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  Volume XXVI, n° 6

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 1er février 2016   

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™, tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Un février de vingt-neuf jours !

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   Contenu de cette édition  :

Que faire de cette vingt-neuvième journée ? Voici quelques suggestions de nos lecteurs :

- prendre un billet aller-retour pour le Cap de la Madelaine
- visiter un centre de mise en forme
- lire quelques passages de Musset ou de Leconte de Lisle
- apprendre quelques mots de sanskrit
- consacrer sa journée à la prière et à la méditation
- suivre des cours de pilotage
- assister à une représentation des Ice Capades (si la troupe est en ville)
- s'occuper de son chat
- embêter ses voisins
- revoir ses conaissances de la géomatrie euclidienne
- écrire une lettre de protestation
- étudier une toile de Jackson Pollock
- revoir, dans le désordre, les épisodes des Brigades du Tigre
- découvrir une nouvelle planète
- reclasser sa collection de mollusques en ordre alphabétique
- ...

Quant à nos plus vieux chroniqueurs, à la retraite ou presque, tous les jours étant, à leurs yeux, des samedis, leurs activités seront semblables à celles de la journée précédente, de l'autre avant et de celle du lendemain : études, lectures, marches, musique, documentaires à la télé ou sur YouTube, écritures, le tout entrecoupé de choses "plus banales" (Simon Popp).

En attendant, le fruit de nos activités de janvier :

1 - Ils se sont mis à cinq pour répondre au courrier ce mois-ci : Herméningilde Pérec, Simon Popp, Copernique Marshall, Madame Fawzi Malhasti et Paul Dubé ; cinq pour répondre à un message - parmi plusieurs autres presque identiques - dans lequel une lectrice de Mons, en Belgique, nous reprochait de n'être pas très attentif à ce qui se passe présentement dans le reste du monde. - Nous avons transformé la réponse de nos cinq "penseurs" en un éditorial pour que la lumière sur cettte épineuse situation jaillisse des ténèbres où l'on les croyait confinés. - Le reste du courrier se trouvera à l'endroit habituel.

2 - La direction du Castor™ de Napierville est, par ailleurs, heureuse d'accueillir en son sein une nouvelle rédactrice en la personne de Fiona Darbon Van Maerke dont on trouvera la biographie en la page qui suit : Fiona Darbon Van Maerke. - Nous lui souhaitons la plus grande des bienvenues. - En ce numéro, sa première chronique, mais de sa page, vous trouverez deux liens vers de récentes biographies qu'elle a rédigées uniquement pour le site de l'Université de Napierville.

3 - Pour le reste, plongez dans l'univers fascinant des mathématiques ou des statistiques avec Jeff Bollinger, celui de la mémoire et de l'âge avec Simon Popp, un commentaire et une note (sur le 25 décembre) de Herméningilde Pérec, George et sa grand-mère (et sur la lecture !)... plus un vieux refrain de Paul Dubé.

Bonne lecture !


Éditorial

De Madame Marie D*** de Mons (Belgique), nous avons, il y a quelque temps, reçu la lettre suivante :

Messieurs,

C'est par le biais de votre monumental site sur la Chanson française que j'ai découvert, presque par hasard, votre fictive université et son "hebdo" qui, je l'avoue, ne sont pas dénudés d'humour mais également très évasifs lorsqu'il s'agit d'opinions diverses. Ainsi :

Jeff m'est sympathique. J'aime les extraits que nous propose Madame Malhasti. Monsieur Popp m'énerve souvent, mais je lui pardonne tout étant donné les sujets qu'il aborde. Copernique, je ne le lis pas car, française (et belge de surcroît), je n'arrive pas comprendre ce qu'il dit, même avec un bon dictionnaire. Quant à Madame George, j'aimerais bien savoir qui est derrière ce pseudonyme. Certainement pas une femme de ma génération. - Bon, y'a les extraits musicaux, les photos et, parfois les mots de la fin qui me surprennent souvent.

Une remarque cependant :

Le présent, la politique, l'État Islamique, l'outsourcing, la disparition de la classe moyenne, les grands problèmes actuels... tout cela vous dépasse ? Ou vivez-vous dans une sphère qui n'a aucun rapport avec la réalité ? Marcheriez-vous comme ceux à qui vous le reprocher souvent à deux pieds du sol ?

Je vous le demande suite aux attentats qui ont eu lieu à Paris, la semaine dernière...

Bien à vous,

Etc., etc.

Cette lettre, vous l'aurez deviné, n'est pas récente, les attentats de Paris étant survenus il y a deux mois, déjà, mais elle est celle que nous avons retenue parce qu'elle résume ce qu'on nous reproche souvent, c'est à dire notre évidente volonté de nous taire quant à ces "problèmes" qu'on peut lire à la une de tous les quotidiens, hedomadaires et magazines mensuels ou entendre, et voir, lors des téléjournaux de midi, seize et vingt heures complétés par de nombreuses émissions consacrées à "l'actualité".

Voici notre réponse :

Nous sommes loin, Madame, d'être inconscients de ce qui se passe non seulement dans notre propre environnement (quartier, ville, province, pays, continent), mais ce qui se passe de Ouagadou au Moyen-Orient, de Paris aux Philippines, de Laloche, Saskatchewan (4 morts dans une fusillade, il n'y a pas deux semaines) à Wichita, Kansas. - Parfois, oui, il nous arrive de penser qu'on nous rapporte tous les détails des attentats, conflits, guerres qui se déroulent un peu partout dans le monde pour : 1) nous rassurer, parce que cela se produit à cent mille lieux d'ici ; ou, plus cyniquement : 2) pour nous faire oublier nos insignifiantes propositions d'accomodation pour les islamistes, juifs ou mormons, certaines décisions presque scandaleuses de nos politiciens en ce qui concerne l'environnement, l'insanité de notre système électoral ; ou, plus prosaïquement : 3) que nos infrastructures se dégradent de plus en plus, que la circulation sur nos ponts est devenue catastrophique, que notre système de santé est en déroute...

Non, rien de tout cela nous ne échappe, sauf que nous tentons, à long terme, de séparer les faits divers de ce qui, dans un siècle, ou deux, fera partie de l'histoire.

Cela, nous l'avons appris en consultant de vieux journaux, certains datant du début du siècle dernier, d'autres du siècle précédent et d'autres encore plus anciens. Nous avons lu également des essais parus à l'époque de Galilée, de Newton, de la Guerre Civile Américaine, de la Révolution Française... et même comparé ce que divers historiens disaient de ces époques. - La conclusion à laquelle nous en sommes arrivés ? Qu'il est presque impossible de discerner ce qui restera de nos préoccupations actuelles dans dix ou vingt ans, encore moins, forcément, dans cinquante, cent ou deux cents ans.

Nous en avons conclu que l'immense majorité de ce qui fait, au jour le jour, de semaine en semaine et de mois en mois, la une des journaux et de leur  apparente importance, tout ce que l'on diffuse dans les bulletins de nouvelles tant à la radio qu'à la télévision, à un hasard-près, deviendra éventuellement des fait divers qu'il sera de plus en plus difficile à expliquer à la génération qui nous suivra.

Vous voulez quelques exemples ?

Songez à la dernière fois que vous avez entendu parler de l'affaire Dreyfus, de la Guerre des Boers, de l'assassinat du président William McKinley, de l'Entente Cordiale, du Traité de Versailles, de la Ligue des Nations, de la ségrégation raciale aux USA, du crash de 1929, de  l'enlèvement du fils de Lindberg et du scandale de Watergate ou de la crise des missiles cubains.

Songez que tous ces événements ont été traités pendant des semaines par tous les journaux.

Des noms de personnalités dont le monde ne pouvait ignorer l'existence et qui sont aujourd'hui à peine connues ?

John Glenn, Wilbur et Orvile Wright, Jonas Salk, Roe, Wade, Rosa Park, Gorge Marshall, Rachel Carson, Yuri Gargarin, Betty Frieden, Louise Brown, Paul Allen, John Scope, Amelia Earhart, Annie Oakley, J. Robert Oppenheimer, Helen Keller...

Idem.

Et que vous rappelez-vous de l'attentat de la rue de Rennes ? de la manifestation, à Paris, lors de la mort d'Allende ? de la pseudo-révolution de 1968 ? de l'assassinat du PDG de la régie Renault par Action Directe ? des otages français retenus au Liban ? de la réunification de l'Allemagne ? - Vous devez quand même vous souvenir un peu du scandale du sang contaminé ? de  l'affaire Pechiney ? des ventes d'armes à l'Iran ? de 1995, l'année de l'attentat islamique à la sation de métro Saint-Michel (25 juillet), de celui de l'avenue Friedland (17 août), de l'explosion d'une bombe boulevard Richard-Lenoir (3 septembre), de cet autre attentat islamiste à la station de métro Maison-Blanche (6 octobre), d'un autre, encore à la station Musée d'Orsay (17 octobre)... ?

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé ce que vos enfants et vos petits-enfants se rappelleront de la mort de la Princesse Diana ou des attentats du 11 septembre 2001, à New York et Washington...

Tous ensemble nous nous sommes rappelé, la semaine derière, que ça faisait plusieurs semaines que nous n'avions plus entendu parler d'Osama bin Laden ; plusieurs mois, du Général Boulanger; plusieurs années, de Susan B. Anthony (et de Millicent Fawcett). - Quant à l'assassinat du Duc de Guise...

      

En espérant que ces explications (si elles en sont) sauront vous être utiles, veullez agréer, chère Madame, etc.

Vos tous dévoués,

Herméningilde Pérec
Simon Popp
Copernique Marshall
Madame Fawzi Malhasti
Paul Dubé


Rue de Rennes
17 septembre 1989

(Photo en provenance du site planete.qc.ca)


Publicité (trompeuse) :

Ou "L'art de promouvoir le die$el moins polluant."



Les chroniques précédentes de nos correspondants
peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.




 Mémoires...

Je n'ai aucune idée pourquoi, mais, la batterie (*) de ma tablette étant à plat, je me suis retrouvé, la semaine derrière, fort dépourvu dans un greasy spoon de la rue Wellington dans le chic quartier de Verdun (Île de Montréal). Me restait mon carnet et, dans ce carnet, j'ai listé les gens dont, je me suis dit, il faudrait bien que je parle un de ces bons jours. Le temps que ce que j'avais commandé arrive (on m'a servi autre chose, mais c'est sans importance), je me suis retrouvé avec 22 noms qui allaient d'Allais Allais à Oscar Wilde.

De ces 22 noms d'écrivains, poètes et autres importants personnages, j'ai constaté plus tard que 3 seulement étaient décédés plus âgés que je le suis en ce moment, et que, conséquemment j'avais survécu, en quelque sorte, à 19 d'entre eux. Ce qui m'a étonné, c'est que 11 de ces 19 étaient décédés avant 60 ans dont 6 à moins de 50....

Dans le lot, 12 furent des auteurs (si l'on considère que Pline le Jeune n'est connu aujourd'hui que pour ses écrits), 8, des compositeurs ou interprètes, 1 fut un conférencier et le dernier inscrit, un révolutionnaire.

Pas un seul politicien, pas un roi, pas un président, chef, dictateur ou maître-à-bord, pas un militaire, homme du monde ou aventurier ; que des artistes, des écrivains, des musiciens, des compositeurs sauf Thomas Paine, le révolutionnaire surtout connu pour ses essais plus ou moins pamphlétaires. Et pas un seul peintre !

En regardant ma liste, certains, y compris mes plus proches amis, seraient surpris d'y trouver, entre autres, les noms de Victor Hugo, Charles Trenet ou le tout-à-fait oublié (aujourd'hui) Fred Gouin.


Fred Gouin
(Du Temps des cerises aux Feuilles mortes)

Éduqué et ayant travaillé la majeure partie de ma vie en anglais, je fus moi-même surpris de constater qu'en excluant les auteurs-compositeurs ou musiciens, trois, et uniquement trois, des noms figurant sur ma liste étaient non seulement non-américains, mais britanniques pure blood, si l'on considère que l'Irlande faisait ou a fait partie du Royaume-Uni au cours de leur vie.

Rentré chez moi, je me suis aperçu que j'avais, dans ma liste, oublié des dizaines - hé oui : des dizaines - de noms qui non seulement sont plus connus que six ou sept faisant partie de ma dite liste, mais qui ont eu une énorme influence sur ma vie ou sur ma façon de penser. Parmi les auteurs-compositeurs, par exemple, Beethoven, John Cage, Monteverdi, Scriabin, Mahler et  Wagner ; parmi les philosophes-écrivains ou penseurs, Voltaire, la plupart des présocratiques et Kierkegaard ; parmi les hommes de science,  Euclide, Newton, Einstein et plus récemment Richard Feynman. - Et pourquoi j'ai oublié Pollock ou Vermeer pour qui, au cours de mes voyages, j'ai fait des détours considérables pour ne voir, parfois, qu'un seul tableau ? Quant à Shakespeare dont je viens de terminer ma cinquantième lecture d'Henry III... - Et puis j'ai complètement oublié mes cinéastes favoris de même que : Louis Jouvet, Marguerite Moreno, le professeur Guillemin, James Burke. Céline (Louis-Ferdinand, évidemment), Julien Green, Pythagore...

Curieux comme la mémoire est... curieuse.

Mes noms ? En orde alphabétique :

Allais, Chopin, Coltrane, Gardel, Gide, Gouin (Fred), Hitchens, Hugo, Joplin, Joyce, Mayol, Monk, Montesquiou, Paine, Perec, Pline (le Jeune), Proust, Racine, Ruskin, Trenet, Verlaine, Wilde.

Et maintenant que je vous ai défilé mes personnages favoris, allez comprendre pourquoi je n'ai cité qu'une seule femme alors que je suis un inconditionnel admirateur de Marceline Desbordes-Valmore, Marguerite Yourcenar (ne serait que pour ses Mémoires d'Hadrien), Edna St-Vincent-Millay, Jacqueline Dupré, Billie Holiday et, believe it or not, Chrissie Hynde.

Simon

(*) Batterie... Encore un de ces non-prescripos mots qu'on me reproche de dire au lieu de "pile". - Un calque de l'anglais. - Eh ben non : à l'origine, le terme « pile » désignait un dispositif inventé par  Alessandro Volta, composé d'un empilement de rondelles de deux métaux différents, séparés par des feutres imprégnés d'un électrolyte. Par extension, le mot « pile » a fini par désigner toute batterie monobloc. Cependant, le terme « batterie » désigne un ensemble d'éléments montés en série pour obtenir une tension souhaitée, dans un emballage unique. - Corrigez vos proches !

***

Old as Air and twice as polluted
(Vieux comme l'air et deux fois plus pollué) (*)

Mon médecin (une femme) ne cesse de me dire que, quelle que soit la vie que l'on a vécue, il vient un temps où l'on devient "vieux". Par là, je suppose qu'elle veut me laisser sous-entendre qu'à un moment donné, comme un des personnages de Proust, chacun réalise que la mort est tout près et qu'on n'a plus rien à dire, plus rien à penser, plus rien à - comment dirai-je... - "enseigner" ? - J'irai même plus loin : "rien à apprendre".

Je n'en suis pas là. - Enfin : je ne crois pas. - J'en serai là quand je ne serai plus capable, j'imagine, d'écrire, ici ou ailleurs, plus capable de m'indigner quand, dans un bar, j'entendrai des stupidités (et Dieu ce qui il s'en dit !), plus capable de trouver, sans m'engueuler avec le revendeur, le bidule qui me permettra d'avoir un troisième écran pour mon ordi... - Vous qui n'avez pas soixante ans, vous savez de quoi je parle.

Encore la semaine dernière je m'en suis pris à une jeune femme qui a insisté pour me dire que le "Swing" englobait toutes les danses des années vingt, trente, quarante, cinquante, soixante... "Ben quoi ?, qu'elle m'a dit. Tous les professeurs de danse le disent." - Je n'ai pas osé lui dire que ceux qui ne savaient rien enseignaient, que ceux qui ne savaient rien de rien, enseignaient la gymnastique ou la danse. - Elle est alors passé au "Blues" et, sans rien dire, j'ai pensé que le "Blues" n'avait rien à voir avec ce que l'on entend de nos jours. - "Le monde évolue, la musique évolue" ajouta-t-elle. - Hé oui, quand entendra-ton des valses à quatre temps ? des mazurkas adaptées à la mode du jour ? et puis pourquoi pas une polka renversée ? - Bon assez.

Viellir... Je me souviens avoir entendu Paul-Marie Lapointe me dire que "Le problème avec la vieillesse, c'est qu'on reste jeune" et puis, récemment Pinard dire qu'après un certain âge on ne devrait plus avoir le droit de voter. - Ben... on vieillit comme on peut. - Je ne sais pas, mais, comme tout le monde, j'ai connu des types qui, à trente ans, étaient vieux et d'autres qui, à soixante-dix, pensent comme je pensais à vingt ans ; n'ont pas viellli ou quoi ? Ou est-ce moi qui rajeunit ?

Tout ce que je sais, c'est que dans les librairies on vend de moins ce que je lis. Dans quelques mois, j'en serai aux disquaires. Pas vu l'intérieur d'une pharmacie depuis longtemps cependant.

Simon

 (*) Loretta Mary Aiken alias Moms Mabley (19 mars, 1894 – 23 mai, 1975) - Note de l'éditeur.


Moms Mabley


Urbanisme :

Échangeur Turcot - Montréal, Québec




La place du Castor™ dans le journalisme contemporain

"Happy Few, vous n'écrivez que pour un nombre restreint d'Happy Few" nous écrivait-on récemment, citant un auteur autrefois fort connu, mais dont on n'a oublié jusqu'au nom, sauf dans les cours universitaires. (1)

Tout-à-fait exact, comme le disait récemment le plus lu de nos chroniqueurs, Simon Popp, sauf que nous aurons dit ce que nous voulions dire et de façon plus précise que dans les interminables discussions que nous aurons eues, autour de différentes variétés de Perrier, dans les différents bars que nous auront fréquentés.

"Faut jouer sa musique, c'est la seule que nous savons jouer. Si elle est écoutable, on l'écoutera. Si elle ne l'est pas, ben... nous aurons jouer notre musique." ajoutait-il.

Le problème, c'est la quantité.

À l'UdeNap, nous croyons sincèrement que LE livre le plus important du XXIe siècle est en train d'être rédigé ou sera rédigé par un auteur qui a toutes les chances de mourir tout à fait inconnu ou de n'être reconnu qu'à la toute fin de sa vie. Pourquoi ? Parce qu'il l'aura écrit à un moment où la pensée de ses contemporains était vingt, trente ans en retard.

Après lui, les auteurs les plus connus auront pris la voie de l'obscurité la plus totale.

Écrivons-nous pour la postérité ? NON. Mais nous écrivons ce que nous pensons.

Herméninglide Pérec

(1) Henri Beyle, dit Stendhal, dans sa dédicace à son roman, "La Chartreuse de Parme". (Note de l'éditeur)

Note à propos du 25 décembre :

Un très renseigné lecteur de la charmante municipalité de Pohénégamook (Comté de Témiscouata, Québec), lecteur que nous soupçonnons être un des chroniqueurss du prestigieux "Maillon" (Le journal local), a tenu à nous souligner qu'Isaac Newton n'est pas né le 25 décembre 1642, mais le 4 janvier 1643. - Confusion tout à fait légitime, cher collèque, la première date se rapportant au calendrier julien alors que la deuxième relève du calendrier grégorien qui ne fut adopté en Angleterre qu'au XVIIe siècle, plus préciséement en 1752, cent dix ans plus tard.

Le Professeur Marshall, notre aimable recteur, né, lui aussi, un 25 décembre, nous rappelle, chaque année, que pour ne pas ajouter quoi que ce soit à la confusion, il est préférable, comme le regretté Johnnes Kepler, d'être, à propos de ces deux calendriers et pour l'année précitée, en désaccord avec le soleil plutôt qu'avec l'évêque de Rome.

 Herméninglide Pérec

Photo en provenance du site http://aurore.asso.fr/




 Not read

I was asked, following my last month diatribe on the Bible, which books I had never read, that is : books that I wanted to read, started reading and abandonned after a few lines, paragraphs, chapters or even more than half through. Top of my head and on the spur of the moment, I immediately thought of Homer's Iliad and Odyssey, most detective novels and several authors notably my pet peeve who happens to be Anatole France (without prejudice towards La Grande Charteuse or Simone de Beauvoir).

And then I sat down, thought a bit more about it, and discovered that the numbers of books I have never finished was twice, three times and perhaps four to five times greater than the numbers of books I did read. And that's not counting books that I thought I might have read and hadn't.

Kind of pointless would it not ? To start a list of books one found boring or uninteresting and gave up after a few lines or pages, but then thinking about them might shed some light on why other books were found more exciting. Actually, such a list, even partial, might even indicate one's shortcomings or, I have no hesitation to say : one's ignorance.

Take my not-reading Homer's Iliad and Odyssey. I understand both were written by one of. and even, I was lead to believe, the greatest poet of all times. - My only excuse is that I found it unintelligable, being, somehow, an ignoramus when it comes to Greek mythology.

Poetry is something that can only be read in one's own language, I think. Something that has to to do with music.

 People we like to hate

Was it I or was it Simon ? - Honestly, I don't know. If Simon wants to accept that it was his idea, or suggestion, I'll be the first to admit it. - The thing has to do with who suggested what to whom and when. - Not important. - And Simon would agree with that anytime. - It has to do with who are the two most idiotic debators of all time in the, generally put, question of the existence of Jesus Christ and, of course, his teachings, ....

We agree on two names :

Kent Hovin and William Lane Craig.

Would be easy to add to them the magnificent Dinesh D'Souza who, in Simon's own words, looks like the loosing westler in any of the WWF matches and whose purpose is to make the all-powerful stars look good. - Type his name and that of YouTube, just for kicks. - Personnally, I pity him.

And then there's Ken Ham (and others).

...

William Lane Craig ? I would never question his sincerity. Unfortunately, his points, arguments and his logic might require a little polish. - His main argument is "objectivity" : objective morality, objective reality, objective ideas, objective her and there. - Unfortunately, he keeps quoting the Bible, left, right and center, not able to concede that his quotes, compared to that of his oponents, contradict each other. - And his other obsession is keeping asking to be shown that God does not exist after insisting that he is able to demonstrate that he does. Yeah, sure : using the four Gospels and authors whose texts have been continuously altered in the centuries following their publication. - In some of his debates, he insists that no mention is made that the oldest copies of the Bible date back to the third or fourth century...

Kent Hovin is, I must admit, a brilliant orator ; unfortunately he uses his skill to confuse people, lying, cheating, bluffing, quoting physicists and other scientitists partially, interrupting his oponents mid-way through a sentence, not letting him to disturb his line of thoughts... - A real Prince.

One last remark but it is worth mentioning. What Christopher Hitchens had to say on the death of - another winner, Reverend Falwell - : Had he been given an anema, he could have been buried in a matchbox."


"Christians, like slaves and soldiers, ask no questions."
(Jerry Falwell)


    Fiona Darbon Van Maerke

    
Ginette Van Koep
(Exposition jusqu'au 18 août 2016)

« Le sentiment du sublime est ainsi un sentiment de peine, suscité par l'insuffisance de l'imagination dans l'évaluation esthétique de la grandeur pour l'évaluation par la raison; et en même temps il se trouve en ceci une joie, éveillée justement par l'accord entre les Idées rationnelles et ce jugement sur l'insuffisance de la plus puissante faculté sensible, dans la mesure où c'est pour nous une loi que l'effort de tendre vers ces Idées. »                                                                                         

Emmanuel Kant, Critique de la faculté de juger, 1790                                                

C'est un peu ce qui nous arrive quand on entre dans la salle d'exposition de la bibliothèque publique de Rambouille-Lez-Pont (Yvelines). Venue tardivement à la peinture, Ginette Van Koep participe cette année à sa première expo solo. Cette veuve, mère de deux enfants, a vu son temps libre considérablement augmenter une fois ses enfants mariés.

« C'est Nadine, du club de bridge, qui m'a donné l'idée », confie l'artiste bruxello-anversoise à La Nouvelle Gazette(*) , « le patchwork, le tricot, l'aquagym, je ne voyais plus l'intérêt, c'était toujours la même chose. La peinture, elle, me permet d'exprimer mes vrais sentiments ».

La pièce lui est entièrement consacrée. Beaucoup de portraits, un peu de paysages. Admirablement bien rendue, c'est surtout l'expression faciale de ses personnages qui nous transporte. On la sent inspirée par les plus grands : Ambrogio de Predis ou Maarten van Heemskerck, avec de temps à autre, une touche de cubisme assumé.


Ginette
Autoportrait en couleurs

Ses paysages, quant à eux plus chargés et plus sombres, tiennent davantage des grandes œuvres gothiques anglaises. Les reliefs laissés par la peinture pâteuse sur la toile créent par effet de couches une croûte aussi rugueuse et vallonnée qu'une brûlure par frottement sur une cuisse traînée pendant 75 mètres sur de l'asphalte un jour d'été.

Ginette est véritablement à l'art contemporain ce que la choucroute est à la gastronomie, le saucisson polonais en plus.

Fiona

(*) http://www.lanouvellegazette.be/


 

ZIPF-A-DOO-DAH (1)

Je serais négligent si je ne disais pas que c'est Copernique qui m'a ré-intéressé aux mathématiques après que j'eusse cessé mon émerveillement devant son élégance et sa logique. Quand au juste ? Dès que j'ai commencé à voir des équations contenant douze inconnus (dont deux ou trois constantes) identifiées par des des lettres grecques. - "Pourtant, m'a-t-il dit, un jour, l'équation la plus célèbre du monde n'a que trois lettre et une seule fonction exponentielle, la plus simple de toutes : le nombre 2." Et de là, il me cita E=MC2.

Évidemment. Mais je dois avouer que l'algèbre et les mathématiques théoriques n'ont pas trouvé chez moi un amateur, même sous toutes réserves. Ni les mathématiques de l'astro-physique, d'ailleurs, ni le calcul diférentiel, ni le calcul intégral. J'ai, un temps, flirter du côté de la géométrie, des logarithmes et même su, longtemps, ce que signifiaient les mots sinus, cosinus et l'autre dont j'ai oublié le nom. (2) Par contre, j'ai eu un penchant certain, ou un certain penchant, du côté des probabilités et des statistiques. Et c'est ainsi que j'ai découvert la Loi de Zipf. Une loi qui a bouleversé ma conception de la langue et de l'écriture. Je m'explique :

Sans qu'on me donne les sources de ce qui suit, j'ai toujours cru que tous ces énoncés avaient un certain sens :

1 - Qu'il existait en français quelque chose comme 500,000 mots et même 1,000,000 si l'on incluait les mots techniques.

2 - Que les mots les plus courants, c'est-à-dire, dignes de figurer dans un dictionnaire contenant plus de 90% des mots utilisés par 99% de la population se situe entre 60,000 (Petit Larousse illustré) et 75,000 (le Grand Robert) quoique le Dictionnaire de l'Académie Française (édition de 1935) n'en regroupe que 30,000.

3 - Que le nombre de mots dans la langue parlée par les Français de tous les pays ne dépasse généralement pas 6 ou 7,000 mots dépendant du niveau de l'éducation, du milieu et des objets de la conversation.

4 - Que les Lycéens ont un vocabulaire ne dépassant pas 3,000 mots, que les universitaires n'en utilisent rarement plus de 5,000.

5 - Que les grands auteurs ont un vocabulaire inférieur à 20,000 mots.

6 - Que Maupassant, dans tout son oeuvre, n'a jamais dépassé un nombre de mots variant entre 15 et 17,000.

Le problème avec ses statistiques est que même avec un super-ordinateur, il est difficile de déterminer si le mot "est" (par exemple) doit être compris comme étant un des points cardinaux ou le verbe "être" à la troisième personne du singulier (au temps présent parce que ce verbe sert également d'auxiliaire). Ou encore si les mots ayant plusieurs significations (ex. : "hôte" désignant à la fois celui qui reçoit ou celui qui est reçu, "louer" qui peut, indiféremment, être une action de celui qui donne ou celui qui prend en location, etc.) doivent être considérés comme des mots uniques. Mais nonobstant ces particularités ou nuances, il n'en existe pas moins quelque chose de vraiment bizarre et qui est la même dans toutes les langues et c'est la loi mentionnée ci-dessus, d'abord énoncée par le sténographe français, Jean-Baptiste Estoup et formulée par le linguiste américain George Kingsley Zipf. En voici les grandes lignes :

(En anglais pour ce qui est des mots utilisés dans l'exemple qui suit, mais c'est une loi qui s'avère identique dans toutes les langues.)

"Attachez vos tuques", comme dirait Monsieur Popp, car vous allez être surpris.

Les 20 mots les plus communs en anglais, en ordre décroissant sont :

"The - Of - And - To - A - In - Is - I - That - It - For - You - Was - With - On - As - Have - But - Be - They"

(Le mot "The", soit dit en passant, est présent dans 6% de tous les mots utilisés, quel que soit le contexte dans lequel on le retrouve : de la langue parlée au traité le plus obscur de philosophie.)

Et voici la surprise :

Le mot "The", étant utilisé, disons 1000 fois dans un texte, le mot suivant "Of" (deuxième) sera utilisé 500 fois, soit 1/2 ; le troisième, "And" sera utilisé 333 fois soit 1/3 ; le quatrième, "To", le sera 250 fois soit 1/4 ; le cinquième, "A", 200 fois (1/5) ; et ainsi de suite.

N'allez surtout pas appliquer ce genre de calcul à un court texte pris au hasard, ni à de multiples textes parlant de chimio-thérapie ou de recettes pour biscuits au gingembre, mais pour en démontrer non pas l'exactitude mais la généralité du principe, de nombreuses études ont été faites sur de larges ouvrages, notamment par Zipf lui-même et voici ce qu'il a trouvé en analysant l'Ulysse de James Joyce :

- que le mot le plus courant avait été utilisé 8,000 fois par Joyce

- que le dixième mot de sa liste avait été utilisé 800 fois (1/10)

- que le centième mot avait été utilisé 80 fois (1/100)

- et que le millième mot avait été utilisé 8 fois (1/1000)

Un peu plus compliqué :

Je n'ai pas le texte de l'ouvrage de Zipf à mes côtés (il est difficile à trouver dans le coin où je demeure), mais selon sa loi, si vous mulitpliez le rang dans lequel un mot apparaît dans un texte par le nombre de fois qu'il s'y trouve, vous obtiendrez une constante qui sera la même, quel que soit le rang d'un mot.

Jeff

(1) En intitulant sa chronique "Zipf-A-Doo-Dah", Monsieur Bollinger fait sans doute - et peut-être même inconsciemment - à la chanson "Zip-A-Dee-Doo-Dah" de Ray Gilbert (pour les paroles) et d'Allie Rubel (pour la musique) telle quae chantée par James Baskett, en 1946, dans le film "Song of the South" des studios de Walt Disney. Voi à : https://en.wikipedia.org/wiki/Zip-a-Dee-Doo-Dah. (Note de l'éditeur)

(2) Tangente. (idem)

356

Quand j'ai appris, le mois dernier, que Copernique avait regardé 356 documentaires l'an dernier, je me suis mis à penser au nombre de films qu'on pouvait visionner au cours d'une vie, plus précisément au nombre de films que l'on pouvait enregistrer sur un disque fixe (ou amovible), mais pas tout de suite. Ce nombre m'est revenu en examinant le contenu d'un feuillet publicitaire que j'avais reçu pour les soldes d'après-Noël où figurait en première page un disque de 5 tera-octets à 179 $.

Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un tera-octet, voici quelques détails :

Dans un octet, on peut inscrire un chiffre ou une lettre.

Dans un kilo-octet, on peut en incrire mille.

Dans un mega-octet (1000 kilo-octets), on peut en inscrire un million (1 suivi de 6 zéros)

Dans un giga-octet (1000 mega-octets), on peut en inscire un milliard (1 suivi de 9 zéros)

Et dans un tera-octet (1000 giga-octets), on peut en inscrire...  un billion (1 suivi de 12 zéros).

Cinq suivi de 12 zéros, je ne sais pas pour vous, ne signifiant pas grand chose pour moi, je me suis mis à la recherche de la capacité pratique d'un disque de cinq tera-octets et voici ce que j'ai trouvé :

Dans UN tera-cotet, on peut enregistrer :

De quoi écouter de la musique pendant 8 ans - 24 heures par jour, 365 jours par année.
Environ dix huit millions de clichés (photos)
Deux cent cinquante mille films, format DVD, haute définition.
Un million de films format standard.

Encore des nombres qui ne veulent rien dire. - J'ai fait d'autres calculs :

En supposant que si, à vingt ans, je m'étais mis à regarder un film par jour, à tous les jours, il m'aurait fallu 2 ans et quelque 8 mois pour visionner mille films, cinq ans et demi pour en visionner deux mille. - Et à un par semaine ? J'en serais, aujourd'hui, à mille huit cent films.

Ce qui revient à dire que si mille personnes se mettaient, aujourd'hui,à visionner un fim différent par jour, il leur faudrait plus d'un quart de siècle pour regarder le contenu d'un disque de cinq tera-octets.

Ce n'est pas l'infini, mais en se tenant sur le bout des pieds...

De tous les chroniqueurs du Castor™, la palme du collectionneur des collectionneurs d'information digitalisées revient - vous vous devez vous en douter - à Paul Dubé qui, sur ses disques a accumulé à peu près tous les films et documentaires qu'il a regardés depuis six ou sept ans, toute sa correspondance, quelque chose comme trois mille CD, une quantité inimaginable de livres digitalisés, des milliers de photos d'articles de journaux de même que tous les rapports qu'il a rédigés en vingt ans de travail (avec toutes leurs annexes), différentes sites Internet (en multiples exemplaires), son journal personnel, des recettes de cuisine, des inventaires, des notes... (je m'arrête ici) et vous savez combien tout cela prend d'espace ? Moins de deux tera-octets dont il a, en permanence, trois copies. De quoi remplir moins de 20% d'un disque de cinq tera-octets, 20% auquel s'ajoutera, la journée où cette édtion paraîtra, moins d'un mega-octet.

Jeff


Textes choisis

"Elle avait des bagues à chaque doigt, 
Des tas de bracelets autour des poignets, 
Et puis elle chantait avec une voix 
Qui, sitôt, m'enjôla. 

Elle avait des yeux, des yeux d'opale, 
Qui me fascinaient, qui me fascinaient. 
Y avait l'ovale de son visage pâle 
De femme fatale qui m'fut fatale 
De femme fatale qui m'fut fatale...
"

(Serge Rezvani)

Et si vous ne connaissez pas, ben tant pis.

Fawzi


Ma grand-mère

C'était la veille du Jour de l'An, Je n'en ai pas parlé la dernière fois parce que c'était deux jours avant la tombée, mais j'aurais dû. - Je prenais une photo du "p'tit" ; de celui qui aura toujours, à mes yeux, quatre ans lorsqu'il s'est blessé un jour en imitant son père sautant une clôture, son père qui, à ce moment-là, essayait de séduire une voisine ; une photo de mon seul et unique, de mon fils à moi (et à l'autre, mais je ne pense plus à cet autre)   d'Éric ! d'Éric, qui a eu 14 ans le 4 décembre dernier.

Et c'est là que ma grand-mère m'a demandé : "Mais il est où le film ?"

Allô !

Je prenais sa photo, naturellement, avec mon teléphone.

Pas essayé de lui expliquer. Je lui ai dit simplement dit que c'était "nouveau".

Ma grand-mère !

Elle n'est tellement pas si vieille que j'ai même pensé - parce qu'elle est veuve - la présenter un jour, à Monsieur Popp. - Ben quoi : ils n'ont pas cinq ans de différence sauf que ma grand-mère vit sur une planète et Monsieur Popp sur une autre.

Monsieur Popp est de ceux qui aimeraient interdire les i-Whatever sur le campus. Va même jusqu'à dire que tous les anti-i-Whatever devraient porter un collier de gousses d'ail à leur cou avant d'entrer au Bar l'Abri. "Comme ça, dit-il, y'aurait pas de discussions inutiles entre ceux qui ne connaissent rien à l'informatique et les autres." (Voulait dire : entre les Mac-eux et les ceusses-qui-ont-compris.)

C'est le père de Copernique, le Professeur, qui m'a remis sur la bonne track, un jour, quand il m'a dit :

"George, vous devez vous souvenir de ce que vous pensiez des petites filles de dix ans quand vous en aviez vingt; et puis de celles de vingt ans, quand vous en avez eu trente. Alors pensez à ce que celles qui, aujourd'hui, en ont quarante et ce qu'elles peuvent penser de vous. Et pensez ce que vous penserez d'elles quand vous en aurez cinquante. - Ne vous imaginez surtout pas que tout cela va cesser. - J'en ai vous-savez-quoi. Pensez à ce que je pense de mes cadets de dix ans. - Sauf que ce n'est pas tout : passé un certain âge, la différence ne se mesure en années, mais en mois..."

Mais je ne vous ai pas parlé de mon arrière-grand-mère. Elle aura, sous peu, quatre-vingt-dix huit ans. "Faut l'inviter, qu'on s'dit. Ce sera son dernier Nouvel An." Sauf que ça fait dix-huit ans qu'on m'fait l'coup.

Simon, je vous déteste !

George

***

Lire

J'ai une amie qui vient d'accoucher il n'y a pas longtemp. Superbe petite fille. Gigli-glidou et tout. Un enfant comme on en voudrait toutes. Sauf que :

Entre l'allaitement, les nuits sans sommeil, les visites chez le pédiatre, le baptême (sic), les gens qui veulent voir la merveille, la famille, les couches et tout le reste, elle a cessé de... lire.

Lire ! J'enviais sa faculté de pouvoir, auparavant, se taper deux romans, un essai et une étude sur les présocratiques dans la même semaine, moi qui ai toujours eu de la difficulté à passer à travers un magazine et un film basé sur un roman des soeurs Brontë durant la même période.

J'envie les Simon, les Copernique et même les Jeff qui peuvent lire les Mémoires de Saint-Simon en deux jours (j'exagère à peine). 'Sont pourtant pas plus différents, mon amie comprise, que le ne suis-je ?

Paraît que c'est quelque chose à voir avec une habitude. - Habitude mon c... - Je n'ai jamais eu UNE habitude. Même pas celle de me brosser les dents après chaque repas. - Et ça se cultiverait !

Une consolation : je me suis laissé dire que lire régulièrement est une de ces habitudes qui se perd le plus facilement. Suffirait de ne pas lire un mois ou deux et tadam : il faut recommencer à zéro. Là où j'en suis.

Mon dernier roman ? "Les vaisseaux du coeur" de Benoîte Groult. Pis, j'ai regardé mon chum.

Dire qu'y a des hommes qui parlent de la "Condition féminine" ! Si j'avais le temps, j'écrirais un livre sur "Comment entretenir son pénis." - Ben quoi ? J'ai vécu des années à me faire dire par des célibataires en soutanes comment je devais gérer ma sexualité...

George

Photo en provenance du site http://aurore.asso.fr/



In Your Dreams

Bizarre, mais j'étais convaincu de vous avoir déjà parlé de ce qui suit.

Qu'ont en commun les personnes ou groupes suivants :

- Rossano Sportiello, Stephanie Trick et Nick Parrot
- The 1010 Strings Orchestra
- Red Nichols (and the Arkansas Travelers)
- Bucky Pizzarelli et Peral Dragon
- Chet Atkins et Merle Travis
- Chet Atkins et Mark Knopfler
- Dick Hyman et Howard Allen
- Emmet Ray
- Guy Lombardo (and His Royal Canadians)
- Joe Brown
- Tommy Dorsey
- Teddy Wilson
- Vaughn Monroe
- Cliff Edwards
- Ella Fitzgerald
- Tommy Emmanuel et Joe Robinson
- Le Johnny Hepbir Quintet
- Jimmy Durante
- John Standefer
- Al Jolson
- Julie London
- Leon Redbone

- Marion Harris
- Doris Day
- Merle Travis
- The Mills Brothers
- Pat Boone
- Paul Robi (et les Platters)
- Les Platters
- The Banjo Weavers
- Tuesday Weld
- Django Reinhardt
- ...

(J'ai mis en italiques les noms que les moins jeunes auront tout de suite reconnus.)

En commun ? Tous ont enregistré une chanson datant de 1924, composée, pour la musique par Isham Jones et écrite par Gus Khan, pour les paroles. Moins, aujourd'hui, des noms courants, mais dans les années vingt l'orchestre du premier fut l'un des plus réputés et, comme on le mentionne souvent, s'il fallait nommer dix pièces musicales les plus représentatives de l'époque, trois ou quatre seraient d'Isham Jones, créateur, entre autres, de It had to Be You, There is No Greater Love, Wabash Blues, Spain, etc. tandis que son interprétation de Star Dust (de Victor Young à qui il avait demandé une "ballade à mi-temps") devint le classique que l'on sait.

Parmi les musiciens qui ont fait partie de l'Isham Jones Orchestra ? Benny Goodman, Woody Herman, Ray Bargy, Al Gallodoro... et un certain Bing Crosby y fit quasiment ses débuts.


Photo en provenance du site
http://redmp3.cc

Quant à Gus Khan, suffit de mentionner : Ain't We Got Fun, Toot, Toot, Tootsie (Goo' Bye), Yes Sir, That's My Baby, Love Me or Leave Me, Makin' Whoopie, Side by Side... Dois-je continuer ?

Passons à Joe Brown maintenant :

Né en 1941, Joe Brown est l'un des chanteurs, comédiens, présentateurs, producteurs, auteurs, compositeurs parmi les plus connus en Angleterre. Son côté cockney l'a peut-être empêché de devenir une vedette mondiale, mais la quantité de 33t et de CDs qu'il a vendus au cours de ses 50 ans (et+) de carrière, ses nombreuses présences à la télévision, ses multiples concerts et son amitié avec George Harrison ont fait de lui l'un des personnages inoubliables de la scène musicale britannique.

En novembre 2002, lors d'une soirée donnée en l'honneur de George Harrison au Royal Albert Hall (*) - et c'est là que nous passons à I'll SeeYou In My Dreams -, à qui a-t-on demandé de chanter une pièce en souvenir de ce membre des Beatles ? À Joe Brown.

(*) Firent partie des artistes invités lors de cette soireé organisée autour du premier anniversaire du décès de George Harrison : Ravi Shankar, Eric Idle, Terry Jones, Terry Gilliam, Tom Hanks, Paul McCartney, Ringo Starr, Eric Clapton, Jeff Lynne, Tom Petty, Billy Preston, Jools Holland, Albert Lee, Sam Brown, Gary Brooker, Ray Cooper, Andy Fairweather-Low, Marc Mann..,

Et qu'a-t-il chanté ? - Vous pourrez le voir et l'entendre à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=tGivnGv-HXs

Et pour finir, la même chansons par LE Django :

(Django Reinhardt et Pierre Ferret à la guitare et Emmanuel Soudieux à la contrebasse. Enregistré à Paris le 30 juin 1939. Étiquette HMV, No. OPG 1721-1.)

Cliquez sur la note :

paul

P.-S. : Pour Marion Harris, ne manquez pas son interprétation de "A Good Man is Hard to Find" crée, à l'origine par Bessie Smith : https://www.youtube.com/watch?v=CVTfiITxbH0... quoique, personnellement, je lui préfère son délicieux "Tea for Two", au même endroit : https://www.youtube.com/watch?v=upuCJOIJ_zU. - Ah ! Avoir eu une grand-mère comme elle !

Marion Harris
(1897-1961)
(Photo en provenance du site http://www.scratchygrooves.com/)

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


      Book Review - Lectures

On a lighter side : "The Whore of MENSA"

I first read this short story oh... I must have been 24 or 25. At the suggestion of a friend of mine who was, like I was, into the 1984-89 TV series (there were many others before) of Mickey Spillane's Mike Hammer ; the one with Stacey Keach as Mike Hammer, Don Stroud as Pat Chambers and Lindsay Bloom as Velda. One of the best tv shows of that area along with Night Court, M*A*S*H, Star Trek, Hill Street Blues and others. - Nothing spectacular, no deep-thoughts inducing stuff, just plain entertainment played by good - I have to admit - actors and with, at times, brilliant screenplays. - Waste of time ? What do you want me to say ? - It was fun to watch and some time wasting episodes of our lives cannot be forgotten. For example, add to the above list Yes Minister, 60 Minutes, The Siskel and Ebert "At the Movies" show. - Come to think of it, I did watch a lot of tv back then. - And now I don't even own a tv set !

And yes, Mary, I was a fan of The Dukes of Hazzard, just like I am a fan of - I mentioned him last month - Thomas Pynchon and... his talking dog.

Anyway, to come back to "The Whore of MENSA", It was, at the time, one of the best funny short story that I had ever read and, I don't know why, I remembered it a couple of weeks ago, just like I remembered the one about the man who was saved from a Bible directed at his chest by a bullet he carried around in his shirt pocket. - Same author, same nonsense.

The author is, of course, Woody Allen who has this uncanny way of twisting facts around.

"The Whore of MENSA" deals, of course, with whores (or any of the euphenisms by which they're labelled : hookers, ladies of the night, commercial sex worker, etc.) but of the MENSA variety, that is : highly intelligent, educated, very literate, scholarly young girls whose profession - if one can call what they're doing a "profession" - is to entertain man who are looking for intellectual discussions, not sex. - The funny bit is that it's written in the Mickey Spillane style with, of course, a private eye as the main character, hired because of the Whores of Mensa are attempting to blakmail one of their clients.

It starts this way :

"One thing about being a private investigator, you’ve got to learn to go with your hunches. That’s why when a quivering pat of butter named Word Babcock walked into my office and laid his cards on the table, I should have trusted the cold chill that shot up my spine."

First published in "The New Yorker" December 16, 1974 edition, it has been on the Internet for as long as I can remember. On The New Yorker site, of course.

Go ahead, read it. It'll take ten minutes of your time and it's worth it :

http://www.newyorker.com/magazine/1974/12/16/the-whore-of-mensa

Illustration by Roiman Muradov (from New Yorker site)

Might entail you to read Pynchon.

Copernique

P.-S. : Great translation (I did more than take a glance at it) of Thomas Pynchon's latest novel, Mason & Dixon, in French, by Christophe Claro and Brice Matthieussent, Éditions du Seuil (2001). A bit pricey, though : 28 euros.


Le courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Réponses diverses :

M. Seiji Skaguchi - Bouc Étourdi (Yvelines)

Quand on dit que la moitié des gens sur la terre sont moins intelligents que la moyenne, il faut comprendre que cela n'est admis que par la moitié supérieure. L'autre ne comprend pas exactement ce que l'on veut dire.

Un sur deux ne veut pas nécessairement veut dire un divisé par 2.

Mme Agatha Goldwin - Washington, D.C. (USA)

"Veldt" est le mot anglais pour désigner une certaine brousse sud-africaine, constituée, comme vous le savez, de terres d'où émergesnt des plantes souvent asséchées. - "Veldt" peut-être utilisé au figuratif pour désigner un cerveau où les idées sont rares et peu organisées.

M. Antonio Inokih - Chester, UK

Ralph Vaugan Williams était, en effet, le fils d'une nièce de Charles Darwin.

Mme Joséphine Le Tranchant - Kota Kimabalou(Malaisie)

Le salaire moyen hebdomadaire canadien est passé de 852,29$ à 935,31 de 2010 à 2014. Au Québec, il est passé de 783.97$ à 849,46$. Attention : ce salaire n'est pas celui de tous les Canadiens (ou Québécois) divisé par le nombre de salariés, mais bien celui de la moyenne de tous les salaires, c'est-à-dire que si vous avez gagné, par semaine, en 2014, plus ou moins que 935,31$ au Canada ou 849,46$ au Québec, vous faites parti d'une tranche de 50% des salariés.

M. Earnie Shavers - Guayaquil (Équateur)

L'hymne national grec contient, en effet, 158 versets, mais ce n'est pas tout : la fustanelle (c'est son nom.), la jupe plissée des soldats de la garde présidentielle de ce pays contient 400 plis, soit le nombre d'années de l'occupation ottomane. Cette jupe est également portée dans d'autres réguions des Balkans, notamment en Albanie.

M. Heerman Hollorith - Burlington, Vermont (USA)

Les ventes annuelles de la firme Tom & Jerry's, les fabricants de crèmes glacées "faites maison", dépassent anuellement 400 millions de $ américains.

M. Dusty Rhodes - Miserable City, Manitoba (Canada)

Le Burkino Faso a des frontières communes avec  le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire. - On saurait avoir de meielleurs voisins. - On y naît Burkinabé (ou Burquinnabée) ou encore Burkinais (ou Burquinaise). Ce pays partage, avec le Royaume Uni, un fuseau horaire.

M. Jérôme Marigon, m.d. - São Paulo, Brésil

Oscar Wilde fut d'abord inhumé au cimetière de Bagneux avant que ses "cendres" soient transférées à celui du Père-Lachaise, neuf ans plus tard grâce à son exécuteur testamentaire, Robert "Robbie" Ross, petit-fils de Robert Baldwin qui, avec Louis-Hippolyte Lafontaine, fut, si vous connaissez quelque peu l'histoire du Canada, vous-savez-qui.

M. Rose-de-Lima Bibeau - St-Hyacinte, Québec (Canada)

Jeanne Clémence Weill, née 10 bis de la rue Faubourg-Poisonnière, à Paris, fut la mère de Marcel Proust. En remontant la rue où elle est née, tournant rue de l'Échiquier, vous serez à quelques pas de l'ex-Concert Mayol dont l'entrée se trouvait, du temps de son ex-appellation (Concert Parisien) sur la rue du Faubourg-Saint-Denis où se trouve, aujourd'hui, le Tabac Mayol.

M. François-Xavier Laloge - Trois-Rivières, Québec (Canada)

Les chars d'assaut "Sherman" de l'armée américaine (1942) furent surnommés, et très rapidement, "Ronson" (du nom de fabricant de briquets) parce qu'"ils s'enflammaient du premier coup".

 

Cette édition du Castor est dédiée à :

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(1735-1809)

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"Les morts sont extrêmement persuasifs."

(Georges Clémenceau)

 

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