Volume XXVI, n° 11

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 4 juillet 2016  

" Tu visais le port, je visais la haute-mer."  
Maxime Ducamp       

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ , tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™ , destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

***

Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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1776 ! - 240 ans, déjà


Thomas Paine
(1737-1809)

C'est bien, aujourd'hui, en effet, que les États-Unis d'Amérique célèbrent le 240ième anniversaire de leur indépendance et nous serions négligents non seulement de ne pas le souligner, mais de ne pas attirer l'attention de nos lecteurs sur l'homme qui a le plus contribué à cette indépendance en la personne de Thomas Paine, l'auteur du Sens commun  publié en janvier 1776 et qui devrait servir de Bible à tous ceux qui croient en la démocratie. - On en trouvera une version en pdf, en français et gratuite, à l'adresse qui suit :

http://classiques.uqac.ca/classiques/paine_thomas/sens_commun/paine_sens_commun.pdf

Rappelons que Thomas Paine a également eu une grande influence sur la Révolution française, ayant même été élu député à l'Assemblée nationale en 1792.

À ne pas manquer sur YouTube :

The most valuable Englishman EVER. - Part 1
The most valuable Englishman EVER. - Part 2


Sur le contenu de cette édition

Nous sommes en pleine période estivale (festivalesque quand on habite Montréal - voir la caricature ci-dessous et la chronique de notre Paul). Aussi, il faut s'attendre à tout de nos chroniqueurs :

Simon nous parle de «sa» retraite, de «sa» bibliothèque, de Sam (!) et de... neurones.

Herméningilde Perec nous entretient de son ami le Professeur.

Copernique réussit, dans une même chronique, à insérer le Père Noël, Alice au pays des merveilles et l'enfer.

Fiona est aux douanes.

Jeff est dans son carnet de vacances.

Fawzi est à La Fontaine.

À ne pas manquer, surtout, la section "fantôme" de la chronique de Paul Dubé.

***

P.-S. : À la suggestion d'une dame de la région de Sutton (Québec), les notes relatives à l'essai de Borgès tradapté par Madame Malhasti ont été insérées paragraphe par paragraphe plutôt qu'à la fin dans une édition complètement modifiée de notre dernier numéro. - À relire !

***


Caricature de Serge Chapleau
(Juin 2016)
Source : http://www.lapresse.ca/


    Chroniques

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.




18 mois plus tard

« Si j'eusse su ... »            
(Regret d'un jeune retraité)

Vous avez dû en connaître : ils sont de tous les pays et de tous les temps. Je parle de ceux qui, à quatre-vingt-dix ans réussissent, de maigres revenus, à mettre de l'argent de côté pour leurs vieux jours ; de ceux qui ont des écus sous sous leur matelas... pour les mauvais moments et quand ces moments arrivent, ils n'osent pas y toucher car ils pourraient en avoir des pires ; de ceux qui se sont privés toute leur vie et qui sont morts quelques mois après avoir pris leur retraite. Et puis y'a ceux qui n'ont jamais lu, jamais été au concert, jamais voyagé et qui se sont promis de lire, d'aller au théâtre ou de se rendre en Europe la journée où ils prendraient leur retraite et puis qui, finalement, n'ont rien fait de tout cela.

Qu'on se le dise : je n'appartiens à aucune de ces catégories.

Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, j'ai pris ma retraite le 31 décembre 2014, il y a 18 mois, et quand on me demande, aujourd'hui, comment ça va, je ne sais pas exactement quoi répondre. J'ai sur ma table de travail la photo d'une femme que j'ai beaucoup aimée et que j'aime toujours malgré qu'elle m'ait fait réaliser que j'étais devenu vieux. Trop vieux pour aimer. Trop vieux pour aller au bal. Trop vieux pour refaire ma vie. Que j'étais du temps du tango. Que j'avais accumulé du passé et que je ne pouvais plus le changer.

Je suis, comme disait Guitry, las. Pas tout à fait, mais je sais qu'il me reste de moins en moins d'années à lire, écouter de la musique et me renseigner sur la fabrication, au cours du XVIIIe siècle, des archets de violon, en Auvergne.

Et puis :

Tout comme il m'a fallu des années pour que j'apprenne la signification du mot «insolent», j'ai réalisé, au cours de ces 18 mois qu'il m'aura fallu des décennies pour apprendre celle du mot «futile» car, justement, je sais maintenant que toute ma carrière aura été d'une futilité dont j'aurais pu me dispenser. Ce qu'il m'en reste, ce sont de vagues souvenirs d'avoir pensé être important. De ma vie, cependant, j'ai retenu de profonds souvenirs de mes lectures, quelques pièces de théâtre, quatre ou cinq films, deux, trois paysages et plusieurs, mais très précieux, moments dont la quatrième symphonie de Brahms dirigée par Barenboim, à Chicago, un dimanche après-midi, il y a, de ça, des milliers d'années.

Amateur, mais très grand amateur, inconditionnel, fanatique et même complètement sauté en ce qui concerne les quatuors à cordes, j'ai réalisé récemment que je n'en avais jamais entendu un seul, live - enfin... pas un seul que j'aurais aimé entendre. Faut dire que la musique de chambre, là où j'ai demeuré était relativement rare. J'ai quand même vu Edwidge Feuillère dans Phèdre et un étonnant Vincent Price, quatre fois d'ailleurs, en Oscar Wilde (Diversions & Delight - Being an evening spent with Sebastian Melmoth on the 28th day of November 1899). C'était au Centaur, en '81. Pour Edwidge, il faut que je remonte très loin dans le temps, dans un temps où j'étais impatient d'entendre "Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur" qui m'avait fort déçu d'ailleurs. La preuve, c'est que je m'en souviens encore.

Manqué : Argerich, Fischer-Dieskau, Rubinstein, mais pas Chevalier, Montand, Ferré, Brassens, Brel et même Jean Marais dans King Lear.


Jean Marais en King Lear
(Source : http://www.forumuniversitaire.com/)

D'aucuns trouveraient que j'ai eu une vie bien remplie pour avoir vu Maurice Duplessis, serré la main de John Coltrane, mangé chez Point, déjeuné avec Juliette Gréco, partagé un compartiment de chemin de fer avec Philippe Noiret et aperçu, mais de loin quand même, Charles de Gaule. J'ai même serré la main à des gens qui avaient connu Louis Jouvet, Joyce et Proust. J'ai même ici, quelque part, un livre qu'un d'entre eux m'a dédicacé. Et, dans mes autres trésors, un rare exemplaire des Chauves-Souris de Montesquiou, un menu de Chez Maxim's, un autre (signé) de chez Bocuse, quelques photos inédites de célébrités, un Pathé de Mayol, un Gotha de 1911 et un missel quotidien des fidèles, version latine et française (du révérend père J. Feder. s.j.), très amoché d'ailleurs.

Et quand je vous aurai dit que ma joue fut frappé par un certain Paul-Émile Léger lors de ma confirmation, et que j'ai appris à vraiment rire quand j'ai lu pour la première fois un livre d'exercice de style écrit par une soeur de la congrégation des Soeurs Grises, que je pense, aujourd'hui, comme Baudelaire que « J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans », je vous aurai tout avoué sauf que j'ai maintenant un chat pour me tenir compagnie. S'appele Sam, mais n'y répond pas. Je lui ai donné un surnom : "Le p'tit" ; et même un deuxième : "P'tit nez". Répond ni à un, ni à l'autre.


Sam

Et c'est ainsi que ça se passe quand tous les jours sont des samedis ou qu'on oublie le seul rendez-vous qu'on s'est fixé au cours de tout un mois.

Tout à fait bizarre. Du temps où je travaillais, je disposais de mon temps comme je voulais ; je pouvais être au bureau (ou pas) les jours de la semaine ou les dimanches ; je prenais l'avion quand ça me plaisait ; je restais une journée ou deux de plus à un endroit qui m'attirait... C'est qu'en plus j'avais tout le temps qu'il fallait pour m'occuper de mes affaires. Aujourd'hui, j'ai même de la difficulté à tenir mes crayons aiguisés (car, oui, encore, j'écris avec des crayons en véritable bois... après avoir cessé d'écrire à la plume il y a une vingtaine d'années).

J'en suis à deux, trois livres par semaine. Ces temps-ci, je relis le théâtre d'Eschyle. Pas dans le texte car je n'ai pas appris le grec, mais quand je me replongerai dans Tite-Live, ce sera en latin. Et il est grandement temps que je réécoute, pour la nième fois les sept ou huit versions des quatuors de Beethoven que je possède sauf que... j'ai tout Schumann qui m'attend.

Et puis vous savez quoi ? - J'aurais dû prévoir mettre de côté plus d'argent. j'aurais, ainsi, pu vivre à l'hôtel - rien de vraiment dispendieux : le Ritz m'eut suffi amplement - plutôt que d'avoir à m'occuper d'un appartement trop vaste qui me coûte une fortune en Swiffer™...

Me reste quelques projets : voir la maison où est décédée Edna St-Vincent Millay, Syracuse, l'île de Pâques et Kairouan... moins les grands oiseaux qui s'amusent à glisser l'aile sous le vent et définitivement pas le palais du Grand Lama.


Edna St-Vincent Millay
(Source : http://67.media.tumblr.com/)

Mais si j'eusse su... j'aurais pris ma retraite plus tôt.

À propos de ma bibliothèque :

Suite à mes propos du mois dernier, on m'a posé la question à savoir ce que ma bibliothèque contenait au juste. - Madame Louise D***, de St-Léonard-de-Port-Maurice, a même insisté : "Est-ce que c'est vrai qu'on n'y trouve ni Balzac, Ni Zola, ni Maupassant... ?" - Je me suis déjà expliqué là-dessus : quand je me suis séparé, mon ex est partie avec les livres de cuisine, les romans policiers et tout le XIXe siècle. - Une boutade, vous allez me dire, mais elle démontre à quel point on ne peut pas se fier aux titres des livres de la bibliothèque d'une personne de mon âge parce que, à moins que l'on ait conservé tout ce qui nous est passé entre les mains, y compris ses premiers livres de lecture et les comic-books de la Comtesse de Ségur, Jules Verne et les Biggles, ce qui reste ne fait qu'indiquer approximativement ce qui intéressait encore son propriétaire à un certain moment... Mais je suis game, comme dit ma voisine :

Dans ce que j'appelle encore «ma» bibliothèque, l'on trouvera, aujourd'hui, quelque deux cents volumes de, sur, ou à propos de Proust, y compris la première édition (en trois volumes) d'À la recherche du Temps perdu (dans la Pléiade) et l'affreuse [nouvelle] version en quatre volumes - de grâce ! procurez-vous, si vous le pouvez, l'édition Bouquin - et sa traduction (je devrais dire ses traductions) en anglais par Moncrieff et Kilmartin, et par Enright, Davis et Grieve ; sa correspondance également (21 volumes chez Plon). - À lire, pour le plaisir, les lettres envoyées à son banquier.

S'y trouvent également le dictionnaire encyclopédique de Larousse en six volumes  (années '40) et l'avant dernière en dix (plus deux suppléments) (circa 1970). Plus à peu près tout de leur Mensuels illustrés du début du siècle dernier.

Tout Joyce, tout Greene, tout Gide, tout Wilde, tout Pérec (Georges), tout Céline et un grand nombre de volumes d'auteurs grecs ou latins ; des dizaines de volumes sur les sciences (la cosmologie, en particulier, mais aussi les mathématiques), des livres sur la théologie chrétienne, juive et musulmane, les Mémoires de Saint-Simon (édition Ramsey), le Journal des Goncourt, Sherlock Holmes (of course !) sans oublier Le Carré, Malcom Lowry, Borges, Pessoa, de nombreux essayistes anglais ou américains du XIXe et XXe siècle, plusieurs douzaines (soixante peut-être, sans doute une centaine) de livres de poésie (anglais, français et latin : j'adore Virgile), Molière, Racine, Corneille et Shakespeare, naturellement. Sans oublier Labiche, Guitry et Claudel.

Et puis, forcément, de nombreux livres d'histoire, les Brontë, Marcel Aymé, tout James Burke (je crois) et The Inventions and Writings of Nikola Tesla.

Sauf que, de plus en plus, je lis sur ma tablette ou sur mon E-Reader... J'en suis à mon 100 ou peut-être même 200e volume, sans compter les docus et autres films dont de nombreuses séries britanniques... Plus besoin de courir à la bibliothèque trois fois par semaine et moins dispendieux que de me promener de librairie en librairie... quoique j'ai trouvé des choses pas chères récemment : le théâtre de Labiche, une partie de la correspondance de Voltaire et les fables, contes et récits de La Fontaine. Ne me manque que trois des albums iconographiques de la Pléiade.

Jusqu'à tout récemment, je me demandais à qui j'allais léguer ces pans de mur parce que tôt ou tard... Et puis voilà qu'elle m'envoie deux photos de SA bibliothèque ! - Il lui faudra déménager !

Cinéma, dictionnaires, livres sur la 14-18 et la 39-45 ? Nenni : j'ai tout donné depuis qu'on retrouve tout sur Internet, mais j'ai conservé mon Gaffiot et mon Cyclopedia sur la musique.

Caradec - tiens je l'avais oublié celui-là - tout Caradec, il va sans dire et, tandis que je suis là : une collection inavouable de volumes sur la Belle Époque. Et comment n'ai-je pas pensé à Alphonse Allais. Tout Allais.

Cinquante (soixante ?) ans de lecture dont plus des trois-quarts ont été redistribués, légués, donnés. Le seul point de ma vie auquel je ne dirais jamais qu'il fut futile. Et là, je lis de plus en plus rapidement - et avidement - car il me reste moins de temps...

Si j'eusse su...

Quelques neurones de plus

J'ai entendu récemment à la radio une entrevue fascinante à propos du cerveau humain, mais, malheureusement, je n'ai pu savoir qui disait quoi car l'émission durant une heure, je ne l'ai captée qu'à la vingtième minute et n'ai pu, dans mon auto, en écouter qu'une petite partie, mais, au cours de ce court passage, j'ai cru comprendre que le cerveau humain en était rendu à sa grandeur idéale (sic) du fait que la vitesse à laquelle les contacts se faisaient entre ses neurones permettait aux pensées de se développer de façon... je crois que le mot utilisé fut «naturelle», mais il se peut que ce fut «essentielle» car, dans les instants qui suivirent, la personne interviewée - un neurologue, il m'a semblé - ajouta que si on en doublait le volume, la pensée pourrait ralentir au point où il serait impossible d'avoir la continuité nécessaire pour saisir ou élaborer des problèmes complexes. «C'est ce qui explique, disait-il (je cite de mémoire), avec d'autres facteurs comme l'organisation sociale dans les pays développés, eux-mêmes conséquence de ce que je viens de dire, le développement presque exponentiel des sciences au cours des derniers trois ou quatre siècles.»

J'aurais aimé qu'on poursuive la conversation - ce qui est peut-être arrivé - en parlant de l'implantation éventuelles de puces électroniques... parce qu'existent déjà des membres artificielles qui répondent aux signaux cérébrales. M'enfin...

Grosse tête, petite intelligence ? - Pourquoi pas ?

Simon




Eventually

C'est ce que me dit le Professeur quand je lui parle depuis quelque temps des cinq ou six cents chroniques que j'ai écrites à son propos, il y a plusieurs années, au moment où nous nous attablions quotidiennement au défunt Bar*** sur la rue Saint-Denis à Montréal (en face du théâtre qui portait, mais qui porte, lui, toujours le même nom), dans ce temps, aujourd'hui bienheureux, où il nous racontait - j'allais dire ses «exploits» - souvenirs de jeunesse.

«Faudrait y mettre de l'ordre, lui rappelle-je le plus souvent possible. La fois où vous avez ascensionné le mont Kilimanjaro un bras attaché dans le dos, vos suggestions sur la circulation à Montréal, un déjeuner à Sainte-Anne-de-Bellevue... Il ne faudrait pas que ces choses-là se perdent.»

«Oui, oui.» me répond-il régulièrement. - Et le temps passe, poussé inexorablement par Chronos (ou serait-ce Saturne ?), emportant avec lui, dans la nuit sans retour, comme disait le poète Théodore Crapulet, les souvenirs d'une vie consacrée à l'édification de la jeunesse.

Nous faudrait, à lui et à votre humble serviteur, plusieurs secrétaires pour classer tous nos papiers.

Le lecteur aura compris que, par «nos» papiers, je parlais, bien sûr, des siens et des miens, mais seulement de ceux qui lui ont été consacrés.

J'ose espérer qu'on ne retrouva pas, chez moi, lorsque je serai dans la barque de Charon, une malle à la Pessoa.


(Source : http://soleildanslatete.s.o.pic.centerblog.net/)

J'y retourne immédiatement.

Pérec




A quote

«Civilization is the precarious labor and luxury of a minority ; the basic masses of mankind hardly changes from millennium to millennium.» (Will Durant)

Another quote

"Casting humans out of paradise over an incident involving a talking snake is something I always found difficult to understand. After all, He who knew the past, the then present and the future ought to have known what was going to happen, no ?" (Michael Shermer)

And another quote
("To make it a gallon" - Groucho Marx)

"The true meaning of civility is the proper use of the semi-colon." (Henry James)

On the other hand...

I was reading Jeff the other day and what he had to say on his children's education. It is true that there comes a time when one doesn't know whether we ought to teach them the stupidities we have learned over the years on sure things like the Bible or whatever I was told on astronomy when I was a kid.

The solution, I think, is not to have them learn what we know but what they have, individually, to understand about their own world. I never wanted my children to become me or the sort of manufactured university graduate that thinks the same way as their professors. - My one and only girl, Marie, born in 1993, is and will remain all her life, I believe, a devout Catholic, just like her mother, whereas you won't find an anti-deist more convinced than my eldest son, Albert, born two years earlier. Léon (1994) and Mycroft (2002) seem to care more about sports, commerce and politics than anything else. - Who was I, really, and my wife Cléo, to stop them being what they were, even when they were kids ? And still are.

Oh yes, Santa Claus was very important at one time or another but so was Alice in Wonderland. Mickey Mouse and the Great Jujube in the sky but when they did ask us if they were all real, we never lied to them and I think they appreciated that.


(Source : http://static.zerochan.net/)

One thing : we never, never - and I mean NEVER - actually told them that if they disobeyed their mother, they would burn into hell for eternity. - We would have considered that child abuse.

And their foreskin and clitoris were never cut off.

Copernique

P.-S. Pas de subjonctif en anglais ? - How's "It's about time we went" ?

 

  Fiona Darbon Van Maercke

Le douanier Rousso

Le 3 août 1958, Erika Kohut, immigrée autrichienne, trouva un bébé sur l'aire de l'autoroute sur laquelle elle avait arrêté sa caravane pour la nuit. Une lettre était agrafée au sac isotherme du Aldi dans lequel se trouvait l'enfant :

«À la persone qui trouvera mon enfant, je suis pauvre et je ne peut plus m'occuper de mon fis. Il sappel Jean-Jacques Rousso. Il é gentil mais il cri beaucou. Si vous le bercez, ne le secouez pas trop il pète beaucoup et vomi facilemant ».

Jean-Jacques a, depuis tout petit, montré un penchant pour les activités artistiques. Réalisant seul son premier collier de pâtes à l'âge de 2 ans et son premier porte-bic en pot de yaourt à 3, il était la fierté d'Erika. Ce talent, ainsi que ses lourds troubles gastriques, avaient bien sûr un revers désagréable : comme tous les génies, il fût rapidement ostracisé. Chacune de ses productions était mystérieusement détériorée pendant la nuit ; un cendrier en bogues de châtaigne, un sous-verre en brique de lait mais aussi son précieux hibou en papier-crépon.

Retiré de l'école après avoir été enterré vivant sous une trentaine de couches sales, il continua son apprentissage scolaire avec sa mère adoptive, voyageant à travers la France. Dans chaque village, le même scénario se reproduisait. Persuadé que son don était sa malédiction, à 12 ans, il fit sa dernière peinture à numéros pour se perdre dans l'achat, la réparation et la revente de pot d'échappement de petites cylindrées.

Vivotant de prostitution pour l'une, de réparation pour l'autre, ils passèrent les 5 années suivantes dans une misère économique et sociale sans nom. A 17 ans, Jean-Jacques eu un terrible accident de mobylette qui tua sa mère et lui laissa un bras paralysé. Pour oublier la perte, la douleur et son membre immobile, il commença à boire et reprit ses pinceaux.

En mémoire de sa mère, il envoya une demande dans plusieurs écoles de Beaux-Arts desquels il fût systématiquement refusé. Après trois ans de mendicité amère, il se résolu à trouver un emploi stable afin de mettre de l'argent de côté pour exercer son art. Il fût engagé au poste frontière à l'entrée du tunnel du Gothard. Bougon, souvent ivre et abusif, il lui arrivait de se perdre dans ses pensées, un bras ballant, la bouche entrouverte, de laquelle coulait quelques gouttes de bave. La salive glissait sur son menton comme les souvenirs malheureux dans son esprit.


Premier tunnel du Gothard, c. 1881
(Source : http://www.capital.fr/bourse/actualites)

Déprimé et désespéré, il finit sa vie au poste de douane de l'entrée du tunnel précité. Son nom associé à son grade est au final ce qui l'approchait le plus du talent artistique qu'il était persuadé d'avoir eu. Atteint d'une cirrhose du foie, il mourut seul dans l'indifférence générale, dans la caravane de sa mère. Son corps putride fût retrouvé 2 mois plus tard par un touriste égaré.

Fiona


En vacances

Et pourquoi pas ?

J'en ai profité pour vider mon carnet de notes.

Précoce, moi ? - Disons qu'à l'âge de sept ans, quand le pape est venu à Montréal, j'ai entendu deux de mes tantes dirent qu'il suffisait de le voir une seule fois dans sa vie pour être sauvé. Pas trop futé encore, mais j'ai eu des doutes. - Et puis on a eu beau m'amener voir les Dix Commandements (Cecil B. DeMille), Ben Hur (William Wyler) et The Robe (Henry Koster), j'ai toujours su qu'il s'agissait là de navets, mais, par la suite, j'ai beaucoup apprécié la bataille navale et la course de chariots de l'autre Ben-Hur, celui de Fred Niblo (1925) avec l'unique Ramon Novarro. - Et vous savez quoi à propos de ce Ramon ? Sa carrière ne s'est pas terminée avec ce Ben-Hur : il a même tenu un rôle dans Bonanza ; celui de Jose Ortega, en 1965, dans l'épisode portant le titre de The Brass Box.

Vous saviez qu'au XVIe siècle, lors des fêtes de village, on brûlait des chats vivants ? - C'est une chose que je n'ai jamais dite à mes enfants. Et à chaque fois que j'y pense, j'en ai la chair de poule.

"B. R." ? - Je ne le jurerais pas, mais je crois que ce sont les initiales de Bertrand Russell. Quoiqu'il en soit, voici ce que j'ai noté vis-à-vis ces initiales : "Si l'on oublie ce qui pourrait être logique, il faut admettre qu'est étrange la foi de ceux qui croient en un être omnipotent, omniscient et bienveillant qui, après avoir pris des siècles pour créer des galaxies sans vie, trouve tout à fait normal la venue d'Hitler, de Staline et de la bombe H."

Note : Je crois que c'est ce même Bertrand Russell qui a dit un jour qu'on devrait enseigner, en classe, l'art de lire les journaux avec un certain scepticisme. - Mais, de Carlyle, j'en suis sûr, j'ai trouvé la définition de la démocratie suivante : "un monde chaotique alimenté par des urnes de vote".


Thomas Carlyle
(1775-1881)

(Source : http://a5.files.biography.com/)

De Paul Dubé : "La théologie n'est pas une ignorance avec des ailes, c'est une variante de la géométrie." - Il en parlait, justement, le mois dernier.

De Woody Allen (une variante) : "Je ne crois pas en un dieu avec barbe fleurie régnant dans les nuages, mais je suis convaincu qu'il existe une main organisatrice qui contrôle le monde... sauf certaines parties de Pointe-Saint-Charles." (Woody Allen parlait du New jersey.)

Quelques mots bizarres : "sapajou" (comme dans : "un repère de sapajous"), "endêver", "rédhibitoire" et, en anglais cette fois-là : "discombolutate" (jeter dans un état de confusion) !

Quelques expressions tout aussi bizarres : "curiosités hérodotesques" ; "appétit sacchomaniaque" ; "numquid et tu" (titre d'un livre d'André Gide) ; "des vêtements dont le prix aurait pu nourrir un village pendant un an" ; "contaminé par des dogmes"...

De Simon Popp : "Je ne comprends pas ces recherches que l'on effectue depuis des années - et qui coûtent une fortune - pour retrouver le chaînon manquant. J'en rencontre à tous les jours."

Du Professeur Marshall : "L'étudiant qui, au lieu de suivre des cours magistraux, regarde par la fenêtre fera peut-être un brillant météorologue."

...et je vous quitte parce que je suis de garde. Et les enfants, ben, ça mange.

Au mois prochain pour mon ami Serge.

Et de grâce, profitez de l'été.

Jeff


 Versification

Le texte qui suit pourra vous paraîtra un peu long, mais je n'ai pas osé en couper la moindre partie étant donné qu'à mon avis, il s'agit d'un excellent exemple du génie d'un des plus grand des versificateurs de langue française : Jean de La Fontaine (1621-1695). Il est tiré de la deuxième partie de ses Contes et Nouvelles souvent dits licencieux comparativement aux fables dont on ne fait, aujourd'hui, que forcer de pauvres enfants à apprendre par coeur et qui,, au demeurant, ne sont pas ses plus réussies.

Ce conte mêle séduction, adultère et concufiage et conséquemment il ne fallait pas le mettre dans les mains des jeunes filles de ma génération. Mais ses vers, comparables à ceux de La goutte et l'araignée, une autre de ses fables dont on ne parle jamais, sont admirables.

Son titre en est Le Faiseur d'oreilles et le Raccommodeur de moules. En voici le début :

Sire Guillaume allant en marchandise,
Laissa sa femme enceinte de six mois ;
Simple, jeunette, et d'assez bonne guise,
Nommée Alix, du pays champenois.

Compère André l'allait voir quelquefois
A quel dessein, besoin n'est de le dire,
Et Dieu le sait : c'était un maître sire;
Il ne tendait guère en vain ses filets ;
Ce n'était pas autrement sa coutume.
Sage eût été l'oiseau qui de ses rets
Se fût sauvé sans laisser quelque plume.

Alix était fort neuve sur ce point...

Pour la suite, cliquez sur ce lien : Le Faiseur d'oreilles...


Jean de La Fontaine par Jean-Antoine Houdon
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
(Source : https://www.pinterest.com)

Fawzi


Fin de semaine de folles

Note de l'éditeur :

Au Canada, une "fin de semaine" est constituée d'un samedi et d'un vendredi, ce que, en français moderne on appelle un "week-end". - À ces "fins de semaine" peuvent s'ajouter les vendredis précédents ou les lundis suivants, selon les jours fériés. - Ce fut le cas de la "fin de semaine" du vendredi 24 au dimanche 26 (à laquelle Madame Gauvin fait référence dans sa chronique), le vendredi 24 ayant été le jour de la Saint-Jean, fête nationale des Québécois. - Son titre ayant, dans ces conditions, eut pu se lire "Week-end de folles" compte tenu du fait que l'expression habituelle des Québécois se dit, toujours en rapport avec certains "week-ends", qu'ils ou quelles ont été des "fins de semaines de fous". - Mais nous n'avons pas corrigé.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Bon, okay, Eric, c'était impossible que je le vois parce que son père l'amenait à la pêche et puis je n'avais rien prévu d'autre. Çafaque j'ai dit oui. Quatre copines dont deux avec lesquelles je travaille et deux autres "avec qui je m'entendrais", ça faisait cinq ; cinq dans un chalet, près de Montebello, pour une fin de semaine "entre filles".

Trois jeunes filles, dans le chalet d'à côté, ont contribué, avec leurs jeunes corps, au fait que je n'ai pas enfilé mon maillot et que je me suis contentée de lire, à l'ombre dans un des Adirondack qui s'y trouvaient.

Quant à mes compagnes de trois jours, jamais j'aurai cru qu'on puisse boire autant.

À certains moments, j'ai pensé être dans une taverne russe du temps des tsars.

Et ne me demandez pas de parler de ceux (celles) qui se croient tout permis parce qu'on est "entre filles". - Y compris des descriptions de baise à faire frémir des soldats.

Je ne suis ni sainte Nitouche, ni Marie Chantal, mais quand la vulgarité est passée, je n'étais pas là.

La prochaine fois, ce sera non.

George


           

 Valley Girl

«Fer sure, fer sure...
  Like, oh my God ! ...
  Like totally...
  Like so bitchen...
  Like super-super nice...
  Like totally blitzed...
  Like bag your face...
  Like so gross...
  Like barf me out...
  Like so grody...
  Like a total space cadet...
  Like, I don't know : it's going to be cool...
  Gag me with a spoon !»

Je ne sais pas l'âge de ceux qui nous lisent ; je ne sais même pas qui écoutent les bouts de chansons, les curiosités, les grands moments de la musique et même les insignifiants enregistrements auxquels j'attache une certaine importance et que je vous propose, ici, depuis, plusieurs années - J'en suis, si ma mémoire est exacte, au numéro 320 -, mais je soupçonne que, quel que soit votre âge, ou vos connaissances musicales, il est peu probable que les paroles de la chanson que je viens de citer vous soient connues. Et pourtant...

À l'époque où elle a été mise en marché, en 1982, cette chanson a fait fureur, au point d'être nominée au Grammy-Award. On disait qu'il s'agissait là d'un exemple parfait du Valleyspeak ou Valspeak , une sorte de dialecte américain issu de la vallée de San Fernando, dans la partie sud de la Californie, dialecte utilisé par les adolescentes de la région qui tenaient à se distinguer des autres adolescentes américaines. - On parlait le Valspeak, on était cool. - L'influence de ce sociolecte fut, avec celui des surfers et des skateboarders, immense, au point où, encore aujourd'hui, le mot "like" est toujours utilisé en tant «qu'élément syntaxique dont la fonction est de séparer les éléments d'une phrase sans signification précise» (Comme disent certains linguistes.) - L'équivalent, au Québec, si je peux me permettre, de notre «T'sais veut dire» ou d'autres mots reliés aux services religieux..

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est pour attirer votre attention sur un côté presque inconnu du plus iconoclaste des compositeurs américains (les paroles ayant été mises bout à bout par sa fille qui avait alors 14 ans), un certain Frank Zappa qui, en trente ans a été le maître-d'oeuvre de plus de 50 longs-jeux ou CDs et dont la musique a touché tous les genres : du Blues au classique en passant par le Rock n' Roll, le jazz et même l'abstraction la plus totale.

Vous trouverez, sur YouTube, des dizaines de ses compositions, des extraits et même des concerts complets enregistrés aux USA, à Prague, en Angleterre dont le célèbre Valley Girl cité ci-dessus :

https://www.youtube.com/watch?v=p-LArv-sEQU

On en même fait un film avec Nicolas Cage et Deborah Foreman (Martha Coolidge, 1983) :

Mais avant de quitter cette chronique, allez faire un tour du côté de sa suite orchestrale, "200 motels", enregistrée en 2013 par la BBC Concert Orchestra à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=DZoaI-mbo5k

Ses sous-titres ? - Overture, Went On The Road, Centerville, Tuna Sandwich Suite, The Restaurant Suite, Touring Can Make You Crazy, etc.

Interprètes : London Voices, Southbank Sinfonia, BBC Concert Orchestra, Jurjen Hempel, conductor, avec :

Claron McFadden, soprano
Tony Guilfoyle (Frank)
Richard Strange (Le narrateur et Rance)
Ian Shaw (Mark)
Brendan Reilly (Howard, Cowboy Burt)
Sophia Brous (Groupie 1, Larry the Dwarf)
Diva Zappa (Groupie 2, Lucy)
Jessica Hynes (Good Conscience)
Jay Rayner (Bad Conscience, Ginger)
Scott Thunes (Jeff)

***

Le Festival de Jazz de Montréal

Si je vous disais que, depuis sa fondation, en 1980, je n'ai assisté qu'à un seul concert de tous ceux qui ont été présentés au Festival de Jazz de Montréal, je vous surprendrais ? - Et pourtant, c'est la vérité. - Et encore : on m'y a presque entraîné de force. - Et c'était il y a plusieurs années. - C'est que, bien avant ce Festival, il y en a un autre, fin des années cinquante, début des années soixante où l'on pouvoir et entendre l'orchestre de Duke Ellington, Miles Davis, le Modern Jazz Quartet, Coleman Hawkins et beaucoup d'autres musiciens de ce calibre tandis qu'aujourd'hui, on mêle tout : danseurs de flamenco, mariachi, danseurs africains et Dieu sait quoi d'autres.

Or cette année, j'ai loué une place pour voir et entendre non pas quelqu'un, mais un instrument ; un instrument légendaire ayant appartenu à un musicien également légendaire : une contrebasse fabriquée en 1825 par le luthier Abraham Prescott qui fut endommagée dans l'accident de voiture qui, en 1961, coûta la vie à son propriétaire d'alors, Scott Lafaro, restaurée dans les années quatre-vingt par le père de Barrie Kolstein, luthier américain très connu.

Vous pourrez tout savoir de cette contrebasse en regardant la vidéo suivante :

Barrie Kolstein Talks About Scott LaFaro's Prescott Bass

Quant à Scott Lafaro, l'enregistrement qui suit vous dira tout sur son style de jeu :

Bill Evans - Sunday at the Village Vanguard

(Il s'agit du dernier enregistrement de Scott avec : Bill Evans au piano et Paul Motian à la batterie. - Live au Village Vanguard de New York, dix jours avant sa disparition, il y a... 55 ans. - Il avait alors 25 ans.)

La contrebasse en question appartient aujourd'hui à une fondation qui la prête à des musiciens à condition qu'il s'en serve pour perpétuer le souvenir de Scott Lafaro, ce que, demain, en la Maison Astral, fera Frédéric Alarie. À 18 heures...


Scott Lafaro
(Source : http://www.notreble.com/)

***

Et puis un fantôme :

Pas un enregistrement, mais un bout de film d'à peine une minute. Il s'agit d'un extrait tiré d'un documentaire d'Angelo Bozzolini et de Roberto Prosseda intitulé tout simplement Fryderyk Chopin. - Source : le réseau de télévision italien RAI (RAI Educational).

Vous pourrez le retrouver, au complet, sur YouTube à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=9w_i3Zm-t3c

Ce documentaire est, forcément, en italien, mais la plupart des interviews (Barenboim, Askenazy, Lonquich, Argerich, etc.) sont sous-titrées en anglais.

Avant de passer à l'extrait ci-dessous, un mot sur les deux photos que l'on possède de Chopin :

La première daterait de 1846 ou 1847 (selon le pianiste et compositeur Jack Gibbons). À sa qualité, autant se fier à la peinture de Delacroix.


Chopin - Photo no. 1

La deuxième fait partie des clichés pris par les frères Bisson, Louis-Auguste (1814-1876) et Auguste-Rosalie (1826-1900), qui, de 1841 à 1860 (?) avaient un studio près de La Madeleine, à Paris, sauf que les circonstances entourant leur portait de Chopin (en 1849) n'ont jamais été éclaircies. - On ne sait au juste ni quand, ni où cette photo fut prise.


Chopin - Photo no. 2

(Source de ces deux photos : https://commons.wikimedia.org)

C'est cette deuxième photo qui fut utilisée dans le documentaire précité, mais attention, hein : on ne parle plus d'une photo statique, mais bel et bien de sept montages (de Matteo Parisini) où l'arrière-plan a été modifié et des paroles ajoutées à un Chopin qui surgit du passé comme si on l'avait filmé en train de nous raconter quelques souvenirs de sa vie. Vous verrez, c'est tout à fait hallucinant.

L'extrait se trouve à l'adresse ci-dessous (sur YouTube).

Lien (YouTube)

Chopin, parlant l'italien ? - Hé oui. - Sa voix est celle de Fabrizio Bentivoglio.

Mon italien n'est pas ce qu'il y a de mieux, mais voici ce que j'ai pu comprendre :

Impossible. On a raison de dire que ma musique est impossible... Personne, à ce jour, a réussi à me faire parler de moi. Je n'aime pas, non plus, vraiment parler de ma musique ni de ce que je pense.... Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis... Je n'ai pu exprimer mes sentiments que par des notes de musique.

Dans un autre extrait (il y en sept en tout), il exprime sa douleur de ne plus être en mesure de retourner en Pologne et son incapacité relative de se comparer à d'autres musiciens comme ceci :

À l'été de 1831, je décidai de me rendre à Paris où je suis arrivé en septembre et c'est là [lors de l'insurrection de novembre] que j'ai eu le coeur brisé quand j'appris ce qui arrivait à mon pays. Mais ma plus grande peine fut de ne pas savoir ce qui arrivait à mes proches. --- J'étais dans la ville où se trouvait les plus grands compositeurs du monde et je compris très vite les déficiences qu'il me faudrait surmonter [au niveau musical]. J'étais parmi des artistes très doués : Listz, Rossini, Cherubini, Bellini... Tous étaient montés vers Paris et je compris aussi les déficiences qu'eux également avaient à surmonter....

paul

P.-S. : Le mois prochain : Groucho Marx et... Lydia, the Tatooed Lady !

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


  Book Review - Lectures

Not on books today, but bookshelves

Some weeks ago, I had to deliver a lecture in a small town near Boston, a large village actually, where there existed two elegant hotel of the Holiday Inn and Red Roof variety. I asked the organizers if they didn't have a Bed and Breakfast in the area and, to my delight, they replied that not only did they had one but they had originally wanted to put me up there as it was a walking distance from the hall in which I was to appear. Their only objection was that, since I was driving all the way to their little valley of tears and that I was a distinguished professor at the famous Université de Napierville...

(Some people have ideas...)

As things turned out, it was a charming little place. Three bedrooms operated by an even more charming mid-forties couple who had already bought tickets to hear my dreadful verbalization on the Importance of Aldous Huxley. - We quickly became friends and, having a day to spare, I stayed a second night... amongst a collection of books and bookcases about which, we talked an entire evening.

I don't know if you remember the sort of cabinets which could be found in the hundreds in the late forties, remnants of a distance time where people valued every bit of furniture they had in their house. Haven't a clue what happened to them. I, for one, hadn't seen any for years until I discovered, in that B & B I just mentioned, about sixteen of them all over the place :

I'll come back to that nice couple one of these days (who deserves more than just an en passant mention), but I'd like to add, in my usual start-on-a-subject-and-finish-on-another manner, that such a piece of ameublement was, for years, part of my father's library and that, as a kid, I was fascinated by its glass doors, its shelves and, of course, the books it contained.

The books I don't remember well but that bookcase ! - I wish I could have the intelligence to lay my hands on six or seven of them when they were still around, cheap and so functional. - Would have saved a fortune on cleaning rags and a lot of time which I could have used to read.

It wasn't, I guess until my early thirties, that, having traveled, thoughtlessly, got married, paid attention to only the the the present and future, that, someday, I noticed that it and its content were no longer in my father's cabinet. - I asked him what he had done with it to learn that he had sold it at an auction to pay for... part of my education.

Well, there are a few things one doesn't want to hear in one's lifetime and that was one of them. For me. And to this day, I keep hoping I won't have to do the same thing for my kids.

Copernique


    Le courrier

        Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

        Réponses diverses :

Mme Marceline Dubord-Gomez - Kugar Algum, Portugal

Jules César ? De Shakespeare ? - Oui, la troupe du Grand Marshall a monté cette pièce au début des années cinquante en la Salle Marc Ronceraille, mais le comédien qui jouait le rôle de Brutus était si mauvais que c'était lui et non pas César que les autres comédiens tentaient de poignarder au troisième acte.

Mr. Brewster Bubblebath - Gustavia, Saint-Barthélémy

Guy Godin, en 2015, à 83 ans et Phil Laframboise, à 79 ans, en 2004.


Guy Godin
(Source : http://elephantcinema.quebec/)

Ms Josée Larivière - Bois-Franc (St-Laurent), Québec

Contre l'asthme de Panama ? - La poudre D.-S.-Campette™ se serait avérée efficace. Également contre l'arthrite de Russie.

Mr, Christopher Blemish - En Ningula Parte, España

Lord Cornwallis, aka Charles Cornwallis, 1st Maquess Cornwallis, aka Earl Cornwallis (1738-1805) who surendered  to a combined American (George Washington) and French (Comte de Rochambeau) force at the siege of Yorktown, Virginia, in 1781.

Mme Ernestine Lambert - Québec, Québec

La thèse de Wilfrid Hamel (1942-1999) - les thèses plutôt, car il remet en question deux méthodes différentes dans "Certaines remarques concernant la peinture contemporaine" - avance la possibilité que, d'une part, Paul-Émile Borduas (1905-1960) peignait ses toiles en remplissant toute la surface, mais que le temps en altérait certaines parties, i.e. :

et que, d'aupre part, la technique de Jackson Pollock visait surtout l'épaisseur et non la répartition uniforme de ses couleurs, i.e. :

M. Palamède Chanlivault - Cuvillier, Var

Trois parts d'huile d'olive, deux parts de vinaigre blanc et une part de sauce soya. Y faire mariner votre poulet quelques heures avant de le faire sauter au wok.

Mme Samantha Hughes - Chicoutimi, Québec

"Ce n'est pas la quantité [des lecteurs du Castor™] qui est importante, nous répète régulièrement le Professeur, mais la qualité. - Souvenez-vous, nous disait-il, récemment, de ce que disait Philémon [Vatfair] à propos de la Gazette de St-Romuald d'Etchemin (et d'Esch-sur-Sûr) : qu'avec les revenues publicitaires qu'il en retirait, il pouvait facilement se passer de lecteurs."

M. Simon Simon - Lång Kniv, Sverige

"These are the times that try men's souls. The summer soldier and the sunshine patriot will, in this crisis, shrink from the service of their country ; but he that stands by it now, deserves the love and thanks of man and woman. Tyranny, like hell, is not easily conquered; yet we have this consolation with us, that the harder the conflict, the more glorious the triumph. What we obtain too cheap, we esteem too lightly : it is dearness only that gives every thing its value. Heaven knows how to put a proper price upon its goods ; and it would be strange indeed if so celestial an article as FREEDOM should not be highly rated. Britain, with an army to enforce her tyranny, has declared that she has a right (not only to TAX) but "to BIND us in ALL CASES WHATSOEVER" and if being bound in that manner, is not slavery, then is there not such a thing as slavery upon earth. Even the expression is impious; for so unlimited a power can belong only to God."

Ce texte est de Thomas Paine. Il a été lu à tous les membres de l'armée de George Washington, à Vally Forge, Pennsylvanie, le 23 décembre 1776.

Certaines sources indiquent qu'il aurait été composé par George Washington, ce qui est faux car il fut par la suite imprimé et distribué sous le nom de Paine.

À noter que dans le jeu vidéo Assassin's Creed III, Connor, le personnage principal, est présent lors de l'occupation des forces du général Washington dans la Valley Forge.


(Source : http://www.spyderonlines.com/)

Mme Jocelyne Leroux - Rotterdam, Pays-Bas

Der Hirt auf dem Felsen de Franz Schubert. - D. 965. - Vous pourrez l'entendre à partir de ce lien, sur YouTube, interprété par Barbara Bonney, soprano, Sharon Kam, à la clarinette et Geoffrey Parsons, au piano.

M. Gonzales Toppo - West-Wifflin, PA, USA

Sont passés à la Place des Arts, à Montréal, Bob Dylan, Charles Aznavour, Luciano Pavarotti, Miles Davis, Ella Fitzgerald et... Gilbert Bécaud de même que Mireille Mathieu.

Mme Antonina Cabane - Montréal, Québec

Mille regrets, Madame, mais nous n'avons aucune idée qui pourrait être cette dame ni d'où pourrait provenir sa photo :

M. Burt Bye-Default - Manchester, U.K.

Nanette (Joan) Workman est née le 20 novembre 1945. Tony Roman est né Antonio D'Ambrosio le 1er août 1942. (ce dernier est décédé le 8 juin 2007.)


    Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à :

                   
Tyrus Raymond "Ty" Cobb                       
et à                         "Shoeless" Joe Jackson
(1886-1961)
                                                              
   (1888-1951)

(Photos en provenance des site http://www.biography.com [Jackson] et https://en.wikipedia.org [Cobb])



    Les mots de la fin


(Photo : John Warwick Brooke Imperial War Museum. -
Une tranchée britannique durant la bataille de la Somme, en juillet 1916.)

"D’abord, il faut voir à ce que les grandes puissances de l’Europe s’accordent afin que les garçons, lorsqu’ils atteignent dix-huit ans, soient placés dans trois classes différentes :

"La première classe, constituée d’une moitié de ces garçons, sera exécutée, sans douleur, dans une chambre mortelle.

"Les membres de la deuxième classe seront privés d’un bras, d’une jambe, ou d’un oeil, selon le bon vouloir du chirurgien.

"Les membres de la troisième seront exposés jour et nuit à des bruits assourdissants, jusqu’à en provoquer une détresse nerveuse : folie, aphasie, cécité mentale ou surdité.

"Après quoi les membres des deux dernières classes seront libérés et pourront former la population adulte de leur pays."

- Bertrand Russell - 20 avril 1916 : "Pour en finir avec la guerre".

***

"Lorsque j'écris sur la politique ou la religion, je perdrais toute objectivité, toute satisfaction et même tout mon plaisir l'esprit, si j'étais rémunéré."

- Thomas Paine refusant toute compensation ayant pu
découler de la vente de quelque 300,000 copies de
son pamphlet sur Le sens commun. En 1776.


    Autres sites à consulter

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro


    Notes et autres avis

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des ntérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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