Volume XXV, n° 11

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 6 juillet 2015

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.



Écriture out

Je ne suis pas paranoïaque - enfin, pas encore - mais depuis que j'ai appris que mon Gouvernement se penche sur les courriels de tous et chacun, surveille mon utilisation de mon téléphone, lit ma correspondance et qu'il est allié à un autre Gouvernement qui écoute tout, y compris les conversations des Présidents de la France, j'ai commencé à m'inquièter.

J'ai écrit une lettre en ce sens au Premier Ministre du Canada avec une copie au directeur de la Gendarmerie Royale (RCMP) qui m'ont répondu que c'était inutile de leur écrire car ils le savaient déjà.

Ce qui m'amène à une autre question qu'on m'a posée récemment : pourquoi j'écris ?

La réponse est simple : parce que je n'ai pas les moyens de me payer la thérapie dont j'ai de besoin.

La vraie question qu'on devrait me poser, c'est : "Qui vous lit ?" - Ben, y'a moi et puis une dame qui me corrige. - D'autres aussi puisqu'on me reproche souvent mes opinions. - Je suis dans le genre "Hulk Hogan" : personne ne me lit tout comme personne ne regarde la lutte télévisée. Curieux, tout de même qu'il soit si connu.

***

Écriture in

Depuis au moins cinq ans je reçois des dépliants, des messages, des textos, des téléphones et si je les laissais faire, je crois qu'ils m'enverraient des messages via sémaphores. De qui ? De revendeurs d'auto m'offrant des deals extraordinaires de location ou d'achat d'un véhicule neuf allant de l'économique X à la luxueuse Y en passant par la révolutionnaire Z quand ce n'est pas un tout-terrain ou un véhicule récréatif. - J'ai beau leur dire de me désinscrire de leurs listes ou les informer que je suis sur le point de vendre mon auto pour circuler en métro, ou, au pis aller, en taxi, rien à faire : il ne se passe pas une semaine sans que je sois, ne serait-ce que par les journaux qui trainent sur les comptoirs des bars que je fréquente, exposé à des campagnes publicitaires comparables à celles de Budweiser ou de McDo.

Faut dire que je ne comprends pas très bien les prix ridicules pratiqués aujourd'hui par à peu près tous les manufacturiers de voitures, mais ça me rend complètement indifférent. Pourquoi ? Parce que : 1) je n'ai jamais été attiré par les autos, petites, moyennes ou grandes et surtout pas par les bolides qui tournent en rond lors des Grand-Prix et 2) je roule très peu et, chose surprenante, quand je me compare à la majorité des propriétaires de véhicules, mes voitures vieillissent plus lentement que moi.

On ne me croit pas, mais, à neuf ans et à 90,000 kilomètres, tout en vivant au centre-ville de Montréal, mon auto a encore ses freins originaux, ce qui est tout à fait compréhensible étant donné que je suis à six kilomètres de mon (ex-)bureau (où je vais encore régulièrement, histoire de ne pas perdre la raison) et que la moitié de ses six kilomètres se déroule sur une autoroute.

J'ai fait des calculs :

Compte tenu d'une vingtaine de voyages à Québec, d'au moins une dizaine à New York et à Toronto, quelques voyages à Pittsburgh, Boston et même un déplacement vers Wichita (Kansas), mon auto a passé plus des deux tiers de son temps sur des autoroutes et vous savez que ce n'est pas sur des autoroutes qu'on utilise une voiture au-delà de ses capacités tandis qu'en ville...

Dire qu'il y en a qui passe deux heures par jour, juste pour faire le trajet entre leur pavillon de banlieue (où les taxes sont moins chères) et leur bureau... et à l'inverse le soir... - L'équivalent de vingt jours - mais attention : des jours de ving-quatre heures, pas de huit -, assis dans leur auto... par année !

***

Et puis finalement, Apple, toujours et encore

Je crois avoir eu ma dernière - mais vraie dernière - conversation avec une adepte de la secte Apple il y a deux semaines.

Je ne sais pas pourquoi, ce soir-là, je me suis cru apôtre d'une nouvelle religion qui aurait pu s'appeler "Le Gros Bon Sens" (GBS) ou membre d'une Église où le mot "Jugement" aurait un rôle à jouer.

Deux vodkas de trop ? Qui sait ?

J'ai tout simplement essayé de démontrer que, comme Copernique dans une des précédentes éditions du Castor™, contrairement à ce qui est indiqué dans la Bible de cette convertie (c'était une femme), la terre tournait autour du soleil plutôt que le contraire, mais je n'ai pas, évidemment réussi. - Un peu plus, elle me traitait d'apostat, de suppôt par Satan, d'un maléfique personnage comparable à feu Sadam Hussein, feu Staline ou feu Ben Laden, c'est à dire dans la lignée de ceux qui n'ont jamais voulu se convertir à la réalité qui, de nos jours, semblent avoir plus d'interprètes que de versets dans le Coran.

Je n'ai pas essayé de parler de prix, ni lui dire qu'il était ridicule de se faire vendre six appareils à un prix de fou en quatre ans, en faisant la queue à chaque fois... Cela, je l'avais déjà essayé. "Et le prix d'une nouvelle voiture aux trois ans, ou le remplacement d'un divan à tous les quatre ? " m'avait-on répondu.

Je n'ai pas parlé des Mac non plus pour qui des firmes comme PageMaker avaient sorti, avant eux, des versions pour des PC, sous Microsoft. - Ça, je me souvenais : ça en avait scier plusieurs.

Et je n'ai surtout pas mentionné que pour un PC, on trouvait trouver TOUT gratuitement sur le WEB.

J'ai juste dit deux choses. La première m'a quasiment valu une giffle.

C'est que tout était une affaire de concept. Que si, sur son iPhone 6 on pouvaty trouver une application permettant de lire l'état de la circulation sur tel ou tel pont, c'est était aussi facile de rouver la même chose sur un Samsung 2 (pas 3, ni 4, ni 6). "Oui, mais t'as appuyé sur quatre touches alors qu'il ne m'en fallu que trois." m'a-t-elle répondu. J'étais perdu. - Faut dire que j'aurais dû, au lieu de promener mes doigts de dire, tout simplement, dire "circulation" dans le micro de mon téléphone, mais je crois que ça n'aurait rien changé. Je me suis esssayé, une fois, pour me faire dire que ça ne comptait pas puisque je l'avais "programmé".

Alors là, j'ai essayé de changer l'orientation de notre conversation :

"Ta mère, ai-je dit, lorsqu'elle veut consulter les nouvelles à Radio-Canada, écrire et voir sa fille au Maroc, ou encore visionner un film sur sa tablette, pourquoi, dans une boutique APPLE l'oriente-t-on vers une tablette à X milliers de pixels alors qu'elle pourrait faire la même chose, sans jamais voir la différence, avec une de chez ACER qui n'a que le quart des moitiés de ces pixels ?" (Mais au quart du prix...)

(Ma tablette, soit dit en passant, m'a coûté $119 US. - RCA Victor...)

Et c'est là que les invectives sont parties.

Ça m'a fait penser aux premiers écrans WYSIWYG : quelle était, à l'époque, la vraie différence entre "Mets ceci en italiques" par rapport à "Mets en italiques ceci" ? - Jamais eu de réponses.

Oui une : la souris. Sauf que la souris, XEROX en utilisait déjà une à la fin des années cinquante, avec une interface graphique, of course, une interface nommée "Desktop".

Pas eu de blessures, le soir de cette dernière altercation, mais j'en reviens toujours au même principe : "Qu'est-ce que tu veux faire avec ton téléphone (ta tablette, ton ordinateur) ?"

Si c'est pour planter tes clous, achète-toi un marteau. Si tu veux savoir à quoi peut servir un marteau, écoute les conseils de ceux qui s'en servent à bon escient.

Paraît que, d'ici peu, on pourra, d'un simple passage de son téléphone au dessus d'une borne, acheter son Journal de Montréal, en même temps que son café, chez Starbuck.

Le vieil adage : pas de progrès, pas d'avancement, pas d'avancement, pas de progrès.

Sans compter que les montres-bracelets à la Dick Tracy s'en viennent. Que j'ai hâte que ma tante Gertrude puisse me rejoindre sur son miniscule écran qui servira également de sous-verre tandis que je flirte au Bar des Deux Assassins avec la blonde que j'aurai dénichée avec mon Apple 7 et son application numéro 11,677.

Cette application, à ce que j'ai pu comprendre, me donnerait instantanément le résult de 9 + 11.

Suis-je devenu anti-religieux ?

La dernière fois que j'en parle. Promis !

Si vous permettez, quand même, une dernière citation :

"If you're interested in what's life is like on other planets, you wanna get to the Apple Store. - They are not of us." (Lewis Black)

("Si vous êtes intéressé à ce qui pourrait être la vie sur d'autres planètes, il vous faudra vous rendre dans un des Apple Stores. - Ces gens-là ne sont pas de nous.")

Simon

 



R. I. P.

Je n'aurais pas dû, mais sommes-nous vraiment maître de nos pensées ?

À New York, le mois dernier, pour l'enterrement d'une cousine qui me fut fort chère, en mon enfance (c'est elle qui m'a enseigné à lire et à écrire), je suis entré chez un fleuriste et voilà que m'est venue à l'esprit une phrase cinglante de Marie Joseph Robert Anatole de Montesquiou-Fézensac (1855-1921) qui dit un jour :

"Donnez-moi, s'il vous plaît, [ici une certaine somme d'argent] de fleurs hideuses ; c'est pour le mariage d'une personne particulièrement laide."

 Hélas, même si j'ai insisté pour qu'on me donne une très belle couronne, je n'ai pu m'empêcher de penser que ma cousine, également, n'avait pas été choyée du côté de la beauté. Physique, s'entend, car, intellectuellement, elle était triplement douée. Excellente pianiste, français et anglais impeccable et d'une grâce irréprochable en société.

Je regrette ne pas l'avoir fréquentée passé un certain âge où la vie nous sépara, elle étant destinée au professorat chez le célèbre conservatoire qu'est le Juillard de New York tandis que je devais consacrer ma vie à l'édification de la jeunesse, mais dans cet autre établissement qu'était et qui est toujours l'Université de Napierville, établissement qu'il m'est inutile de nommer.

Deux mots :

Les diverses cérémonies qu'entourèrent son inhumation furent émouvantes et l'eulogie que prononça notre ami à tous, le cardinal Moe Spitzman, fut sublime et mériterait d'être publiée. Ce que je me suis empressé de lui souligner. Dans sa modestie, il me dit qu'il y penserait.

N'eut été la qualité des personnalités qui accompagnèrent jusqu'à sa dernière demeure ma, aujourd'hui, feue cousine, je crois qu'à l'écoute des délicieuses citations bibliques qui émaillèrent son discours, plusieurs auraient éclaté en sanglot lorsqu'il le termina par l'immortel :

"Resquiescat, Hermine (car c'était son nom), in pace."

Oui, Hermine, repose en paix.

Mais pour en revenir à nos ovis aries, je vois que mes confrères et amis n'ont pas perdu leur temps au cours des derniers jour. Alors je vous souhaite :

  Bonne lecture !

  Herméninglide Pérec

 


Of shoes and ships and sealing-wax and of cabbages and kings...

When somebody asked me, not too long ago, how many books I had read, I did not hesitate to say that I didn't know and that it was very difficult to estimate because I have not read all the books I have borrowed, purchased or simply opened... from start to finish. Biographies, novels, plays, yes (and even at that !) but I'm not too sure about essays, reference or history books, journals, diaries and other publications. Who is going to read all the poems contained in a one thousand pages best-of ? And some books are - pardon the expression - literaly unreadable. "Le journal d'Edmond et Jules Goncourt" is such a book ; twenty pages and one is up to one's neck in names that haven't been heard in a hundred fifty years. - I think I mentioned that.

And then, we all have reading habits. Mine is to go from one book to another, one Internet page to and back from its various links. Not to mention the encyclopedias, dictionaries and various other reference material I have all over the place.

For example :

I've been brushing, lately, on the history of the translation of the Bible in English or, if you prefer, the history of its English vernacular editions, starting with that of John Wycliffe's (approximately 1392 to 1395), on to that of William Tyndale (circa 1525), that of Myles Cloverdale (1535), all the way to the King James Bible (1604-1611) and its subsequent Cambridge editions.

I wasn't interested, really, into their accuracy or if they had had an influence of the English language (although they did, as much as Shakespeare). My main interest was to find out what had happened to these legendary forerunners who did these translations and were excommunicated or, unhearted and burnt (in the case of Wycliffe), jailed and strangled (Tyndale), or had to exile himself three times (Cloverdale) to avoid being hanged.

And then there was Thomas Moore (1478-1535)

During Moore's chancellorship hundreds of people were arrested, thrown in jail, occasionally tortured and at least six people were burned at the stake for heresy, i.e. : owning an English Bible and/or teaching the word of God in a language people understood. Their names :

Thomas Hitton, Thomas Bilney, Richard Bayfield, John Tewkesbery, Thomas Dusgate, and James Bainham.

If you're slightly depressed at the moment, look up their biography on the Internet ; you'll be glad to have been born in the twentieth century. A bit sadder, maybe, when you'll consider that Thomas Moore was canonised in 1935 and declared the "Heavenly Patron of Statements and Politicians" in 2000.

Birds of a feather...

P.-S. : One point in his favor : he was beheaded unlike most statements or politicians I've known. - Which reminds me : when I was young, I couldn't understand why Marie-Antoinette had been beheaded. Now I do.

***

Wordstar Professional - Release 5.0

In a drawer of my father's library, the other day, where, he told me he had put a document I was looking for, I found, believe it or not, a full copy, with its fourteen 5 and ¼ floppiy disks , of a Word Processor called - you read correctly - Wordstar Professional - Release 5.0, distributed by MicroPro and dating back to the second half of the 1980's.

Just to prove that I'm not making this up, I've scanned the disquettes as well as the first and last page (no. 541) of its manual.

Here they are :

                  

And while I was at it :


Well a box was necessary to store these floppy disks and all the rest :

I could have scanned other stuff : templates, a "Pocket Wordstar manual" (50 pages), an advert from "Star-Exchange" that allowed you to transfer your Wordstar creations into 13 other word processors amongst which -  people over 50 might recognize such gems -  were : Samna, Volkswiter 3.0, Wang PC, Navy DIF and DCA/FFT (and RFT) - $79.95 plus $5.00 shipping and handling.

I asked my father : "How could you have bought something like this ?" - Said he hadn't but some commitee, way back then, had thought it was a good idea. - "Did anyone use it ?" I asked. - "Probably not." he said. - Sure enough : the floppies were still in their "sealed" enveloppes and the registration card (which one had to mail) was still in the box. - "Maybe we should send it to the Smithsonian Institute" I said. "Nah, he replied. They probably have the one that came with the Osborne computer." - Sure enough, I thought to myself because I knew a man who had bought three of these sewing machines when Osborne went under in 1983. - Had said at the time that, for the price - about $500 per unit - he couldn't get a better computer and that the three would last him for a lifetime...

Don't know if they did.

I was, anyway, laughing (a little) on my way home until I started looking into MY drawers.

Unbelievable, ain't it, the stuff we bought (for computers) and that turned to be useless within weeks ? I have boxes full of them, including tons of wires, plugs and transformers, a whole bunch of obsolete three and a ½ disquettes and even a dot matrix printer to use with - you must remember that - perforated paper.

Nothing compared to the VIC-20 Paul still has, he says, stored somewhere in his appartment...

Well, at least, Apple I, II and III never entered our house.

Copernique


J'aimerais tant voir...

Je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais je vis et j'écris, au milieu d'un groupe de chroniqueurs qui sont tout simplement fascinés par les listes. Quels sont vos films favoris ? Vos romans favoris ? Vos peintres favoris ? - Du groupe, Copernique semble se détacher particulièrement. Vous n'avez qu'à lire ses - très intéressantes, je l'avoue - séries sur la musique classique, le jazz, le théâtre et même le Rock n' Roll. (Voir ICI.) - Assez que je ne peux plus penser à mon avenir en termes autres que les "dix" affaires, choses, voyages, expériences que je voudrais faire, voir, essayer, tenter, vérifier et même risquer avant de mourir.

Avec sa légendaire hargne, Simon Popp est un de ceux qui, en ce sens, m'influencent le plus.

Pour lui, il y a les Pyramides (d'Égypte) qu'il n'a jamais vues, Machu Pichu (idem), la cathédrale Saitne-Croix de Barcelone (idem), deux ou trois toiles de Vermeer (collections privées) et puis, il dit n'avoir jamais entendu live, le Ring de Wagner.

Pour Madame Malhasti, elle eut bien aimé rencontrer Virginia Woolf.

Paul Dubé, quant à lui, dit avoir manqué, parce que trop jeune, Charlie Parker, mais il se souvient très bien de Louis Armstrong, de Miles Davis, de John Coltrane et de Thelonius Monk qu'il, ce dernier, aurait vu et entendu cinq fois ; trois fois à New York et deux fois à Montréal. Quant à ses souvenirs de Count Basie et de Duke Ellington...

Monsieur Pérec est plus du temps de saint Augustin et de Maïmonide, Moïse de son prénom..

Je suis, par rapport à tout ce monde-là, d'un prosaïsme, d'un terre-à-terre, délirant. J'aimerais, c'est sûr voir Paris, Londres, Rome et puis, pourquoi pas, tant qu'à y être, le Japon, la Chine et l'Afrique du Nord, mais ce que je préfère en ce moment, c'est voir mes enfants grandir et être heureux. J'aimerais également, dans cent ans, aimer Élyanne comme je l'aime en ce moment. J'aimerais, pas de doute là-dessus, que mes enfants réalisent tous leurs rêves.

Mais, puisqu'on en est là et qu'on vous donne des liens vers toutes sortes de choses, permettez que je vous indique celui qui suit.

Vous ne serez pas déçu. Ça a un certain, très certain, rapport avec le titre de cette chronique...

(Les paroles sont de Bernard Dimey et non d'Henri Salvador.)

https://www.youtube.com/watch?v=223tksvu7uw

Sauf que, personellement, je préfère cette version :

(Oubliez le début.)

https://www.youtube.com/watch?v=0ZNnJvVJNmU&index=2&list=RDj0vS548L9fk

Et puis y'a celle-ci par Jean Sablon (merci Paul !) :

https://www.youtube.com/watch?v=VMTQUqlmxXM

A+.

Jeff

 

  Textes choisis

I grieve and dare not show my discontent, 
I love and yet am forced to seem to hate, 
I do, yet dare not say I ever meant, 
I seem stark mute but inwardly to prate. 
I am and not, I freeze and yet am burned. 
Since from myself another self I turned.

(On Monsieur's Departure


Je pleure et n'ose montrer ma peine
J'aime et il faut que j'ai l'air d'haïr
Je voudrais, mais je ne peux pas dire ce que je pense
Je dois passer pour une muette qui n'a que des pensées frivoles
Je suis là, mais je n'y suis pas, j'ai froid et pourtant je brûle
Car j'ai chassé de moi quelqu'un qui était ma moitié


(Sur le départ de Monsieur)

Note :

"On Monsieur's Departure" est un poème d'Elizabeth I suite à l'échec de ses négociations de mariage avec François, le duc d'Anjou.

Fawzi

 

Intellectualissisime

Toujours la même question, non ? Kocéqu'on est supposé faire quand on n'a pas eu le loisir, le temps, le courage, l'occasion ou l'intelligence de lire, quand on était jeune, Proust plutôt que Guy des Cars, d'écouter Beethoven plutôt que Michael Jackson ou d'aller voir Le Regard d'Ulysse plutôt que Pulp Fiction ?

Déjà que, ayant déjà eu dans mon sac Les rois maudits de Maurice Druon, j'ai passé pour une illuminée à la shop où j'ai travaillé il y a mille ans.

J'étais chez une amie - une intellectuelle de mon âge - l'autre jour. Avec Monsieur Perec. Elle m'avait demandé si je connaissais quelqu'un qui pourrait "faire le ménage" dans sa bibliothèque parce que, comme elle disait ; "Doit bien y avoir des choses qui méritent d'être conservées", sauf qu'elles ne savait pas lesquelles.

"Ça oui, ça non, oui, mais il vous faudrait la suite. Et puis il vous manque ses poèmes, tandis que là, si jamais vous êtes intéressée, l'UdeNap vous fera une offre..." a dit  celui que l'on considère, au Castor comme la sommité dans le domaine de la littérature.  (Hé : n'importe qui qui a lu les auteurs grecs et latins dans le texte est, chez nous, une sommité.)

Pauvre de moi, que je me suis dit, avec mon Autant en emporte le vent et les lettres de Madame Sévigné, qu'est-ce que je suis à côté de ce monde-là !

C'est Monsieur Popp qui m'a remise sur la bonne piste il n'y a pas si longtemps. - M'a dit : "Est-ce que, quand tu lis, tu découvres un monde auquel tu n'as jamais pensé ? - Ben, c'est ça la lecture. C'est ça la littérature. C'est sortir de son univers et découvrir celui d'un ou d'une autre et savoir qu'on n'est pas seul au monde."

...

Je l'ai découvert par hasard, dans un libraire de la rue Ste-Catherine, près St-Denis, il y a un an ou deux. Je l'ai lu, comme ça, dans le métro, sans trop y porter attention. Puis il m'est retombé dans les mains, il y a trois semaines. Et je l'ai relu. - "Les vaisseaux du coeur". - Je ne sais pas si vous savez ce que c'est, mais c'est d'une auteure du nom de Benoîte Groult (née en 1920 et toujours vivante - selon Wikipédia). - Relu, mais attentivement, cette fois-là. - Pas juste pour l'histoire. - Pour savoir qui avait écrit ce roman.

Je suis, depuis deux semaines - et j'en suis fière - une intellectuelle car, maintenant, je sais ce que c'est que lire.

Un petit problème : faut maintenant que j'apprenne à écrire.

"La vie est affreuse et remplise de chagrins..." (air connu)... car je vois l'immense côte que j'ai à remonter.

George


 

Chansons bleues

Ceux qui me suivent depuis le début savent à quel point je suis naïf, fleur bleue et totalement dépourvu de jugement lorsque j'écoute une petite chanson romantale et sentimentique.

Alors ceci que, depuis plusieurs semaines, je veux ajouter à ma longue liste de favoris :

D'abord une date et un numéro ; 10 septembre 1935, Pathé PA 690, face deux.

Mais avant de vous parler de cet enregistrement, puis-je souligner qu'il fait partie d'une liste de 488 faces du même interprète, une des plus impressionnantes discographies d'entre les deux guerres. (Merci, feu Monsieur Gérard Roig - Phonoscopies, Avril 1993.) - Je vous dirai le nom de cet interprète dans quelques instants.

Pour le moment, parlons de son auteur, René Sarvil, celui qui, malheureusement, a mis des années avant qu'on publie sa biographie, avec, comme sous-titre de "L'oublié de la Canebière". - Vous trouverez une page que nous lui avons consacrée dans notre "autre" site :

http://www.www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/sarvil_rene/sarvil_rene.htm

Pour un bonhomme oublié, ce qu'on peut dire que ses chansons continuent d'être chantées, écoutées, diffusées quarante ans après sa mort, mais surtout 65 et même 70 ans après leur composition grâce, entre autres, à deux autres "Marseillais" dont l'un fut Vincent Scotto et le deuxième, notre interprète. - Vous ne me croyez pas ? Alors jurez-moi que vous n'avez jamais entendu de :

"Le petit cabanon", "La valse marseillaise", "Tout autour de la corniche", "Le petit bal de la Belle de Mai", "Adieu Venise provençale","À Toulon", "Sur le plancher des vaches" et surtout :

"Le plus beau tango du monde".

Non ? Même pas, pour ce tango ?

Alors autant vous dire son nom tout de suite : Henri Allibert dit Alibert.

Vous trouverez sa biographie et d'autres enregistrements à cette adresse - même site que celui précité :

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/alibert/alibert.htm

Précisons qu'il a écrit une dizaine d'opérettes, a joué dans autant de films et, avec Sarvil et Scotto, a dû composer une bonne centaine de chansons dont celle-ci, qui s'intitule tout simplement :

Vous avez l'éclat de la rose

Paroles et musique de René Sarvil et Vincent Scotto.

Cliquez sur la note : Second

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.  - (Mise à jour terminée.)

 

Book Review - Lectures

A collection of stupid, sometimes intelligent, sometimes funny quotes (with comments)

Here's something I found in the 1905 edition of "Growth and Structure of the English Language" by the Dane linguist Otto Jesspersen (1860-1943) :

"The French language is like the stiff garden of Louis XIV while the English language is like an English park in which you're allowed to walk anywhere without having to fear rigorous rules and regulations."

To this, I can't remember who added : “Polysyllables obfuscate a preponderant ignorance with so much more style and panache...” - Today, any linguist would simply say : "Bull Sh*t !"

To that I'll add that it doesn't matter what you write in proper English anyway, nobody will understand what you are trying to say (or won't read you beyond four words).

***

Here's something I would have liked to say first :

"I have enough money to last me the rest of my life... unless I want to buy something."

(But it was said before me by Jackie Mason.)

***

Here's a few short takes from George Carlin :

"If you live long enough, everyone you know will have cancer."

"Watching television these days, I often wonder what happened to the vertical hold button."

"Just when I discovered the meaning of life, it changed."

"The IQ and the life expectancy of the average American recently passed each other... going in opposite directions."

"A long time ago in England a guy named Thomas Culpepper was hanged, beheaded, quartered and disemboweled. Why do I have the impresion that women were not involved in these activities ?"

    My favorite of his is this :

"Half the people you meet in a day is less intelligent than the average."

    Which reminds me of W. C. Fields' reply to Will Rogers' «I've never meet a man I didn't like» :

"Obviously he hasn't meet a lot of people..."

***

But the Oscar goes to the one and only Yogi Berra who, to this day, remains a legend :

Always go to other people's funerals, otherwise they won't come to yours.” 

If you don't know where you are going, you'll end up somewhere else.” 

Nobody comes here anymore, it's too crowded.” 

Even Napoleon had his Watergate.” 

"If the world was perfect, it wouldn't be."

Copernique

***

Pour les amateurs de beaux livres

Si vous aimez la haute horlogerie et plus particulièrment les montres-bracelets (et les Rolling Stones - voir plus loin), Albin Michel vient de publier un livre de haut luxe de Joël Duval sur la fabuleuse histoire de Zenith, le célèbre manufacturier suisse qui réalise, depuis 1865, des instruments de précision qui font rêver les collectionneurs.

Les photos font rêver.

Voici le communiqué de presse concernant cette publication :

«La manufacture Zenith a produit depuis sa création plus de 10 millions de montres, inventé plus de 500 mouvements et accumulé plus de 2 333 prix d’horlogerie.

Se battant sur le terrain de la précision à l’occasion des multiples concours de chronométrie organisés par les observatoires astronomiques, Zenith s’imposa rapidement à partir de 1896 comme leader dans le domaine de la précision. Portée par le temps, la manufacture recruta et forma les meilleurs spécialistes et maîtres horlogers. Tenant le haut du pavé des récompenses jusqu’à l’arrêt des concours en 1968, elle créa la surprise en 1969 en inventant le premier chronographe à remontage automatique intégré et à haute fréquence de l’histoire.

Zenith à la différence de beaucoup d’autres maisons, est restée une manufacture. Elle célèbre en 2015 ses 150 ans. Son histoire d’une grande richesse est celle de l’horlogerie bien sûr, mais traverse aussi celle de l’art nouveau, de l’aviation, des voyages, des armées...

Zenith c’est enfin l’histoire de l’infiniment petit et de l’infiniment court chers à Blaise Pascal qui, ironie de l’histoire, fut le premier à porter sa montre au poignet.

Joël Duval est collectionneur de montres. Auteur de nombreux articles dans la presse spécialisée - dont La revue des montres -, il est aussi créateur de sites Internet dédiés à l'horlogerie qui font référence.»

Pour plus de renseignements sur la firme Zénith, voir le site qui suit :

http://www.zenith-watches.com/fr_fr/

Et les Stones ?

À l'occasion de la tournée nord-américaine des Rolling Stones (édition 2015), Zenith a créé un nouveau modèle de son El Primero Chronomaster, rebaptisé Tribute to The Rolling Stones.

En voici la photo :

Limitée à 1000 exemplaires, cette montre se distingue par son look très rock et contemporain. Sobre et masculine, cette merveille de mécanique est dotée du légendaire chronographe El Primero 4061 à remontage automatique.

Son prix : $9,800 USD.

Beaucoup moins cher que leur modèle Christophe Colomb Hurricane (à remontage manuel) dont le prix est de 201 000 Euros. - À comparer au El Primero Rattrapante (à remontage automatique) qui, lui, ne vous coûtera que 13 400 Euros.

Pour d'autres modèles, consulter le site suivant :

http://www.lacotedesmontres.com/Prix-du-neuf-et-tarifs-des-montres-Zenith-No_63.htm

Et le livre ?

Prix européen : 100 Euros. Devrait être disponible au Canada en septembre ou octobre.

Paul

***

Et, à signaler, sur France Culture :

Proust par André Maurois - Conférence donnée en 1948 :

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4855218#

 

Le Courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Réponses diverses :

Ms. Sarah N. Parker - Paris, 7e.

Deux suggestions (c'est pour votre nièce, n'est-ce pas ?) :

Sophocle - Théâtre - Classiques Garnier (traduction, texte, introduction et notes de Robert Pignarre) - Deux tomes, 1958.

René Char - Éloge d'une Soupçonnée (précédé d'autres poèmes) - chez Gallimard, 1988.

M. Pierre Lacasse - Saint-Hyacinthe, Québec

C'est bien en août 1849 que L. Kossuth, le président-gouverneur de la Hongrie indépendante a été obligé de s'exhiler suite à la capitulation des Hongrois à Villagos (devant les Autrichiens).

Ms. Christine O'Connell - Toronto, Ontario

Christophe Colomb fut, en effet, le dernier d'une série de marins qui ont découvert l'Amérique.

M. Michel Lecouldre - London, UK

Le mot "bouquin" provient du flamand "boeckin" qui signifie "vieux livre sans valeur" tout comme l'expression "en vrac"provient du néerlandais "vraek" qui désignait des anguilles non salées livrées à la vente dès leur arrivé.

Ms. Anne Coulter - Port-au-Prince, Haïti

Mother Theresa II, Convent of the Visually Impaired, Sheffield, UK.

M. Réal de Panne - Roma, Italia

Vous trouverez votre réponse dans la géométrie non-euclidienne de Nikolaï Ivanovitch Lobatchevski.

Ms. Elisabeth `V. Hasselback - Paris, Texas, USA

Tony Cicero, Charly Cinaglia (avec un "C") et la plaque du véhicule portait le numéro 3405JC75.

M. Michel Vendelle - Trois-Rivières, Québec

Muammar Muhammad Abu Minyar al-Gaddafi, a.k.a. Muammar Gaddafi (c. 1942-2011),  Ioseb Besarionis Dze Jughashvili a.k.a. Josef Stalin (1878-1953) et Idi Nyabire, a.k.a. Amin Dada (1923 ou 1928-2003).

Ms. Sarah A. Palling - New York, New York

25°04'00" S - 30°06'00" O.

Sir Michael B. Mickelwhite - Vancouver, British Columbia, Canada

The Chatty Charly, the Stinky Snacker, the Seat Climber, the Seat Kicker and the Landing Clapper.

Mr. Jackson Robin-Turp - Lapocatière, Québec

Have you tried the Schwarzschild solution ? It's on the WEB :

https://en.wikipedia.org/wiki/Deriving_the_Schwarzschild_solution

Mr. Paul Koestner - Fredericton, New Brunswick, Canada

Easy : Pat Robertson, Rick Warren, Peter Popoff, Kenneth Hagan, Joel Olsteen, Paul Crouch, Leroy Thomson, Freflo Dollar, Benny Hinn and Kenneth Copeland. - All major cards accepted.

We could have, of course, also named : Nenny Hinn, Jimmy Swaggart, Rony (and Wendy) Alec, Wayne T. Jackson, Howard Curtis, Paul Flowers, Eddie Long, Charles Githinji, Jack Schaap and a few others, including Ted Haggard.)

 
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Cette édition du Castor est dédiée à :

Ludwig van Beethoven
(1770-1827)

(Photo en provenance du site Wikipedia)



"What can the England of 1940 have in common with the England of 1840 ? But then, what have you in common with the child of five whose photograph your mother keeps on the mantelpiece ? Nothing, except that you happen to be the same person."

"Qu'est-ce que l'Angleterre de 1940 peut bien avoir en commun avec l'Angleterre de 1840 ? Mais, dans le même ordre d'idée, quel rapport peut avoir la photo de l'enfant de cinq ans que votre mère a sur la cheminée de son foyer et vous ? Rien, sinon que vous êtes la même personne."

— George Orwell: “England Your England: Socialism and the English Genius” [1941]

 

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