Volume XXVI, n° 3

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 2 novembre 2015

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™, tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Dolla-podrida (1) ou Salmigondis (2)
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André Gide, Julien Green, Proust, d'Ormesson, Christopher Hitchens, Sam Harris, Herman Melville, Edna St-Vincent-Millay, Jules César, Robespierre, Richard Carrier, Marcel Godin, Pascal, Bossuet, Bach et Laverne, Jack Nicholson, Robert Gunning, de Napierville-à-Berlin, Voyager 1, Arthur Buis, Napoléon, Oscar Wilde et Charles Baudelaire.

Clint Eastwood, Arnold Schwarzennegger et Orson Welles.

Haydn, Wagner, Mahler, Carole King, de Napierville-à-Wichita, Robert De Niro, la Grand Ourse, C. et E. Flammarion un verre de rouge rue Soufflot à Paris, une bière au Bunch of Grapes à Londres, une vodka au Drake Hotel de Chicago, un Martini  chez Jimmy's Corner de New York et même... de "petites fesses intelligentes".

Et un interview exclusif ; avec nulle autre que Madame Malhasti !

De quoi occuper la masse si fine et si intelligente de nos lecteurs pour quelque temps.

Pas un seul mot sur les récentes élections cependant. Enfin presque pas : une remarque, et une seule, dite par le fils du Professeur au début du mois dernier en le Bar l'Abri (du Dragon basané) et reprise, quelques jours plus tard, dans un grand quotidien de Montréal. - Citez-nous, mais citez-nous bien...

Bonne lecture !

Votre éditeur

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(1) Mélange disparate de choses ou de personnes. Une variété qui fait du livre une dolla-podrida qui défie l'analyse (Balzac, Oeuvres div., t.2, 1835, p.675).

(2) Ramassis d'idées, de paroles ou d'écrits formant un tout disparate et incohérent. Le seul des nombreux ouvrages de Béroalde de Verville dont on se souvienne aujourd'hui, est un salmigondis véritable, un sale lendemain de mardi-gras, où les convives lâchent de temps en temps quelques mots heureux à travers des bouffées d'ivresse (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 276).

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.


Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.



 Nullus sensus omnino

"La logique est le dernier refuge des gens sans imagination."
(Oscar Wilde)            

J'ai bien ri en septembre dernier quand j'ai lu, ici même, que le Professeur Marshall (notre ami à tous, etc.) n'allait pas écrire ses Mémoires parce qu'il estimait avoir [déjà] "...embêté suffisamment de gens" [au cours de sa vie]. - Or words to that effect, comme disait le regretté saint Jean, si souvent cité par M. Pérec.

J'ai moins ri quand j'ai lu, dans la même édition, la chronique de son fils, Copernique, qui se demandait à quoi pouvaient servir les biographies et les autobiographies de gens dont les vies avaient été aussi ennuyeuses que les nôtres, mais j'ai acquiescé à l'idée qu'une autobiographie (et non une biographie) pouvait être très intéressante si elle était écrite avec style. Il donnait à titre d'exemples, celles d'André Gide et de Julien Green, lesquelles, je m'empresse d'ajouter, sont admirables à la fois par leur fond et leur forme.

À sa suggestion (Copernique), je me suis attaqué récemment à l'autobiographie de Christopher Hitchens (dont il parle justement dans la section "Lectures" du présent Castor™) et j'en ai trouvé la préface très émouvante, mais je n'ai pas su encore poursuivre ma lecture bien en avant (je me suis rendu jusqu'au Commodore), ayant préféré, pour le moment, l'entendre et le voir au cours des nombreuses conférences qu'il a données ou débats auxquels il a participé. - Allez sur YouTube et tapez "Christopher Hitchens" ; vous verrez qu'il fut un orateur de tout premier ordre et, surtout, un opposant dont il fallait se méfier. Se faire "hitchslapper" par lui était à craindre.

Tenez, commencez par ceci ("Don't waste my time with Islam..."). Ça tient en trois minutes :

https://www.youtube.com/watch?v=5sEcBzxoMB8

Ou passez à "The Best of" (11m45) :

https://www.youtube.com/watch?v=K5Xx9IxlrEg

Mais pour en revenir aux autobiographiques, j'aime également les romans écrits à la première personne. - À la recherche du Temps perdu de Proust, comme je l'ai déjà dit trop souvent. - Moby Dick de Melville également - Great Expectations de Dickens : admirable. - Et même Au plaisir de Dieu de d'Ormesson. - À mon avis, le pronom "je" donne, je ne sais pas, une certaine couleur au récit qui échappe au "il", au singulier, tout comme au pluriel.

Je ne serai pas présomptueux : je ne dirai pas que je ne ressemble pas à mon père ; à mon père qui, à mon âge, lisait les notices nécrologiques dans La Presse non pas avec plaisir, mais une certaine satisfaction. Probablement parce que je n'ai pas connu beaucoup de gens dans ma vie ou, si j'en ai connus, je ne leur ai jamais porté une quelconque attention (mon genre). Comme lui, cependant, je réalise qu'avec le temps, l'on me convie à beaucoup plus de 50, 60 et même 70e anniversaires (de naissance ou de mariage) qu'à des noces, des baptêmes ou, je ne sais si ça existe encore, des confirmations. Et puis ça mourre de plus en plus autour de moi : des collègues, des parents lointains, des proches même, qui finissent par "passer de l'autre côté". - De quel "autre côté", je n'en ai aucune idée, mais j'en ferai, éventuellement, l'objet d'une autre chronique. - J'apprends la nouvelle de ces trépassements au cours de rencontres diverses ("Tu sais untel, ben..." ou encore : "T'as aucune idée qui est mort la semaine dernière..."). Parfois, on m'apporte une découpure de ce qu'on appelle poliment "un journal" me disant qu'"un (ou unetelle") n'est plus. Dans l'un ou l'autre cas, je ne sais quoi dire, étant quelque peu détaché de la société sauf que, si j'apprends par hasard la mort d'un proche, je ne sais pas comment réagir.

Edna St-Vincent-Millay :

If I should learn, in some quite casual way, 
That you were gone, not to return again— 
Read from the back-page of a paper, say, 
Held by a neighbor in a subway train, 
How at the corner of this avenue
And such a street (so are the papers filled) 
A hurrying man—who happened to be you— 
At noon to-day had happened to be killed, 
I should not cry aloud—I could not cry 
Aloud, or wring my hands in such a place—
I should but watch the station lights rush by 
With a more careful interest on my face, 
Or raise my eyes and read with greater care 
Where to store furs and how to treat the hair.

(Madame Malhasti, S.V.P. nous tradapter cela !)

Dans un cas semblable je n'en serais pas aux fourrures ni au shampoing, mais je pense que je finirais tranquillement ma cigarette...

Ce qui me ramène (ce que je peux être dispersé aujourd'hui !) aux autobiographies, à mon autobiographie :

Ma vie, jusqu'à présent, ayant été bien ordinaire, je ne conçois la raconter pas autrement qu'embellie ; embellie au point où mon autobio sera presque mensongère. Pas question de dire que je suis né dans un sordide appartement, aujourd'hui démolie, ni vécu un temps dans un deuxième qui, a également été démolie, ni dans un troisième sis dans un milieu où la classe moyenne (dont mes parents faisaient partie) passait pour pauvre, non : j'aurai vécu dans un milieu aisé. - Sur bien des aspects, je passerais complètement à côté de la réalité, mais justement : de quelle réalité ?

J'en ai connu deux :

Celle de tous les jours et qui est d'une banalité sordide. Lever, petit déjeuner, études ou travail, misérable lunch, dîner et puis dodo. - L'éternel dodo-métro-boulot.

Et puis il y a eu la deuxième beaucoup plus intéressante. Celle où, chez mon coiffeur, j'étais chef d'entreprise puis écrivain en divers watering holes, voyageur sans frontière à vingt kilomètres de chez moi et puis, parfois, un séducteur, un spécialiste en littérature anglaise du XIXe siècle ou un grand connaisseur de sport, que ce soit la marche, la nage ou le saut en hauteur.

Y'aurait beaucoup à dire là-dessus. Imaginez Jules César en danseur à claquettes, Robespierre en ébéniste, Montesquiou en commentateur sportif, Proust en pilote de course...

Non, Oscar : "L'ennui est le dernier refuge des gens sans imagination".

L'ignoranteté

Ce qui me hérisse le plus, m'horripile même, ce n'est vraiment pas ce dont je parle régulièrement dans ces chroniques, ces agaceries quotidiennes comme celle d'être derrière la dame qui, au supermarché, attend qu'on ait fait le compte de son addition avant d'ouvrir son cabas, pour en retirer son sac à main duquel elle extirpe son porte-feuille puis son porte-monnaie dans lequel se trouve non seulement son argent, mais aussi ses coupons-rabais qu'elle présente un par un avant de passer à ses billets puis sa petite monnaie qu'elle remet jusqu'à la dernière pièce, les trois vingt-cinq cents, le dix cents et le cinq cents qu'il lui faut (merci, Monsieur Ti-Gus) ; ou encore le conducteur d'une voiture qui nous dépasse sur l'autoroute pour s'installer directement devant et ralentir ; ou encore celui qui, à l'aéroport, n'a jamais les bons documents... - Bach et Laverne ont, à ce propos enregistré un excellent sketch intitulé Au bureau de poste. Le voici :

Cliquez sur la note :

Non, ce qui me fait grimper sur les murs, c'est l'ignoranteté.

Il enexiste plusieurs types :

L'ignoranteté pure, celle qu'on pourrait définir comme étant l'absence totale de connaissance ou une fausse conception, ou une opinion relative à un domaine ou un objet quelconque. Ex. : le soleil tourne autour de la terre.

L'autre relève du côté psychiatrique : elle découle d'une certitude ou une d'opinion profonde et inaltérable, malgré toutes les preuves qu'on puisse produire à celui qui en est atteint. Ex. : tous les immigrants qui entrent au pays sont là pour voler les emplois à ceux qui y résident.

À divers degré. - L'historien et conférencier Richard Carrier, auteur de Proving History : Bayes's Theorem and the Quest for the Historical Jesus (Amherst, NY : Prometheus Books, 2012), en a dressé une liste :

- L'ignoranteté sans conséquence

- L'ignoranteté qui affecte le comportement d'une personne

- L'ignoranteté dangereuse pour celui qui en est atteint

- L'ignoranteté qui frôle l'absurdité

- Et l'ignoranteté crasse.

Il définit d'ailleurs ce qui pourrait faire l'objet de cette dernière catégorie :

"[L'ignoranteté] qui a pour base une fausse croyance basée sur des inférences inexactes en ce qui concerne la réalité et à laquelle une personne tient malgré toutes les apparences du contraire et toutes les preuves qu'on lui apportent."

Curieusement, comme disait Marcel Godin, non seulement, ce type d'ignoranteté se répand de plus en plus, mais elle commence à s'organiser. Ainsi, au 2800 Bullittsburg Church Rd., Petersburg, KY 41080 (USA), se trouve le : 

http://creationmuseum.org/

Simon

***

P.-S. : À la douannière qui m'a demandé récemment ce que je faisais avec un Louisville Slugger dans ma voiture : "Je vous ai menti." - Que cela soit connu : mon fils ne joue pas au baseball - d'ailleurs, je n'ai pas de fils. Non, Monsieur, Madame, amis et amies, frères et soeurs et camarades: la raison pour laquelle j'ai un tel objet dans mon auto est que, ayant vu Joe Pesci dans quelques films, j'ai réalisé qu'il était plus facile de convaincre mon voisin de baisser le son de son téléviseur avec cet instrument que de prier pour la même chose.

Pour nos amis d'outre-mer :

Un Louisville Slugger est un baton de baseball fabriqué par la firme Hillerich & Bradsby Company, une société américaine localisée à Louisville, Kentucky. C'est le baton officiel des ligues National et American



À "Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires..."

J'étais chez des amis, dans le Rhode Island, il y a quelques jours, lorsque, chose normale à mon âge, je me suis réveillé vers quatre heures du matin, dans cet espace de la nuit où l'homme inquiet n'arrive plus à se rendormir. Quiètement, je vêtis quelques hardes et descendis au rez-de-chaussée pour m'installer dans un confortable armchair où, espérant retourner dans les bras de Morphée, je m'attaquais pour une sixième fois aux Pensées de Pascal (1), section II, sous-section 7 : "La foi et les moyens de croire." (2) sachant que le style chlorophormique de l'auteur des Provinciales allait exercer son bénéfique travail. Je m'y suis rapidement assoupis pour être presque aussitôt réveillé par Jack (c'est le nom de mon ami), à quatre heures et demi du matin, qui me dit : "Thought I heard you get up. - Let's go !"


Rhode Island

(Faudrait qu'un jour je vous parle de mon ami, Jack, qui est... dialoguiste. - Son métier consiste à réviser les répliques que les comédiens hollywoodiens doivent aujourd'hui donner sur les grands écrans et en corriger les archaïsmes des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. - "Je suis, me dit-il un jour dans sa shakespearienne langue, le grand responsable des 'F*ck, C*nt, Mother ou C*ock...*ucker..." des dernières années ! - M'a même fallu enseigner à De Niro et Pesci comment blasphémer !" - Je n'en dirais pas plus à cause des jeunes filles qui nous écoutent quoiqu'en contre-partie, je me dois de mentionner que son épouse écrit des livres pour enfants... - Ce qui nous amènerait loin du réveil dont je tenais à parler dans cette courte chronique.)

Cinq minutes plus tard, donc, nous étions à bord de son 4X4 dont, pour le bénéfice des amateurs de voitures, je n'ai malheureursement pas retenu ni l'année, ni le modèle, et nous nous sommes rendus à quelques miles de là dans un endroit que je qualifierais, même en plein jour, de désertique sauf que nous étions au bord de l'océan (l'Atlantique) et que les effluves embaumées de ses flots eurent un effet anti-pascalien des plus surprenants. - Là, il sortit une paire de jumelles de son coffre à gant et, lo and behold, (Bossuet [3]) me voilà en train de contempler les cieux où, vivant dans un milieu urbain, je n'avais jamais su qu'il pouvait y exister tant d'étoiles et autres objets célestes.

", me dit Jack [je traduis], c'est la Grand Ourse et là, l'Étoile du nord. Et là, la constellation d'Orion, avec sa Bételgeuse, en haut à gauche, sa Rigel, en bas à droite, sa ceinture au centre et, en dessous, ses nuages et sa galaxie..."

Il continua, comme ça, pendant plusieurs minutes, me faisant découvrir des merveilles, des astres presque féeriques qui se trouvaient au-dessus de ma tête, astres qui, je l'appris par la suite, s'y trouvaient depuis que je suis au monde et auxquels je n'avais vraiment pas porté attention ; mais le clou de cet événement, fut lorsqu'il me montra la planète Vénus dans toute sa splendeur et puis, chose rare (me dit-il), Jupiter et Mars, presque côte à côte, juste en dessous.

Dire, ai-je par la suite pensé, que j'ai vécu toute ma vie dans une cathédrale et que n'en ai jamais regardé la voûte !

Depuis, je me suis replongé dans l'Astronomie populaire de Flammarion (4), ouvrage qui m'avait, un moment, intéressé, il y a des années et que je découvre, redécouvre même, et m'émerveille !

Vous allez me dire que l'ouvrage n'est pas récent, mais moi non plus.

 Herméninglide Pérec

(1) Pascal - Oeuvres complètes - La Pléiade - 1954

(2) Pensées - Opus cité - Le noeud - L'ultime problème. L'homme a-t-il été élevé à l'état surnaturel ? - Page 1.228.

(3) Oraisons funèbres dont celle de Henriette-Anne d'Angleterre (1670) - "Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées !" - Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur la toile :

http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/bovary_6/textes/oraisons.html

(4) L'astronomie populaire de Camille Flammarion (C. Marpon et E. Flammarion Éditeurs - 1880) - Réédité dans un fac-similé en deux volumes, chez les Éditions Flammarion, en 2002).


Truth or Dare

I haven't a clue why movie critics consider Jack Nicholson a great actor but then I haven't a clue why I shouldn't either. Because, I suppose, I haven't seen him in more than two or three films. Add to this the fact that I don't watch movies that much. Particularly "recent" movies. - I understand he won three Oscars, but then, who hasn't won at least one ? Charlton Heston won his for his role in "Ben-Hur" (which won 11 !) and so did Leon Shamroy for Cleopatra, John G. Avidson for Rocky, Rick Baker for Harry and the Hendersons, Renee Zellweger for Cold Mountains, Mauro Fiore for Avatar... some of them for cinematography, some for acting, some for make-up... - So what ? On the acting side, have you ever heard of these forgotten, but never forgotten, likes of : Paul Muni [The Story of Louis Pasteur], Robert Donat [Goodbye, Mr. Chips], Paul Lukas [Watch on the Rhine], Ronald Colman [A Double Life], Ernest Borgnine [Marty], John Wayne [True Grit], Dustin Hoffman [Kramer versus Kramer], Geoffrey Rush [Shine], etc., etc. ?

Some scenes, some situations, some one-liners have jumped off the big screen and become part of what-you-can-call "ordinary stuff" or, in certain areas, our sub-conscious, everybody's sub-conscious. I'm thinking of Boris Karloff as the monster in Frankentein, Clint Eastwood as the quintessential Western hero, Arnold Schwarzenegger saying, for the first time, "Ill be back", or Orson Welles' "Rosebud". But, for Jack Nicholson, I can only think of : "You can't handle the truth" which has been so quoted and quoted and quoted again that it pratically lost its meaning.

Why am I, today, mentioning Nicholson and "You can't handle the truth" ? - Because I was thinking, recently, that I read a lot of stuff dealing with History (capital H) and, yes, I have to agree that, as a rule, we can't handle the truth. Like, nobody wants to hear, particularly in France, that Napoleon was a sleasy scumbag only interested in power, intimidation and, first of all, money, that some of the worst collaborators during the Ocupation are still regarded as heroes, or, closer to our side of the Atlantic, our most revered politicians didn't give a damn about people. Some were lucky : Kennedy was killed before it was discovered that he was a womenizer of the worst kind (which is why his wife was sleeping around on her side). - And then, some people lasted too long. They were "discovered" before they could retire : Nixon, the Bush family, Caucescu, Mother Teresa (now there goes a winner!), Henry Kissinger ... Hell, the Duvalier's are planning a comeback ! - And then come Trudeau's son. His name would have been Tremblay, he wouldn't have made it as a fourth class representive of an obscure by-election. - Wanna hear more ? How about Sarah Palin ? Rick Santorium ? Mitt Romney ?

Now, with an introduction like that, you would expect me to talk about politics, the Republicans, the Democrats, the Conservatives, the Liberals, the Green Party and even democracy versus what goes on in Saudi Arabia. - No way ! What I'd like to talk about is history and how it's being taught.

Very badly if you ask me. Or should I say very poorly ?

The problem stems from two major biais. The first is that history has always been written by winners, conquerors or, generally speaking, people who, for one reason or another, were on top. The second is that history is written by historians who, as unprejudiced they want to be, always try to make a point. A third aspect could be mentioned : that history is usually made up of a series of facts, explained by historians (point number 2), but with total disregard for what we could learned from theses facts. - See :


Michel Foucault

Take Jesus, for example. I know : not a subject with which one shouldn't deal historically. - The same thing applies to Mohamed but mentioning Mohamed, Islam or the Qur'an isn't something that should be, nowadays, discussed in mixed company... - There's two ways you can deal with Jesus : you can read the Bible which will ask you, to begin with, to believe that the world was created in six days, some 6.000 years ago, that there was a great flood some 2.000 years afterwards and other "facts" which have been debunked so many times that I can't believe that is is still considered as a crucial historical document or, you can read hundreds of books writen by historians who have researched everything dealing with archeology, the Roman's occupation of Palestine and\or read every books and accounts dealing with the first, second and third centuries and Christianity. Surprise, surprise : not one of them has been able to demonstrate without a shadow of a doubt the existence of a man called Jesus in the years he is supposed to have lived. - Ask me and I'll send you a list. - But you can find out for yourself by reading the four Gospels simultaneously and try to make sense of what was written about him years after his death : you'll find so many discrepancies and contradictions, you'll wonder why all four were included in the Holy Scriptures.

Another example ? Creation versus Evolution. - There's huge movement in the Southern part of the United Sates trying to have both thaught in schools, side by side. - I won't comment on this that much but I will say that if you consider both to be scientifically (read : historically) valid why not teach astrology and astronomy at the same time explaining that both are valid concept of waht makes the world ? Alchemy and chemistry ; and, while you're at it, St-Augustin and reality.

I could go on for pages, but one thing, I'd like to insist upon and allow me to be adamant on this :

Never - and I mean NEVER - read anything with which you might agree. Particularly when it comes to history.

History IS a storehouse of experiences. Let's understand and use them.

Fog anyone ?

A few weeks ago (1),Le Castor™ published a note of mine which the editor had found in one of my carnets and in which I had mentioned the Fog Index. For those who don't remember, the Fog Index measures the readability of writing. This index estimates the years of formal education needed to understand a text on a first reading. A fog index of 12, for example, requires the reading level of a U.S. high school senior (around 18 years old). The test was developed by Robert Gunning, an American businessman, in 1952 and is therefore sometimes mentioned as the Gunning Fox Index. And for those who remember, 21.93 is the note that I obtained by submitting one of my previous columns to a computer program set up along Gunning's theory. - Not a good note. - PhD holders don't read Le Castor™.

Let me start by admitting, right off the bat, that my English is often over-the-board, complicated, too vocabulary-inclined and even "precious" ; its ridicule side ought to bring me to use everybody's language (to paraphrase Noah Webster (2)). Only problem is that I like style, writing styles, not every one of them but those that match the subject about which one is writing. I like Hemmingway's  subject-verb-complements, for example, or Proust's long-winded, endless sentences, Gide's use of the plus-que-parfait du subjonctif (3), Céline's pseudo-off-the-cuff-speaking style, Ruskin's vocabulary... Hell, I even like Simenon's total absence of style, sometimes referred to as "le style neutre".

Yes, at times, I might look like someone fishing for compliments (look how this or that sentence is brillant or note the cleverness of this or that expression) but I must insist that I try to be as precise as possible and I make sincere efforts to avoid pedantry (i.e. : Samuel Johnson's), or four syllable words (when two syllables equivalents exist) and will use any tournure de phrases to avoid unusual modes like the subjunctive or the potential modes (in English) which, in my opinion, ought to be outlawed. But then I have to face two handicaps :

The first is that I was raised in French speaking home, sent to an English primary school, a French (France) lycée for my secondary studies, and both French-Canadian and English (UK) colleges and universities with the result that I'm a linguistically hybrid.

I read "dreamt" when I was a kid, heard it and it stuck, so, out of a habit I still use that pass tense instead of "dreamed". I pronounce the "t" in "often" and still use the archaic contracted forms of "mustn’t", "needn’t", "oughtn’t", "usedn’t", "wouldn’t" and even "shan’t", and "mightn’t" , all of which occasionnal, raise eyebrows in polite conversation. Not to mention the last time I said "J'eusse aimé que vous vinsiez plus tôt" in a bar not too long ago.

Which reminds me of a commercial I saw on TV several years ago in which a French-Canadian comedian known for his impeccable social skill and his perfect French (Gérard Poirier) was selling God-Knows-what and at the end of which an innocent bystandard shouted : "C'est ça, mon Gérard, donne-s-y la claque !" to which he replied : "Donne-s-y la quoi ?"

Hilarious. But then I don't know if a joke like that would be understood yoday...

Copernique

P.-S. : Been a little obsessed lately thinking about Newton whose Principia Mathematica caused hundreds of angels to loose their job pushing the planets around. - I wonder what happened to them.

(1) Le 11 mai 2015 (Note de l'éditeur)
(2) Dissertation on the English Language - 1789.
(3) Gide wrote at one point in his life (can't find where nor when right now) that a sentence being the expression of a complete idea, it should be written the way it presented itself into one's mind, sometimes by its end, sometimes by its middle and rarely by its beginning and, therefore, it required all the twists and turns of the French language dreaded concordance des temps to write them down.

***

P-S. No.2 : À Madame Suzanne T. de Longueil (Québec) qui m'a demandé la liste de mes livres de chevet :

Je suppose, Madame, que vous faites allusion à ma liste courante car elle varie énormément, parfois d'une journée à l'autre. - Il y a deux semaines, vous n'y aurez trouvé que des essayistes anglais. - Voici la dernière :

(Les livres suivis d'un astérisque sont des livres déjà lus, mais dans lesquels je recherche divers passages.)

- Arthur Buis - Chroniques 1 et 2 - Bibliothèque du Nouveau Monde - 1986 (*)

- Jeanine Moulin - Marceline Desbordes-Valmore - Poètes d'aujourd'hui - Seghers Éditeur - 1955

- Fernando Pessoa - Un dîner très original - Cambourakis - 2011

- Christopher Hitchens - Hitch 22 - Twelve Books - 2011

- Henri Amoureux - La grande histoire des Français sous l'occupation - Robert Laffont - 1997 (*)

- Stephen W, Hawkins - A brief History of Time - Bantam Books - 1988 (*)

- David Filkin - Stephen Hawking's Universe - Basic Books - 1997

- Stephen Hawkins - The Universe in a Nutshell - Bantam Books - 2001

Ces trois derniers étant tout à fait récents.

(Je ne vous dirai pas ce qui se trouve sur mon lecteur électronique !)

Cordialement,

C. M.


Aucune idée

Ici, quand on veut entendre parler d'histoire ancienne ou qu'on veut savoir qui a dit quoi, quand et où, on n'a qu'à s'adresser à notre disc-jockey qui passe ses grandes soirées à regarder des documentaires sur YouTube ou à lire des manuels sur les philosophes grecs (plus particulièrement les présocratiques), la guerre civile américaine, ou l'histoire de France et à annoter les essayistes du XIXe siècle. - Faut dire qu'il s'entend très bien avec Copernique. - Je voulais lui demander justement qui avait dit que "notre connaissance du monde augmentait proportionnellement, mais à l'inverse, au fur et à mesure que nous découvrions ce que nous ne connaissons pas". Mais il a été absent presque tout le mois. - Socrate, je crois. (Je veux dire que je crois que c'est Socrate et non que Paul était à la recherche de Socrate, mais vous m'aurez compris.)

Quoiqu'il en soit, je commence à réaliser que plus ça va, plus j'en connais de moins en moins et qu'en conséquence, au train où les vont les choses en ce moment, surtout avec mes enfants, je crois que je serai un savant d'ici peu. Et j'ai hâte. Hâte, enfin, d'être capable de dire : "Je ne sais pas !" Quelle que soit la question qu'on me posera.

Quelle est la distance entre la terre et la lune ? - Je ne sais pas.

Où se trouve la cité de Pétra ? - Je ne sais pas.

Qui a découvert la série 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 45... ? - Je ne sais pas.

En quelle année Newton est-il né ? - Je ne sais pas.

De quand datent les quatre évangiles ? - Je ne sais pas.

Je ne dis pas que j'ignore qui a composé le Carnaval des animaux de Saint-Saëns et que je n'ai jamais cru que Le génie de Grandet était le titre d'un roman de Balzac (choses que j'ai déjà entendues), mais je commence à me demander si je ne suis pas en train de perdre le contrôle :

Un peu de maths

Treize mille huit cent soixante dix neuf. Pourquoi treize mille huit cent soixante dix neuf ? Parce que le cinq septembre dernier, j'ai célébré mon trente-huitième anniversaire et, entre le cinq septembre mil neuf cent soixante dix sept, jour de ma naissance et le cinq septembre deux mil quinze, treize mille huit cent soixante dix neuf jours se sont écoulés. Puis quoi ? Parce que si j'avais, le lendemain de mon anniversaire, fait le même calcul, je me serais retrouvé avec le nombre treize mille huit cent quatre vingt tandis que, la veille, j'aurais eu à me contenter de treize mille huit cent soixante dix huit. L'important, c'était de me rappeler que, le cinq septembre dernier, je suis rentré dans ma trente-neuvième année et que ce jour-là, la NASA célébrait également le trente neuvième anniversaire de sa sonde, Voyager-1. Je suis né, en effet le jour du lancement de Voyager-1.


Voyager 1

J'y ai pensé parce que la semaine précédente, Paul et Simon m'avaient dit qu'à moins d 'être âgée d'au moins cinquante-sept ou cinquante-huit ans et d'avoir été particulièrement douée, il est peu probable qu'une personne puisse se rappeler où elle était le jour de l'assassinat de John F. Kennedy (le vingt-trois novembre mil neuf cent soixante trois) alors que tous les gens de plus de soixante ans s'en souviennent précisément tout comme ceux qui ont quarante ans et plus se souviennent des premiers pas de Neil Armstrong sur la lune ; "A small step for man, a giant leap for mankind."- De là, il se sont mis à parler de Duplessis, du cardinal Léger, de de Gaulle, d'Hitler, du roi George VI et même de Napoléon sauf que...

...comme le soulignait Alphonse Allais en mil neuf cent :  "Oui, d'accord, Napoléon, mais permettez que je vous souligne que les témoins se font de plus en plus rares..." - Qu'eût-il dit de Jésus-Christ ?

Il est plus que probable qu'au cours de trente-cinq dernières années, j'ai marché un kilomètre par jour (avouez que ce n'est pas beaucoup car, depuis au moins vingt ans, j'en marche, au strict minimum, deux, parfois trois et même plus). À ce rythme-là, j'en suis, aujourd'hui, à mon douze mille sept cent quatre vingt troisième kilomètres... à peu près la distance aller-retour entre Napierville et Berlin alors que le Voyager-1, en août deux mil douze - il y a trois ans - quittait, après trente-cinq ans de vol, l'héliosphère, à environ dix huit milliards de kilomètres, pour entrer dans le milieu interstellaire soit la région qui n'est plus sous l'influence (vents, particules et rayonnement) du soleil sauf qu'il faudra attendre quelque dizaines de milliers d'années de plus pour qu'il échappe complètement à son influence gravitationnelle et une quarantaine de milliers supplémentaires pour qu'il se trouve à quelque deux cent trois millions de kilomètres d'une étoile mineure, la Gliese-445 (1), qui se trouve à 17,6 années lumières de Napierville...

À son rythme, il lui faudra des milliards, et des millliards, et des milliards et d'autres milliards de siècles pour atteindre le centre de la galaxie où se trouve notre soleil, une galaxie parmi quelque cent soixante dix et deux cent mille milliards du monde connu.

Comme disait le Professeur : "Si nous sommes seuls dans tout cet univers, ça fait beaucoup d'espace de perdu..."

Maintenant, dites-moi comment enseigner tout ça à mes deux plus jeunes qui se font bourrer le crâne, à l'école, avec un jardin merveilleux, un serpent qui parle, un monde créé en six jours, une arche contenant tous les animaux de la terre, un buisson ardent, deux tablettes contenant dix commandements, un Jésus de Nazareth et autres vérités qui expliquent où, quand, comment et pourquoi, à chacun d'eux, Dieu, par l'intermédiaire de leur papa, leur a donné une tablette électronique...

À la prochaine réunion parents-enseignants, je serai présent.

A+

Jeff

(1)  Wilhelm Gliese - Katalog der Sterne näher ALS 20 Parsek für 1950.0 - 1957 (Note de l'éditeur).

iPhone 10

  Texte choisi

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

Charles Baudelaire - Les fleurs du mal

Fawzi

***

Extrait d'un interview accordé à notre reporter par Madame Malhasti :
(Exclusivité du Castor™)

... - Reporter : "D'où vient cette expression de 'tradaptation' ?"

... - Madame Malhasti : "Je crois que c'est le Professeur Marshall qui l'a utilisée la première fois en présence de Monsieur Pérec et de Copernique. Depuis, elle est restée."

... - Reporter : "Vous croyez qu'elle représente réellement ce que vous faites ?"

... - Madame Malhasti : "Oui et non. Elle décrit, en partie, le travail auquel je consacre la majeure partie de mon temps et je ne m'y objecte pas. Celle où l'on me dit "poétesse de renom" (et qui est de monsieur Pérec) me gêne beaucoup plus.

... - Reporter : "Vous dites 'la majeure partie de votre temps'. Qu'entendez-vous par là ?"

... - Madame Malhasti : "C'est que je suis d'abord et avant tout une traductrice, mais une traductrice assez particulière en ce sens que j'attache plus d'importance à la signification d'un texte, à l'intention de l'auteur qui l'a rédigé, qu'à l'idiosyncrasie, si je peux m'exprimer ainsi, de son vocabulaire ou ses tournures de phrases, sachant très bien qu'on ne peut pas reproduire les sons, la musique d'une langue dans une autre. D'où ma préférence aux textes mis en parallèle ; d'un côté le texte d'origine, de l'autre, sa 'tradaptation'."

... - Reporter : "Et vous procédez comment ? (Si je peux me permettre de vous poser la question sans que vous ayez à dévoiler vos secrets.)

... - Madame Malhasti (pouffant de rire) : "Oh ! des secrets ! Je n'en ai aucun. Je procède par étapes. D'abord, je lis le texte et le traduit verbalement d'un seul jet en le dictant dans un logiciel comme Dragon Naturally Speaking tout en me laissant des notes sur une expression ou un mot que je n'arrive pas immédiatement à comprendre. J'attends une journée ou deux, parfois même plus, notamment pour certains textes plus difficiles - Ruskin, par exemple, est dans le genre d'un mois - pour ensuite reprendre mes notes et en créer, à partir de là, une première version, sans jamais revenir au texte originel, et, voilà ce qui est peut-être mon 'secret', comme vous dites, je la retraduis dans sa langue originelle et compare cette traduction à la version première. Et c'est de là que je 'tradapte'."

... - Reporter : "Beaucoup de travail !"

... - Madame Malhasti : "Oui, surtout pour la poésie, mais c'est relativement plus facile pour les récits ou les romans."

... Reporter : "L'on vous critique souvent ?"

... Madame Malhasti : "Naturellement. Ce sont d'abord les traducteurs mot-à-mot qui me reprochent de dénaturer les textes, mais quand j'ai lu récemment un de ceux-là, très renommé de surcroît, traduire 'The Toronto Maple Leafs" par "Les Feuilles d'Érable de Toronto", je me suis dit qu'ils pouvaient tous aller se rhabiller. - Et puis, souvent, il y a les auteurs eux-mêmes qui, ne connaissant pas les subtilités d'une langue à une autre, exigent souvent beaucoup d'explications, mais la plupart du temps très poliment- Je tiens quand même à préciser que, si j'ai accès, à ces auteurs, c'est à eux, en premier que je soumets mes 'tradaptations'."

... Reporter : "Et vous travaillez..."

... Madame Malhasti : "... la nuit surtout. Parfois jusqu'à tard dans la matinée ! Dans une pièce fermée avec un fond de musique. Pour ne pas déranger la maisonnée avec mes éclats de rire quand je m'aperçois que ma traduction en sens inverse (au texte originel) est d'une absurdité totale. - Et puis j'ai une qualité exceptionnelle : je n'ai pas de mémoire. Je me souviens rarement, lors de cette opération, du texte premier. Au point où, un jour, ayant retraduit mon travail plus ou moins final en anglais, je me suis aperçu qu'on m'avait donné à traduire une lettre écrite en latin...

***

Note : l'intégrale de cet interview sera diffusé sur les ondes de la CNAP et de la CCAP, le 18 décembre prochain, à l'occasion du quatre-vngt-deuxième anniversaire du Professeur Marshall.

 

Et c'est ainsi que...

Bout de bon Dieu que ces hommes-là - je parle des chroniqueurs du Castor™ - sont sérieux ! Avec leurs références littéraires, leurs mathématiques, leurs géographies, leurs sciences. Jusqu'à Jeff qui nous éblouit de temps en temps avec sa religion et son astronomie !

Je me demande souvent pourquoi ils m'ont demandé de venir les joindre, moi qui ai de la difficulté à me débrouiller avec mon job, la mode, ma vie conjugale, l'éducation de mon fils et mes vergetures... - Z'ont dû trouver, comme disait un de mes anciens boss, que j'avais des "petites fesses intelligentes". (En toute modestie, j'ajouterais que mes seins ne sont pas laids non plus, mais ça ne ferait que jeter de l'huile sur le feu de mes pensées.)

Y'a eu un temps pour m'encourager, je suppose, où l'on m'a parlé de la difficulté pour une femme d'écrire quand, depuis des siècles, l'écriture était une question d'homme (d'où ces femmes qui écrivaient sous des noms masculins), mais pas plus.

Ce que je ne voudrais surtout pas, c'est de vous entretenir de mes problèmes domestiques ou vous bercer dans des pseudos-problèmes de coeur, de jalousie, d'ambition, comme on en voit dans les téléromans (dont certains, justement, sont écrits par des femmes), sauf que mon inspiration du côté des grands problèmes métaphysiques n'est pas ce qu'on pourrait appeler débordante. Surtout que je n'ai aucune idée de ce que peut être la métaphysique. Encore moins de l'autre : la métempsychose...

Alors quoi ? Vous voulez que je vous parle de mes souliers dont un est visiblement plus petit que l'autre ? De ma tablette que mon chum doit continuellement vider de son contenu pour y insérer de nouveaux films parce que je ne sais pas comment ? De mon auto que mon garagiste dit qu'elle ne vaut pas la peine d'être réparée parce qu'elle n'a pas de "frame" ? (D'accord, mais c'est quoi, ça, un "frame" ?)...

Vous ne voulez surtout pas que je vous parle de ma voisine de bureau, qui a de la difficulté à se procurer des verres fumés parce qu'elle a des cils trop longs. - Parce que, sur elle, j'en aurais long à dire. Surtout qu'elle n'a certainement pas été éduquée chez les Soeurs de l'Immaculée Conception.

Reste ma voisine d'en face qui passe ses grandes journées à planter et replanter des fleurs ; qui, ces temps-ci, s'occupent de feuilles mortes et qui est évidemment frustrée parce qu'elles proviennent de l'arbre de son voisin avec qui elle s'engueule régulièrement.- Si, encore, elle avait de belles jambes, je ne dis pas. Pas pour rien que son mari n'est jamais là. Un alcoolique, qu'on chuchote dans le coin. Faut dire qu'il n'est pas beau, lui non plus.

Pis y'a mon chum avec son hockey et son football : des multi-millionnaires dont le plaisir est de se donner des commotions cérébrales.

À bien y penser, je vais téléphoner à ma mère.

À bientôt.

George


 

Amateur d'intégrales

Il y a quelques années de cela, j'ai eu à me rendre dans la ville qui est au coeur des États-Unis, à ± 2.500 kilomètres de Montréal - pardon : de Napierville. Un voyage qui, en avion, à cause des transferts peut prendre jusqu'à 6 et même 7 heures. Et c'était pour une rencontre qui allait durer pas plus qu'une journée et demi. Or, il me restait plus d'une semaine de vacances et je me suis, tant qu'à me rendre là, autant joindre l'utile à l'agréable et j'ai donc décidé de m'y rendre en auto. Le nom de cette ville ? Wichita. C'est dans l'état du Kansas et si, sur un plan des États-Unis, vous tracez une ligne qui va de Boston à Los Angeles et une autre qui va de Seattle à Miami, vous trouverez la ville de Wichita à l'endroit où elles se croisent. - Vingt-quatre heures de route.

"Quoi ? Vous allez me dire, 24 heures !" - Pas tout à fait. Ajoutez les arrêts, les embouteillages, les détours... songez plutôt à 30 et même 32 heures sauf que, chemin faisant, avec un peu de planification (ne passez surtout pas par Détroit, vous serez pris aux douanes un minimum de deux heures), vous pourrez, au choix, vous arrêter à Syracuse, Buffalo, Erie, Pittsburgh, Columbus, Indianapolis, Terre Haute, St-Louis, et Kansas City... à l'aller ; et à Davenport, Chicago, Kalamazoo, Flint, Sarnia, Hamilton, Toronto et Kingston... au retour.

De toutes ces villes, je tenais absolument passer à St-Louis (Missouri) - pour voir son arche -, Davenport (Iowa) - lieu de naissance de Bix Bierdebecke - et, naturellement Chicago (Illinois) que, depuis des années, je considère comme une ville plus intéressante que New York.


Maison où est né Bix Bierdebecke
Davenport, Iowa

Enfin, je ne vous en dirai pas plus sur le voyage en tant que tel (qui m'a pris huit jours) sauf pour vous dire que, de toutes ces villes, je tenais absolument à passer par Davenport où se déroulait, à ce moment-là, leur festival annuel de jazz sauf que, au moment où j'y suis arrivé, une panne électrique majeure y interdisait toute circulation... Et les hôtels étaient tous bookés... car je voulais vous parler de musique.

Voilà la calamité des voyages aux États-Unis : la musique. Il n'y a qu'une chaîne radio supportable dans tous les états : la PBS (Public Broadcasting Service), une sorte de radio "culturelle" qui diffuse des émissions sur l'art, de la musique "classique", des documentaires, des entrevues... - Supportable ? Disons qu'un jour, ayant eu à traverser un des cinq ou six fuseaux horaires de l'Amérique, j'ai dû me taper deux fois une longue conversation entre un interviewer et une dame dont le métier était de pratiquer des autopsies... - Bref : beaucoup de placotage. Sauf que ce n'est rien par rapport aux autres chaînes qui, elles se spécialisent dans la musique "Rock", les sports ou, ce qu'il y a de pire : les interminables discours d'évangélistes. - Question : qu'est-ce qu'on diffusait à la radio avant l'invention de la batterie ou de la musique baroque ?

Mais voilà que je m'éloigne encore de mon sujet. Pas trop, quand même, car je voulais vous parler de la musique qu'il faut, lors de ces interminables voyages, amener avec soi.

Elle doit être variée et permettre en même temps de découvrir des enregistrements qu'on n'a pas le temps ni souvent le goût d'écouter chez soi. N'allez surtout pas, comme je l'ai déjà fait (au cours du voyage précité), transférer les cent et quelque symphonies de Haydn sur votre lecteur MP3. Le Ring de Wagner ? Nenni. Tous les Stones, tous les Beatles ? De quoi détester la musique dite populaire pour plusieurs années. Vingt heures de chansons françaises ? Une expérience que je ne recommencerai pas. - Quant à Pelléas et Mélisande (deux ou trois versions)... vérifiez au départ vos assurances-vie.

Non, non et non ! - Mélangez tout : jazz, Trenet, rock, musique baroque, John Cage, Verdi, Tino Rossi, folklore, documentaire, stand-up comics et... [ajoutez ici vos favoris]. Et servez-vous, de grâce de l'option aléatoire de votre lecteur. - Vous voyagerez mieux et vous n'arriverez pas frustré ou déçu.

Autre chose ; passez tous vos enregistrements à un égalisateur de sons. Ainsi, vous n'aurez pas à ajuster le volume de votre appareil à chaque nouvelle pièce.

Et un dernier conseil : pas de Malher ! Les variations dans l'intensité de ses symphonies (musical dynamics) se prêtent très mal à l'égalisateur précité.

Tout ça pour vous vous présenter un enregistrement qui de date de 1972 et qui n'a aucun rapport avec ce qui précède.

Il s'agit d'une chanson composée et enregistrée en 1971 (il y a 44 ans !) par Carole King, auteure-compositrice-interprète d'origine canadienne dont la réputation n'est plus à faire, et qui parut pour la première fois à l'intérieur d'un album (CD) intitulé tous simplement "Music", album qui fit fureur à l'époque notamment à cause des Carpenters (un duo fort appréciée à ce moment-là) qui y piqua "It's Going to Take Some Time".

Cet album suivait, de près celui de "Tapestry" ("It's too late", "You've Got a Friend", etc.) qui s'était vendu à des millions d'exemplaires.

De ce "Music", quelque chose dont je me souviens très - mais très - régulièrement et qui s'intitule "Music Is Playing Inside My Head".Peut-être à cause du "My Favorite Things " de John Coltrane (Voir Copernique, On Jazz, Part 3, au numéro 6).

Au saxo : Curtis Amy.

Cliquez sur la note :

paul

P.-S. : Et pour Haydn ? Je me suis rendu jusqu'à la cinquante-huitième.

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


Book Review - Lectures

Tourisme

Ceux qui me connaissent savent qu'il y a quatre villes au monde qui m'ont intéressé par dessus tout : New York, Chicago, Paris et Londres. En excluant Paris où, je l'ai mentionné récemment, j'ai dû passer, toutes semaines et mois confondus, entre un an et un an et demi, je crois avoir vécu quelque chose comme cinq à six mois à New York, un ou deux à Chicago et peut être six ou sept à Londres. Avoir été multimillionnaire, je ne sais pas si j'aurais eu un appartement dans chacune de ses villes car je tiens toujours à avoir à mes côtés mes "choses" (que George Carlin appelait "my stuff") : mes livres en particulier et, longtemps, parce qu'aujourd'hui, avec un ordinateur, une tablette ou même un téléphone intelligent, ils sont devenus désuets, mes disques, mes films, CD et DVD compris. Je n'aurais eu, quand même aucune difficulté à me déplacer de l'une à l'autre en jet privé du genre Global Express ou DC-10 ; attention quand même : un DC-10 avec, au minimum, deux chambres à coucher. Ben quoi ? Et le confort, qu'est-ce que vous en faites ?

Je ne vous dirai pas pourquoi j'ai adoré (parce que je ne voyage presque plus) ces quatre villes par rapport à, je ne sais pas, moi : Amsterdam, Vienne, San Francisco, Nouvelle-Orléans et plusieurs autres auxquelles je donnerais volontiers quatre et même cinq étoiles. - Je pensais justement à Bruxelles récemment ; et à Savannah ; et à Prague ; et à Berlin... - ; la qualité de leurs musées ? la beauté de leurs parcs ? leurs restaurants, cafés, bars, pubs ? - Qui sait ? Pensez quand même à : un verre de rouge rue Soufflot à Paris, une bière au Bunch of Grapes à Londres, une vodka au Drake Hotel de Chicago, un Martini  chez Jimmy's Corner de New York...

Côté voyage, voudrais aujourd'hui surtout vous parler de deux guides, mais de deux guides qui ne m'ont jamais servi au cours de mes déplacements. Et quand je dis jamais, je veux dire jamais. Sauf que je les ai consultés et continuent de les consulter fréquemment. Par pur plaisir. - Vous allez comprendre dans deux secondes quand je vous aurai citer un passage de chacun :

"Le voyageur sans prétentions pourra couvrir sa dépense journalière avec 15 à 20 francs ; mais il est très facile de dépenser 50 francs et beaucoup plus par jour..."

"Si l'on descend dans un hôtel distingué, fréquente les théâtres, etc., prend des voitures particulières au lieu des chemins de fer ou des omnibus, on doit s'attendre à dépenser au moins 30 à 40 shillings par jour..."

Pour info : un euro valait 6.6 francs en 1999 tandis que 20 shillings (1 livre) vaut, aujourd'hui 1.36 euro alors que le dollar canadien valait, récemment, entre 0.65 et 0.70 euros.)

Ces deux citations proviennent respectivement du "Manuel du voyageur" de - dois-je le préciser ? - Paris (et ses environs) et Londres (et ses environs) publiés par la firme Karl Baedeker de Leipzig.... en 1907.

                                

En voici les deux pages de titre :

                           

Je ne me souviens plus quand, au juste, j'ai acheté ces deux vade-mecum. Je me souviens que c'était chez Sotheran, rue Sackville, à Londres, au nord de Picadilly, là où j'ai trouvé mon tout premier Ruskin et que c'était au début des années soixante-dix. Leur prix ? Il est toujours indiqué au crayon sur leurs pages de garde : dix livres, chacun. En argent d'aujourd'hui, ils me sont revenus à une fraction d'un cent pour chaque fois que je les ai consultés. Longtemps, en fait, ils m'ont servis de livres de chevet parce que j'étais trop fatigué ou trop paresseux pour lire autre chose.

Mais ce que j'ai pu en apprendre avec eux ce qu'un siècle d'histoire peut faire d'une ville.

Moralité : ne jetez pas vos guides de voyage !

Paul

***

A bigga set of books :

Here's a quote taken from a series of books which have fascinated me ever since I saw them, years ago, in my father's library but mainly on his working desk every time I was allowed to see him writing. And regularly opened on specific pages, at that :

"It was part of the struggle between religion and science that the study of astronomy was forbidden by Athenian law at the height of the Periclean age. At Acragas Empedocles suggested that light takes time to pass from one point to another. At Elea, Parmenides announced the sphericity of the earth, divided the planet into five zones, and observed that the moon always has its bright portion turned toward the sun. At Thebes, Philolaus the Pythagorean deposed the earth from the center of the universe, and reduced it to the status of one among many planets revolving about a "central fire." Leucippus, pupil of Philolaus, attributed the origin of the stars to the incandescent combustion and concentration of material "drawn onward in the universal movement of the circular vortex." At Abdera, Democritus, pupil of Leucippus and student of Babylonian lore, described the Milky Way as a multitude of small stars, and summarized astronomic history as the periodical collision and destruction of an infinite number of worlds. At Chios Oenopides discovered the obliquity of the ecliptic. Nearly everywhere among the Greek colonies the fifth century saw scientific developments remarkable in a period almost devoid of scientific instruments."

Which series of books I am talking about ? - Will and Ariel Durant's Story of Civilization published between 1935 and 1975 (New York, Simon & Shuster). Could have been sub-titled "Everything you want to know about civilization and then some". Eleven volumes totally 10.000 pages, and... then some :

      1. Our Oriental Heritage (1935) - Being a history of civilization in Egypt and the Near East
        to the death of Alexander, and in India, China and Japan from the beginning to our own days. - With an introduction, on the nature and foundations of civilization.

      2. The Life of Greece (1939) - Being a history of Greek civilization from the beginnings, and of civilization in the Near East from the death of Alexander, to the Roman conquest ; with an
        introduction on the prehistoric culture of Crete.

      3. Caesar and Christ (1944) - A History of Roman Civilization and of Christianity from their Beginnings to A. D. 325.

      4. The Age of Faith (1950) - A History of Medietval Civilization - Christian, Islamic, and Judaic - from Constantine to Dante: A.D. 325 -1300.

      5. The Renaissance (1953) - A History of Civilization in Italy from I304-I576 A.D.

      6. The Reformation (1957) - A History of European Civilization from Wyclif to Calvin: 1300 -1564.

      7. The Age of Reason Begins (1961) - A History of European Civilization in the Period
        of Shakespeare, Bacon, Montaigne, Rembrandt, Galileo, and Descartes: 1558-1648.

      8. The Age of Louis XIV (1963)  - A History of European Civilization in the Period of Pascal, Moliere, Cromwell, Milton, Peter the Great, Newton, and Spinoza: 1648-1715.

      9. The Age of Voltaire (1965) - A History of Civilization in Western Europe from 1715 to 1756, with Special Emphasis on the Conflict between Religion and Philosophy.

      10. Rousseau and Revolution (1967) - A History of Civilization in France, England, and Germany from 1756, and in the Remainder of Europe from 1715 to 1789.

      11. The Age of Napoleon (1975) - A History of European Civilization from 1789 to 1815

A twefth and a thirteenth volume were to follow : 12 - The Age of Darwin and 13 -  The Age of Einstein, which would have taken The Story of Civilization through to 1945. - But  Ariel and Will did get old and...

Reminds me of something my father once said at the end of one of his conferences on God-knows-what when someone asked him about an obscure book he had just quoted : "Professor, when do you find time to read ?" - "Read ? You mean the book I just mentioned ? - Oh, that one, I wrote" was his reply.

It is true though : endeavouring to read The Story of Civilization entails a lot of courage and, let's face it : a lot of time. At 5 to 10 - condensed, mind you - pages a day, it'll take you between two and a half and five years to reach the end of this monumental achievement at which time most of what you will have read to begin with will be long gone... - Consider it as a series of reference manuals. Which is what I did when I found the above quote in the second volume, page 339, looking up Anaxagore for something else.

Like reading Proust's À la rechgerche du Temps perdu in French, then in English, then in French again which, I understand, Simon did. - No wonder he's so conceited... something he forgot to mention the last time he spoke about himself... or, at the very least, grouchy.

To come back to my quotation, considering that it took the Roman Caholic Church 350 years to admit that its XVIIth century philosophers, astronomers and theologians might have erred concerning Galileo (who had had the gall to confirm what the Greeks had speculated two thousands years before), I think that what Will and Ariel Durant said in the above paragraph should be printed out and sent to every parish throughout the world. Particularly in the Southern part of the USA where over half of the population still thinks that the universe was created in six days.

On the other hand, it could be accompanied by another quote, this time by James Burke, in the introduction to his magnificent "The Day the Universe changed" (Little, Brown & Company, 1985) :

"Somebody once observed to the eminent philosopher Wittgenstein how stupid medieval Europeans living before the time of Copernicus must have been that they could have looked at the sky and thought that the sun was circling the earth. Surely a modicum of astronomical good sense would have told them that the reverse was true. Wittgenstein is said to have replied: 'I agree. But I wonder what it would have looked like if the sun had been circling the earth.'--- The point is that it would look exactly the same. - When we observe nature we see what we want to see..."

And a smaller set of books :

Quite by accident, because I was looking for something else (as usual), I happened to stumble, a couple of weeks ago, on a series of Shakespeare's "translations" which, to my astonshiment, I found absolutely unbelievable, yet so well done that I bought three and will go back to pick a least three more. Translation ? I should have said "adaptation", the way our own Fawzi Malhasti "tradapts" English poems into French, except that, in this case, Shakespeare is "tradapted" into what the editors call "Plain English". - Here, let me give you an example (from King Lear) :

Shakespeare :

"Let it be so; thy truth, then, be thy dower:
For, by the sacred radiance of the sun,
The mysteries of Hecate, and the night;
By all the operation of the orbs
From whom we do exist, and cease to be;
Here I disclaim all my paternal care,
Propinquity and property of blood,
And as a stranger to my heart and me
Hold thee, from this, for ever. The barbarous Scythian,
Or he that makes his generation messes
To gorge his appetite, shall to my bosom
Be as well neighbour'd, pitied, and relieved,
As thou my sometime daughter.
"

Tradaptation :

"Then that’s the way it’ll be.
The truth will be all the inheritance you get.
I swear by the sacred sun, by the mysterious moon,
And by all the planets that rule our lives,
Tthat I disown you now as my daughter.
As of now, there are no family ties between us,
A nd I consider you a stranger to me.
Foreign savages who eat their own children for dinner
Will be as close to my heart
As you, ex-daughter of mine
."

(Act 1, scene 1)

An a second taken from the famous opening of Richard III :

Shakespeare :

"Now is the winter of our discontent
Made glorious summer by this sun of York;
And all the clouds that lour'd upon our house
In the deep bosom of the ocean buried.
Now are our brows bound with victorious wreaths;
Our bruised arms hung up for monuments...

Tradaptation :

"Now all my family's trouble have become
To a glorious end, thanks to my brother, King Henry IV.
All the clouds that threatened the York famiy
Have vanished and turned to sunshine.
Now we wear the wreaths of victory on our heads.
We've taken off our armor and weapons and hung them as decorations...

Now, before you start screaming and send me hate letters, let me be perfectly clear about what you might consider as a sacrilegious attack on the immortal words of the immortal bard : I do not advocate the systematic and unilateral use of these so called "adaptations" in order, be it only, to increase Shakespeare's readership although it might do that by simply making his archaic (I repeat : archaic) language more comprehensible to a wider audience. I, for one, have had just about enough of what is obviously something to be read aloud continously interrupted by footnotes, definitions, and sometimes, long explanations as to the meaning of such and such a word or such and such expression, words and expressions that haven't been used for two, three centuries and I welcome the opportunity to read side by side the original version and a modern, in context, version in plain texts.

Part of a series published by Spark Publishing Inc., under their "Sparknotes" label as "No Fear Shakespeare".

Available at fine book stores.

Thought I'd mention it. En passant.

And, while I'm at it, if you think that Shakespeare ought to be read as is, with no annotations whatsoever, because of his vocabulary and its impact on the English language, you'd be better off with Willam Tyndale (1494-1536) but, then, if you're a Catholic, particularly a Roman Catholic, you might be excommunicated ; no longer burned at the stake, at least. - You might, while you're at it, also look up Myles Coverdale (1488-1569).

And while I'm at it :

We mentioned his name a couple or three times before in this section of Le Castor™ (or in one of my columns, or in one of Simon's) (1), but, of note, two facts are worth adding :

In the paperback edition of his memoirs (Hitch 22), he wrote a new preface following his having been informed that he had a more or less terminal cancer while touring to promote the first, hard cover edition.

As it turned out, he died a few months later (age 62) but not before fighting his illness with all his might, continuing to write on his deathbed about death and what it felt, after he had been taken "from the country of the well across the stark frontier that marks off the land of malady."

The notes he then wrote have been recently published, with a postface by his wife, Carol Blue, under the title of   "Mortality".

Christopher Hitchens, of course.

(12-Edition, New York, Boston - Also available from Hachette Audio.)

Well worth reading.

Copernique

(1) May 2015 (Simon Popp), June 2015, August, 2015 and September 2915 (Book section), the last three under the name of Copernique Marshall (Note de l'éditeur)

***

Reference and additional notes :

The Story of Civilization - Kindle format - is available on Amazon for 99,99 $ - Also available on Hard Cover and Paperback editions in both used and new editions at various prices. - Watch out for the low prices : the handling and shipping costs will double if not triple the offered price.

The Day the Universe changed was a companion book to a 10 one-hour series or documentary that were broadcasted in 1985 on the BBC network (and subsequently on PBS and then again on The Learning Channel) which you can find, with a little patience, on YouTube. - The book itself is also worth reading.

Le Courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

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Réponses diverses :

Mr. William Buckigham Thompson (1) - Tracy, Québec

L'université de Padoue possède, c'est exact, [une partie de] l'épine dorsale de Galilée  mais si c'est un des ses doigts (le majeur momifié de sa main droite, celui avec lequel il pointait les étoiles et planètes qu'il étudiait), que vous désirez voir, c'est à Florence qu'il faudra vous rendre, plus particulièrement en son musée des sciences (Museo Galileo, autrefois le Museo di Storia della Scienza), où il exposé sous une cloche en verre. - Des rumeurs veulent que s'y trouverait également deux ou trois autres doigts (mais de la main gauche) et quelques dents.

Mr. Kenneth R. Miller - Toyko, Japon

Ne vous en faites pas : la fin de carrière finira par ressembler étrangement au déclin de la beauté de son épouse...

Mr. Adrien Craig-O'Rilley - Delhi, Inde

Pour la lumière, la vitesse est bien connue (± 300,000 kilomètres à la seconde), mais pour la noirceur...

Messrs. Brian et Neil Shubin - Shanghai, Chine

Oui, il est très difficile pour un photographe de prendre un cliché de près de l'horizon.

Mme Noëlla Lebrun - Mexico City, Mexique

Au strict minimum, deux écrivains, une ballerine et un poisson (à un groupe de surréalistes pour remplacer une ampoule électrique).

M. Télesphore Gravel - Sao Paulo, Brésil

Une statue de bronze à l'effigie de Giodarno Bruno (1548-1600), auteur de De l’infinito, universo e Mondi, trône depuis le XIXe siècle sur les lieux de son supplice, au Campo de' Fiori, à Rome.

Master Yousef Al-Kattab (né Giuseppe Cohen) - Mumbai, Inde

Bob pour Robert ; Dick pour Richard ; Bill pour William ; Jack pour John ; Hank pour Henry ; Chuck pour Charles ; Jim pour James ; Steve pour Stephen ; Ken pour Kenneth ; Ted pour Edward (ou Theodore) et Chris pour Christopher. Mais aussi : Sally pour Sarah ; Sam pour Samantha ; Molly pour Mary et... Peggy, Meg ou Maggie pour Margaret.

M. Philippe Johnson - Osaka, Japon

La raison pour laquelle certains membres de nos lecteurs ne croient pas en la résurrection du Christ est que cette résurrection a eu lieu tôt et que ces lecteurs doutent de l'existence des matinées et surtout des matinées dominicales.

Ms. Laurie Lebo - Istanbul, Turquie

Oui, un temps, le Vatican a songé à faire dire au pape, du haut de son balcon, les derniers résultats des matches de foot, mais l'idée a été abandonnée. Une question de droits d'auteurs.

Mrs. Beatrice O'Conner - Los Angeles, Californie

We remember either what we thought or what we were taught.

***

(1) M. William Buckigham Thompson est PDG (Président-Directeur-Général) de la Société de la Conservation des Éoliennes en Rase Campagne et sous-secrétaire de l'Association des Pêcheurs en Haute Montagne, les deux, de Tracy (Québec)

 

Cette édition du Castor est dédiée à :


Bertrand Russell  
(1872-1970)

Bertrand Arthur William Russell, troisième comte Russell,
né le 18 mai 1872 
à Trellech (Monmouthshire),
et mort le 2 février 1970 
près de Penrhyndeudraeth (Pays de Galles),
fut un mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique.

(Photo en provenance du site www.covers.openlibrary.org)
(Texte en provenance du l'encyclopédie Wikipedia)

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"If, having breakfast one morning, you think that in the piece of bread you're eating contains the body of Elvis Presley, you're a lunatic, but, if at mass, you believe that the cracker you are given is the body of Christ, you're a Catholic. "

("Si, au petit déjeuner, vous croyez qu'Elvis Presley se trouve dans le pain que vous vous apprêtez à manger, vous avez perdu la raison mais si, à l'église, vous êtes convaincu que le corps du Christ est dans l'hostie qu'on vous offre, vous êtes catholique.")

(Sam Harris)


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