Volume XXV, n° 9 Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 4 mai 2015

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Dernière édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

***


Note et avis

 
     Note :

L'édition précédente du Castor™, non pas celle du 6 avril (premier lundi du mois dernier), mais celle du 13 avril, dite "mini-édition". Pour la consulter, cliquez sur le lien au début de cette phrase. D'où la note ci-dessus.

Voir "Le Castor au quotidien" dans notre introduction à notre édition du 6 avril dernier.

     Deuxième avis :

La direction du Castor tient encore une fois à s'excuser pour certains propos publiés en ses pages et qui auraient pu laisser sous-entendre que tous les politiciens (et en particulier ceux des États-Unis d'Amérique, du Canada et de la France) sont :

  • des êtres sans scrupules qui ne recherchent que leur profit

  • de huileux personnages qui n'ont appris par coeur que des boniments susceptibles de les faire élire

  • de sales profiteurs qui ne paient jamais ni leurs places aux théâtres, ni ailleurs

  • des êtres plus intéressés à satisfaire leurs petites vendettas personnelles qu'à véritablement servir la population

  • des individus lâches et abjects qui sont prêts à tout pour s'assurer qu'on ne remette jamais en doute la parole de leur chef, préférant sacrifier le peu d'éthique qu'ils avaient avant d'entrer en politique au nom de l'unité de leur parti

  • des êtres prétentieux et totalement désintéressés de ce qui pourrait préoccuper leurs électeurs

  • de viles personnes dont le sens de l'honnêteté n'est inférieur qu'à celui des bandits de grands chemins

  • et souvent des alcooliques qui ont tendance à pratiquer certaines activités sexuelles que la population en général n'est pas prête à accepter.

Il n'a jamais été notre intention de tenir de tels propos et nous sommes désolés si cette impression a pu se glisser dans nos lignes.

     Et puis :

Notre prochaine mini-édition s'intitulera touts simplement "CARNETS" et sera constituée de notes, projets de chroniques, choses à lire ou à écrire, spectacles à ne pas manquer et autres annotations de nos chroniqueurs chez qui, lors de notre dernière réunion, nouus avons noté l'incontournable manie de prendre des notes dans : des carnets d'une grande simplicité (cahiers d'exercice Hilroy) ou d'un extraordinaire luxe (fabriqués en Allemagne, avec reliure en acier et pages à tranches dorées) en passant par les, aujourd'hui, indispensables Moleskine ou Artrends.

"Vous auriez objection à nous en dévoiler les contenus ?", avons-nous demandé. Tous ont répondu non.

Étrange, mais très étrange résultat.

Date de publication prévue : le lundi (prochain) 11 mai. - Soyez à l'écoute.

En attendant,

Bonne lecture !

La direction


 
Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.
 



 Où j'en suis

L'astrophysicien Walter Lewin - qu'est-ce que je peux lire parfois ! - voir les références à la fin - disait, en 1995, je crois, qu'il lui était de plus en plus difficile non seulement de comprendre mais de concevoir ou même d'imaginer la plus-que-probable structure de l'univers, mais que les équations de la physique moderne étaient là et qu'il n'y pouvait rien.

Je me sens un peu comme lui depuis quelque temps.

Que la terre soit ronde, qu'elle tourne autour du soleil (et non le contraire), qu'il existe des milliards d'étoiles dans notre galaxie, qui n'est qu'une galaxie parmi des milliards d'autres (1), et que le temps varie en fonction de la vitesse et qu'il n'est donc pas constant ou absolu, je peux m'imaginer tout cela et même le comprendre, contrairement ou plutôt malheureusement à des millions de personnes, nées avant Copernicus, Kepler, Galilée, Huygens, Newton, Herschel, Einstein et beaucoup d'autres (2), qui n'ont pas eu la chance de connaître leurs géniales visions du monde.

Évidemment, je ne comprends pas tout ce qu'ils ont écrit ou pensé, sauf qu'il y a longtemps que je ne suis plus un créationniste (partisan de la version biblique qui maintient que le monde a été créé en six jours), ni n'ai jamais cru aux enseignements des Mormons, des Islamistes et encore moins des Scientologues (une "religion" fondé par un homme dont le prénom était Ron !) et j'ai de plus en plus de difficultés à me dire catholique depuis que j'ai recommencé à lire la Bible. - Par rapport à cette Bible, Penn Jilette [du duo Penn & Teller] affirme, quant à lui, être devenu athée la journée où il s'est mis à lire la Genèse... - Pas pour rien que Sir (Saint) Thomas Moore (1478-1535), aujourd'hui patron des hommes d'état et des politiciens (!), faisait brûler vif les gens qui possédait, à son époque, une Bible en langue vulgaire...

D'autre part, il me semble avoir lu il n'y a pas très longtemps, ici même, la suggestion d'amener une règle à calculer (ou une calculette) si jamais il nous - vous et moi - venait l'idée de retourner dans le temps pour rencontrer Pythagore. Pythagore ? Je ne saurais, personnellement, quoi lui dire. Surtout que je ne connais absolument pas le grec ancien et de ce que je connais des mathématiques... - Sans compter qu'avec mes lunettes de presbyte, ma montre-bracelet et un complet trois-pièces, je me ferais suicider sur place.

À la rigueur, je remonterais au début du siècle dernier ou à la fin du siècle précédent. Pour y rencontrer Proust, Wilde, Joyce, Montesquiou même, mais il faudrait pour ce dernier que je fasse partie de la haute, cette société disparue lors de la Révolution et dont, conséquemment, je ne ferais pas partie. - Autant rester chez moi.

Surtout pas Bergson ! - J'ai deux livres de lui dans ma bibliothèque : Essai sur les données immédiates de la conscience et Durée et simultanéité dont je n'ai lu, des deux, que quelques pages qu'au demeurant, je n'ai pas réussi à déchiffrer au-delà de deux lignes. Il aurait fallu que j'en lise un résumé à la Reader's Digest ou une de ces versions illustrées, genre Achille Talon. D'ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi, un jour, je suis entré chez un libraire, à Paris, pour me procurer ces deux chefs-d'oeuvre (Presses Universitaires de France, 1979, 1968). J'ai dû me prendre pour Georges Perec qui a cru, un autre jour, qu'il pouvait lire un livre de géométrie et en comprendre le sens.

Faut dire que je suis un peu dépassé depuis plusieurs années. En fait, il me faut le constater : je suis dépassé et ce n'est pas les premières informations qu'on m'a fournies, sur la vie, la nature, la création du monde, qui m'ont aidé.

Il m'a fallu bien des années pour désapprendre certaines choses. - Oh, quelques jours pour le Père Noël et la fée des étoiles, deux, trois semaines pour les cigognes et la naissance des enfants, peut-être quatre ou cinq mois pour l'arche de Noé, Loth, Sodome et Gomorrhe, mais si, aujourd'hui, je me flatte d'être un homme de mon temps, c'est-à-dire un homme qui n'a pas d'idées farfelues, basées sur des historiettes ou calembredaines datant de l'âge de bronze, il me semble que je suis, au meilleur de ma forme, de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, même si je peux m'imaginer ce que peut-être un trou noir, une quatrième dimension et même la courbature de l'univers.

Par contre, je ne comprends rien, mais rien de rien, aux théories de Maxwell, Heisenberg, Bohr, Schrödinger et compagnie. La mécanique quantique, les quarks, les hadrons, les protons, les neutrons, les photons et les univers parallèles me dépassent. Quant au boson de Higgs, j'aurais aimé ne jamais en entendre parler.

Consolation : le physicien américain Richard Feynman (1918-1988) disait que si quelqu'un pensait comprendre la mécanique quantique, cette personne-là ne comprenait pas la mécanique quantique. En d'autres mots, il est préférable de connaître plutôt que de comprendre.

Curieusement, c'est ce qu'on me disait de la Sainte Trinité quand j'étais jeune.

Dans ces conditions, pourquoi ne pas me fier aux horoscopes et aux biscuits chinois ? - Surtout depuis que j'ai reçu, lors de mon dernier passage dans le Chinatown, la sage parole suivante : "Quoique vous ayez mangé, ce n'était pas du poulet."

Simon

   Références :

Walter Lewin et Warren Goldstein :  For the Love of Physics: From the End of the Rainbow to the Edge of Time – A Journey Through the Wonders of Physics. - Simon and Schuster (2011)

Richard Feynman : No Ordinary Genius - Un documentaire (deux parties) sur sa vie et son oeuvre - BBC Horizon et PBS (1993).

***

   Notes :

(1) Quatre cent milliard (aux dernières nouvelles).

(2) Sans préjudice à tous ceux qui les ont précédés, particulièrement tous les astronomes ou physiciens du monde arabe et de l'Extrême-Orient. - Voir, à ce propos, l'excellente page de Wikipedia intitulée "Chronologie de l'astronomie"

***

 Langue et réalité

J'ai refilé le texte suivant à Copernique en espérant qu'il le commentera sous peu en nous donnant également son opinion sur la disparition annoncée du livre-papier (*).

Il est tiré d'une conférence que feu Christopher Hitchens (1949-2011) a donnée, en 2011, à la Rutgers University, en la ville de New Brunswick (New Jersey) :

" Il est grandement temps que nous inventions un nouveau langage pour décrire le Nouveau Monde - ou plutôt le Nouveau Cosmos que nous sommes en train de créer - non, je devrais dire plutôt qui est en train de nous être révélé, quoique "créer" et "révélé" sont des mots que je devrais utiliser avec beaucoup de précaution - disons : qui nous sont de plus en plus divulgués grâce au télescope Hubble ou à notre connaissance de l'ADN, en cette période de l'histoire, de la nature de l'humanité ou celle de l'univers peuvent maintenant être discutées sans racisme, sans tribalisme, sans créationnisme et sans superstition.

Nous occupons une position privilégiée qu'aucun de nos ancêtres aurait pu prévoir. Une page de Stephen Hawkins sur l'horizon des événements ou sur les trous noirs est beaucoup plus inspirante, infiniment plus inspirante et infiniment plus impressionnante que n'importe quelle ligne sur le buisson ardent de la Genèse, ou sur les écrits d'Ézéchiel, ou tout bavardage sur l'apocalypse, mais nous persistons à décrire les événements qui nous entourent avec les métaphores chancelantes de notre préhistoire.

Nous sommes prisonniers du milieu dont nous avons hérité, persistant à dépeindre toute nouvelle découverte avec la stylistique sécurisante et réconfortante du patois qu'on nous a enseigné.

Un exemple ?

Parlant de l'achèvement du projet de génome humain, le président Clinton, disait, au printemps dernier, en parfait Elmer Gantry, que nous avions maintenant en main le dictionnaire que Dieu avait utilisé pour nous créer. - Du véritable bagou !

Au moment où je vous parle, notre langue est à la traîne, à la traîne de la science, derrière toutes nouvelles découvertes et derrière - je dois le souligner - l'humanité. [...] Il nous faut combler ce fossé pour remédier à cet extraordinaire décalage."

Fin de la citation.

(*) Je viens d'apprendre que les ventes des enregistrements électroniques ("streaming") viennent de dépasser celles des CD. - Un signe précurseur de la disparition éventuelle du livre papier ? - Chose certaine : les éditeurs-distributeurs de musique enregistrée semblent s'être organisés plus rapidement que les éditeurs de livres, journaux, magazines, etc. qui en sont encore à leurs premiers balbutiements. - Autre fait : à ma dernière visite chez Renaud-Bray (Ste-Foy, Québec), j'ai noté que plus de la moitié de l'espace était occupée par des jouets et des bibelots...

Simon

***

[Autres] Curiosités de la française langue
(Bernard Fripiat - Le Figaro - 26 mars 2015 - propos recuillis par Marie-Amélie Lombard-Latune)

Le mot "yeux", c'est un gag ! Autrefois, écrire "ieux" pouvait signifier "yeux " ou "jeux ", la lettre "i" pouvant se lire "i" ou "j". On a donc utilisé le "y" pour éviter de confondre. Jusqu'au XVIIe siècle, l'emploi du "y" est très fréquent comme dans "roy" ou "amy ". Dans les manuscrits, il est plus lisible que le "i", qui s'écrit sans point pour éviter les pâtés [...car...] l'écriture à la plume favorisait les taches d'encre. Pour limiter les risques, on ne mettait pas de points, ni d'accents, ni de cédilles. Et la coupure des mots se faisait de façon aléatoire, quand il fallait retremper la plume dans l'encrier !

J'ai pour exemple une lettre de Louis XIV rédigée ainsi : "Jay souferplusieursennees desafoiblesse de sonopniastreté". Les professeurs d'université ne disent pas autre chose mais le formulent peut-être un peu plus élégamment. De la même façon, le mot "forest" est devenu "forêt" quand les imprimeurs ont pu utiliser l'accent circonflexe. Ils étaient ravis car cela leur permettait d'économiser une lettre. Or le papier était cher !

[Quant aux lettres hampes - celles qui montent ou descendent comme t; d, h, p, q, etc. -, elles sont très appréciées car elles facilitent la lecture?] Oui, surtout quand on décrypte un texte à la lueur d'une chandelle. Les juristes du XIIIe siècle les adoraient. C'est ainsi que "huit" s'écrit avec un "h" alors qu'il n'y a aucune raison étymologique (il vient du latin "octo"). Cela permettait de distinguer le "u" d'un "v", qui s'écrivaient de façon similaire. C'est aussi pour cette raison que "huile " et "huître " prennent un "h".

[Au fil des siècles, on ne se prive pas de jouer ainsi avec les mots ] on retire ou on ajoute des lettres selon les besoins. Ainsi le latin "mater" se transforme-t-il d'abord en "maer" puis en "mère" au XlIe siècle. Mais on reprend le latin pour "maternité". Au XIIIe siècle, on recrée des mots en ajoutant des lettres. Le mot "populus" était devenu "peuple" mais donne aussi "populaire".

[...] Les pluriels de "cheval" et "festival" diffèrent. Le premier est très ancien alors que le second fut emprunté à l'anglais en 1830. "Chevals" a évolué phonétiquement vers "chevaux". Mme de Sévigné écrivait des combats "navaux" et Jean de La Fontaine employait "portaux" pour plusieurs portails. Autre bizarrerie : pourquoi "favori" et "favorite " ? À cause de François fer, qui aimait beaucoup l'Italie et le mot "favorita" pour les jolies femmes qu'il y rencontrait.

[...nénuphar...] Après une longue bagarre entre les partisans du "f" et ceux du "ph", l'Académie opte pour le "ph", s'appuyant, selon certaines mauvaises langues, sur sa prétendue origine grecque alors quelle est arabe ! Aujourd'hui, elle accepte les deux orthographes. Que de disputes pour un mot que personne n'écrit dans sa vie !

[Le pluriel de "grand-mère " - Faut-il écrire "des grand-mères ", comme l'Académie, "grands-mères ", comme le Robert, ou "grandes-mères"?] Quoi que l'on fasse, c'est idiot et ne correspond à aucune logique ! L'ancien français ne distinguait pas le genre des adjectifs latins en "is ", comme "grandis". D'où "grand-place", «grand-messe", etc.

[Les fautes les plus courantes ?] L'accord du participe passé parce que l'ordinateur ne détecte pas l'erreur. [...] récemment je ne savais plus comment s'orthographiait "fidèle". J'avais envie d'écrire "fidelle". Et puis, j'ai aussi envoyé un texte avec "il faut êtres ". Mais ça, c'était la faute du correcteur automatique !

Simon

 



Imperium dixit, Imperium facet

Une idée que je me fais, sans doute, mais, depuis quelque temps, j'ai noté une certaine diminution de la clientèle qui assiste à la grand-messe en l'église du Saint-Sépulcre et des Deux Vierges au coeur du quartier de l'Université de Napierville.

Au début, j'ai cru à une crise d'influenza, mais plus les semaines avançaient, plus il devenait aisé de circuler, après la cérémonie, sur le parvis où se bousculaient jusqu'à tout récemment les notables de la région et de nombreuses personnalités des environs.

Et puis j'ai compris :

Avec les travaux infrastructuraux que tous les paliers du gouvernement ont mis en place depuis quelque temps, notamment sur les ponts nous permettant d'atteindre l'Île de Montréal et l'Île Jésus, il est devenu de plus en plus difficile de nous voisiner, surtout les weekends où les fermetures des Honoré-Mercier, Champlain et Victoria sont devenues routinières.

Un manque flagrant de planification.

Aussi, suite à un vote unanime des résidents du quartier, avons-nous fait parvenir, hier après-midi, à l'honorable Robert Poëti, ministre des Transports et responsable de la région de Montréal, le député de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, une lettre l'enjoignant, dans l'élaboration de ses futures politiques, de prendre en considération les avis qui, nous l'espérons, seront nombreux, des responsables des différents cultes dont les établissements pourraient être à proximité des travaux - particulièrement routiers - qu'engendreront ses politiques.

"Et de grâce, ai-je ajouté personnellement, ne touchez pas à la route d'intérêt national qui relie notre quartier à St-Romuald-d'Etchemin."

Obédieusement vôtre,

Herméninglide Pérec
Secrétaire temporaire permanent
de L'Université de Napierville.

 


The good (!) old days

The first wife of a friend of mine was a Medieval nutcase. By that I mean that, had she been given the choice, she would have been born at the time of chivalry, courtly love, castles (with drawbridges), illuminated manuscripts, tapestries, houppelandes (1) and, of course, troubadours in tight pants. However, owing to a rather limited knowledge of history, her idea of Middle Age involved several periods but in no particular order, all of which were, of course, exempt of war, famine, the bubonic plague and assorted other mild irratibillities such as feudalism, the rise of Islam, the Ottoman Empire, the Moorish occupation of Spain, "sumptuary" laws such as "mort d'ancestor" (look it up), porridge, bread and stew, the Crusades, arranged marriages and the Avignon Papacy.

A question that was often asked of her was : "Who would you have been ?" - No need to wait for an answer. It was always somebody like Genevieve of Brabant or Maid Marian ; at the very least, one of those princesses surrounded by the bare necessities of life (perfume, jewels and fine clothing) ; certainly not one of those illiterate peasants with a life expectancy of about 25 years, living in total squalor, constantly fearing for her life and raped regularly by Vikings, Normans or other explorers.

I understand she remarried wearing what she thought she would have worn in the 12th or 13th century : a flowing gown with an elaborate head-wear shaped like a butterfly and an imported Italian turban ; to - you might have guessed - a fully armored knight who may have had some difficulties in taking off his genuine-imitation modern-tin plate armour over a mail shirt to consummate his true love, but that's another story.

I thought about her a day or two ago when I heard, for the umpteenth time the expression : "Those were the good old days". Unfortunately, I was too far and not part of the conversation to utter W.C. Fields' immortal addition, sideways, naturally : "... and I hope they never come again", often quoted by Simon Popp.

I can't believe - let me rephrase that : I don't understand - why some people think so highly of the past and why, particularly, so many would want to go back in time. To get killed for king and country (mainly the king) ? To catch a venereal disease ? Or to drink bad wine ?

I wouldn't live again even five minutes of my past. Including idyllic moments (and there has been a lot), just in case, something of a lesser happiness might interfere again.

Let's face it : I'm 54 years old and during this rather short period of time the following happened :

(Don't worry about it : I won't quote anything personal but, I'd like to mention that I was somewhere and doing something when it all occurred.)

  • The Cold, the Corean and the Vietnamese wars
  • The Black Panthers
  • The Apartheid
  • Solidamosc (Solidarity)
  • Khomeyni
  • Paul Pot
  • Sadam Hussein
  • Bush : father and son
  • And so on and so forth.

I could go on, you know, indefinitely : 8 years of  Robert Bourassa, most of Jean Drapeau's reign, Camil Samson, Pierre Elliot Trudeau, Jean Chrétien, the three Johnson's and even that didn't-know-didn't-see-didn't-hear mayor Montréal had for a while...

Yes, Mary, the winters of our discontent are made glorious summers but not by the previous autumns : by the present and, even more so, by springs.

And we're now in spring, aren't we ?

Copernique

(1)houppelande or houpelande is an outer garment, with a long, full body and flaring sleeves that was worn by both men and women in Europe in the late Middle Ages. - Look it up : it's in the dictionary.

***

Miles

Well, for one thing, Mrs. Marshall, née de Pougy, wasn't very happy when I got home last Friday (1) or should I say : early, last Saturday, at about two a.m. or maybe two thirty a.m.

"It's okay for HIM, she said. He could WALK back home but you, you had to DRIVE all the way back here [Napierville]. How many drinks did you have ?"

Not that much, I said to myself, but it was pointless to argue. As things turned out, I had spent most of the evening listening to live music and talking (listening), between sets, with the musicians. Talking ? Paul [Dubé] did. I took notes. I must have had, because when I woke up on the following day, I felt as if I had spent the entire night drinking herbal tea. But let me tell you what happened. Really.

Those of you who have read my little essay on jazz might remember how frustrated I am listening to the countless cocktail pianists who keep improvising on themes played by the likes of Nat King Cole, fifty, sixty, seventy years ago, not having the common sense of playing notes for notes the masterpieces recorded by him and other jazz giants who created wonderful improvisations that shouldn't be altered the same way one wouldn't alter the works of Beethoven, Chopin, Schumann, etc. - Well, last Friday, I was again complaining about this to Paul when he said : "Ever heard Miles Davis' Kind of Blue album ?" - Of course I had. Everybody must have. - "Well, he added, let me bring you to this little club I know where you might be able to hear it live." - Must be joking, I thought. But there we were, at eight o'clock, that evening, in a busy little place, on St-Denis street, near Rachel (downtown Montreal), waiting for the musicians to set up their instruments. And, all of sudden, I heard the first bars of "On Green Dolphin Street" (on piano) immediately followed by - I would have swore - the inimitable sound of Miles Davis playing on his trademark muted trumpet. T'was followed by John Coltrane, Cannonball Adderley, Wynton Kelly, the whole supported by a - believe me or not - a seventy year old teen age bassist named Paul Chambers and a, as old and as young, drummer called Jimmy Cobb.

As things turned out, I was listening to a group billed under the ubiquitous name of "Hommage À  Miles Davis" sub-billed "Kind of Blue".

Their first set was made up of Miles' standards, including one of my favorites simply entitled "Miles".

I thought I was dreaming but I wasn't.

Then came the announcement that, for their second set, they were going to play the entire "Kind of Blue" album. Which explains why I came home that late because wild horses couldn't have pulled me away from where I was.

The musicians ?

Ron DiLauro as Miles Davis, trumpet
André Leroux as John Coltrane, tenor sax
Jean-Pierre Zanella as Cannonball Adderley, alto sax
Pierre Leduc as Bill Evans (but more in the Wynton Kelly style), piano
Michel Donato as Paul Chambers, string bass
and Richard Provençal as Jimmy Cobb, drums.

I asked the manager, Garry, if they had recorded their stuff. "Oh, come on, he said. Wouldn't you rather have the original ?" - Problem is that I HAVE the original but would have liked to hear them side by side.

Anyway, that's only part of what went on that evening.

Besides us (Paul and myself) were two absolutely magnificent young girls (no wonder Mrs. Marshall, née Pougy, wasn't too pleased, although I didn't mention them) and between the two sets, I sat in total amazement, listening to Paul talking to the pianist about his accompanying Coleman Hawkins in one of his rare visits, in Montréal, 50 years ago, his conversations with Miles at a jazz club known as "Le Jazz Hot" at about the same time and so on, including André Leroux (John Coltrane) and Michel Donato, the well known, Montreal based, bassist (Paul Chambers), etc.

Like a child in a candy store. I couldn't have been happier.

So you won't forget when they show up again :

Le Dièse Onze
4115-A rue St Denis (between Duluth et Rachel) (2)
Informations and reservations : (514) 223-3543
info@dieseonze.com

Copernique

(1) April 24th, 2015 - Editor's note

(2) Don't worry if you have to go down a few steps into what appears to be an abandoned basement : it has, inside, the feeling of a late sixty, early seventy New York Jazz club. (So Paul tells me and he's been around.)

 
 

BBC, Thames  ITV...

C'est Paul [Dubé] qui nous en a donné le goût (quand je dis "nous", je parle bien sûr, d'Élyanne et moi), le 2 mars dernier, plus précisément, dans sa chronique où il attirait notre attention sur le quatuor numéro 8 de Franz Schubert en nous en parlant via quelques séries britanniques des années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix, presque toutes devenues, aujourd'hui, des "classiques".

Nous avons, à sa suggestion, jeté un coup d'oeil sur l'Inspector Morse, via YouTube, et nous fûmes tout de suite conquis. Beaucoup plus vite que ça nous a pris pour Maigret dont nous sommes toujours des amateurs. Deux épisodes et nous nous sommes devenus des accrocs. Sauf que cette série contient trente-trois épisodes.

Et ce n'est pas tout :

Le temps de nous renseigner, nous avons appris l'existence de Foyle's War, de Rumpole of the Bailey et de A Touch of Frost. Et il en aurait d'autres.

Des heures et des heures d'écoute, ce qui ne nous embête pas du tout : plutôt que lire chacun de notre côté, nous avons, devant nous, de très intéressantes soirées en perspective. Surtout que, je l'ai déjà noté, lorsque nous regardons un film, nous ne voyons jamais le même.

Quelques mots sur ces émissions :

D'abord, elles sont d'une grande qualité. Décors magnifiques ; la reconstitution de l'époque où se passe Foyle's War est époustouflante. À se demander, comparativement aux émissions américaines, les budgets investis dans leurs productions. Quant aux comédiens, on serait en droit de se demander, surtout dans le cas de Rumpole of the Bailey, si le personnage principal ne doit pas sa personnalité à celui qui l'interprète. Et puis Elyanne s'est exclamée après quelques minutes de Foyle's Far ; "Mon Dieu qu'il [Foyle]est beau !"

(Nous avons visionné au cours du mois dernier, deux épisodes de chaque série et comptons bien continuer.)

Inspector Morse

Inspector Morse est une série d'émissions basées sur les enquêtes d'un inspecteur du CID (Criminal Investigation Department - Département des enquêtes criminelles) c'est-à-dire de la force policière de Thames Valley, émissions qui se déroule essentiellement dans la ville d'Oxford, en Angleterre. Ce personnage, fictif, créé par Colin Dexter, est interprété par John Thaw (1942-2002) connu pour divers rôles dans des dizaines de séries télévisées dont celui de Peter Mayle dans A Year in Province (basé sur le livre à succès de 1993). - L'intérêt de cette série réside dans le fait qu'elle a, comme fond, le monde académique d'une des plus grandes universités du monde avec ses étudiants, professeurs, doyens et coutumes séculaires. - Avec sa Jaguar, son goût pour la bière anglaise et un penchant pour la musique classique, la poésie, l'art en général, les grands auteurs et ses mots croisés indescriptibles, Morse nous renvoie l'image d'un homme extrêmement sympathique, malgré un tempérament assez particulier. - Son assistant, le sergent-détective Lewis (Kevin Whateley) est également remarquable. - 33 épisodes de 1987 à l'an 2000.


John Thaw

Foyle's War

Foyle's War d'Anthony Horowitz se déroule dans la petite ville de Hastings, sur les bords de la Manche, pendant la Deuxième Grande Guerre pour se poursuivre, deux ans, au début de la guerre froide. Son personnage central, Christopher Foyle, interprété par Michael Kitchen (né en 1948), le détective principal de cette municipalité, compose avec son chauffeur, Samantha Stewart (Honeysuckle Susan Weeks, née en 1979) et son assistant, Paul Milner (Anthony Howell, né en 1971), un trio très attachant. - Son intérêt provient de scénarios très complexes où s'entremêlent les côtés difficiles de la guerre, le sabotage, le marché noir, l'espionnage, la défense de l'Angleterre, les bévues de l'armée, etc. - Originalement prévue pour durer 21 épisodes, sa popularité fut si grande que 7 autres ont été filmés au cours desquels Foyle est devenu un employé du service de contre-espionnage.


Michel Kitchen

Rumpole of the Bailey

Rumpole of the Bailey, basé sur une série de récits de l'écrivain britannique (ex-avocat) John Mortimer, tourne autour d'un plaideur plus ou moins excentrique en la personne d'Horace Rumpole (Leo McKern - 1920-2002) qui cite continuellement Woodsworth, Keats ou Shakespeare.

Son expression pour décrire son épouse "She who must be obeyed" est devenue monnaie courante en Angleterre. - 44 épisodes.

Rumpole of the Bailey .


Leo McKern

A Touch of Frost

A Touch of Frost est une série qui fut diffusée de 1992 à 2010, basée sur les romans de R.D. Wingfield (1928-2007), romans qui firent leur début en 1972, autour d'un personnage du nom de William Edward "Jack" Frost (David Jason), un détective (policier) non orthodoxe qui se heurte fréquemment avec ses supérieurs, particulièrement un superviseur, Stanley Mullett (Bruce Alexander), à l'esprit bureaucratique . - Les épisodes de A Touch of Frost sont toujours intelligemment construits, avec des dialogues très mordants et des intrigues pleines de rebondissements et de surprises. -42 épisodes.


David Jason

***

Des comparaisons ? En français ?

Quatre titres nous sont venus en tête :

A+.

Jeff

***

Notes :

   (Références aux émissions mentionnées ci-dessus mais pour des échantillons, voir YouTube)

Inspector Morse

http://www.imdb.com/title/tt0092379/

http://en.wikipedia.org/wiki/Inspector_Morse

Foyle's War

http://www.imdb.com/title/tt0310455/

http://en.wikipedia.org/wiki/Foyle%27s_War

Rumpole of the Bailey

http://www.imdb.com/title/tt0078680/

http://en.wikipedia.org/wiki/Rumpole_of_the_Bailey

A Touch of Frost

http://www.imdb.com/title/tt0108967/

http://www.imdb.com/title/tt0108967/episodes

 

Textes choisis

«Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc ! et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil. Ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.

Et quand j'ai prié Dieu pour tous ces petits anges
Qui n'ont pas d'oreiller, moi j'embrasse le mien.
Seule, dans mon doux nid qu'à tes pieds tu m'arranges,
Je te bénis, ma mère, et je touche le tien !

Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première
De l'aube ; au rideau bleu c'est si gai de la voir !
Je vais dire tout bas ma plus tendre prière :
Donne encore un baiser, douce maman ! Bonsoir !
"

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) - L'oreiller d'un enfant

Fawzi
(À mon amie J.L.)

 

Monsieur Mystère

Il y en a un dans votre bureau ou à la shop où vous travaillez ou avez travaillé.

Je recommence :

Je suis allé dans un salon funéraire il y a une dizaine de jours. Pour "rendre hommage" à une amie de ma mère décédée à la suite, comme on allait le lire, comme d'habitude, dans tous les journaux, "après une longue maladie". Par pour la défunte, que je connaissais à peine, mais pour ma mère que son décès a beaucoup affectée. - Et c'est là que je l'ai vu rentrer. Celui à qui personne ne parlait et qui ne parlait à personne, à ma shop d'avant. C'était le frère de la défunte.

Paul [Dubé] me l'a décrit une fois quand il m'a parlé des gens qu'il devait rencontrer dans son milieu. "Dans une entreprise, me disait-il, il est inutile de poser des questions au président sur ce qui se passe chez lui : il n'en sait rien. Ni à aucun de ses vice-présidents ou à son directeur administratif. Ces gens-là ne savent rien. La personne qu'il faut rencontrer, c'est celui dont le bureau est situé sous un escalier et qui est là depuis des années. Lui, et lui seul, connaît les rouages de l'entreprise, qui fait quoi, où sont les problèmes et pourquoi il y a eu un accident la veille ou l'avant-veille..."

En plein mon bonhomme.

Son bureau était situé près de la porte de sortie "de secours", celle qu'il ne fallit ouvrir qu'en cas de nécessité absolue. Il n'avait ni voisin à droite, ni à gauche et sa fenêtre - il avait quand même une fenêtre - donnait sur l'édifice d'à côté où il semblait y avoir son double, à moins qu'il fut son frère jumeau.

En quoi consistait son travail ? Aucune idée. Tout ce que je sais - tout ce que nous savions, c'est qu'il était là le matin quand nous rentrions travailler et le soir quand nous quittons. Le midi, il mangeait son ou ses sandwiches à son bureau et ne se lèvait que deux fois par jour. De quoi régler l'horloge au-dessus de la porte d'entrée ou sa montre-bracelet. A dix heures du matin et à trois heures de l'après-midi. Pour aller vous-savez-où et passer dans la cuisinette prendre un café, deux laits, deux sucres, le matin, et un verre d'eau dans l'après-midi.

Ce n'était pas ce qu'on aurait pu appeler un solitaire ou un vieux garçon enragé (d'ailleurs il avait un jonc à l'annuaire de sa main gauche). Il nous saluait poliment d'un geste de la tête et nous appellait tous et toutes par nos prénoms. Il était même très gentil, prêt en tout temps à aider un ou une collègue qui avait des problèmes avec son ordi. Sauf qu'il ne chit-chatait jamais. - Pas moyen de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il faisait dans ses temps libres, s'il avait une conjointe, des enfants, s'il aimait la radio, la télévision, le hockey. Rien.

L'embêtant, c'était son regard. Je ne me souviens pas avoir vu des yeux aussi perçants que les siens. - Comme me disait ma voisine de droite, un jour : "Il ne nous regarde pas : il nous pompe."

Et puis, au salon dont je parlais au début, voilà qu'il apparut soudainement. C'était un des frères de la défunte.

Il serra une main à gauche, une autre à droite, salua tous les gens présents en se penchant quelque peu puis, me voyant, à côté de ma mère, me dit ; "George ! Mais qu'est-ce que vous faites là ?"

J'abrège. J'abrège.

Et c'en fut fini du mystérieux Monsieur Mystère. J'ai appris, ce soir-là, qu'il était veuf, qu'il avait un fils de quinze, qu'il habitait non loin de chez moi (mais dans le sens opposé au trajet que j'emprunte tous les jours) et que, tout compte fait, c'était un homme comme les autres.

Adieu au côté romantique que je lui ai souvent attribué.

George

 

 

Marc-André Hamelin

Sa réputation n'est plus à faire. Wikipedia :

"Il est mondialement reconnu pour sa virtuosité phénoménale et son immense répertoire qui va des classiques (Haydn, Mozart) et romantiques (Liszt, Chopin, Schumann, Brahms) aux impressionnistes (Debussy, Albéniz). Mais il porte aussi un intérêt particulier aux compositeurs moins connus, souvent réputés injouables, comme Leo Ornstein, Nikolaï Roslavets, Gueorgui Catoire, Leopold Godowsky, Ferruccio Busoni, Charles-Valentin Alkan, Sorabji, Nikolaï Kapoustine, Nikolaï Medtner, Charles Ives, Heitor Villa-Lobos, William Bolcom et Frederic Rzewski."

Il est moins connu pour ses dons d'improvisation et de composition et très peu connu pour son humour sauf par ceux qui ont assisté à un de ses récitals. Qui, parmi les grandes vedettes du piano oserait, par exemple, faire un signe de croix avant de jouer une pièce particulièrement difficile, après avoir annoncé qu'il allait probablement, avec elle, tuer sa carrière et commettre un suicide ?

Cet humour, se retrouve en filigrane dans certaines de ses compositions dont ses 12 Études en tonalités mineures composées entre 1986 et 2009 :

1 - en do "Triple Étude, d'après Chopin" (1992)
2 - en mi "Coma Berenices" (2008)
3 - en la "d'après Paganini-Liszt" (1993)
4 - en si "Étude à mouvement perpétuellement semblable, d'après Alkan" (2005)
5 - en sol "Toccata grottesca" (2008)
6 - en ré "Esercizio per pianoforte, Omaggio a Domenico Scarlatti" (1992)
7 - en mi bémol "d'après Tchaikovsky, uniquement pour la main gauche" (2006)
8 - en si bémol "Erlkönig, d'après Goethe" (2007)
9 - en fa "d'après Rossini" (1987)
10 - en fa dièse "d'après Chopin" (1990)
11 - en do dièse "Minuetto" (2009)
12 - en la bémol "Prelude et Fugue" (1986)

Ces études ont été enregistrées et distribuées (sur CD) par la firme Hypérion (no. CDA67789).

Des douze, voici celle que je préfère entre toutes, parce que je suis un inconditionnel de Scarlatti (voir le numéro 21 de ma série d'enregistrements). Elle est la sixième dont vous pourrez trouver plusieurs enregistrements sur You Tube, notamment par Milu Yu (?), Sandro Russo et, en récital, par Marc-André Hamelin lui-même, aux adresses suivantes :

Milu Yu :

https://www.youtube.com/watch?v=NGNrwMFmaTs

Sandro Russso :

https://www.youtube.com/watch?v=1P1ASCZvpdc

Marc-André Hamelin :

https://www.youtube.com/watch?v=JA-0dMs1wbs

De cette dernière, voici la trame sonore :

Cliquez sur la note : Second

***

P.-S. 1 : Ses variations sur un thème de Paganini (Étude no. 3) ne sont pas piqués des vers non plus :

https://www.youtube.com/watch?v=3N1przkk5tA

P.-S. 2 : Et, étant donné que vous en serez là, ne manquez pas l'interprétation de Marc-André Hamelin des Études sur les Études de Chopin de Leopold Godowsky (1870-1938) :

https://www.youtube.com/watch?v=7QBzdRPVxIc&list=RDJA-0dMs1wbs&index=6

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.  - (Mise à jour terminée.)

 

Book Review - Lectures

What I don't read ?

I'll comment on Hitchen's opinion eventually (see Simon Popp's column) as it involves a complex problem which I haven't been able to resolve yet : mixing language, content and information now being distributed in different ways.

For the moment, I'd like to answer, because I found it interesting, a question I was asked recently which dealt with books I haven't read. It read like this : "What are the books or authors you have never been able to read ?" - By that, I suppose my correspondent wanted to know which books, to which I had or have had access, I found or had found too difficult (or is it boring ?) that I couldn't go beyond their first pages.

As a boutade, I would be inclined to say "all the books that are not in my library" but that would encompass six or seven collections of books the size of the Library of Congress, the British Museum, La Bibliothèque Nationale de France and, I'm sure those in Russia, China or India including Japan, Teheran and various other cities as there must exist thousands of libraries which would take a couple of hundred human lives just to look at their catalogues and summaries.

Let me rephrase the question :

"What are the books, I bought, stole, borrowed, held in my hands, at one point or another, looked like very interesting, started reading and abandoned after a while ?"

And I'll even paraphrase it :

"What are the books I believe I should have read and haven't ?"

We're okay with this ?

As a whole I think the quantity must be in the hundred ; perhaps even in the several hundred but that would be exaggerating more than a little.

Let's start with authors :

The first name that pops into mind is Henry James. - As much as I like Proust's endless sentences and John Ruskin's vocabulary and complicated style, I've never been able to read his ten lines explanations of something that should have required four parenthesis and a couple of hyphens or dashes. Reminds me of a friend of mine who wrote a book in which every word had been looked up in a dictionary and every sentence checked in a serious grammar. - Totally unreadable.

The second is Homer. - Oh, I've read passages, here and there, wonderful they were, like reading an ancient and much more talented Shakespeare, but the endless references to obscure Gods.... just made me want to go back to Lewis Carrol.

And, to cut essay this short, let me add a third : John Dos Passos. - I'd rather listen to John Cage who seems to make more sense.

Then let me mention books but, first, books written by favourite authors of mine :

Le Journal des Goncourt. - Four pages and you have twenty names to look up on Google or a sixteen volume Encylopedia. They knew everybody, most of which are, today, nobodies and their descriptions doesn't help a bit except if you like a little venom with your breakfast or tea. - Like walking into a huge party and learning that the fourth person standing besides the Count of Trasmalia had had a face-lift. - Only way to read them is to start from the list of names, at the end and only go to the pertaining passages.

Most comedies written by Shakespeare. - Sorry old bard, your tragedies and a couple of history plays are enough.

Anything written by Sartre, Camus (and others) that were essays of some kind or another, unless taken with a grain of salt whilst using laughing gaz.

And finally, books that, after having read three, four pages, I wouldn't finish even if my life depended on it :

Those by Anatole France. - "Jamais talent pareil ne fut mis au service de la platitude." said Cocteau and he was right.

Michel Tremblay's plays - Just because [most] people understand what he has written doesn't mean that he has said something, and saying it again and again, louder and louder, doesn't seem to help.

Everything written by Julien Green except his "Journal" which, ironically, I consider to be one of the greatest series of books ever printed in the 20th Century.

And I'll stop here because I don't think one should write about bad books. They speak for themselves.

On the other hand, I recoil everytime I hear "Tous les goûts sont dans la nature" more or less hinting that every one is entitled to his opinion and that there are no good nor bad books, that Harlequin's novels are good books for certain people and bad books for others. - I recoil because I don't want to get involved into discussions in which, for example, James Joyce and L. Ron Hubbard are mentioned in the same sentence.

Copernique

 

Le Courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Réponses diverses :

Mme. Noëlla Vaillancourt - Sherbrooke (Québec)

Fatima et Gloria.

Mrs. Patricia Doumergue - Sault-Ste-Marie

Well, you have to look at it this way : we're healtier, wealthier, more comfortable and better informed than anybody else before, in history.

M. Terence Turold-Ducrédit - Bruxelles (Belgique)

La confession ? XIIe siècle. - Le célibat ? IVe siècle. - Aucune femme chez les prêtres ? - À peu près vers la même époque - L'Infaillibilité du pape ? 1870 - L'Assomption ? 1950 - Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ? Joseph Smith, en 1830. - L'Église de Scientologie ? Ron Hubbard, 1953.

Mme Roberta Letibia - Santiago, Chili

Laide ? - Elle s'est endormie au cours d'une orgie et s'était réveillée, le lendemain, avec six paires de sous-vêtements et deux manteaux. - Elle servait de modèle pour fabriquer des remèdes. - Dans un club topless, on lui lançait des vêtements. - Quand c'était le temps de prendre une photo de groupe, on lui donnait la caméra. - Quand elle entrait dans une banque, on éteignait les moniteurs. - On la nourrissait avec une fronde. - Les chats essayaient de l'enterrer dans les carrés de sable. - Les voyeurs de son quartier lui ont payé des rideaux. - Au salon de beauté, il lui faut attendre quatre heures pour obtenir une soumission. - Ses miroirs ont tous été fabriqués sous ordonnance. - Elle se maquillait avec une pelle. - Et, lors des manifestations, les policiers insistaient pour qu'elle porte un masque.

M. Georges Blisseux - Mexico Ciudad (Mexico)

Le Salon International (ne pas oublier International) du Livre de Québec ? - Bernard Pivot, Dany Laferrière, Denise Bombardier et... Nathalie Simard. Malheureusement, cette année, aucun lutteur professionnel n'a écrit sa biographie.

Messieux Jules et Edmond Provençal - San Francisco (California)

Curieux, en effet.

Mme Fernande Lafleur-Laframboise - St-Étienne-de-Gr`s (Québec)

En dollars américains :

Paul McCartney : 1,34 milliard
Andrew Lloyd Webber : 1,2 milliard
U2 : 793,2
Elton John : 496,9
Mick Jagger : 414,1
Keith Richards : 386,5
Michael Flatley : 358,9
Ringo Starr : 331,3
Sting : 331,3
Roger Waters : 294,5

Ms. Paula Steinbeck - Nancy (France)

Faire semblant ? Oui, les femmes le font souvent, mais les hommes peuvent le faire pendant toute une vie.

Mme. Torentelle Plessis-Ducroissant - Biscuit-on-Thames (UK)

Dans l'ordre : Trafalgar Square, le London Eye (ou Millenum Wheel), la cathédrale St-Paul, le Wembly Stadium, l'abbaye de Westminster, Piccadilly Circus, le palais de Buckingham, le Tower Bridge, la tour de Londres et le palais de Westminster. - Et si le coeur vous en dit, vous pourrez toujours emprunter le St-James's Park,  le Green Park, le Hyde Park et les jardins de Kensignton (un peu moins de 5 kilomètres, mais sans traverser une seule rue).

M. Michel Grégoire - Sofia (Bulgarie)

2 + 2 = 5 pour des valeurs suffisamment grandes des deux "2".

M. Michel Lemarqueur - socioéthicien (Université de Pavoisie, Italie)

En ordre alphabétique :

Ty Cobb - 0,367
Wayne Gretsky - 2.857
Ricky Henderson - 1.406
Walter Johnson - 110
Jerry Rice - 208
Henri Richard et Bill Russell - 11
Nolan Ryan - 7
Emmitt Smith - 18.355
John Stockom - 15.806
Cy Young - 511

Mr. Luis Martinez - Wellingford (Wyoming)

Nous n'avons pas trouvé la référence exacte à savoir s'il possédait 1,733 livres sur les os ou s'il avait publié un livre de 1,733 pages sur le même sujet. Ou serait-ce une plaquette, en 1733 ? - Désolé.

M. Marc Tanmieux - Maréchal des logis (Paris, France)

Le concile de Trente a débuté le 13 décembre 1545 et s'est terminé le 4 décembre 1563, dix-huit ans plus tard, sous cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV). - Ce concile a débouché sur l'Art Baroque.

Ms. Dee Calhoun - ex-femme de chambre (Hôtel Istria, Paris)

En ordre alphabétique, mais inversé :

George Herman "Babe" Ruth, Jr.
Jerry Rice
Michael Phelps
Edson Arantes do Nascimento (Pelé)
Jack Nicklaus
Michael Jordan
Wayne Gretsky
Roger Federer
Juan Manuel Fangio
Mohammed Ali

M. Philémon Dufort - avocat (Cabinet Dubois, Dufort et Dupire)

We agree : one should not believe what a politician says unless he has denied it three times

Mr. Adolf Cornette - Tremplin (Iowa)

Suite à une étude effectuée sur les causes des décès de lutteurs professionnels (de 1995 à 2005), 51% ont été attribuées à des problèmes cardiaques, 18% au suicide, 9% à des accidents et le reste à diverses autres causes dont le meurtre (3 lutteurs).

Mr. Igor Letterman - after dinner raconteur (London, England)

Le Trump International Tower, le Woolworth Building, le Shanguai Tower, Tapei 101, le Chrysler Building, les tours Petronas (Kuala Lumpur), le Willis Tower (autrefois connu sous le nom de Sears Tower), le One World Trade Center, la tour de Burj Khalifa (Dubai) et, forcément, l'Empire State Building (1931).

Mr Ronnie O'Sullivan - Chigwell, Essex, UK

Neal Foulds (on snooker).

M. Ovila Asselin - Terrebonne (Québec)

Désolé : quoiqu'il soit né et décédé un 18 (en avril 1801 et en novembre 1887), l'anniversaire de Gustav Theodor Fechner est célébré le 20 octobre.

Mr. George "Ed" Farhat - Signora (Italie)

Discussing Hamlet with Rowan Atkinson and Hugh Laurie (a must see) :

https://www.youtube.com/watch?v=DKXQbIBt9C8

Signor Firpo Pampero - Tapenaude (Abitibi)

Avant qu'ils ou elles disparaissent ? - Les deux pôles, les Alpes, les îles de Galapalos, les Maldives, le Montana Glacier Park, le bassin dit "du Congo", l'île de Magadascar, Venise, la mer Morte et la grande barrière de corail.

 
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(1949-2011)

(Photo en provenance du site Wikipedia)

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"Lorsque une hache parut dans la forêt, un arbre dit à l'autre :
'Ben, la manche est de nous'."

(Proverbe turque)

 

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