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  Volume XXVI, n° 5

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 4 janvier 2016   

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™, tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Les chroniques précédentes de nos correspondants
peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.



 Nouvel an

Toujours la même chose. À chaque nouvel an, je me demande pourquoi, et quand, il a été décidé (et par qui) que le nouvel an débuterai à un certain moment qui n'a aucun rapport avec une position précise de la terre dans sa translation autour du soleil. Me semble qu'on aurait pu choisir l'un des deux solstices ou un point à égale distance des deux. - Dire que je me souviens du début de l'an 2000 et de mes tentatives pour convaincre mon entourage que le 21ième siècle allait débuter en l'an 2001. - Et puis pourquoi l'an 2000 et surtout l'anno domini 2000 alors que Jésus-Christ est venu au monde entre quatre et six ans avant l'an 1, car, en plus, il n'y a pas eu d'année "0" ?

J'en ai déjà parlé. (*)

Autant passer à autre chose.

J'espère que vous avez célébré comme il se doit le 373e anniversaire de la naissance d'Isaac Newton le 25 décembre dernier.

Simon

      (*) Chronique no. 51, Premier octobre 2012 - (Note de l'éditeur) - Voir également à Pâques.

***

Sujets tabous

Quand j'étais jeune, on m'a enseigné qu'il y avait trois sujets dont on ne pouvait discuter à table : la politique, la religion et les sports. J'en rajouterais un quatrième aujourd'hui : la langue française ou, comme dit M. Pérec, la française langue.

Ma petite intervention du mois dernier m'a valu divers courriers. Tous désobligeants. Un moment, je me suis cru l'antéchrist du catholicisme linguistique. On m'a même cité Anne Hébert :

"Les mots ont une physionomie, un visage particuliers que l'on n'a pas le droit de déformer. C'est à l'écrivain, à l'élève, de fournir un effort pour se mettre au niveau de la langue, et non pas à celle-ci de s'abaisser au niveau du dernier de la classe ! que l'on puisse écrire orthographe sans h et sans ph, comme certains le voudraient, oui, cela me choque..."

Moi, ce qui me choque, Madame Hébert, c'est ramener la langue à une simple question d'ortograf car s'il y a quelque chose d'absurde en français, c'est bien son ortograf ; un ortograf basé sur des considérations n'ayant aucun rapport avec son génie ou, si vous préférez, ce qui lui est propre et unique. Pour toutes les explications que vous pourriez me donner sur l'origine étymologique, historique, diachronique et conséquemment indiscutable de l'ortografie, de cette origine indiscutable car admise par les plus grands dictionnaireux, de cette origine découlant de l'usage ou même juridique des mots "que l'on n'a pas le droit de déformer", je pourrais, si vous m'en donniez le temps, vous aligner des centaines d'exemples où des interventions arbitraires, des fautes de copistes, des évolutions dans la prononciation et autres modifications imposées par des mandarins snobinards sont à l'origine de l'ortograf de milliers des mots que, si vous permettez que je vous recite, "l'on n'a pas le droit de déformer". Idem en ce qui concerne certaines expressions ou tournures de phrase.

C'est ainsi qu'avec son orthograf du XVIIe siècle, même le grand Corneille est devenu illisible.

Je regrette, mais je ne vois pas pourquoi j'écrirais "hémorroïde" (le mot le plus beau de la française langue, selon Gide) plutôt que "haemorrhoide", issu du latin "haemorrhoida", parce que, étant donné le prix des parchemins, on a autorisé un moine du XIIe siècle à remplacer "ae" par un "e" accent aigu et supprimer le deuxième "h". (Ce qui n'explique pas pourquoi de "farmacie" (1314) l'on soit passer à "pharmacie" (1579)...

L'on n'écrit plus comme Rabelais ou Villon ; ni même Racine ou Molière. - Comme disait Raymond Queneau, si leurs ortografs étaient si parfaits, pourquoi les a-t-on amendés ?

Voilà pour l'art et la manière d'écrire les mots d'une langue. Ce qui m'inquiète le plus, Madame Hébert, ce n'est pas qu'on oublie de mettre un accent pour différencier, par exemple le du du ou le du ou. Généralement le contexte rend évident l'utilisation de l'un ou de l'autre ; autrement, en parlant, nous ne pourrions pas nous comprendre. Et quand vous dites "orthographe" plutôt qu'"ortograf", je suppose que vous n'émettez pas un son différent pour signaler vos "h" et "ph". - Non, ce qui m'inquiète, c'est une tendance à vouloir figer la française langue en une série de règles qui rendent son évolution presque impossible, de la signification des mots à la structure des phrases en passant par des principes fabriqués de toutes pièces - l'histoire de l'accord du participe passé conjugué avec avoir est, à ce propos, si honteux qu'on n'ose pas en parler - ou encore à la fixation artificielle d'expressions.

Laissez-moi, ici, préciser deux choses. La première via une citation de Raymond Queneau, tirée d'un article, je crois, datant de 1950 et reprise dans un volume intitulé - sous toutes réserves - "Batons, chiffres et lettres" (1) :

"Il pourrait sembler qu'en France il y ait des questions plus urgentes ou plus vitales que celle de la
Défense de la Langue Française. Pourtant un certain nombre de journaux ou hebdomadaires
consacrent une ou plusieurs colonnes d'une façon régulière à la dite défense. Je ne trouve pas le
propos futile, mais il me semble que l'entreprise est en général marquée par l'esprit de défaite, car
c'est toujours du point de vue de la défensive qu'une pareille défense est faite et cette défense se
réduit toujours à des “
défenses” et à des interdictions. On ne pense qu'à entretenir, conserver,
momifier. C'est du point de vue de l'offensive qu'il faut défendre la langue française, si l'on peut
encore employer ce mot car depuis le Serment de Strasbourg ne l'applique-t-on pas à des
langages qui sont devenus pour nous à peu près incompréhensibles ?

Les  philologues  et  les  linguistes n'ignorent  pas  que  la  langue  française  écrite (celle  que  l'on “
défend” en général) n'a plus que des rapports assez lointains avec la langue française véritable, la langue parlée. Toutes sortes de raisons font que cet abîme n'apparaît pas clairement : le maintien de l'orthographe, l'enseignement obligatoire, l'automatisme qui fait passer d'une langue à l'autre dans les circonstances officielles, administratives ou solennelles. Mais le changement est
profond. Le vocabulaire se modifie insensiblement, enrichi surtout par les actualités et les
événements, mais c'est surtout la syntaxe du français parlé qui s'éloigne de plus en plus de la
syntaxe du français écrit.

On comprend que les pouvoirs aient toujours cherché à cacher cet état de choses. Ce n'est certes
pas aux professeurs à faire cette révolution du langage. Ce qui est étrange c'est que cette
transformation ait échappé à la plupart des écrivains, disons à presque tous jusqu'à ces dernières
années. Ils ont cherché l'originalité dans des domaines certes infiniment respectables, et souvent
métaphysiques. Mais ils n'ont pas vu que c'est dans l'emploi d'un nouveau “
matériau” que
surgirait une nouvelle littérature, vivante, jeune et vraie. L'usage même d'une langue encore
intacte des souillures grammairiennes et de l'emprise des pédagogues devrait créer les idées
elles-mêmes. Dans un article récent, un jeune poète que j'estime déclarait qu'il était persuadé que
la langue dont se sont servis Racine, Voltaire, Chateaubriand, Anatole France et Paul Valéry
contenait dans sa substance toutes les possibilités ! Voilà très précisément ce que je mets en
doute. C'est l'usage de l'italien qui a créé la théologie poétique de Dante, c'est l'usage de
l'allemand qui a créé l'existentialisme de Luther, c'est l'usage du néo-français de la Renaissance
qui a fondé le sentiment de la liberté chez Rabelais et Montaigne. Un langage nouveau suscite
des idées nouvelles et des pensers nouveaux veulent une langue fraîche. Il ne s'agit pas de “
forger de toutes pièces un nouveau langage”, comme m'en accuse le poète dont je parlais plus
haut, mais bien de donner forme à ce qui ne saurait se couler dans le moule cabossé d'une
grammaire défraîchie
."


Raymond Queneau
Photo en provenance du site www.franceinter.fr

D'autre part, je tiens à vous faire remarquer que les mots et expressions que nous avons mentionnés et utilisés dans notre chronique du numéro précédent de cet hebdo n'étaient là que pour souligner la diversité et le renouveau que pourraient apporter à la langue française divers "emprunts" qu'elle pourrait faire à sa version parlée qui est en constante évolution, souvent colorée, constamment imagée et pleine de trouvailles que l'on retrouve de moins en moins dans sa version écrite.

Y'a l'anglicisation de notre langue... Vous voulez sans doute parler de sa refrancisation car, au cas où vous ne le auriez pas, plus de la moitié des mots anglais sont d'origine latino-normando-français...

Mai là, on ne parle plus de langues, mais de religions.

Simon

     (2) Collection Blanche - Gallimard - 1950 (Note de l'éditeur)

***

Non !

"De toutes façons, on ne peut jamais rien te dire..."

Pas sûr si cette remarque, qu'on m'a souvent faite, a un sens ou non. Si j'enlève le mot "jamais", je comprends un peu mieux, mais si on signifie par là qu'on tient à ne "me dire rien" (notez l'inversion), je n'hésiterai pas une seconde : il est exact que je n'accepte pas qu'on me parle pour ne "rien me dire". - Il me faut quand même concéder que je comprends très bien ce que signifie ce "rien me dire" : que je suis bouché à l'émeri, hautain, condescendant et surtout que je n'écoute pas ce que l'on me dit. - Ma réponse est simple : je n'ai jamais écouté quand on me disait une chose semblable. - Curieux, quand même que je puisse la citer, n'est-ce pas ?

(J'aurais des anecdotes savoureuses à vous raconter sur le fait que "je n'écoute jamais", notamment une où j'ai défilé la profession, l'adresse, la marque de voiture, le modèle de l'ordinateur (etc.) d'un blanc-bec qui m'accusait justement de ne jamais me taire alors que, depuis des mois que nous fréquentions le même bar, il n'a pas encore appris où je demeurais. Mais ce sera pour une autre fois.)

Je peux vous dire pourquoi, quand même, je ne prête pas une grande importance à tout ce que l'on me dit. Parce que, d'une part, il est rare qu'on me dit quelque chose de vraiment intéressant et, d'autre part, je suis, dans l'âme, un rebelle. C'est un trait de mon caractère qu'on m'a fait remarquer, que l'on m'a même reproché dès ma petite enfance. Je fus un de ces enfant qui disent "non" dès qu'ils apprennent à dire "je" et que l'on décrit dans tous les livres de psychologie sauf que je ne me suis jamais débarrasser de cette heureuse habitude. Ce fut d'abord "non" à mes parents, mes grands-parents, mes oncles et tantes, puis à mes frères et soeurs. Vinrent ensuite mes professeurs et, le temps de prendre un peu d'assurance, j'ai dit "non" aux curés, à mes premiers patrons, à mes premiers grands patrons et, finalement, à tous ceux qui ont essayé de m'inculquer leurs idées sur tout, en espérant que je les accepte, droit comme un soldat, le doigt figé le long de mes pantalons. Vous les connaissez : ce sont ceux à qui on érige des monuments et qui nous montrent le futur, le bras tendu vers l'avenir (que Prévert a décrit dans un poème que je cherche en vain depuis quelque temps).

À qui je ne dis pas "non" ? -  Voilà la question.

Je ne dis pas "non" à tous les hommes de science, à tous les écrivains, tous les musiciens, peintres, poètes, scénaristes et réalisateurs qui essayent, à leur manière, de nous faire découvrir leur monde et nous en faire part. Never mind s'ils ont ou non une Mercedes ou un iPhone de la dernière pluie.

(Remarquez que j'ai exclus de ma liste les "théologiens" et "hommes politiques", les premiers parce qu'ils ont des réponses à tout avant même qu'on leur pose une question (grâce, entre autres, à un livre écrit il y a deux et même trois mille ans) et les deuxièmes pour diverses raisons, la pire étant qu'ils se croient capables, en bon avocats, médecins ou professeurs de littérature, de décider de la structure d'un pont, de l'emplacement de stations de métro ou même de piloter l'économie d'un pays. - Et je n'ai pas réunis les "écrivains", "musiciens", "poètes" (etc.) sous le vocable d'"artistes" pour éviter que soit compris dans ma liste les "artistes de la scène", la plupart des "comédiens", les "metteurs en scène", les "artistes-coiffeurs", "artistes-décorateurs" et autres espèces du même gabarit : les "couturiers" : les "céramistes", les "éditeurs", les "dessinateurs", les "coloristes", etc., y compris une "directrice de plateaux" (de ma connaissance) - bref : tous ceux qui marchent à deux pieds du sol.)

J'ai un trop grand respect pour tous ceux qui soumettent leurs travaux à leurs pairs en disant ; "Je crois que c'est bien. J'espère que ça pourra vous intéresser."

Ayant, par le passé, été traité de "grognon, d'obstineux, d'impoli, de misogyne, de condescendant, de dédaigneux, et d'insultant" et, en plus, de "quelqu'un qui cherche toujours à se justifier", j'ajouterai, aujourd'hui, le qualificatif de "négatif". Une autre plume à ajouter à mon chapeau.

Simon


Urbanisme :

Boulevard Taschereau, Greenfield Park, Qc.

Photo en provenance du site : http://monde.ccdmd.qc.ca/




L'An Nouveau

Nonobstant ce que mes collègues avancent, dans les diverses chroniques de cette édition du Castor™, je fais partie de cette génération  qui  croit  encore en  la Bible,  Jésus-Christ,  la Rédemption,  la Résurrection,  les Institutions et  la Pros-
périté. Nonobstant, également, ce qu'ils peuvent penser de la place exacte qu'occupe le Jour de l'An dans ce qu'ils appellent "la translation" (de la terre autour du soleil) je crois que, même choisi au hasard, ce jour devrait, en chacun de nous, faire l'objet d'une attention particulière, regénératrice, hors temps.

Aussi, je me permets de souhaiter à chacun et chacune de nos lecteurs et lectrices une bonne et  future année.

 Herméninglide Pérec




 2015 From A Very Narrow Point of View

One concept or general notion I share with Simon is that it is totally absurd to consider the first of January as the day at which a new year begins. Not that a year (read : the translation of the earth around the sun) shouldn't have a beginning ; after all, be it only to date events, a system must be used but I find it uncanny that the day on which January the first falls has changed several times in the last 2,015 years. - You can read all about this on the WEB. - If you're following, for example, the Julian calendar, the current New Year will occur January 14 next.

I agree with him on this and other stuff. And he agrees with me that whenever a "New Year" comes by, one shouldn't feel compelled to consider it as the perfect time for resolutions nor a proper moment to look back at what one did in the previous 365 days (and a quarter). - Don't know about you but it is total chaos around here between the end of December and the first days of January. - It's invitations here, invitations there, gifts to buy, masses to go to, special meals to prepare and so on, including, my father says, sending and receiving best wishes cards and shaking hands with people he's never heard of because they happened to be cousins, four times remote, or past business partners with your late grand uncle.

But gullible as I am, I couldn't help thinking about the following in the hour I completely had to myself shortly after Christmas.

(By the way, you must have noticed over the years that while Christmas always fall on
the same day [December 25], Easter doesn't...)

Here it is :

The Bible. - 1.600 pages. - The most read book in all of history. - Rumor has it that some people have read it several times. Including laymen, some priests, several bishops and cardinals, including up to four televangelists and multiple scholars of different faith. - Originally, in both late Greek and Latin ; from its original Greek Septuagint version and its Latin Codex Amiatinus adaptation (which incorporated translations of previous Hebrew and Aramaic portions). And then, beginning with the 8th century, in Old Chuch Slavonic, Old English, Old German, old what-was-then-known-as Italian, etc. - Today, it can be read in over 500 languages including Chinese, Hindi, Bengali, Serbo-Crotian and even, I heard, Upik, Khosa, Rotokas and... French. - Look at it this way : it is a daunting task ! At one page a day, excluding Christmas, Easter and New Year's day (why not ?), it'll take anybody four and a half translations of the earth around the sun. - Enough time, along the way, to forget its most rococo passages, its incoherence, inconsistencies, scientific innacuracies and, worst of all, contradictions.

I never read it myself. That is completely. Attempted, yes. Several times. Read a lot of it, if memory serves correctly or judging by the wear and tear of my copy, but completely ? No. Never. Every time I tried, I found it boring, like reading fairy tales written for adults (with no naughty bits). - And, at my age, I believe that no priest, rabi, minister, monk or, even worst, preacher will ever be able to convince me, even in the darkest, gloomiest days of my life, that it is the book to read as it is the word of God. I suppose that, for some people, it can be. I'll even grant you that that it may may have been, at some point, notwithstanding the number of people who swear by it, but, if it hasn't been altered over the years by, let's say incompetent copyists or overzealous cenobites, and it is the best thing HE could do, well... my case rests.

Disingenuous criticism, I know, but what can I say ? - If, like me, you have thoughts, something that can be very dangerous (just ask any catholic priest), reading the Bible makes you want to put it on the same shelf as the Green Hornet Chronicles or those of the Spaghetti Monster, the Unicorn and Saint-George in his dragon slaying days. - Casuistry is not my cup of tea. Sorry.

The main reason I thought about it the other day - I'll return to it in a moment. Maybe - is to go back to the answer I gave a few months ago about the number of books I had read over the years (see Le Castor™ - June 2nd, 2014) and draw to your attention to a similarly uninteresting number which happens to be the quantity of documentaries I watched last year. That number is 356 and I must say it surprised me. That's right : three hundred fifty six. Most of them off my Android tablet, downloaded from YouTube and copied unto an external hard disk (see note at the end) which is a bit of an understatement (sic) as I also watched others directly on the Internet.

What sort of documentaries ? Before I go into that, let me say that watching 356 in a single year took about 250 hours of my time. 250 well spent hours because I learned much more in those hours that I would have had, had I read books on their various subjects. It reminded me of the abacus or suanpan. - I don't know if you've ever seen an abacus. My experience with it is, when I was a kid, I regularly saw old Chinese restaurant owners bring them out at the end of each day to add their sales and, generally, do their accounting. - You might have seen one. Here what they looks like :

That particular one do look like toy but, don't kid yourself, it isn't : it's a calculator used mainly for adding and substracting but it can be used for multiplications and divisions. Its format varies a lot. I understand that Japanese models have 4 rings at the bottom (with two on top) whereas the basic abacus has 4 rings and only one ring at the top. The above is a mixture of both. - Basically, numbers are indicated by moving rings around, starting from the bottom right half ; 1 is indicated by pushing one of the bottom rings up ; 2 by pushing 2 and so on. Once you've raised the 4th ring up and ran out of rings (on the classic model), you would bring them done and raise the top ring to indicate the number 5 and start all over (5 + 1 = 6, 5+2 = 7, etc.) until you reach the number 9, in which case you move all rings down but one of bottom ring of the second column up. - Easy to understand that adding and substarting any number implies moving equivalent rings.

You can read all about this on the WEB starting with this page : http://www.wikihow.com/Use-an-Abacus. (Note that it uses a different method to indicate numbers but the principle is the same.)

What is important about all this is that in doing calculations (adding numbers, etc.) three senses are used : that of sight, that of touch and that of... sound (moving beads around do produce a sort of very recognisable "clic"). - That may look like or thought of as being redundant but what it does is that, if one of the three senses is off, as opposed to the others, the user is immediately made aware that he or she has made an error. It's a sort of self correcting or fail-safe calculator.

Now to go back to documentaries, I have found over the years that if I heard and saw something, I would remember it longer than if I had only seen the same thing. Add to this the possibility, in certain documentaries, to add sub-titles to read and you'll be surprised as to what one can learn and remember by looking at, say, a documentary on the American Civil War, when spoken commentaries, photos, contemporary films and moving or computer designed models are used to describe a battle. The same applies to natural science, astronomy, architecture, art and even mathematics including such stuff as quantum mechanics and the Higgins bosom. And this is where, I've slowed down, last year, on my reading and increased my watching documentaries.

No : what did I watch and what I would recommend as superb documentaries ?

Here's a preliminary list :

First and foremost, anything by James Burke, be it his series on "The Day the Universe Changed" to his acclaimed "Connections".

Photo en provenance du site Amazon.com

Second, are the various debates involving Richard Dawkins, Christopher Hitchens, Lawrence Krauss and Sam Harris.

Photo en provenance du site
https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/

Third are three series  :  "Planet Earth" produced by the BBC and the unbelievable "Cosmos" series, first by Carl Sagan and then, by Neil de Grasse Tyson.

                  
Carl Sagan                                                   Neil de Grasse Tyson/

And, if you're more inclined towards the arts, you'll find stuff on Proust, Joyce, Virginia Woolf, Voltaire, Vermeer de Delft, Jackson Pollock, the Renaissance and the building of the Parthenon, the Great Pyramids, etc. How's an interview with Louis-Ferdinand Céline ?

As to history, never, in my life, have I learned as much in so short of time.

Simple : go to YouTube (www.youtube.com) and type whatever interests you. Oh, and you might even like to watch movie classics... or wresting matches. (The Undertaker's are, come to think of it, usually very good.)

Let me know what you find.

Copernique

Notes (on downloading stuff from YouTube) : Really ? I mean you haven't learned yet ?


     Le livre numérique

Un peu plus loin, dans cette édition du Castor™, vous entendrez parler de la lecture, de livres et de littérature qui furent le sujet d'un récent "débat" en la Salle Marc Ronceraille de l'UdeNap. Je ne vous en dirai pas plus ; voir la section "Book Reviews - Lectures"pour de plus amples détails, mais, ayant participé aux discussions, il est un sujet pour lequel je m'étais préparé et qui n'a pas fait l'objet de commentaires. C'est celui du livre numérique à propos duquel le journaliste Fabien Deglise écrivait un court article dans Le Devoir du 23 ou du 24 décembre dernier. (Pas sûr de la date car c'est une amie qui m'en a remis une copie.) En bref, M. Deglise faisait allusion à la prédiction de Nicholas Negroponte (du MIT) qui, il y a cinq ans, a annoncé la mort du livre imprimé avant l'année qui vient de se terminer, soulignant (Monsieur Deglise) que le livre imprimé non seulement n'avait pas, en cinq ans, donné des "signes d'essouflement", mais de vigueur compte tenu de l'augmentation du nombre de libraires au cours de cette période et des millions de dollars consacraient actuellement "dans l'amélioration de leurs infrastructures" des firmes comme Hachette, Simon & Schuster, Penguin, Random House, etc. (cité de mémoire).

Loin de moi l'idée de constester les affirmations de M. Deglise, mais, si vous m'aviez demandé, il y a, non pas cinq ans mais dix ou même quinze ans, la pérennité des "clubs-vidéo", ces endroits où l'on pouvait louer pour presque rien non seulement les films courants mais les chefs-d'oeuvre du cinéma mondial, j'aurais abonder dans le même sens que vous semblez avancer au sujet de cette autre pérennité que sera encore pour bien des années le livre-papier. C'était bien avant la venue de YouTube ou Netflix.

Est-ce que je veux dire par là que le livre numéroque va remplacer, à plus ou moins long terme, le livre imprimé ? Pas du tout. J'ajouterais même que rien ne pourra remplacer le côté matériel - physique -, le plaisir de tenir en ses mains quelque chose qui peut-être un journal, un fascicule, un livre qu'on peut feuilleter à sa guise, déposer sur sa table de chevet, reprendre le lendemain sans se soucier d'avoir à le brancher ni l'impression générale d'avancer dans ses lectures en contemplant les meubles où on les entasse. - Permettez, ici, que je passe par dessus la beauté de certains de ces objets ou le plaisir de l'odeur qu'ils répandent (qu'on me souligne souvent), car tout le monde aura compris ce que je voulais dire.

D'un autre côté, je ne peux m'empêcher de penser, comme Monsieur Popp et Monsieur Copernique le font depuis quelque temps, à ceux qu'il n'y a pas si longtemps certaines personnes insistaients sur les qualités humaines des chandelles, des feux de cheminée ou des chevaux (comme moyen de locomotion) ; bien avant les ampoules électriques, le chauffage central et l'auto. - J'avance cela car l'utilisation de lecteurs numériques offrent des avantages encore insoupçonnés à ceux qui courent chez leur libraire pour se procurer le dernier best-seller et, parmi ces avantages, j'avancerai, entre autres :

- la possibilité d'amener avec soi, en voyage, en vacances, les deux, trois volumes qu'on s'est promis de lire sans avoir à trainer deux kilos de papier

- non seulement ces deux kilos, mais qu'on aura à sa portée les guides de voyage, les dictionnaires et encyclopédies dont on sait qu'on aura de besoin

- il faut également songer à la facilité qu'on aura à trouver un passage de quelques lignes dans un volume de trois mille pages

- sans compter qu'on peut souligner, annoter tout ce qu'on lit sans, d'un malhabile stylo, détruire la valeur d'un livre-papier

- j'ajouterai, en dernier lieu, qu'il est plus facile de conserver "en état de lecture" un livre numérique qu'un livre imprimé et qu'un documentaire, avec animations et multiples intervenants, remplacera facilement quatorzes volumes sur l'"Art à travers les siècles" d'un seul auteur..

Non, je ne ferai pas de prédiction à la Nicholas Negroponte et je n'avancerai certainement pas que le livre imprimé (dont l'existence ne remonte qu'à quelque cinq cents ans, pas plus) est voué à disparaître complètement, mais je vois, dans les restaurants, dans les transports en commun, de moins en moins de livres et de plus en plus de lecteurs électroniques ou de tablettes.

Jeff


Textes choisis

Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n'être vus de personne

Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde

Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine

Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J'en mourrai peut-être.

Guillaume Apollinaire

Fawzi




Un chausson aux pommes avec ça ?

"À quelle galère ?", "Dans quelle galère ?", "Sous quelle galère ?", je me suis embarquée quand j'ai dit "oui" à la proposition qu'on m'a faite pour venir, ici, vous écrire une chronique une fois par mois. La preuve est que je ne sais même pas d'où provient cette ou ces expression(s) et encore moins ce qu'est qu'une "galère". (1)

Quand je suis logique, on me reproche de ne pas être une femme (sic).

Quand je suis une femme, on me reproche d'être logique.

"Les femmes de ton âge ne pensent pas comme ça" me dit-on souvent. - "Comme ça" ou à "À ça" ?

Vous êtes chanceux, chers lecteurs et chères lectrices : vous n'avez qu'à lire, être d'accord ou pas et puis passer à autre chose. Moi, je me demande si je devrais écrire ce que je pense, après y avoir réfléchi, ou réfléchir après avoir écrit ce que j'ai pensé.

Figurez-vous que, dans la même demi-heure, j'ai pensé et réfléchi à la même chose le vendredi 25 décembre dernier en préparant ma mousse de saumon que je devais amener le soir même chez ma belle-soeur qui avait organisé une sorte de souper-réveillon où tous les invités devaient participer à la bouffe.

Vous savez ce à quoi j'ai pensé ? Qu'invitée quelque part, je ne comprenais pas pourquoi j'avais moi, à faire quelque chose comme si c'était moi qui avais lancé l'invitation ; qu'on m'avait imposé un plat, parce qu'il était bon, toujours réussi, etc., alors que j'aurais aimé en préparer un autre ; qu'heureusement, comme ça m'est arrivé l'an passé, on ne m'avait pas confié l'achat des fromages parce que je n'en avais vraiment pas les moyens ; que si, le soir même, on allait ignorer ma mousse parce que la quiche d'une autre belle-soeur allait être meilleure ; qu'on allait pas me retourner mon contenant, le seul que je possédais capable de contenir ma mousse ; qu'un beau-frère allait dire que mon apport était meilleure que tout le reste en me faisant détester de tous ceux et celles qui avaient préparé un autre plat ; etc., etc.

Et on aurait voulu, avec ma robe à choisir, mon maquillage à faire ou ne pas faire, avec mes cheveux que je n'avais pas eu le temps de faire couper, avec mon fils qui allait s'embêter, mon chum qu'il faudrait que je surveille, les présents qui allaient être aimés ou non, les conversations que j'aurais à tenir, les oncles qu'il me faudrait fuir, les tantes qui allaient me reprocher de ne pas les avoir appelées, la belle-mère qui me poserait toutes sortes de questions sur ma vie privée...

Là-dessus, je me suis demandé pourquoi une amie, athée, avait récemment fait baptiser sa fille.

Messieurs, dames, ainsi se conclut ma plaidoirie.

George

(1) Galère : "Bâtiment de guerre ou de commerce à rames et à voiles en usage de l'Antiquité au XVIIIe s." ou (littéraire) : "Lieu dans lequel on mène une vie très dure.", Madame Gauvin faisant sans doute allusion à "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" du regretté Molière qui, dans Les Fourberies de Scapin, fait dire à Géronte, en la scène VII de l'acte II, à propos de son fils, Léandre, supposément enlevé par des galériens turques. (Note de l'éditeur)



Vous êtes gymnopédiste ou non ?

Quel est mon compositeur/musicien/interprète favori ? - C'est un de mes neveux qui m'a posé cette question il y a peu de temps, lors d'une de ces soirées à laquelle j'ai été obligé d'assister parce que c'était "le temps des fêtes". Je n'ai pas su quoi lui répondre. Ce n'était pas la première fois qu'on me posait cette question et si, dans ma vingtaine, ma trentaine ou ma quarantaine, j'aurais peut-être pu lui répondre, avec l'âge je suis devenu de plus en plus incapable de citer un seul nom, encore moins deux ou dix. "Tu n'auras qu'à jeter un coup d'oeil sur ma discothèque... quand je ne serai plus là..." aurais-je pu lui répondre, mais comme je viens de m'en débarrasser... - Je suis, hélas me direz-vous, passé du côté des numériques. J'ai, en effet, depuis plusieurs mois, tout emmepétroisrisé ce que je possédais de pans de mur de 78t, 45t, 33t, rubans, cassettes, films et disques numériques en confiant le tout à quelques disques externes et réparti une partie de leurs contenus dans divers appareils dont un téléphone dit intelligent, une tablette et quelques lecteurs. - Dubé s'est modernisé !

Il (mon neveu) n'aura, s'il veut vraiment savoir, qu'à consulter ces appareils sauf que... il n'aura pas le loisir, en examinant mes enregistrements, au nombre de dizaines de milliers, de deviner ceux que j'écoutais le plus souvent, n'ayant pas à sa disposition l'usure des sillons, les marques laissées par le temps sur les pochettes que je retirais des rayons où chacun de mes disques vivaient l'un à côté de l'autre. Et puis, comment aurait-il pu, de toutes façons, deviner que j'aurais acheté un 33t, particulièrement usé, dans l'état où il se trouvait ? - Sans compter les inévitables Barry Manilow, Ray Connif ou The Best of qu'on m'avait "légués" parce qu'on ne savait plus quoi en faire.

Certains coffrets auraient pu le surprendre : mes Tino Rossi, par exemple, l'édition polonaise (Erato) de Chopin, mes six versions de Pelléas et Mélisande ou la quantité de mes Thelonius Monk ; mais comment aurai-il pu deviner qu'à un moment donné, j'ai été particulièrement, intéressé par Scriabin (deux disques), Vasily Kallinnikov (un seul) ou Giovanni Perluigi Palestrina que j'avais découvert en me procurant un CD où figuraient quelques oeuvres de Gregorio Allegri ? (Sans compter quelques suites pour trompette, orgue et tympan de Jeremiah Clarke...)

Et puis comment lui expliquer que, parmi mes enregistrements, se trouvait la Gymnopédie numéro 3 d'Erik Satie, jouée à la trompette par Alison Balsom, tiré de son dernier (?) CD, Paris, paru chez Warner Classics en 2014 :

Cliquez sur la note :

La réponse est que cette Alison est plutôt jolie :

"Alison Balsom"
Kowa at the German language Wikipedia.
Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons

paul

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


      Book Review - Lectures

Thomas Pynchon

I wanted to write this week about the most recluse American author of all times including J. D. Sallinger, (because I just got a copy of his fifth novel [1]), namelly Thomas Pynchon, but I was sidetracked by another book which was given to me by an absolute fan of the authors-conférenciers-polemists known collectively as the Four Horseman : Richard Dawkins, Christopher Hitchens, Daniel Dennett and Sam Harris. (Check them up on YouTube.) - The book, written by the later, was entitled "The End of Faith" (2) about which Natalie Angier of the New York Times said. on its backcover that : "[...It...] articulates the dangers and absurdities of organized religions so fiercely and so fearlessly that I felt relieved as I read it, vindicated, almost personnaly understood". - You can read about her on Wikipedia and find other critics on the WEB.

Sam who ? You might ask. - Again, go on the WEB and read the page written about him on Wikipedia. You might also go on YouTube, type his name and check the numerous videos of the conferences he gave, the debates in which he participated and so on, but, as much as his no-panache and definite non-orator conférencier style might indicate, you will be surprised by his penmenship. He's a pure delight to read.

Briefly stated, The End of Faith is an essay on how world politics are influenced by unsubstantiated claims that certain Gods exist or have existed (Christian, Islamic, Jewish, etc.) and how, through the history of mankind, nations have been disguised theocraties which implies that, if humanity does not change the way it thinks, it shall eventually kill itself.

It wasn't well received by most faith-based critics but it stayed on the New York Times Best Seller list for a total of 33 weeks which goes to show that some people out there are listening.

To be compared with The God Delusion (3) by Richard Dawkins and God is not Great : How Religion Poisons Everything (4) by Christopher Hitchens.

But then, if you believe that the Bible (or the Koran) are God Inspired books. Don't bother.

Here's the beginning of his The End of Faith :

"THE young man boards the bus as it leaves the terminal. He wears an overcoat. Beneath his overcoat, he is wearing a bomb. His pockets are filled with nails, ball bearings, and rat poison. The bus is crowded and headed for the heart of the city. The young man takes his seat beside a middle-aged couple. He will wait for the bus to reach its next stop. The couple at his side appears to be shopping for a new refrigerator. The woman has decided on a model, but her husband worries that it will be too expensive. He indicates another one in a brochure that lies open on her lap.

The next stop comes into view. The bus doors swing. The woman observes that the model her husband has selected will not fit in the space underneath their cabinets. New passengers have taken the last remaining seats and begun gathering in the aisle. The bus is now full. The young man smiles. With the press of a button he destroys himself, the couple at his side, and twenty others on the bus. The nails, ball bearings, and rat poison ensure further casualties on the street and in the surrounding cars. All has gone according to plan.

The young man's parents soon learn of his fate. Although saddened to have lost a son, they feel tremendous pride at his accomplishment. They know that he has gone to heaven and prepared the way for them to follow. He has also sent his victims to hell for eternity. It is a double victory. The neighbors find the event a great cause for celebration and honor the young man's parents by giving them gifts of food and money.

These are the facts. This is all we know for certain about the young man. Is there anything else that we can infer about him on the basis of his behavior? Was he popular in school? Was he rich or was he poor? Was he of low or high intelligence? His actions leave no clue at all. Did he have a college education? Did he have a bright future as a mechanical engineer? His behavior is simply mute on questions of this sort, and hundreds like them.

Why is it so easy, then, so trivially easy—you-could-almost-bet-your-life-on-it easy—to guess the young man's religion ?"

Interesting début ? No ?

Copernique

P.-S. : The God Delusion was the subject of a documentary under the name of "The Age of Reason" which you'll find on YouTube at the following address : https://www.youtube.com/watch?v=9FiHRVb_uE0 and in which you'll will hear, amongst others, two statements made by, not right-wing-religious-fanatic, but freaks : at 22m00 (an American preacher who was subsequently found guilty of having homosexual relations with a male prostitute) and at 41m00 a New York born Jew who is now of Islamic faith. - Well worth listening to.

(1) Mason and Dixon (Henry Holt and Company, 1997)
(2) The End of Faith (W. W. Norton, 2004)
(3) Bantam Books (2006)
(4) Atlantic Books (2007)

***

Sur la lecture

Ceux qui nous suivent ont dû réaliser depuis le début que nos chroniqueurs ne sont pas des amateurs de récits ou de romans, qu'ils ont plutôt enclins à lire des essais (Copernique), des opinions (Simon), des écrits sur la musique (Paul) ou les sciences (Jeff). - Oh, parfois, oui, il leur arrive de parler d'un livre sur les aventures d'un chat aveugle, de volumes encyclopédiques, de traités sur la religion (et autres banalités, tint à préciser Simon lorsqu'il lut la première version de ce texte), mais, si l'on tient compte des livres qui ont fait l'objet de leurs chroniques et de leurs conversations, surtout, quand ils se rencontrent, l'on se doit de constater que leur culture individuelle et collective dépasse largement le cadre restreint où ils se confinent. - C'est la raison pour laquelle, à la fin de novembre et au début de décembre dernier, nous les avons conviés à deux débats où chacun fut forcé de dévoiler non seulement les objets de leurs lectures, mais le contenu de leurs bibliothèques et leurs habitudes face à l'écriture en général.

Ces débats se sont déroulés en public, en la salle Marc Ronceraille du Centre d'Accueil de l'Université où il a fallu, lors du deuxième débat, refuser l'entrée à beaucoup trop de gens intéressés à entendre de vive voix les commentaires de nos quatre invités. - Espérons que, dans un avenir prochain, pourront être réalisées d'autres rencontres du même genre.

Voici des extraits des discussions qui se sont déroulées au cours des deux soirées précitées :

(Modérateur : Herméninglide Pérec)

Que lisez-vous en ce moment ?

Simon :

Une question quasi-piège. Si je vous disais que je suis en train de lire une biographie d'un chanteur britannique d'origine antillaise qui fut très populaire dans les années trente (ce qui est tout à fait exact), vous pourriez penser que je suis bien superficiel et que je lis à peu près n'importe quoi alors qu'il n'y a pas longtemps j'ai lu presque tout Tacite, y compris son dialogue sur les orateurs. - Votre question devrait plutôt être : "Que lisez-vous habituellement ?" ou encore "Qu'avez-vous lu depuis que vous avez appris à lire ?" - Dans l'un ou l'autre cas, je vous répondrais "les classiques". Et alors là, faudrait s'entendre ce qu'est un "classique".

Paul :

Bien d'accord. Je suis un peu comme vous, Simon, sauf que je lis beaucoup plus sur la musique que ces "classiques" dont vous parlez. Ce qui implique des choses beaucoup plus triviales que votre chanteur - Leslie Hutchison, non ? (*). - Ma bibliothèque contient des centaines de volumes sur la chanson populaire du dernier siècle.

(*) Ce à quoi Simon ouvrit les mains pour indiquer que Paul savait tout !

Simon :

Oh, si vous voulez parler de bibliothèques, la mienne contient des trous immenses. J'ai même une réponse à la Woody Allen pour ces trous. - Quand on me demande, par exemple, si j'ai lu Balzac, Zola ou Maupassant, je réponds oui, sauf qu'aucun de ces auteurs ne se trouve dans ma bibliothèque. C'est que, quand nous nous sommes séparés, mon ex est parti avec tous les livres de cuisine, tous les romans policiers et le XIXe siècle !

Copernique :

Vous seriez bien embêté de savoir ce que je lis en jetant un coup d'oeil sur tout au plus la centaine de livres à la maison. Si vous éliminez les dictionnaires, les livres de cuisine et les "Comment réparer un lavabo...", vous n'y trouverez que des annuaires téléphoniques ! - Nous empruntons à différentes bibliothèque universitaires ou publiques tout ce que nous lisons. Sans compter que nous trouvons à peu près tout sur Internet, c'est-à-dire ce qui est du domaine public : 99% de tout ce qui a été publié depuis l'invention de l'écriture !

Jeff :

Je ne vous rappelerai pas vos âges mais, en ce qui me concerne, je ne sais plus où donner de la tête quand je rentre chez un libraire. Si je m'écoutais, j'achèterais volontiers des dizaines de livres par jour. Il y a tant de choses à lire !

Paul :

Pour ça, oui. Quand j'avais votre âge, toutes mes économies y passaient jusqu'à ce que je découvre ce qu'était la "critique". Oh, j'ai mis du temps à trouver des auteurs qui savaient dont ils parlaient et surtout des auteurs qui s'intéressaient à ce qui m'intéressait, moi. Pas ces columnists à qui les éditeurs envoient toutes leurs publications en espérant qu'ils les mentionnent dans leurs chroniques. - George Bernard Shaw m'a guidé en musique ; Léautaud et Gide en liitérature, et je me souviens d'un livre préfacé par Bernard Pivot (1) sur les cent meilleurs de tous les temps, classés, si je me souviens bien, par genres, époques, etc. - Mais c'était bien avant l'Internet où vous trouverez des listes sans fin dont une en particulier , élaborée par - vous allez peut-être en douter - Le Cercle norvégien du livre, à partir des propositions de 100 écrivains issus de je-ne-sais-plus combien de pays différents (2).

Copernique :

C'est qu'on ne peut pas tout lire ou, comme l'a fait notre distingué collègue, lire Proust trois fois, deux fois en français et une fois en anglais... quoique je suis d'avis qu'on peut, toute sa vie, lire qu'un seul auteur et en apprendre plus sur le monde en le lisant à fond qu'en lisant tous les best-sellers de la semaine.

À suivre...

***

(1) "La bibliothèque idéale", un ouvrage réalisé sous la direction de Pierre Boncenne, avec la collaboration d'Alain Jaubert, Hugues de Kerret, préfacé par Bernard Pivot, et publié chez Albin Michel en 1988. (Note de l'éditeur)
Voir également à : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_id%C3%A9ale

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_100_meilleurs_livres_de_tous_les_temps (Note de l'éditeur).


Le courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Réponses diverses :

M. Hector Charland - Caracas, Venezuela

Alois Hudal. - Voir sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alois_Hudal

Mme Phonsine Beauchemin - St-Jean-de-Barthelemy, Var

"Honorificabilitudinitatibus" : Act V, Scene I of William Shakespeare's Love's Labour's Lost.

M. Alexis Labranche (alias Joe Branch) - Denver, Colorado

D'après le World Christian Encyclopedia de l'Université d'Oxford, 84% de la population mondiale croierair en une ou plusieurs divinités dont 2.5 milliards de chrétiens environ 1 milliard de catholiques, un peu plus qu'un milliard d'islamistes, 850 millions d'hindous et 400 millions de boudhistes, le tout réparti en quelque 40 mille dénominations dont 34 mille dénominations chrétiennes.

Mme Angélina Desmarais - Victoria, Brish Columbia, Canada

Oui, Madame, une équipe de chercheurs de l'Université Harvard a bel et bien confirmé que les individus élus à la tête d'un gouvernement, de 1722 à 2015, ont vécu 4,4 années de moins que ceux qui n'ont jamais exercé le pouvoir. - Un communiqué du Professeur Marshall a interdit toutes célébrations à cet égard.

Voir le site du British Musical Journal : http://www.bmj.com/content/351/bmj.h6424

Mme Antime Chevron - Salaberry-de-Valleyfield, Québec

On attribue généralement à Abou Ḥamid Moḥammed ibn Moḥammed al-Ghazālī (1058-1111) le fait que le monde islamique a mis fin, jusqu'à ce jour, à toutes recherches dans les sciences exactes.

M. Jacob Salvail - Tulsa, Oklahoma

Le "Novum testamentum græcum, cum lectionibus variantibus MSS. exemplarium, versionun, editionum SS. patrum et scriptorum ecclesiasticorum, et in easdem nolis" de John Mill (étude critique des variantes dans les textes du Nouveau Testament), publié pour la première fois en 1707. 

M. Didace Beauchemin - Amarillo, Texas

Le 15 octobre 1945 en la prison de Fresnes dans le département de la Seine (actuellement Val-de-Marne).

Ms Julie Fourchu - Miserable City, Manitoba

A) La science est un ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales.

B) La foi est l'adhésion totale de l'homme à un idéal qui le dépasse, à une croyance quelconque.

Exemple :

Est-ce que Jésus-Christ a vraiment ressuscité ?

Réponse :

A) De plus en plus d'historiens avancent la possibilité que Jésus-Christ n'ait pas existé.

B) Oui.

M. Évangéliste Poudrier - Medecine Hat, Alberta

Non, Monsieur Poudrier, il n'a pas encore été démontré que les éoliennes ralentissaient les vents, tous les vents y compris ceux qui sont créés par les mouvements des feuilles dans les arbres.

 

Cette édition du Castor est dédiée à :

George Bernard Shaw
(1856-1950)

(Photo en provenance du site www.berlinda.org)

c


"Wouldn't it be just right to place statues of musicians, poets, philosophers, scientists, et al.,
everywhere, instead of politicians, generals, and other war mongers ?"

"Ce ne serait pas plus intelligent de placer des statues de musiciens, de poètes, de philosophes, d'hommes
de science, etc. , partout, plutôt que des statues de politiciens, de généraux et autres fauteurs de guerre ?
"

(Ken Thomas - On Bix Beiderbecke)

 

 

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