour la postérité François Villon (né en 1431 et disparu en 1463). Ruffian, ribaud, espiègle, qui était donc cet « écolier » de génie, né l’année où Jeanne d’Arc, « la bonne Lorraine », a péri sur le bûcher, et qui reste à jamais comme le premier écrivain français à avoir introduit « la conscience de soi » dans nos lettres ? 

C’est à ce paradoxe unique – un poète dont on ignore jusqu’à la date de mort, mais qui a parlé de lui comme nul autre – que s’attelle Sophie Brouquet avec une connaissance exceptionnelle du XVe siècle. L’occasion de visiter avec elle le cimetière des Innocents, de s’interroger sur les Dames du temps jadis comme sur Montfaucon, la Sorbonne ou la taverne de la Pomme de Pin. L’occasion surtout de comprendre la destinée d’un homme qui n’a cessé d’inspirer les fantasmes les plus divers à mesure que le Moyen Age est revenu hanter les rêves et les désirs.

Une biographie enfin exhaustive à l’usage de ceux que François Villon, l’insoumis par excellence, appelait ses « frères humains ».

Format : 145 x 225
350 pages

Copernique


    Le courrier

        Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

        Réponses diverses :

Mme Béatrice Trudel - Causapscal, Québec

Oxydol, Rinso, Lifeboy et Artic Power. Mais il ne faudrait pas oublier le cèbre Barsalou.

M. Abélard Dutrisac - Farmington, Vermont

Sur sa pierre tombale il avait insisté qu'on y grave : «Il était là, il y a quelques minutes.»

Ms Peggy Bloomberg - Newark, New Jersey

«There is something to be said for spending an afternoon in a small museum rather than a week at the Louvre.» (Graham Johnson - The Hyperion Schubert Edition)

Mr. Charlie Watts - Wembley (UK)

En Australie, le mot "Boo" signifie "Retour" car si vous lancez un "Merang" ordinaire...

M. François D. Ranger - Chicoutimi, Québec

«Le doigt coupé de la rue du Bison» de François Caradec - Fayard (Noir), 2008

Sir Ronnie Sternwallow  - L'Orignal (Champlain Township), Ontario

La comtesse Ernest-Émilie-Marie Warmbrand-Stuppach née à Thalhelm le 9 octobre 1864.

Ms. Jennifer O'Reilly  - Bedford, Ireland

You are right. Victor Jones did break the enigma code machine, but not the code : the machine.


    Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à :

 


Isaac Azimov

(1920-1992)

(Photo en provenance du site http://www.babelio.com/)



    Le mot de la fin

 

Whose plan is it anyway ?

«Nothingness.

It's built right in and it's aiming for us.

And if you think that [all that exists in the whole world] was built for you, you have a self-centerness problem.

On the other hand, you might put it another way. - I have tried :

Our first speaker tonight said that his people have been around for 100,000 years. That's most likely true. There are differences of opinion about how long our species in general has been on this planet. - A flash of a second in revolutionary time. - Richard Dawkins thinks that it might be as long as 250,000 years. - Make it a quarter of a million. - Francis Collins, the man who did the DNA decoding says at least a 100,000 years. - That we can demonstrate..

I'll take a hundred. I don't need a quarter of a million for my point :

So, for 100,000 years, people, our species, have been around on this speck. Born, usually dying to a great number in childbirth or not very long beyond being born. The first 80,000, 90,000 years, nearly 100,000, not living more than 25, 30 years at the most, probably dying of their teeth if they're lucky or other needless mammalian things that show us, like Darwin indicated, that we bear the stamp of our lowly origin : the appendix we don't need anymore or other innumerable shortcomings of our design that allowed us to live on the savannah where we came from and from which we escaped.

Terrible diseases, suffering, misery, malnutrition and fear («Where do the earthquakes come from ? Why is there an eclipse ? What are the shooting stars doing ?») ; and all sorts of cults and sacrifice to ward off what were in fact natural events. And war, and rape, and the kidnapping of other people and their enslavement. All of this inching up gradually until we could brew beer (a breakthrough, my view), domesticate animals, separate one kind of corn from another. Through terrible struggles, sacrifices, pains, miseries and above all fear and ignorance.

You have to believe this if you believe in monotheism.

For the first 97,000 - 98,000 years of this, heaven watches with indifference : « Oh ! There they go again ! - Look : that whole civilization just died out... Well... What you're gonna do ? - And they're raping each other again. - They think that the other tribe has poisoned their well... so they're gonna kill all of them...»

Then, three thousand years ago, it was decided : «No more. We got to intervene now. - And the revelation must be or appear to be personal. So we'll pick the most backward, the most barbaric, the most illiterate, the most supertitious, the most savage people we can find in the most stony area of the world... - We won't appear to the Chinese who can already read. We won't appear in the Hindus valley where they know a thing or two. No : we will appear to this brutal, hopeless, enslaved, superstitious bunch and force them to cut their way through their neigbors, slaughtering everybody... genocide ! racism ! Then, they'll settle in the only part of the Middle-East where there is no oil. - And all subsequent revelations will occur in the same district.»

And...without this, we wouldn't know what's right or wrong ?»

(Chritopher Hitchens - At the Festival of Dangerous ideas, Sidney, Australia - 2009)


    Autres sites à consulter

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro


    Notes et autres avis

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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