Volume XXVI, n° 10

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 6 juin 2016  

" Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de   
la rue Dorchampt, un excellent homme nommé Duteuil...
"   
Marcel Aymé - Le passe-muraille - 1943      

Quatrième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ , tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™ , destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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«C'était en juin, j'étais à Bruxelle...»
                                                                                                         (Victor Hugo)

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    Sommaire :

À l'approche de la festivale saison, la direction du Castor™ a cru bon de demander à ses chroniqueurs de lui soumettre des articles, des reportages, des opinions en nombres inhabituels afin de permettre à ses lecteurs d'amener avec eux, en vacances, de quoi satisfaire leur curiosité en ces moments où, éloignés des grands centres, ils n'auraient pas accès via l'Internet aux numéros qui paraîtront en juillet et août.

Tous ont répondu avec un intérêt sans précédent :

Simon Popp y est allé avec une de ses tirades dont il a le secret (sur les restaurants), puis, faute de ne pas avoir atteint, à son avis, suffisamment de temps pour parler de sa retraite (c'est-à-dire que sa retraite n'était pas encore parvenue à une longueur temporelle suffisante pour qu'il puisse en parler adéquatement), il a tout simplement abordé deux sujets dont on parle trop peu souvent : l'immortalité et la vieillesse.

M. Herméningilde Pérec, quant à lui, a pensé nous parler de son ami, de notre ami à tous et recteur de l'Université de Napierville, le Professeur Euclide Marshall, de l'anonymat et de rajeunissement.

Copernique nous a surpris par une citation de Borgès, mais qui en dit long sur ce qu'est l'écriture, avant de passer à une longue description de ce qui peut être lu sur la Toile en ce qui concerne la religion, le catholicisme, l'existence de Dieu, la Bible, etc., en indiquant les adresses de plusieurs endroits où l'on peut lire, voir et écouter ce que les personnalités les plus en vue dans ces domaines avancent dans leurs discours ou au cours de divers débats. À noter particulièrement sa longue diatribe contre un certain William Lane Craig. - Le tout accompagné d'une note de Paul Dubé et de commentaires humoristiques (le sont-ils, vraiment ?) de divers stand-up comics.

Madame Fiona Darbon Van Maercke, quant à elle, s'est déplacée jusqu'en Autriche pour interviewer un artiste qui est sur le point, même à son âge, de devenir une légende, Jakub Vrba dont elle nous a rapporté une photo inédite.

Jeff Bollinger nous entretient de statistiques sur la publication des livres à travers le monde, le tout avec certaines remarques plus précises sur ce qui se passe en France et au Québec. Nons sans nous rapporter une courte conversation qu'il a eue avec Simon Popp. - «Hélas, vient-il de nous dire, je n'ai pas pu joindre la dernière lettre de mon ami Serge que j'ai reçue trop tard pour la tombée.» - À lire en juillet.

Pour ce qui est de Madame Fawzi Malhasti, la poétesse de renom et à laquelle il faudra ajouter sous peu le surnom de tradaptatrice inégalée, a revu et corrigé, pour ce numéro, sa fameuse tradapation du début du Morse et du Charpentier (de Lewis Carroll), mais y est allé également d'une longue étude et tradaptation d'un essai de Jorge Luis Borgès sur les différentes transformation que peut subir une légende, étude parue dans un recueil compilé par Borgès lui-même, en 1952, et portant le titre de Otras inquisiciones (Autres inquisitions).

Paul Dubé a décidé, enfin, de nous entretenir de Béla Viktor Jànos Bartók en attirant notre attention sur un surprenant enregistrement d'un musicien qui ne fut jamais et qui n'est toujours pas relié à ce compositeur d'origine hongroise. - Et de mazurkas, naturellement, car les mazurkas n'avaient aucun rapport avec ce qui prédède.

Côté livres, lire ce que Simon Popp a à dire sur sa bibliothèque et sur les deux volumes qu'il y a récemment retrouvés. - Et Copernique nous parle, en français, de... poésie.

Et puis, et puis... y'a le courrier, la dédicace accompagnée, cette fois-ci, d'une courte biographie et qui fait l'objet également d'une recommendation de lecture.

***

«Il ne faut pas s'en faire, disait le Professeur à propos de cette édition. De retour de vacances, et fatigués, nos lecteurs pourront toujours reprendre nos numéros suivants qui seront, à ce moment-là des numéros précédents !»

Bonne lecture !


    Chroniques

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.




"Garçon ! Deux bières et moins de vent."
(Paroles attribuées à Alphonse Allais)

Ma première visite dans un établissement où l'on servait de la nourriture en échange de quelques sous (à l'époque) remonte à plus de cinquante ans. Aussi, quand je suis, aujourd'hui, confronté à un restaurateur professionnel, j'aimerais lui souligner de temps à autres que, par rapport à lui, je suis un client professionnel de, plus souvent qu'autrement, dix à vingt ans son aîné et qu'en conséquence, je suis un peu plus au courant qu'il peut l'être de ce qu'est la restauration. Sauf que ça m'arrive de moins en moins car les restaurateurs professionnels se font de plus en plus rares, remplacés depuis quelques années par des hommes d'affaires.

Je ne l'ai pas entendu personnellement, mais on m'a raconté qu'un de ces hommes d'affaires, à qui on reprochait l'assourdissante "musique" qu'on diffusait dans son établissement, aurait récemment répondu que ce n'était qu'un aspect de son commerce ; qu'il avait noté que plus ses salles étaient bruyantes, moins les clients restaient longtemps, ce qui lui permettait d'augmenter le nombre de ses services de deux à trois, aux heures des repas.

Faut-il ajouter autre chose ? - I rest my case, comme disent nos amis anglophones.


Suprême de ?
(Image - provenance inconnue)

***

Question : faut-il se plaindre ?

De la musique ? Non. Tout simplement parce que les proprios de cafétérias, brasseries, gargotes, bistrots, réfectoires, tavernes  et autres endroits dit restaurants semblent, depuis quelques années, être devenus, avec leur musique... sourds. Et on ne rit pas des sourds.

Que le potage est trop salé, que la sauce trop farineuse, que le bifsteak est trop cuit, que le poulet semble provenir d'un gallinacé mort de rhumatisme ? - Non plus. - Là où c'est immangeable, on ne retourne pas. Sauf que ça n'explique pas certains endroits ; un, en particulier, près de chez moi, qui est là depuis des années et où la lasagna verde est verte, non pas à cause de la couleur de ses pâtes, mais de sa viande.

Autant rester chez soi, mais préparer un boeuf Wellington pour une personne....

J'ai bien aimé au cours de ma vie manger au restaurant. Tout avait tant de goût. C'est que je n'en avais pas.

Mon chat, lui, n'a jamais eu ces problèmes.


(Image - provenance inconnue)

***

Immortalité

Je ne sais pas si vous aimeriez devenir immortel... en santé (il va sans dire), avec toutes vos facultés, connaissances, souvenirs et votre vision unique du monde jusqu'à... la fin des temps. Moi pas.

Je crois, en ce moment, que la pire religion qui puisse exister (et je compte dans le lot l'Islamisme et la Scientologie) est celle des Mormons, dite "'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours", celle fondée par un arnaqueur du XIXe, Joseph Smith, qui a convaincu des milliers d'adeptes - ils sont aujourd'hui des millions - qu'après leur mort, ils se retrouveraient en présence de Dieu le Père et son Fils (vous savez : celui qui est trois mais un seul), dans un paradis où seront réunis tous les membres de leurs familles et ce, pour l'éternité. - Jamais entendu une proposition aussi nauséabonde. J'ai passé toute ma vie à m'éloigner de ma famille composée de personnes avec qui je n'avais rien en commun sauf le fait que leur grand-père avait couché avec une des cousines du mien... Alors si vous pensez que la perspective de passer l'éternité avec cette famille-là puisse me plaire...

D'ailleurs, j'en ai jusque là, non pas des Mormons ni de ma famille, mais du Simon Popp que je suis, celui qui - j'ai fini par l'apprendre - n'a jamais eu de rapport avec le Simon Popp que je connais, celui qui (je parle du premier) n'est composé que de la personnailité que les autres ont bien voulu lui donner. Vous la connaissez : celle du grogneux, du chiâleux, celle de celui qui contredit tout le monde et qui, chaque jour, se souvient que la moitié des gens qu'il rencontre sont moins intelligents, non pas de lui, mais de la moyenne...

S'il n'en tenait qu'à moi, je repartirais à nouveau. Un peu moins imposant, un peu moins gauche, un peu plus conciliant, moins impatient (ça, c'est certain) et surtout plus sérieux... - Pour ce faire, il faudrait nécessairement que je déménage, que j'abandonne tous mes amis et amies, que je ne retorune plus jamais dans de nombreux bars, restaurants et autres endroits de perdition ; et il me faudrait sans doute changer de nom. - Pourquoi pas de visage, tant qu'à y être ? - Cheveux courts, moustaches, verres de contact.... - Sauf que :

J'ai connu, dans le temps, un type qui a profité de son divorce pour repartir à neuf dans une autre ville où il avait demandé sa mutation. Vraiment dégoûté de sa triste vie, il alla jusqu'à se débarrasser de tous ses effets personnels, y compris ses vêtements, en brûlant ces derniers après les avoir remplacés, un à un. - Je l'ai revu, deux, trois ans plus tard, plus ou moins par accident, et vous savez quoi ? Il était revenu exactement comme il était avant son divorce. Marié avec une femme qui ressemblait étrangement à sa première, vivant dans une maison décorée comme la précédente, dans une banlieue ressemblant à celle qu'il avait quittée, avec, énorme changement, un autre chat à qui il avait donné le même nom. - Sept ou huit ans plus tard (ou serait-ce cinq ?), il était de retour dans son patelin d'origine, avec une troisième femme. Celle-là, je ne l'ai pas connue, mais on m'a dit que par rapport aux deux autres, elle aurait été rousse. Et puis, il était déménagé dans un quartier identique à son dernier.

Autrement dit, on ne recommence jamais à zéro.


(Image en provenance du site http://www.problogger.net/)

Quel que soit l'endroit le plus isolé où j'irai me terrer, je suis certain que je ne saurai oublier qui je suis. De ça, je suis certain. Je passerai de la lecture de Proust aux romans Harlequin ? J'écouterais les Beatles plutôt que Chopin ? Je deviendrais un buveur de Scotch plutôt que de Vodka ? Je ne me souviendrais pas de ma terrible enfance, de ma non moins étouffante adolescence ? Nenni. - Et qu'est-ce que j'aurais à me joindre à un groupe qui m'accepterait comme membre ?

Non. Autant en finir et voilà que la Providence a mis à ma - à notre - disposition la solution parfaite : l'esquintage final et définitif qui, d'une certaine manière, rend la vie, et surtout sa fin, si délicieuse.

Et n'allez surtout pas penser que je vais laisser derrière moi de quoi ne pas m'oublier : une rue, un pont, une fortune colossale ou, comme font certains politiciens, une bibliothèque ou un musée. - Pas dans mes projets immédiats. - Je voudrais même qu'on jette mes cendres à la poubelle, quoique remettre à la terre le bout que je lui ai pris en naissant ne me semble pas être une mauvaise idée.

En attendant, je n'ai jamais tant lu, tant joui du temps présent. Ce qui m'amène à :

De choses et d'autres

Le mois prochain, je vous promets, je vais vous parler, après dix-huit mois de semaines où tous les jours sont des samedis, de la retraite, mais comme, pour des raisons que j'ai pas besoin de vous expliquer, j'ai ajouté récemment, et en top priority, le nom de mon médecin dans mon agenda, j'ai pensé ce mois-ci vous mentionner brièvement certains aspects de la vie auxquels on ne pense vraiment pas avant d'avoir atteint un certain âge : ceux de l'incapacité physique, de la diminution de sa vue, de son ouie, de son sens olfactif ; ceux de l'insomnie, des douleurs récurantes, des étoudissements, de la perte inexorable et même de la paralysie partielle de ses membres...

Oui, je sais que ce ne sont pas là des choses d'une euphorie communicative surtout quand on a eu pendant des années une santé de fer, de l'énergie à en revendre et une endurance physique à gêner des plus jeunes que soi, mais il vient un temps où l'on sait qu'il faudra dorénavant se servir d'une ou même des deux rampes dans les escaliers, demander de l'aide pour déplacer un meuble, ne pas trop veiller tard, surveiller son alimentation et, surtout, se lever régulièrement pour ne pas ankiloser ses membres.

Ça a du bon cependant : on n'est pas obligé de consulter la météo pour savoir s'il pleuvera ou pas et l'on peut quitter tôt n'importe quelle soirée.

Sans compter qu'on a appris - un truc que m'a enseigné mon père - à faire semblant de radoter pour éloigner les fâcheux...

Et puis... on a tout le temps devant soi.

Mais pour la retraite, je peux vous dire au moins une chose : si j'eusse su, je l'aurais prise plus tôt.

À sous peu,

Simon




Sainte-Beuve, Charles Howard Hinton, les grottes de Lascaux, un thé chez Madame Sazerat, Homère et H. G. Wells.

C'est Magyar le Bavard, le sympathique chef du Dragon Basané qui me l'a fait remarquer il y a quelques semaines : «Vous ne trouvez pas, me dit-il, que le Professeur se fait de plus en plus discret depuis quelque temps ?»

Ma réponse fut oui et non. J'avoue que, depuis son quatre-vingt-deuxième anniversaire, et même depuis plusieurs mois, j'avais commencé à noter que sa présence se faisait de plus en plus rare lors des réunions du Conseil d'Administration de l'Université de Napierville et que ses interventions lors des séances de pré-publication du Castor™ étaient devenues de moins en moins fréquentes, mais de là à en conclure qu'il se retirait peu à peu de la communauté d'esprit de l'institution fondée par son grand-père... Disons que j'ai pensé un moment qu'il était à rédiger ou ses Mémoires ou l'Oeuvre maîtresse de sa longue et distinguée carrière, mais questionné habilement par votre serviteur sur ces deux possibilités, j'ai appris qu'il n'en était rien ; que notre ami à tous tentait même d'effacer toute trace de son existence avant de faire face à son Créateur.

Dans le bref entretien qu'il a bien voulu m'accorder, j'ai appris avec stupéfaction, qu'il désirait que son nom - son nom ! - soit effacé de tous les édifices, monuments et plaques commémoratives qu'on retrouvera à foison dans le Quartier Universitaire de l'UdeNap avant, comme il précisa lui-même, son trépassement définitif.

«Je veux, me dit-il, qu'on se souvienne de moi non pas pour mes actes et écrits, mais pour les actes et écrits de ceux qui m'ont précédé et qui ont inspiré ma vie.»

Et de là, il m'entretint de Charles Howard Hinton, des grottes de Lascaux et d'Homère qui auraient, selon lui, contribué à créer l'homme parfait, c'est-à-dire l'homme sans nom, l'inconnu des inconnus, l'invisible personnage de tous les Temps, présent en chacun de nous, mais que la société refuse de reconnaître comme le plus représentatif de tous les hommes.

«Mon homme idéal, poursuivit-il, c'est celui qui pariétalement a imprimé sa main dans les grottes de Lascaux et qui s'est dit, un jour : "Je suis, j'ai existé" enourageant de ce geste ceux qui le suivront à également être et exister et non pas tirer gloire, fortune et renommée de leurs oeuvres.»

«Mais vos travaux sur la séismologie appliquée, vos commentaires sur la philosophie de Wittgenstein, vos exploits sportifs, vos remarquables interventions dans la politique internationale, tout ça, vous voudriez qu'on les oublie ?» avançai-je.

«Non, mais qu'on les considère comme ma pierre de Sisyphe, Qu'on les utilise, qu'on en prenne le crédit, qu'on les exploite financièrement, cela me paraît tout à fait normal. Tout grand homme, ajouta-t-il, emprunte les idées de ceux qui l'ont précédé ; tout très grand homme sait comment les voler. Voilà la règle que chacun devrait suivre. je voudrais que l'on me considère comme l'Homère des temps modernes : celui qui aura créé et dont on ignore jusqu'au prénom.»

Et de là, il me parla longuement de Charles Howard Hinton, en passe de devenir le plus obscur écrivain de la fin du XIXe siècle et dont l'oeuvre, particulièment son livre sur la quatrième dimension et ses récits de science-fiction méritent à peine une note en bas de page dans le monde de l'hyperespace.

«Songez, me dit-il en terminant, qu'un des personnages les plus importants de À la recherche du Temps perdu, la mère du narrateur, disparaît - dans une note en bas de page, dans l'édition originale - en allant prendre le thé chez Madame Sazerat. Tout à fait étrange, n'est-ce pas ?»

Étrange, en effet. Surprenant à tout le moins.

«Et Sainte-Beuve ?» lui demandai-je. - «Un con», m'a-t-il répondu.

***

Ce qu'on peut quand même rajeunir en vieillissant !

Il y a six mois, je n'aurai jamais dit une chose semblable, mais au contact de mon cadet, Simon Popp (sic), de celui qui pourrait être mon fils (Copernique), de mon petit-fils (Jeff) et de mes arrières-petit-fils et petites-filles (Alysée, Thomas, Frédéric et Matisse)... j'ai appris que j'appartenais à une génération qui, comme on disait à mon époque (déjà!) était dépassée... Or, plus je lis les chroniques qui paraissent dans le Castor™, plus je me sens rajeunir.

Adieu Léon Bloy, Romain Rolland, Anatole France, Péguy, Sully Prud'homme, Paul Fort et Francis Jammes que j'ai tant "admirés"  (entre guillemets) du temps que j'étais jeune. Pas de Gide : c'était à l'Index. Proust également, si je me souviens bien. Enfin : il était déconseillé. Et puis quand Sartre et Camus sont apparus, je crois m'être refugié parmi les auteurs grecs et latins.

Et qu'est-ce que cela a à faire avec le rajeunissement ? Eh bien voilà, justement, je cesse de plus en plus à limiter mes pensées qui étaient jusqu'à hier encore unidimensionelles. J'imite !

Paul, d'abord, qui débute ses chroniques par un bout et qui les finit par un autre ; Copernique qui, savamment, nous amène d'un sujet à un autre en passant par trois ou quatre autres ; et puis le tout jeune Jeff qui nous entraîne des mathématiques à son amour pour ses enfants.

 


Quotations, quotations...

I was surprised last month when I saw Mr. Perec quote one of my favourite authors, Jorgé Luis Borgès. - Who would have thought that he knew and was interested in Borgès ? - Anyway, here's another quote by him which I always liked :

"Each [creative] writer modifies our conception of the past and therefore modifies our future."

It's part of an article he wrote in 1951 on Kafka and his Precursors. - Don't ask me where or in what magazine, nor if the year is exact. I don't remember and I'm not too sure of the correct wording. But I do know that's what he wrote. (1)

*

(1) Kafka and his Precursors ou Kafka et ses précurseurs est paru dans le journal La Nación le 19 août 1951. De cette citation, l'édition 2010 des Oeuvres complètes de Borgès (La Pléiade, tome 1, p. 753) donne la traduction suivante : "[Le fait est que] chaque écrivain créé ses précurseurs. Son apport modifie notre conception du passé aussi bien que du futur" - (Note de l'éditeur).


Jorgé Francisco Isodoro Luis Borgès
(Photo en provenance du site www.goodreads.com)

***

Faith that dares not speak its name

Lately, I've been watching, on YouTube, debates, seminars, conferences, live discussions and all sorts of documentaries dealing with religion as a whole and, particularly, christianity, muslims, the existence or non existence of God, scientific studies vs. the Bible and so on, finding along the way fascinating arguments, pros and cons about everything under the sun including such beliefs as the world is only six to seven thousand years old, that tNoah's arch really existed and so did the Exodus including the unquestionable fact that the Khoran was dictated to an illiterate warmonger by an angel and that it was the very last time that Allah, the only true God, decided to communicate his whims and wishes to humanity.

In these debates, seminars, conferences, etc., I have listend to well-known and well-respected scientitists, superb orators, fantastic human beings honest enough to question their own beliefs and, of course, the usual quacks, charlatans, evangelists and downright dishonest crooks who are trying to convert the world to the only and the total truth about our origin, purpose and meaning of our existence. Theirs, of course.

Amongst the few I can quote (and I could quote three dozens or more), one name rises above all by his common sens, wisdom, wit, quality of language and coherence. His name is Christopher Hitchens. Second is a man who has interviewed countless bishops, priests, fundamentalists with grace, respect and honesty : Richard Dawkins. Then come the scientists : Sam Harris, Lawrence Krauss, Sean Carroll and, of course, Neil de Grasse Tyson whose tongue in cheek approach has made him the equivalent of a rock star. - Just type their name in YouTube and you'll have excellent soirées ahead of you.


Neil de Grasse Tyson
(Photo en provenance du site
http://cdn.thedailybeast.com/

Then you'll meet individuals who would like to be their equivalent but barely go beyond what I would call apologists of the televangelist kind however educated or convincing they may sound : Ken Ham who operates the Creation Museum near Petersburg, Kentucky ; Ken Hovind, a fast talker who'll quote, when he's not in jail (on income tax evasion charges), and sometimes semi-quote, anything out of anywhere, out of context and totally non à propos to prove a point ; and countless others. One name, however will keep popping into any research engine ; that of an apparently highly sophisticated individual whose debating tactics are, to say the least, questionable : William Lane Craig.


William Lane Craig
(Photo en provenance du site
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons)

Richard Dawkins refuses to participate in any discussion with him on the ground that : «If my name might add something to his c.v., it would not on mine.» adding that «He had no intention of assisting [him] in his rentless drive for self-promotion.»

His bag of tricks is incommensurable and he uses each and everone of them. Let me name a few :

He always insists on being able to speak first, then immediately goes into - to quote RationalWiki (1) - «a hailstorm of misrepresentations and dubious statements, wrapped up in a few obvious facts» which he asks his opponent to refute. Now to refute arguments, we all know, takes twice as long as proposing new arguments, so he's then eventually able to say that some of his arguments were not addressed and therefore still stand.

William Lane Craig also uses extensively the straw man method of downgrading his oponents (2). Sam Harris pointed that out to their audience one day by stating that «Dr. Craig has a charming habit of summarizing his opponent’s points in a way in which they were not actually given.» See :

https://www.youtube.com/watch?v=wACrnKD6exY&index=3&list=PL_37cu0LXR1OH65o6rZox9ocFiagiDi0f

His name dropping and quote mining tactics are unbelievable, accusing, at the same time, anybody who uses the same tactics. Try this for size :

https://www.youtube.com/watch?v=KFmWfiq9L6k !

Listening to William Lane Craig :

On how he approaches debates :

«They're always academic forums that are conducted with civility and respect. They're not political debate or debates you might see in the House of Commons. These are academic forums where one concentrates on the arguments and counter-arguments, the truth of the premises of these arguments, objections to them and not on personalities or ad hominem attacks. On my part, I don't engage in that sort of things

But then, listen to him and his anti-«ad hominen» statement during an interview :

«The spade of new books published by the new atheists like Harris, Hitchens, Hawkins and so forth are not sophisticated books intellectually. These are for the most part hangry, bitter diatribs against religion... And while someone like Dawkins may be a good scientist in his field, when he begins to talk about philosophy and theology, he is merely a layman and The God Dellusion is a very unsophisticated book...»

(Not giving any example whatsoever.)

I could go on forever but nothing prepared him for Lawrence Krauss' direct and frontal atack in which he demonstrated that William Lane Craig was either a liar or a thief or both.

The full version can be seen on this YouTube page : https://www.youtube.com/watch?v=9o9UXjpT8ig. (got to the 35th minute).

A shorter version can be seen on this page : https://www.youtube.com/watch?v=9fX4mfISB-I


Lawrence Krauss
(Photo en provenance du site
http://superscholar.org/)

I believe however that the best anti-William-Lane-Craig speech was given by Sean Carroll. I strongly suggest that you watch it entirely. - It's a two hour plus video but you won't waste your time.You'll find it here :

https://www.youtube.com/watch?v=X0qKZqPy9T8

*

In the words of Richard Dawkins, «Don't feel embarrassed if you've never heard of William Lane Craig. He parades himself as a philosopher, but none of the professors of philosophy whom I consulted had heard his name either. Perhaps he is a "theologian"» (The Guardian - October 10, 2011).

Don't believe me ? Go on the Internet and type "The Case for William Lane Craig's Dishonesty" in your favorite search engine. - You'll find 16 videos uploaded by «A Roaming Freethinker» dealing with misused research, misrepresentation, distortion of opponents's arguments and downright smearing :

  • William Lane Craig Misuses research to attack same sex marriage
  • William Lane Craig Misrepresents Stephen Law
  • William Lane Craig Misrepresents Reza Aslan
  • William Lane Craig Misrepresents Wesley Salman
  • William Lane Craig Misrepresents Stephen Kaking and Leonard Mlodinow
  • William Lane Craig Misrepresents Michael Ruse
  • William Lane Craig Misrepresents Sam Harris
  • William Lane Craig Misrepresents Skydivrphil
  • William Lane Craig Misrepresents Francis Crick
  • William Lane Craig Misrepresents Lawrence Krauss
  • etc., etc

Against a wall, this man will go to any length to prove his points.

But if you're only interested in laughing, you can rely on Ken Ham...


Ken Ham
(Photo en provenance du site
http://cdn.countercurrentnews.com/)

Particularly in a video of a debate he had with Bill Nye :

https://www.youtube.com/watch?v=z6kgvhG3AkI

Notes :

(1) http://rationalwiki.org/wiki/William_Lane_Craig#Craig.27s_debating_tactics_and_criticism_of_opponents

(2) A straw man is a common form of argument based on giving the impression of refuting an opponent's argument, while actually refuting an argument that was not advanced by that opponent.

***

Ajout à ce qui précède (de Paul Dubé)

Mon cher Copernique,

Oui, comme toi, je me suis penché sur les vidéos auxquelles tu fais allusion et qui sont diffusées par, via ou sur YouTube, mais je les ai vite abandonnées, les trouvant quelque peu répétitives sauf certaines concernant l'astronomie, les sciences et la cosmologie. - Je suis cependant d'accord avec toi pour ce qui est des noms que tu avances, particulièrement celui de Chistopher H itchens car les sujets dont il discute sont très variés (littérature, politique, histoire, etc.) et, définitivement, celui de William Lane Craig qui, je trouve, fait quasiment pitié même si son point de vue paraît tout à fait logique... à la base, sauf qu'il est plus théologien que philosophe et plus philosophe qu'un homme de science.

Ce qui suit va te paraître élémentaire  (j'allais écrire enfantin !), mais, pour le peu que j'ai étudié la théologie, et plus particulièrement la théologie dogmatique, je l'ai toujours comparée à la géométrie euclidienne qui, comme tu le sais, n'a aucun rapport avec ce qu'on appelle la «réalité», cette réalité qui veut que dans l'univers que nous connaissons, il n'existe rien qui n'ait pas un certain volume. Or, la géométrie euclidienne n'est fait que de points et de lignes qui ne sont que des séries infinies de points, tous sans dimensions, et, de plus, sur une surface plane. Elle a également comme bases des axiomes ou des énoncés qui, par définition, sont évidents et non démontrables, i.e. : d'un point hors d'une ligne, on ne peut abaisser, sur cette ligne, qu'une seule perpendiculaire ou encore deux lignes parallèles ne peuvent se rencontrer.

Le premier dogme de la théologie dogmatique chrétienne dont je me rappelle procède de la même façon :

Dieu, notre Créateur et Maître, peut être connu avec certitude au moyen des choses créées, par la lumière naturelle de la raison.

(Si quis dixerit, Deum unum et verum, creatorem et Dominum nostrum, per ea, que facta sunt, naturalirationis humanae lumine certocognisci non posse.)

C'est qu'il existe des géométries non-euclidiennes basées sur des axiomes différents. Gauss a été le premier, en 1812, à en formuler les possibilités. Lobatchevski en a proposé une où la somme des angles d'un triangle serait inférieure à 180° et la possibilité d'un nombre infini de parallèles à une droite à partir d'un point à l'extérieur de cette droite. Riemann en a proposé une autre voulant que les parallèles se rencontrent à l'infini, etc.

Voilà le problème fondamental de toutes les philosophies, religions ou théologies qui ne peuvent admettre, qui refusent même, la possibilité d'axiomes ou dogmes différents des leurs et totalement imperméables aux changements de paragdimes.

(Bout de bon D****, que je me sens savant ce matin !)

En résumé, c'est le genre de vérités qui rendent toutes discussions avec Craig impossibles et j'appuie en ce sens Dawkins qui refuse de participer à un débat où il serait présent.

Restent les dialogues de sourds. Craig vs. Hitchens, par exemple.

Amitiés

paul

P.-S. : Ajoute à ta liste de vidéos à ne pas manquer celles de Sir,  aujourd'hui Lord, Martin Rees, particulièrement, les trois dont le titre général est "What We Don't Know".

***

What Stand-up Comics think about all of this

Eddie Griffin : «I don't believe that Jesus died on no cross... He could walk on water, feed a thousand with a loaf of bread, raise the dead, but you're telling me that this nigger couldn't handle three nails ? I know a brother with nine bullet holes still walking around. His name is 50¢.»

Lewis Black : «Was the world created in seven days ? - No. - This is a wonderful story that was told to the people in the desert in order to distract them from the fact that they did not have air conditioning. - I would love to have the faith to believe that it took place in seven days but... I have thoughts. - And that can really f*** up the faith thing. - Just ask any Catholic priest ! »

Bill Maher : «Why do I go after religion ? [...] Well... other than most wars, the Crusades, the Inquisition 9-11, arranged marriages to minors, blowing up girls' schools, the supression of women and homosexuals, fatwãs, ethnic cleansing, honor rapes, human sacrifices, the burning of witches, suicide bombings, condoning slavery and the systematic f*** up of children...»

Joe Rogan : «You tell the story of Noah and his ark to an 8 year old retarded child and he's gonna have some questions. It's just a bad story. [...] I mean, I can understand two of every animal in a large wooden ship but two woodpeckers and two termites ?»

Jon Stewart (né Jonathan Stuart Leibowitz) : « I'm Jewish, so I know I have to wear certain apparels like a yamaka (otherwise known as a "Jewish beanie") but when I look at the pope... Like this guy, at times, could pass as the Grand Wazir of the Ku Klux Klan.»

Christopher Hitchens (on paradise) : «...praising and thanking God all day long ? Sounds like a celestial North Korea. - In North Korea, at least, one can die.»

Doug Stanhope : «Look at it this way : when was the last time you heard on the news that four thousand atheists were taking heavy shelling from agnostic rebels ?»

Unknown : «The Bible is a bit out of date, just like it was, until the 19th century, in connection with slavery. When Jesus said "Love thy neighboor like you love yourself". He clearly wasn't thinking of the kid next door to my place, listening to the Beasty Boys at three in the morning.»

   And last but not least,

George Carlin : «But in the bulls*it department, a businessman can't hold a candle to a clergyman ; cuz' I gotta tell you the truth, folks : when it comes to bulls*it - big time, major league bulls*it -, you have to stand in awe of the all-time champion of false promises and exagerated claims : RELIGION ! - No contest. - Religion easily has the greatest bulls*it story ever told. Think about it : religion has actually convinced people that there's an invisible man, living in the sky, who watches everything you do, every minute of every day and that this invisible man has a special list of ten things he doesn't want you to do. And if you do any of these things, he has a special place, full of fire and smoke, and burning, and torture, and anguish where he will send you to live, and suffer, and burn, and choke, and scream, and cry, forever and ever, 'til the end of time... But he loves you.»

Copernique


Sans commentaire


  Fiona Darbon Van Maercke

Jakub Vrba : un interview exclusif

«Il y a ceux qui aiment le monde et ceux qui le détestent. J'appartiens aux deux groupes.»
(Jakub Vrba)


Dessin en provenance du site : http://jakubvrba.tumblr.com/

***

Dans le cadre d'une récente exposition, Madame Darbon Van Maercke a rencontré, à Vienne, cet artiste d'origine tchèque. - Voici les propos qu'elle a retenus :

Are you still living with your father and mother ?

Ne, odstehoval jsem se do Rakouska v roce 2005, od te doby nebydlim u rodicu. Moji rodicu u sebe taky uz nebydli.

Are they proud of you artistic ambition? If not, what sort of work would your father and mother would like you to do ?

Rodicum je ,myslim, celkem jedno co delam, pokud mam co jist a kde spat samozrejme jim také zalezi na tom abych byl v zivote stastny. Kdyz jsem koncil stredni skolu tak jsem se hlasil na prekladatelstvi v Praze na Karlove Univesite. To rodicum prislo rozumejsi nez abych studoval umeni.

Describe your art in one word.

Comic Relief. Ehm, sorry. Comicrelief.

How would you describe your artistic process? Do you always work thre same way ? And do you have particular habits such as sacrifices or meditation ?

Je to ruzne. Komiksy potrebuji jinou pripravu a nejsou tak narocne na produkci jako videa, filmy, ohnostroje nebo instalace. Vsechno ma svoje specifika nejenom co se casoveho magementu tyce.

Wha's your favorite snack when you're working ?

Jablko, nevim… obcas taky něco jineho.

If someone interrupts you while you're working, what do you do ? a) Throw the cat at them, b) kill them and use there blood as material, c) invite them to an artistic collaboration, d) burn the work, somebody had laid an eye on it...

Podam jim ruku stylem lekla ryba.

What's the best advice you've been given? The answer can be "none" even though it is obvious that a lot of people on Earth never received good advice, but if it is your case, what sort of advice would you give to a young and hip artist ?

Nichts richtig gut machen können, weil dann muss man den Rest seines Leben mit dieser einen Tätigkeit verbringen. Die Person, welche mir das gesagt hat, hielt es für eine grosse Weissheit also leite ich es hier weiter.

What is your favorite IKEA furniture?

SNIGLAR !

Have you ever been in prison ? Where did you hide the body ?

Ve vezeni jsem nikdy nebyl.

If you had to be any of the following, which would you like to be? - a) a chair, b) a pair of scissors, c) a blind-deaf-mute-one-handed-legless-pro-nazi-virgin-dwarf or d) a duck

a) Ein Stuhl

Do you sometimes dream about your own artworks?

Ne, moje umeni jsou splnene sny.


Jakub Vrba, chez lui, en Autriche.

Fiona


Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
(air connu)

Simon m'a bien fait rire réfléchir il y a une quinzaine de jours quand je lui ai demandé comment il se faisait qu'il savait tout sur tous les sujets. - "J'ai deux réponses, m'a-t-il dit., trois, si vous considérez que je ne connais absolument rien sur à peu près tout, y compris la politique, cinq des six continents, sept si vous comptez l'Antartique, la plupart des sports, la mécanique, la chimie, la biologie, la musique asiatique, africaine ou hawaïenne et comment faire cuire un steak à la poêle... " - En voici deux :

Réponse numéro un :

Avec le temps, on finit par comprendre qu'il est très facile de changer de sujet dans une conversation à deux ou à trois. Avec un peu de pratique, on peut réussir avec une foule de six ou de huit et même plus. Aussi, quand on en arrive à parler de quelque chose dont on ne connaît absolument rien, suffit de relancer la conversation dans une autre direction. - Exemple : on vous demande si vous avez regardé le match de foot, la veille, à la télé. Vous répondez que votre téléviseur est en panne et que vous cherchiez justement (1) à le remplacer et demandez tout de suite [à la ronde, si nécessaire] si votre ou vos interlocteur(s) a (ou ont) des appareils grands écrans, s'il en est (ou sont) satisfait(s) et puis de là, passer à si ça vaut la peine d'avoir un téléviseur et ansi de suite. - Rien de mieux que de poser des questions quand on vous adresse la parole.

(1) Le mot "justement" marque une coincidence ou une corrélation, conformément à la la lexicographie,  section B,  2e paragraphe,  du  Centre National de Ressources Textuelles et Lexicale. - Note de l'éditeur.

Réponse numéro deux :

Trente ans nous séparent, Jeff, et si, au cours des prochains trente ans, vous lisez un livre par mois, écoutez une oeuvre classique, par mois et visionnez un film recommandé par tous les critiques du monde entier, par mois. Vous aurez lu 360 livres, écouté 360 pièces musicales et vu 360 grands films. - Le double, et probablement le triple, de toutes les personnes de votre, alors, entourage. - Même que, à force de lire, d'écouter et regarder des choses méritant d'être lues, écoutées et regardées, vous en serez probablement passé à plus de 500 sinon 1000 oeuvres.. - Un seul nuage à l'horizon : plus personne ne vous parlera.


(The Third Man - Caorl Reed - Scène finale.)

147 et 787

Tout comme 500 est une marque importante au football, baseball ou hockey, celui de 147 est un nombre tout aussi mythique tous sports confondus. Il s'agit du plus grand nombre de points qu'on puisse accumuler lors d'une seule partie (break) au snooker où le toujours légendaire Ronnie Sullivan détient à la fois le plus petit temps pour le réaliser (5 minutes 20 secondes), mais également le nombre de fois qu'il l'a réalisé au cours de sa carrière (13). Rien de comparable, je suppose, au record de Julio César Chavez Gonzales à la boxe (107 vitoires 6 défaites et 2 nulles en 25 ans de carrière) ou au 2 heures 02,57 minutes du marathon de Dennis Kimeto en 2014 (Berlin) et qui, demain, s'attaquera aux 22 médailles olympiques de Michael Phelps, aux 91 victoires de Schumaker en Grand Prix et au 1,072 buts de Wayne Gretsky ?

Ce sont là des nombres connus de tous les amateurs de sport sauf que ce n'est pas l'un de ceux-là que je cherchais récemment. Celui que je cherchais se rapportait plus à un certain type de livre publié anuellement au Québec et ce nombre, je l'ai trouvé non sans en avoir découvert des centaines d'autres qui m'ont tous étonné. Je vous le donne tout de suite ; il s'agit de 787.

Combien de titres sont publiés au monde chaque année ? Des centaines de milliers. La Chine à elle seule en imprime plus de 440,000. Suivent les États-Unis avec 305.000, la Grande Bretagne avec 184,000 et la Russie avec 102,000. La France, derrière l'Inde, le Japon, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne... arrive bon douzième avec 42,000 et le Canada, loin derrière, avec 19,900. Ces chiffres proviennent du site de l'UNESCO.

Le Québec (Statistiques de l'Édition au Québec - Bibliothèques et archives nationales) en était, en 2011, à 6,154 dont le tirage moyen était de 2,273. - Tout format compris (livres, brochures et monographies), l'on passe à 9,822 titres dont 8,690 en français, nombre qui comprend 334 livres de poésie et - mais là, les chiffres varient énormément - entre 488 et 819 romans, une moyenne de 787 dépendamment des années, de la source des informations (enregistrements sous la loi des droits d'auteurs, éditeurs commerciaux, éditeurs privés, livres publiés directement par l'auteur, etc.)

Ces statistiques sont, à cause de la difficulté de les compiler, approximatives, mais quelles que soient les méthodes utilisées, il n'est reste pas moins que la quantité de livres publiés chaque année dépasse tout ce que l'on pourrait s'imaginer.


(Image en provenance du site http://www.loree-des-reves.com/)

Je ne la retrouve plus, mais Sempé (auteur du dessin ci-dessus) a publié il y a quelques années une caricature où, à l'intérieur d'une librairie l'on pouvait voir des comptoirs, des étagères, des murs et des murs de livres plus des portes donnant accès à d'autre pièces où l'on mentionnait «plus de livres par ici». - Au comptoir, un revendeur disait à un client : «Vous avez publié un livre ? Ah, enfin sortir de la masse !» - Cette caricature en disait long sur l'absurdité de la publication, en particulier, des romans - nombre sur lequel je veux revenir - dont plus de 1,300 allaient faire l'objet de la rentrée littéraire, en France, l'an dernier.

«Aujourd'hui, tout le monde publie, disait Bernard Pivot,... sauf quelques auteurs.»

La question est : comment se retrouver, ne serait-ce qu'au Québec, dans les romans qu'on y publie à raison de plus de deux par jour?

Call me overprotective, comme disent les Anglais, mais j'aime mes enfants et quand je pense aux livres qu'ils liront au cours de leur vie, car ils aiment tous lire, je n'ai aucune idée comment les guider.

Jeff


1 - The Walrus and the Carpenter ou Le morse et le charpentier
        Texte de Lewis Carroll, tiré de Through the Looking Glass

En août 2015, nous avons publié, ici, une traduction du poème qui suit. En voici une autre :


The Walrus and the Carpenter
(Illustration de l'édition originelle - Sir John Tenniel
(Photo en provenence du site : https://www.simple-talk.com/)

The sun was shining on the sea,

Le soleil brillait sur la mer,
Shining with all his might: Brillait de toutes ses forces :
He did his very best to make S'efforçait pour
The billows smooth and bright-- Que les vagues soient calmes et brillantes --
And this was odd, because it was Ce qui était curieux parce que
The middle of the night. C'était au beau milieu de la nuit.
   
The moon was shining sulkily, La lune brillait également, mais moins,
Because she thought the sun Parce qu'elle se disait que le soleil
Had got no business to be there N'avait rien à faire là
After the day was done-- Puisque la journée était terminée.
"It's very rude of him," she said, "Tout de même", dit-elle
"To come and spoil the fun!" "Nous empêcher de nous amuser !"
   
The sea was wet as wet could be, La mer était aussi humide qu'humide pouvait être,
The sands were dry as dry. Et le sable plus sec que sec pouvait être
You could not see a cloud, because Pas la moindre trace d'un nuage
No cloud was in the sky: Parce qu'il n'y avait pas de nuage
No birds were flying overhead-- Et pas d'oiseaux non plus
There were no birds to fly. Parce qu'il n'y avait pas d'oiseaux.
   
The Walrus and the Carpenter Le morse et le charpentier
Were walking close at hand; Marchaient main dans la main ;
They wept like anything to see Ils se désolaient à l'idée de voir
Such quantities of sand : Autant de sablee sur la plage
"If this were only cleared away," "Si seulement on pouvait le faire disparaître,"
They said, "it would be grand!" Se disaient-ils, "Ce serait merveilleux !"
   
"If seven maids with seven mops "Si sept femmes de ménage avec sept balais
Swept it for half a year.

Balayaient le tout pendant six mois.

Do you suppose," the Walrus said, Pourraient-elles," demanda le morse,
"That they could get it clear?" "Nettoyer tout cela ?"
"I doubt it," said the Carpenter, "J'en doute," dit le charpentier,
And shed a bitter tear. Qui se mit aussitôt à pleurer.
...  

***

2 - Formas de une leyenda ou Les formes d'une légende
           ( Texte de Jorge Luis Borgès tiré de Otras inquisiciones ou Autres inquisitions.)

Il y a quelque temps de cela, Copernique est venu me voir avec une traduction française et une traduction anglaise d'un court essai de Borgès me disant que cet essai lui semblait fort intéressant, mais qu'il n'y comprenait rien avec, disait-il «toutes ces références à une culture dont j'ignore à peu près tout». Je lus cet article avec, comme dit souvent Monsieur Pérec, «un intérêt non feint» et conclue, comme Copernique, qu'il méritait quelques explications, mais plus encore, une traduction plus près du sens du texte que ce que les traducteurs français et anglais avaient chacun de leur côté créée et qui se rapprochaient plus du mot-à-mot que de ce, je crois, Borgès a tenté d'exprimer en espagnol.

M'étant procuré une copie de la version originale, je me suis attaqué d'abord à l'annoter, puis à la subdiviser en paragraphes plus courts (plus accessibles), avant, finalement, de m'attaquer au texte proprement dit et d'en faire ce que j'appelle une tradaptation. Voici le résultat de mon travail.

Fawzi

Note de l'éditeur :

L'article qui suit a été à l’origine, publié en 1952, trois ans après l’El Aleph, sans doute l'oeuvre la plus connue de Borgès. Il a, par la suite, été repris à plusieurs reprises, notamment en 1974, dans l’édition de ses Œuvres complètes (Obras completas, 1923-1972) chez Emecé Editores de Buenos Aires.

On trouvera la traduction en français mentionnée ci-dessus, par Paul Bénichou et Sylvia Bénichou-Roubaud, dans le premier volume des Œuvres Complètes de Borgès, page 781, de la Bibliothèque de La Pléiade, Gallimard, 2013, et la traduction anglaise (même remarque) par Esther Allen, Suzanne Jill Levine et Eliot Weinberger publiée en 1999 chez Viking (une filiale de Penguin) sous le nom de «Forms of a Legend», dans un volume intitulé «Selected Non-Fictions», section VI, page 373.

À noter que cet article, y compris en traduction, est encore sous copyrights (Émecé Editores, Buenos Aires, et Maria Kodama Borgès - 1993).  - Tradapté en français par Madame Malhasti, il est publié ici en vertu de l’article 29 (Utilisation équitable) de la Loi sur le droit d’auteur (L.R.C., ch. C-42) du Canada. - Les notes, sauf indications du contraire, sont celles de Madame Malhasti.

Le texte originel, en espagnol, se trouvera en annexe.

   Le texte :

Les gens trouvent répugnant de voir une personne âgée, un malade ou un mort, et pourtant nous sommes tous sujets à la mort, aux maladies et à la vieillesse ; le Bouddha disait que cette réflexion l’avait poussé à abandonner sa maison et ses parents et de revêtir la robe jaune des ascètes. Ce témoignage est relaté dans ses oeuvres dont fait également partie  une parabole :  celle de cinq messagers envoyés incognito par les dieux : un enfant, un vieillard voûté, un infirme, un criminel récemment torturé et un cadavre. Ces cinq personnages lui auraient dit qu'il est de notre sort de naître, de vieillir, d’être malade, de souffrir et de mourir.

Selon cette légende, le Souverain des Ombres (dans la mythologie indienne, Yama exerce ce rôle parce qu'il fut le premier homme qui mourut) demanderait à tous les pécheurs qui seraient envoyés chez lui s'ils avaient  connu ces cinq messagers et, si la réponse était oui, mais qu'ils n'avaient pas réussi à déchiffrer leur message, ces pècheurs étaient immédiatement enfermés  dans une maison à laquelle on mettait le feu. Le Bouddha n’a peut-être pas inventé cette terrifiante histoire, mais le simple fait qu'il la répète nous laisse sous-entendre que s'il ne l'a pas vécu personnellement, il n'y aurait pas fait attention.


Yama

C'est que la réalité est sans doute trop complexe pour être transmise oralement ; les légendes compensent ce manque et, d’une certaine manière, la transforme en une sorte de semi-vérité qui lui permet de se répandre de bouche à oreille. Dans les deux cas, celui de la parabole et la version du Bouddha, un vieil homme, un malade et un mort sont présents ; le temps a fait que les deux textes ont été confondus, créant ainsi une nouvelle légende.

Siddhartha, un Bodhisattva (1), un pré-Bouddha, fut le fils d'un grand roi : Suddhodana, de la lignée du soleil. Dans la nuit de sa conception, sa mère rêva qu'un éléphant blanc comme la neige, muni de six défenses, avait frappé et pénétré son flanc droit. (2)

(1) Un Bodhisattva est un terme sanskrit qui désigne dans le bouddhisme hinayana un bouddha avant que celui-ci n'ait atteint l'éveil. Dans le bouddhisme mahayana, il désigne celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le Bouddha Shakyamuni et qui a pris le refuge auprès des trois joyaux (Bouddha, Darhma et Sangha) et respecte strictement les disciplines destinées aux Bodhisattvas, pour aider d'abord les autres êtres sensibles à s'éveiller tout en progressant lui-même vers son propre éveil définitif, qui est celui d'un bouddha. (Source : Wikipedia)

(2) (Note de Borgès) - Pour nous [occidentaux], ce rêve est quelque peu sordide, mais, pour les Hindous, il ne l’est pas. Pour eux, l'éléphant est un animal domestique et un symbole de douceur et de gentillesse ; le nombre de ses défenses ne peut être inquiétant pour les partisans d’un art qui, pour suggérer que Dieu est tout, apprécie la sculpture de statues aux multibles bras et visages.  - Six est un nombre utilisé tout à fait habituel : les six voies de la transmigration, les six Bouddhas antérieurs au Bouddha ; les six points cardinaux - en comptant le zénith et le nadir – et  les six divinités, que le Yajur-Veda (2a) appelle Les six portes de Brahma.

(2a) Le Yajur Veda ou Yajurveda est l'un des quatre ensembles de textes (ou védas) révélés oralement aux sages indiens. Il contient un ensemble de mantras, ainsi qu'une description des rites et différentes explications à leur sujet.

Les devins [hindous] ont interprété cette naissance comme étant un signe que ce fils allai régner sur le monde ou, à tout le moins, faire tourner la «roue de la doctrine» (3) en enseignant aux hommes comment se libérer de la vie et de la mort.

(3) L'expression utilisée par Borgès est La rueda de la doctrina (d'où notre traduction) faisant sans doute allusion à l'expression Bouddhiste "tourner la roue du Dharma" (qui signifie enseigner la doctrine du Bouddha) en précisant, dans une note en bas de page (Borgès), que cette métaphore est empruntée aux moulins à prier  utilisés notamment au Tibet.

Son père, le roi, eut préféré que son fils, Siddhartha, atteigne plutôt une grandeur temporelle plutôt qu’éternelle et l’enferma donc dans un palais dépouillé de toutes les choses qui pourraient lui révéler que le monde est susceptible de putréfaction.

Vingt-neuf annnées de bonheur illusoires vinrent ainsi à passer, vingt-neuf années dédiés aux plaisirs des sens et rien d’autres, mais Siddhartha, un matin, sortit de son palais et rencontra sur son chemin, avec stupéfaction, un homme voûté dont la couleur des cheveux, les plissements de la peau, le tremblement des membres et le corps appuyé sur une canne, n’étaient pas ceux des hommes qu’il avait connus jusqu’alors.

Il demanda à celui qui conduisait son carosse qui pouvait être cet homme et reçut en guise de réponse que c'était un vieillard et que tous les hommes devenaient, vers la fin de leur vie, des vieillards.

Siddhartha, troublé, demanda à ce que l'on ramène chez lui, mais il rencontra sur son chemin de retour un lépreux dévoré par la fièvre et couvert de plaies. "C'est un homme malade, lui dit son cocher et nous y passeront tous, tôt ou tard."

Empruntant une autre route, Siddharta vit un homme étendu sur une civière et apprit que cet homme était mort et que c'était une règle qui s'appliquait à tout le monde.

Plus loin, il vit un moine des ordres mendiants qui ne désirait ni vivre, ni mourir.

La paix sur son visage, Siddhartha venait de trouver sa voie.

[Edmund] Hardy (Der Buddhismus  nous nach älteren Pali-Werken) (4) a salué le côté expressif [colorido] de cette légende.

(4) Nicholas George Edmund Hardy (1852-1904) historien, entre autres, du bouddhisme et de l'orientalisme. La citation de Borgès est tiré d'un de ses livres, paru en 1890 : Der Buddhismus nach älteren Pâli-werken / (Münster i. W. : Aschendorff) - À consulter également le Siddhartha d'Herman Hesse.

Un autre indianiste contemporain, A. Foucher (5) dont le ton moqueur n'a pas été toujours brillant, ni aimable, écrivit que, compte tenu de la Bodhisattva (voir la note no. 1), cette l'histoire manquait à la fois de progression dramatique et de valeur philosophique.

(5) Alfred Charles Auguste Foucher (1865-1952), historien de l'art, spécialiste du monde bouddhiste, auteur de divers volumes sur l'iconographie bouddhique, l'archéologie, etc.

Au début du cinquième siècle de notre ère, le moine Fa-Hsien (6) fit un pèlerinage aux royaumes de l’Hindustan à la recherche de livres sacrés, et aurait vu et remarqué les ruines de la ville de Kapilavastu avec les quatre images érigés sous le règne d'Ashoka (7) au nord, au sud, l'est et l'ouest des murs pour commémorer les rencontres de Siddhartha.

(6) Fa-Hsien (vers 337-422), moine bouddhiste chinois, pélerin et auteur d'une des premières descriptions de l'Inde.

(7) Ashoka, dit le grand (304 à 232 avant J.C.) dont l'empire engloba la presque totalité du sous-continent indien.


Kapilavastu, aujourd'hui
(Photo en provenence du sitehttps://what-buddha-said.net)

Au début du VIIe siècle, un moine chrétien (inconnu) écrivit un roman intitulé Barlaam et ]osaphat dans lequel Josaphat, alias, Joasaf le Bodhisattva, est le fils d'un roi indien à qui  des devins-astrologues ont prédit  qu'il régnerait sur un royaume plus grand que celui de son père, c’est-à-dire un royaume de gloire inéggalée. Confiné dans un palais, Josaphat découvrit quand même les malheurs de la condition humaine sous la forme d'un aveugle, d’un lépreux et d’un agonisant et  il est fut amené à la foi par par l'ermite Barlaam.

Cette version chrétienne de la légende a été traduit en plusieurs langues, dont le néerlandais et le latin.

À la demande de Hakon Haakonnsson (8), la Saga d'un Barlaam a été écrit en Islande au milieu du XIIIe siècle.

(8) Hakon Haakonnsson ou Korsonn, ou Hakon IV, né en 1204, roi de Norvège de 1217 jusqu'à sa mort, en 1263.

Le cardinal Cesare Baronio (9) inclua Josaphat dans sa révision (1585-1590) du martyrologue romain.

(9) Cesare Baronio (ou Caesar Baronius) né en 1538, décédé en 1607, fut un prêtre italien de la Congrégation de l’Oratoire. Il fut, à son époque un historien ecclésiastique de renom et bibliothécaire du Vatican.


Cesare Banorio
(Photo en provence du site Wikipedia)

En 1615, dans sa poursuite des Decadas (voir note suivante), Diego de Couto (10) a dénoncé la similitude de la fable indienne par rapport à l'histoire vraie et pieuse de saint Josaphat. Le lecteur trouvera tout cela et bien plus dans le premier volume de Origenes de la novela de Menendez y Pelayo (11).

(10) Diogo do Couto (1542-1616), écrivain et historien portugais, fut un des premiers indianistes européens dont les manuscrits et imprimés de ses Décades de l’Asie ont connu des sorts rocambolesques (feu, vol, pillage, naufrage…) – Voir, entres autres,  à : https://fr.wikipedia.org/wiki/Diogo_do_Couto#Bibliographie_passive.

(11) Ces Origenes de la novela se trouvent en formats divers sur le WEB.


La légende qui, en Occident, a conduit à la canonisation du Bouddha par Rome a eu, cependant,  un certain défaut : les rencontres qui y furent mentionnés, quoique convainquantes sont quelque peu incrédibles : les quatre rencontres au cours de la sortie de Siddharta ne ouvaient pas être un pur fruit du hasard.

Plus attentif à la conversion des âmes qu’à ce qui pourrait passer pour plausible, des chercheursont tenté de justifier cette anomalie. Köppen (12)  (Die Religion des Buddha I, 82) souligne pour sa part que, dans la forme finale de la légende, le lépreux, l'homme mort, et le moine seraient des illusions produites par les dieux pour instruire Siddhartha.

(12) Karl Friedrich Köppen (1808-1863) fut un professeur et journaliste allemand. Parmi ses œuvres, un livre sur Frédérick le Grand et ses opposants.

Ainsi, dans le troisième volume de l'épopée Buddhacarita (13), il est dit que les dieux ont créé un homme mort, et que personne, à l'exception du du prince et de son cocher l’auraient aperçu.

(13) Le Buddhacarita ou Actes de Buddha est une oeuvre d'Ashvagosha, le philosophe et poète bouddhiste de l'Inde considéré comme le premier dramatiste sanskrit, et l'un de ses plus grands poètes (c. 80-c. 150). Il s'agit de  la première biographie complète du Bouddha.

Léon Wieger (14) mentionne, de son côté (Vies chinoises du Bouddha, 1913) qu’à partir du XVIe siècle, les quatre apparitions auraient été quatre métamorphoses d'un seul dieu.

(14) Léon Wieger, né à Strasbourg en 1856, décédé en Chine en 1933, fut un missionnaire jésuite, médecin, théologien et sinologue qui passa la majeure partie de sa vie en Chine.

Le Lalitavistara (15) est allé encore plus loin. On sait qu’il est de coutume de parler avec un certain sarcasme de cette compilation de  prose et de poésie rédigée dans un sanskrit douteux et où les faits de la vie du « Rédempteur » sont racontés d’une façon démesurée au point de donner à ceux qui les lisent une certaine suffocation et des vertiges :

"Le Bouddha, entouré de douze mille moines et trente-deux mille bodhisattvas (voir la note 5), révèle le texte du travail aux dieux ; à partir du quatrième ciel, il détermine le temps, le continent, le royaume, et la caste dans laquelle il renaîtra à mourir pour la dernière fois ; quatre-vingt mille timbales accompagnent les mots de son discours, et le corps de sa mère eu la force de dix mille éléphants."

(15) Le Lalitavistara Sütra (Soutra de la Multitude d'actions merveilleuses) est un soutra décrivant la vie du Bouddha Shâkyamuni selon la la tradition Mahâyâna.

Le Bouddha, dans cet étrange poème, dirige chaque étape de son destin ; il fait les dieux projeter les quatre figures symboliques, et quand il interroge le cocher, il sait déjà qui ils sont et ce qu'ils signifient.

Foucher (voir la note 4) voit cela comme simple servilité de la part des auteurs, qui ne peuvent tolérer la pensée
que le Bouddha ne sait pas ce qu'est un serviteur sait ; l'énigme, à mon l'esprit, mérite une autre solution. Le Bouddha crée les images, puis posent des questions à un tiers sur leur signification.

Théologiquement il serait peut-être être possible de répondre : le livre se rapporte à l'école Mahayana, qui enseigne que le Bouddha temporelle est l'émanation ou la réflexion d'un éternel Bouddha ; le Bouddha du ciel ordonne les événements, le Boudha terrestre les subit ou les exécute. (Notre siècle, avec une autre mythologie ou de vocabulaire, parle de l'inconscient.) L'humanité du Fils, la deuxième personne de Dieu, aurait ainsi été capable de crier, de la croix : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

De la même façon, l'humanité du Bouddha fait qu'il pourrait être confornté aux horreurs des formes que sa propre divinité serait capable de créer...

Pour élucider ce problème, certaines subtilités dogmatiques ne sont pas indispensables ; il suffit de se rappeler que toutes les religions de l'Inde, et le bouddhisme en particulier, enseignent que le monde est illusoire.

"La narration détaillée du jeu" (d'un Bouddha) est ce que Lalitavistara (voir note suivante) signifie, selon Winternitz (16) ; un jeu ou un rêve est, pour Mahayana, la vie du Bouddha sur cette terre, qui est un autre rêve.

(16) Moriz Winternitz (1863-1937) fut un éminent spécialiste du sanskrit (Université d'Oxford).

Siddhartha choisit sa nation et ses parents. Siddhartha crée quatre formes qui sauront l'accabler; Siddhartha ordonne qu'une autre forme déclare ce qui signifie des premières formes; tout ce qui est raisonnable si l'on pense à lui comme rêvé par Siddhartha. Ou, plus exactement, si nous pensons à lui comme un rêve dans lequel les images de Siddhartha (comme le lépreux et le moine) font partie d'un rêve qui ne sont, dans les yeux du nord du Bouddhisme mondial que les prosélytes et le nirvana tandis que la roue des transmigrations de Bouddha est tout aussi irréelle.

Personne ne meurt dans le nirvana, lisons-nous dans un célèbre traité, parce que l'extinction des êtres innombrables dans le nirvana est comme la disparition d'une fantasmagorie créée par un sorcier à un carrefour; ailleurs, il est écrit que tout est simple et vide y compris le livre de celui qui le lit. Paradoxalement, les excès numériques du poème soustraient, plutôt que d'ajouter, de la réalité ; douze mille moines et trente-deux mille Bodhisattvas sont moins concrets qu'un moine et un Bodhisattva.

Les formes et le grand nombre de permutations (le chapitre XII comprend une série de vingt-trois mots qui indiquent l'unité suivie par une augmentation du nombre de zéros, 9-49, 51 et 53) sont de vastes et de monstrueuses bulles, emphases du Rien. L'irréel, puis, la forme des fissures dans l'histoire rendent les personnages fantastiques, le prince, et avec le prince, toutes les générations et l'univers lui-même.

A la fin du XIXe siècle, Oscar Wilde a proposé une variante : un prince heureux qui meurt dans la solitude de son palais, sans avoir découvert la douleur, mais sa statue posthume finit par lui faire comprendre la réalité du haut de son piédestal.

Les chronologies de l'Inde ne sont pas fiables ; mes connaissances encore moins ; Koeppen (voir la note 11) et Hermann Beckh (17) sont peut-être aussi faillibles que celui qui a composé ce court essai. Je ne serais pas, dans ces conditions, surpris que mes explication de cette légende soient, elle même, légendaires, formées de vérités approximatives et d'erreurs accidentelles.

(17) Hermann Beckh (1875-1937) fut également un éminent tibétologiste et anthroposophiste.


Non !

Je me souvenu récemment du non affirmatif d'Éric qui - était-ce à quatre ou cinq ans ? - a commencé à savoir qu'il était lui et non pas une extension de sa mère. Je m'en suis souvenu parce que je me suis aperçu en m'écoutant parler que je disais de plus en plus oui à tout le monde, sauf à une question que, curieusement, on ne me posait plus depuis quelques années...

Oui à ma voisine qui me demande régulièrement de m'occuper de son courrier parce qu'elle sera absente... quelques jours.

Oui à mon amie qui me demande tout aussi régulièrement de garder son enfant pour... quelques jours.

Oui à mon boss qui tient souvent à ce que je change mon horaire du vendredi.

Oui à ma mère qui tient à ce je m'occupe de ses plantes.

Oui à mon chum pour ses séances de golf les jours de congé.

Oui à ma tante, mon oncle, mes collègues de travail, mon gynécologue, mon boucher, mon pharmacien...

C'en est venu au point où je me suis demandé si j'existais encore. J'avais l'impression d'être devenue une extension des autres.

Je m'en suis aperçu quand après avoir lu les chroniques du présent Castor™ , je me suis trouvée ignorante au point où je n'avais rien à dire. (Pour ceux qui ne le savent pas, tous les chroniqueurs de ce canard font parvenir, avant publication, leurs écrits à leurs homologues pour éviter les répétitions et... pour leurs commentaires.) - J'en ai parlé à Jeff qui m'a répondu par un large sourire qui m'a semblé, sur le coup, franchement condescendant, mais il s'est vite repris en me disant : «Pauvre toi ! Ne lis jamais ce qu'on t'envoie avant d'avoir écrit ta chronique ! Tu ne sauras jamais quoi écrire.» Et de là, il m'expliqua que, Simon, en particulier, pouvait rédiger jusqu'à dix textes avant d'en choisir un. «Peut-être pas en détails, mais au moins quelques lignes ou quelques phrases ou idées qui pourraient être des résumés.»

Paul me répéta la mêne chose, puis Copernique. «Souviens-toi, me dit ce dernier, ce que mon père t'as déjà dit : on ne te demande pas d'être Simon ou Monsieur Pérec, mais d'être toi

Alors, j'ai dit non. Qu'on se le dise : Messieurs, Madame Malhasti, Madame Darbon Van Maercke, je ne vous lirai plus. Et puis qu'on se le dise également : Messieurs, Mesdames, que vous soyez ma voisine, ma mère, mon boss ou mon chum, avant de vous dire oui, je vais, la prochaine fois que vous me demanderez un service, y penser.

À commencer par tout de suite.

***

Des sous, des sous...

Mon chum et moi ne sommes pas au seuil de la pauvreté ; alors expliquez-moi pourquoi nos fins de mois débutent vers le quinze ?

De la vie de banlieue

Qu'est-ce que c'est que ces «Mon gazon est plus vert - ma voiture est plus récente - ma piscine est plus grande - mon chat est plus beau...» qui font partie de la vie en banlieue ?

Des soeurs Brontë

Reçu de Copernique - Merci, Copernique ! - ce mot sur mes deux romancières favorites. Il est de Gabriel Rosetti : «Les Hauts de Hurle-Vent et de Jane Eyre se déroulent en enfer. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tous les endroits qui y sont mentionnés ont des noms anglais.»

Des vacances

Si ce n'était pas des embouteillages et de la difficulté de se rendre au centre-ville de Montréal, je passerais mes vacances à la maison.

De quel côté du lit ?

Celui où tu ne me tournes pas le dos.

Et toc !

George


           

L'énigmatique Bartók

Bartók m'a toujours fait penser à Wassily Kandinsky, né quinze ans avant lui, mais l'on sait que le cheminement des peintres est toujours en avance sur celui des compositeurs et que le cheminement de ces derniers est toujours en avance sur celui des écrivains. Les deux furent parmi les premiers à utiliser, dans leur domaine respectif, ce que, éventuellement, on appela l'abstrait, mais tous les deux s'intéressèrent également, plus jeunes, au folklore de leurs pays, le premier aux chants et danses de la Hongrie et de la Roumanie, le deuxième aux couleurs vives qui décoraient les intérieurs des maisons et des églises de Moscou et de ses environs. - Les deux, en fait, furent d'abord et avant tout, dans le cas de Bartók, ethnomusicologue, tandis que Kandinsky, avant de devenir peintre, fit partie de divers groupes ethnographiques. Plus tard, ils devinrent de véritables théoriciens, le premier en peinture, le deuxième en musique.

À ce propos, je n'ai jamais pu penser à un tableau de Kandinsky :


Composition no. VIII de Kandinsky (en 1923)
(Photo en provenance du site https://www.ibiblio.org)

...sans l'associer immédiatement au début de certaines compositions de Bartók, telle que, par exemple, le début de son deuxième concerto pour piano :

Cliquez sur la note :

(Interprété, ici, en 1960, par Géza Anda et la Radio-Symphonie-Orchester de Berlin
sous la direction de Frenc Fricsay -  Disque Deutsche Gramophon, no. 447 392-2)

Oui, je sais, tout cela est bien subjectif, mais j'ai toujours été frappé par les associations inévitables que l'on peut faire, par exemples, entre Manet et Debussy, Jackson Pollock et John Cage, F. Scott Fitzgerald et le jazz, et, forcément Toulouse-Lautrec et Offenbach. Mais, pour en revenir à Bartók et Kandinsky, il m'a toujours paru que les deux, dans leurs premières créations, furent fortement influencées par Listz ou Brahms dans le cas de Bartók et Cézanne, et même Van Gogh dans le cas de Kandinsky.


"Vieille ville" de Kandinsky (en 1902)
(Photo en provenance du site http://www.wassilykandinsky.net/)

Les théories artistiques de Kandinsky - deuxième partie de son oeuvre - sont assez connues : rapport des points et des lignes, répartition et orientation des volumes, combinaisons et distributions des couleurs, partie haute de la toile par rapport à sa partie basse et ainsi de suite. On en lira une description un peu plus détaillée dans la page qui lui est dédiée sur Wikipédia (section point-ligne-plan) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassily_Kandinsky#Point_Ligne_Plan

Celles de Bartók le sont moins ou elles sont si complexes qu'il est difficile d'en saisir complètement l'étendue et, surtout, les conséquences ou répercussions. On en trouvera une explication fort détaillée dans l'encyclopédie précitée :

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9la_Bart%C3%B3k#Techniques_de_composition

Son aproche, peu évidente à ses débuts, fut - on l'apprit par la suite - basée, entre autres, sur le nombre d'or ou la célèbre propostion dite "divine", associée dans l'antiquité et jusqu'à la Renaissance, à un idéal envoyé du ciel (sic). - Nous n'irons pas plus loin dans cette définition en soulignant tout simplement (enfin...) qu'il s'agit du rapport entre deux longueurs, a et b, qui soit égal : et à la somme des deux divisée par la plus grande   ( a + b divisé par a), et au résultat de la division de la plus grande par la plus petite (a divisé par b.) - À cela s'ajoutent diverses autres combinaisons basées sur les répétions, les inversions, la juxtaposition, les combinaisons d'accords à l'intérieur desquelles les notes sont réparties selon divers critères, etc.

Pour Bartók, il ne s'agit pas de simples combinaisons mathématiques, mais d'une recherche objective de formes musicales idéales qu'on pourrait appeler néo-classiques contrairement à des compositeurs comme Varèse ou Schoenberg qui cherchaient à se défaire des formes anciennes ou de l'harmonie et surtout de la tonalité. - Bartók serait né vers le milieu du siècle dernier qu'il se serait joint à l'Oulipo, ce groupe d'écrivains et de mathématiciens (Le Lionnais, Queneau, etc.), qui, de leur côté cherchait à faire exactement la même chose, mais en littérature...

Le résultat, d'abord jugé trop contringnant, donna des résultats assez particuliers, mais en même temps surprenants comme si les compositions qui en résultaient provenanient d'une source autre que l'inspiration normale d'un compositeur qui, tout en ayant le plus parfait contrôle sur ses mélodies ou thèmes, voyaient ses mélodies et termes évoluer selon des formes imprévues mais toujours selon un plan initial bien défini.

(Se renseigner, parallèlement à ce qui précède, au jeu de "Life" du mathématicien John Horton Conway. Voir, par exemple à : http://www.ibiblio.org/lifepatterns/october1970.html.)

Tout cela étant dit, de quelle façon doit-on écouter Bartók ? Avec une calculatrice en main ? Après avoir étudié à fond ses partitions ? - Pas du tout. Il suffit de savoir qu'aussi chaotique que puisse sembler certaines de ses oeuvres, il y a, sous-jacente à une certaine apparence de désordre, une organisation non pas basée sur le développement de thèmes et de sous-thèmes, mais sur une évolution mélodique et rythmique aussi naturelle que, comme le fit remarquer, dès 1930, le critique Erno Kovacs, «la croisance d'une plante».

On aime ou on n'aime pas sans, si l'on ne porte pas attention, savoir pourquoi. Tout comme un objet hors foyer, quand on ajuste sa lentille, finit par devenir familier, il suffit de se pencher sur une partie inconnue de son cerveau pour finir par comprendre (sic) la musique de Bartók.

Pour le reste, à moins de tenir absolument à saisir ce qui se passe en nous à l'écoute d'une de ses compositions, il suffit tout simplement d'écouter une musique venue d'un monde qui n'est pas plus étrange que celui de ses propres pensées.

Des suggestions ? Oui. - Sur YouTube :

Vous y trouverez de multiples exemples de la musique folklorique (chants et danses) du pays d'origine de Bartók. Personnellement, je leur préfère les rhapsodies hongroises de Listz, mais libre à vous d'écouter ses danses roumaines ou autres pièces de jeunesse où vous noterez sans problème l'influence de Brahms (et de Liszt) mentionnée ci-dessus. - Par contre, si vous vous intéressez au Bartók en tant que compositeur original, je vous recommande les trois enregistrements suivants :

Son concerto pour orchestre (1943) par l'orchestre Frank Liszt de Weimar sous la direction de Nicolàs Pasquet :

https://www.youtube.com/watch?v=C68SkzGb6Ww

Sa célèbre musique pour cordes, percussion et celesta par l'orchestre de Philadelphie sous la direction d'Eugene Normandy :

https://www.youtube.com/watch?v=ZFTGdFuUdAU

Et surtout son troisième concerto pour piano et orcheste avec Andràs Schiff au piano avec l'orchestre Hallé sous la direction de Sir Mark Elder :

https://www.youtube.com/watch?v=l7J7L53b8U0

Pas encore convaincu ? Alors cliquez sur la note qui suit où,vous entendrez quelque chose qui semble n'avoir aucun rapport avec la méthode «Bartók», mais qui en contient l'essentiel :

Cliquez sur la note :

Vous aurez, dans le cadre de ce qui précède, sans doute de la difficulté à reconnaître, à moins d'être familier avec un saxophoniste très connu dans le milieu du Jazz : Sonny Rollins. Cette pièce est tirée d'un enregistrement d'un de ses quatuors, celui composé par Sonny Rollins lui-même, Jim Hall à la guitare, Bob Cranshaw à la contrebasse et Ben Roley à la batterie. Elle est tirée d'un disque (33t) de 1962 (54 ans déjà !) intitulé The Bridge et ça a pour titre, tout simplement John S.

Direz-vous, après, que les recherches de Bartók n'ont rien donné ?

Ajout de dernière minute :

Évidemment, ce qui précède n'est qu'un résumé, très incomplet, de ce que fut Bartók. Pour de plus amples renseignements, lire «The Life and Music of Bela Bartok» d'Halsey Stevens. Je crois que c'est encore disponible. Chez Clarendon Press Oxford. - Si, cependant, ce qui précède vous aura fait comprendre un peu ce qu'il fut et l'influence qu'il a eu sur la musique dite contemporaine, alors je n'aurai pas perdu mon temps.

Ce qui m'amène à vous parler des...

Mazurkas !

Note :

Les commentaires qui suivent sont le résultat d'une discussion que j'ai eue récemment avec une jeune fille qui me disait qu'il n'y avait pas beaucoup de genres musicaux, qu'une fois qu'on avait appris à danser le swing, la valse et le tango, le reste n'était qu'un affaire d'adaptation. Elle m'a fait penser aux gens de mon âge qui se levaient pour danser sur Take Five de Dave Brubeck au début des années soixante et qui finissaient par piétiner sur place faute de ne pas avoir compris qu'il s'agissait d'une musique à cinq temps.

*

Voici ce qu'on dit de la mazurka dans l'encylopédie de Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mazurka),

"La mazurka est une danse de salon originaire de Pologne, très rythmée, à trois temps, de tempo vif et dont les accents se déplacent sur les temps faibles."


(Photo en provenance du site : https://commons.wikimedia.org)

Ses trois temps la font souvent confondre avec la valse, ce avec quoi elle n'a que cela, ou à peu près, de commun car, entre autres, on ne lève pas le pied quand on danse la valse !

Son nom est associé le plus souvent à celui de Chopin (qui en a composé 69), mais il ne fut pas le seul. Cette forme musicale a été utilisée par divers compositeurs : en France (Debussy, Ravel, Offenbach), en République Tchèque (Smetana, Dvorak), en Roumanie, en Irlande, au Portugal et, en tant que musique de danse, presque partout dans le monde, y compris dans les Antilles, aux États-Unis (Nouvelle-Orléans), jusqu'aux Philippines où, quelque modifiée, elle est devenue une danse traditionelle. - En Russie, de grands compositeurs ont écrit des mazurkas : Tchaikovsky, Borodin, Glinka et, surtout, Alexander Scriabin (1871-1915), qui en a composé 25 au cours de sa première période, dite romantique (1880-1903), période évidemment influencée par Chopin : quatre, sans numéros d'opus, entre 1884 et 1889 ; dix, Op. 3, en 1889 ; neuf, Op. 25, en 1899 et deux, Op. 40, en 1903.

(On sait qu'à partir de 1903, Scribain commença à s'intéresser de plus en plus au chromatisme et aux dissonances avant de passer à la musique atonale vers 1907.)


Alexandre Scriabin
(Photo en provenance du site : http://russiapedia.rt.com/)

C'est de la première période, naturellement, dont nous voudrions vous parler aujourd'hui puisque ce sont les mazurkas qui font l'objet de ces notes.

Nous avons pensé pour cette livraison vous en faire entendre deux : l'une de Chopin, interprétée tour-à-tour par Arthur Rubunstein et Wladimir Ashkenazy qui se sont échangé pendant des années la couronne du meilleur interprète de ses oeuvres et une deuxième, par Scriabin, jouée par la pianiste d'origine bulgare, Marta Deyanova, qui partage souvent les programmes de ses concerts entre Rachmaninov, Chopin, Scriabin et Shostakovitch.

D'abord, à tout seigneur, tout honneur :

Arthur Rubinstein - Mazurka en la mineur, opus 7, no. 2 - dans une interprétation datant de 1965 ou 1966, originellement publiée sous étiquette RCA Victor (33t. 5614-2). mais qui a depuis été reprise par Naxos.

Cliquez sur la note :

Wladimir Ashkenazy ensuite, celui de qui Madame Verdurin aurait dit qu'il enfonçait l'autre. Même mazurka, enregistré sous étiquette Decca (33t également), reprise chez London dans un coffret de cinq disques intitulé The Chopin Experience (volume no. 4). - Même période.

Cliquez sur la note :

Ma préféré ? Ashkenazy, of course. Elle est... dansante ! - L'autre est une mazurka de concert.

             
Arthur Rubinstein                          Wladimir Askenazy
(Photos en provenence de : http://old.filharmonia.lodz.pl/ et de http://www.camasb.org/)

Et puis finalement, voici la mazurka, une des plus belles que nous connaissons de Scriabin. L'opus 3, numéro 1 jouée par Marta Deyanova en 1998 (?), enregistrée sous l'étiquette Nimbus, mais distribuée également par ArchivMusic.

Cliquez sur la note :


Marta Deyanova
(Photo en provenance du site : http://ring.cdandlp.com/)

Ces enregistrements, sous une forme ou sous une autre, peuvent également être entendus via YouTube (*).

paul

(*) Existe, sur YouTube un délicieux petit film où Martha Delanova répète la première ballade de Chopin à l'adresse qui suit : https://www.youtube.com/watch?v=CdYX0MNx6qM.

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

 
  Book Review - Lectures

Chaque chose à sa place, chaque place a sa chose...
(ou : Le plaisir de déclasser ce qui est déjà classé)

Si je vous disais que j'ai déjà gagné la médaille de l'ordre et de l'économie de la défunte Banque d'Épargne de la Cité et du District de Montréal du temps où j'étais aux études, vous auriez tendance à ne pas me croire ? Pourtant...

Je l'ai retrouvée, l'autre jour, dans un tiroir rempli de choses et d'autres. La voici :

Une remarque (sans rapport avec ce qui suit) : quand, après l'avoir reçue, je l'ai ramenée à la maison, mes parents ont cru que je l'avais volée ; mon nom cependant étant gravé à l'endos, il a bien fallu qu'ils se rendent à l'évidence, sauf que, quelques décennies plus tard, j'en suis, en ce moment, à me dire qu'ils avaient peut-être raison. Je n'ai, pour en arriver à cette désolante conclusion, qu'à jeter un coup d'oeil sur ma bibliothèque. Et pourtant...

Oui, à première vue, ma bibliothèque peut sembler avoir été, à un cerrtain moment donné, classée de façon arbitraire. Je dirais même que pour s'y retrouver, il peut arriver qu'on se croit en présence d'une désorganisation systématique tenant à la fois du désordre et de l'incohérence. Dans un chaos total, quoi. Mais attention : pas n'importe quel chaos : dans un chaos qu'on pourrait définir comme un chaos du type irrégulier ; dans un véritable chaos, quoi. - Dans un état chaotique au carré, si vous préférez. - Mais dire cela serait quelque peu exagéré car, voyez-vous, tous mes livres ont une place bien définie sur une tablette bien précise des divers meubles servant à les ranger. Chacun de mes livres, pour reprendre l'adage utilisé par la la défunte Banque d'Épargne de la Cité et du Dustrict de Montréal citée ci-dessus, a sa place et chaque place a son livre.

Je sais, par exemple, que ma copie d''une biographie de Malcom Lowry, se trouve sur la deuxième tablette, à partir du haut, du premier meuble, à droite, derrière mon bureau principal (car j'en ai deux - trois, si je compte celui dans ma chambre à coucher). Pourquoi ? Parce que me livres sont classés par éditeurs, grandeurs ou couleurs. Et comme tous les auteurs, tous les volumes sur... je-ne-sais-pas-moi : la cosmologie, la philosophie ou la religion n'ont pas tous été édités chez les mêmes éditeurs et qu'en plus certains éditeurs, même dans leurs séries, n'ont pas tous adopté des formats uniques.... - José Corti, oui. Enfin je crois. Mais de grandes maisons comme Albin Michel, Plon ou Robert Laffond ont publié leurs collections sous différents formats. Gallimard même, a utilisé au strict minimum trois formats pour ses classiques volumes facilement identifiables à leur sigle nrf, ce qui, dans leur cas, rend très difficile le classement de leurs livres sur des tablettes de la même hauteur. - Ajoutez à cela diverses autres méthodes de rangement : par couleur, par ceux que je consulte moins souvent par rapport à ceux que je consulte régulièrement, les grands formats (les dictionnaires encyclopédiques, les livres d'art, les albums de photos), les livres sur la chanson, les collections diverses, les livres précieux... Dois-je continuer ?

Inutile de préciser que trouver un livre spécifique dans ce brouillamini total, surtout quand on ne se souvient ni de l'éditeur, ni du format, ni de la couleur, est une opération qui peut durer quelques heures, quelques jours même. Combien de fois ai-je dû racheter un même volume, convaincu que je l'avais prêté et qu'on ne me l'avait pas retourné, pour me retrouver avec trois copies, par exemple, de La vie mode d'emploi de Pérec ou deux éditions différentes de la correspondance de Pline le Jeune... - Passé deux jours, récemment, à retrouver mon exemplaire de "The Happy Prince" de Wilde...

Le bon côté dans ce désordre, c'est de retrouver un livre oublié depuis longtemps et c'est ainsi que le mois dernier, je suis tombé tout à fait par hasard sur deux volumes qui ont fait mes délices pendant des heures il y a une dizaine d'années :

Le roman vrai de la IIIe et de la IVe république (1870-1958) de Gilbert Guilleminault, une collection d'articles conçue et réalisée avec une trentaine d'écrivains, journalistes et historiens de tous ces moments qui ont fait l'objet de la préoccupation de trois, quatre, cinq générations de Français, de la Commune à Charles de Gaulle, en passant par l'expulsion des congrégations, le général Boulanger, le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus, l'entente cordiale, les Ballets Russes, Gallieni, Paul Poiret, Mermoz, le docteur Petiot, l'abbé Pierre et même Gérard Philippe et Brigitte Bardot ! (La liste se trouve ci-dessous).

Je ne sais pas si c'est encore disponible, mais ça a été publié en 1991 chez Robert Laffond (collections Bouquins) : deux forts volumes de 1.200 pages (et +) chacun. Illustrés, il va sans dire.

Le tout est précédé d'une préface de Guilleminault et suivi de deux index et d'une abondante bibliographie.

Superbe ! Et ça se lit comme un roman policier.

Et non, je ne les ai pas remis à l'endroit où je les ai retrouvés. Ils seront pour un long moment encore, parce que je vais sans doute en relire des parties au cours des semaines qui suivent, sur ma table de travail.

***

En voici la liste des chapitres :

                        

Le roman vrai de la IIIe république (1870-1958)

La jeunesse de Marianne (1871-1889)

La Vierge rouge de la Commune par André Falk
La Marquise de Païva par Pierre Dominique
L'Expulsion des congrégations par François Corre
La Scandaleuse Sarah Bernhardt par Louis Sapin
Le Drame des « Jardies » par Pierre Dominique
Le Scandale des décorations par Maurice Toesca
Les Amours tragiques du général Boulanger par Pierre Dominique
Le Grand Quadrille du Moulin-Rouge par Armand Lanoux
Les Trois Glorieuses de la tour Eiffel par Marie-Jeanne Viel

Prélude à la Belle Époque (1889-1900)

Le Scandale de Panama par Alain Colin-Simard et Jacques Robichon
L'Année sanglante de l'anarchie par Alain Sergent
Le Mirage des emprunts russes par Gilbert Guilleminault et Yvonne Singer-Lecocq
Gauguin de Tahiti par François Brigneau
Boni, le mariage du siècle par Anne Manson
La Naissance du cinéma par René Jeanne et Charles Ford
L'Affaire Dreyfus à l'heure de la vérité par Armand Lanoux
La Première de Cyrano par Max Favalelli
Cet intraitable Monsieur Rodin par Anne Manson
L'Incendie du Bazar de la Charité par Louis Sapin
Thérèse Humbert, l'héritière aux cent millions par Paul Guimard
L'Expo 1900 à l'ombre de la grande roue par Anne Manson

La Belle Époque (1900-1908)

Le Premier Salon de l'auto par Louis Sapin
Claudine débute à Paris par Marie-Jeanne Viel
La Naissance du Tour de France par Max Favalelli
L'Expulsion des congrégations par François Corre
La Vraie Casque d'or par Armand Lanoux
La Mélisande de Claude Debussy par Marie-Jeanne Viel
Paris-Madrid automobile par Louis Sapin
Quand les Trois Grandes régnaient sur Paris par Anne Manson
La Folle Équipée de Jacques Lebaudy, l'empereur du Sahara par Louis Sapin
Ainsi naquit l'Entente cordiale par Jacques Robichon
La Tyrannique Mme de Caillavet par Georgette Elgey
La Mystérieuse Affaire Steinheil par Armand Lanoux

Avant 14 (1907-1914)

«Lou Cigal» Marcelin Albert par Georgette Elgey
Le Scandale des Ballets russes par George Adam
Les 31 minutes de Louis Blériot par Alain Decaux
Le Gentil Douanier Rousseau par Anne Manson
La Bande à Bonnot par George Adam
La Mort mystérieuse de la Belle Lanthelme par Jacques Castelnau et Anne Manson
Le Vol de la Joconde par Anne Manson
Lyautey arrive au Maroc par Bernard Simiot
Les cinq coups de revolver de Mme Caillaux par Pierre Dominique
L'assassinat de Jaurès par François Brigneau

La France de la Madelon (1914-1918)

Gallieni et les taxis de la Marne par Philippe Bernert
Ces «As» qui traînaient tous les coeurs après eux par Marcel Jullian
Les Mutineries de 1917 par Pierre Dominique
Les Américains : La Fayette nous voici ! par Marie-Jeanne Viel
L'Exécution de Mata Hari par Paul Guimard
Le Tumulte de «Parade» par Anne Manson
L'Heure de Clemenceau par Pierre Dominique
Raymond Radiguet «Le Diable au corps» par Christian Millau
La Bertha du Vendredi saint par Simone Daubagne
Apollinaire « Le Poète assassiné » par Simone Daubagne
L'Armistice du 11 novembre 1918 par Marie-Jeanne Viel

Les années folles (1919-1929)

La Première de Phi-Phi par Pierre Minet et Anne Manson
La Chute du Tigre par Gilbert Guilleminault
La Mortelle Romance de M. Landru par René Masson
La Naissance du parti communiste au congrès de Tours par Gilbert Guilleminault
Le Match du siècle Carpentier-Dempsey par Robert de Thomasson
Le Scandale de «La Garçonne» par Anne Manson
L'Étrange histoire de Jean Galmot par François Brigneau
Le Destin tragique d'Isadora Duncan par Anne Manson
Les Belles du Montparno par Armand Lanoux
Paul Poiret le Magnifique par Anne Manson
Poincaré sauve le franc par Paul Gérin
Le Mystère Philippe Daudet par Henri Legros
La Délirante arrivée de Lindbergh par Philippe Bernert

Les années difficiles (1928-1939)

Le Krach de Madame Hanau par Henri Legros
Nos mousquetaires de la coupe Davis par Robert de Thomasson
Mermoz, vainqueur de l'Atlantique Sud par Marcel Jullian
La Croisière jaune par Georgette Elgey et Jacques Robichon
L'Assassinat du président Doumer par André Falk
L'Affaire Staviski par Jacques Robichon
L'Attentat des oustachis à Marseille par Ante Malekalo et Henri Legros
Le 14 juillet du Front Populaire par Gilbert Guilleminault
Gaietés et drames de l'Expo 37 par André Falk
Le Complot de la Cagoule par Philippe Bourdrel
La Grande Désillusion de Munich par Marie-Jeanne Viel
Ainsi la France entra dans la guerre... par Marie-Jeanne Vie !

Les lendemains qui ne chantaients pas (1944-1947)

Docteur Petiot, 21, rue Lesieur par Jacques Delarue et Anne Manson
Le Procès Pétain par Philippe Bourdrel
Les Folles caves de Saint-Germain-des-Prés par Anne Manson
Le Jour où de Gaulle partit par Anne Manson
La Bombe du New Look par Marie-Jeanne Vie !
Le Coup d'Hanoï par André Falk

La France de Vincent Auriol (1947-1953)

L'Ascension de M. Auriol par Gilbert Guilleminault
Pierrot le Fou par Michel Borri et Yvonne Singer-Lecocq
L'Année de la Grande Peur : 1947 par Philippe Bourdrel
Honneur et Police : Joanovici par Philippe Bernert
Le Procès Kravchenko par Marie-Jeanne Vie!
La Mort tragique de Marcel Cerdan par Marie-Jeanne Viel
L'Affaire des généraux par Yvonne Singer-Lecocq
Un Cid nommé Gérard Philipe par Tatiana Roy
La Croisade de l'abbé Pierre par Anne Manson

De Bardot à De Gaulle (1954-1958)

Le Destin pathétique de René Coty par Gilbert Guilleminault
«Bonjour Tristesse» ou la naissance de Sagan par Anne Manson
Tempête sur les prêtres-ouvriers par Yvonne Singer-Lecocq
L'Affaire Dominici par Bernard Morrot
Le Pari de Mendès France par Gilbert Guilleminault et Henri Charnaux
Et Dieu créa Bardot par Philippe Bernert
La Partie de campagne du onze de France par Michel Dunois
Mon 13 mai par Léon Delbecque

Simon Popp

***

Anybody for poetry ?

Du 30 mai au 5 juin dernier (hier), a eu lieu, dand le cadre des festivals «Pain et jeux» de Montréal la 17e édition du Festival de la Poésie sous la bénédiction et l'encouragement de l'honorable Mélanie Joly, ministre du Patrimoine Canadien, Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Frydeyck Pleszcynski, président du Conseil des arts de Montréal, Anie Samson, vice-présidente du comité exécutif responsable de la sécurité publique et des services aux citoyens, Christine Gosselin, vice présidente de la Commission sur la culture, le patrimoine et les sports de la ville de Montréal et, naturellement du maire Denis Coderre, tous - je me suis laissé dire - de fervents lecteurs de poésie à qui ils consacrent une bonne partie de leur temps libres.

Ont participé au financement de cette importante manifestation dont les échos se sont fait entendre jusqu'à dans le West Island et certaines parties de l'île Perrot :

  • La Caisse de la Culture
  • La Province de Québec
  • Le Conseil des arts du Canada
  • La ville de Montréal
  • L'arrondissement du Plateau Mont-Royal
  • Les arrondissements Villeray, Saint-Michel et Parc Extension
  • Patrimoine canadien
  • The British Council
  • Le Devoir
  • L'Association des Libraires du Québec
  • Odace-Événements
  • L'avenue du Mont-Royal
  • Le centre Anne-Hébert
  • L'Union des écrivainnes et des écrivains du Québec
  • RECF
  • Mémoire d'encrier
  • Prise de paroles
  • Le centre de l'histoire oral et de récits numérisés de l'Université Concordia
  • TripTyque
  • Le Centre de services communautaires du Monastère
  • La librairie Olivieri
  • La librairie Gallimard
  • L'ONF
  • Le théâtre Outremont
  • La traversée

de même que :

  • L'Institut français de Barcelone
  • La Maison de la culture Maisonneuve
  • La libraire La Flèche Rouge
  • Les Productions de l'Instable.

Le tout, j'ai pensé, autour d'une boutade de W. C. Fields :

«Bean Bags, huh ? - I was at the World Championship, in Paris. Very exciting. Many people were killed.»

En attendant, dans les rues :

Copernique


    Le courrier

        Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

        Réponses diverses :

Mr. Roscoe H. Hillenkoetter - Ashton, Old Road, Denton, UK

L'évangile selon saint Marc se termine par le verset 16-8 : « Elles s'enfuirent du tombeau parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur.» - Les parties suivantes (versets 9 à 19) où il est question de l'apparition de Jésus resssuscité sont des ajouts datant, selon les sources, soit du 7e, soit du 8e siècle.

Mr. Hoyt Vandenberg - Baden-Baden, Allemagne

Le problème de la persécution des juifs s'explique en partie par les versets du deuxième livre du prophète Amos, chap. 6, à partir du verset 6 :

«[Je] vous ai envoyé la famine dans toutes vos villes, le manque de pain dans toutes vos demeures. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi... - [Je] vous ai refusé la pluie, lorsqu'il y avait encore trois mois jusqu'à la moisson ; j'ai fait pleuvoir sur une ville, et je n'ai pas fait pleuvoir sur une autre ville ; un champ a reçu la pluie, et un autre qui ne l'a pas reçue s'est desséché. - Deux, trois villes sont allées vers une autre pour boire de l'eau, et elles n'ont point apaisé leur soif. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi. - [Je] vous ai frappés par la rouille et par la nielle ; vos nombreux jardins, vos vignes, vos figuiers et vos oliviers ont été dévorés par les sauterelles. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi. - [J']ai envoyé parmi vous la peste, comme en Égypte ; j'ai tué vos jeunes gens par l'épée, et laissé prendre vos chevaux ; j'ai fait monter à vos narines l'infection de votre camp. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi... - [Je] vous ai bouleversés, comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit ; et vous avez été comme un tison arraché de l'incendie. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi... - C'est pourquoi je te traiterai de la même manière, Israël ; et puisque je te traiterai de la même manière, prépare-toi à la rencontre de ton Dieu !»

Mr. Gordon Gray - Sain-Paul, Minnesota, USA

La règle d'or observée lors des débats qui ont lieu à l'Université de Napiervielle est relativement simple : si les discussions durent plus que cinq minutes, les deux parties ont tort.

Mr. Vannevar Bush - Nairobi, Kenya

Les OVNIS observés dans les environs du Quartier Universitaire sont traités comme des Objets Volants Non Identifiés et non des objets en provenance d'extra-terrestes.

Mr. Detlev Bronk - Paris 13e, France

Deux tiers (environ) des étoiles portent des noms d'origine arabe.

Mr Donald H. Menzel - Orto Vero, Italie.

Neil deGrasse Tyson, l'astrophysicien et cosmologiste américain, directeur du planétarium Hayden à l'American Museum of Natural History de New York, nous fait remarquer qu'il n'y a pas douze constellations à l'origine des signes du zodiaque mais bien quatorze, la treizième - s'il faut l'appeler ainsi - étant celle d'Ophicus, connue sous le nom d'origine latine de Serpentaire, et la quatorzième étant celle de la Baleine. - Il ajoute que le Soleil, après avoir quitté la constellation du Scorpion, entre dans la constellation d'Ophicius où il reste pour une période plus longue. Il en résulte que la plupart des Scorpions sont en fait des Ophiuchans et que tous les Scorpions et Ophiuchans font partie de la constellation de la Balance.

Mr. James Forrestal - Henryville, Québec.

La Grande Bibliothèque de la Ville de Kansas City, aux USA :


(Photo en provenance du site
http://www.idesignarch.com/)

Mr. Jerome Clarke - New Orleans, USA.

À mort : 1) ceux qui travaillent le dimanche (Deut. 17, 2-17) ; 2) les enfants qui n'obéissent pas à leurs parents (Lévit. 20,9) ; 3) les personnes coupables d'adultère (Lévit. 20-10) ; 4) les homosexuels et les lesbiennes (Lévit. 20-13) ; 5) les anti-religieux (Lévit., 24, 16) ; et beaucoup d'autres. - Tout cela eest clairement indiqué dans le livre que les hotels américains laissent dans les chambres de leurs clients.

Mr. Robert M. Montague - Vancouver, B.C., Canada.

Parce que les policiers ont trouvé dans votre quartier, lors de l'arrestation de certains suspects des agendas, des Rolodex ou des téléphones intelligents, ils n'en ont pas immédiatement conclu que ces derrniers appartenaient à un réseau de criminels très organisés.

Mr. Nathan F. Twining - 1Hollywood, California, USA.

The Merchant of Venice and not The Merchant of Venim.

Mr. Sidney Souers - Cincinatti, Ohio, USA

«Tel père, tel fils» et «À père avare, fils prodigue».

Mrs. Anatsasia Berkner - London S.W. 10, UK.

Il n'est, en effet, pas défendu, sur la campus de l'Université de Napierville, aux étudiantes de porter une croix autour de leur cou, mais cette habitude est fortement déconseillée dû au fait que, lorsqu'il reviendra sur terre, il se peut que Jésus-Christ n'en soit pas tout à fait ravi d'en revoir..

***


    Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à :

 


Giordano Bruno

(1548-1600)

Giordano Bruno, né en janvier 1548 à Nola en Italie et mort le 17 février 1600 à Rome, est un ancien frère dominicain et philosophe. Sur la base des travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cues, il développe la théorie de l'héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable d'astres et de mondes identiques au nôtre.

Accusé formellement d'athéisme (confondu avec son panthéisme) et d'hérésie (particulièrement par sa théorie de la réincarnation des âmes) par l'Inquisition, d'après ses écrits jugés blasphématoires (où il proclame en outre que Jésus-Christ n'est pas Dieu mais un simple «mage habile»), que le Saint-Esprit est l'âme de ce monde, que Satan sera finalement sauvé, et poursuivi pour son intérêt pour la magie, il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétractation qu'il paraissait d'abord accepter puis qu'il rejetait. Une statue de bronze à son effigie trône depuis le XIXe siècle sur les lieux de son supplice, au Campo de Fiori à Rome. Il compte au nombre des martyrs de la pensée.

Source : Wikipedia.

Livre recommandé :

Nuccio Ondine "Giodarno, Bruno, Ronsard et la religion" - Albin Michel - 2004.

«Au début des années 1580, à l'Ambassade de France à Londres, Giordani Bruno et Michel de Castelneau condamnent les fanatismes religieux : l'un en philosophie, l'autre en diplomatie. Mais dans "l'Explusion de la bête triomphante" comme dans les "Mémoires" resurgissent certaines images et certains thèmes que Ronsard avait utilisés vingt ans auparavant contre les "Papaux" et les "Huguenots"...»



    Le mot de la fin

" Thy logic vanquish error and thy mind knows no bounds but those of right and truth confine."

"Votre logique vous tient éloigné des erreurs et votre esprit ne connaît aucune limite sauf celles du droit et de la vérité"

(M. Lee - On Thomas Paine

 

    Autres sites à consulter

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro


    Notes et autres avis

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des ntérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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