Volume XXV, n° 8a Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 13 avril 2015

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Première mini-édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le premier jeudi de chaque mois.

3 - De mini-éditions peuvent paraÎtre le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

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C'est parti !

         
Tel que mentionné dans notre édition précédente, et à la suggestion de nos lecteurs, nous publions, aujourd'hui la première d'une série de "Mini-éditions" du Castor™, éditions qui ne seront ni hebdomadaires, ni semi-mensuelles, ni publiées à dates fixes, mais entre nos éditions mensuelles qui, elles, continueront de paraître, tel que mentionné ci-dessus, le premier lundi de chaque mois.

À noter que ces "Mini-éditions" ne contiendront pas, à chaque fois, des articles de tous nos chroniqueurs.

Comme d'habitude, vos commentaires seront appréciés.

Bonne lecture !

Pour notre dernière édition régulière, cliquer ICI.


 
Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.
 



 Si j'eusse su...

Si j'eusse su, en effet, que j'allais utiliser le conditionnel passé, deuxième forme, pour débuter une chronique, je n'aurais jamais, malgré ma pathologique manie de parler tout le temps, offert mes services d'en écrire ne serait-ce qu'une.  Et pourtant :

Si j'eusse su (sic), il y a cinq ou six ans, ce qui m'attendait aujourd'hui, j'aurais pris (conditionnel passé, première forme) ma retraite plus tôt. C'est du moins ce que je réalise depuis quelque temps. - Parce que j'aurais été plus jeune, plus en forme, plus vif et qui, sait, moins radoteux. Depuis que j'ai cessé d'exercer le métier pour lequel j'ai passé d'horribles heures d'études universitaires, j'ai, en effet, la vague impression que mon cerveau est tombé dans une sorte d'apathie, d'inappétence presque, desquelles j'ai beaucoup de difficultés à m'extirper.

Laissez-moi vous dire ça autrement :

Je ne me sens ni abattu, ni las, ni sans ressources physiques ou mentales, je suis tout simplement confus, désordonné, brouillon même, devant la quantité des samedis à l'aube desquels je me réveille chaque matin, jour après jour, ne sachant pas très bien si c'est celui où je m'étais promis de faire ma lessive ou de répondre à mon courrier ou de faire mes courses.

C'était plus simple du temps où j'avais un emploi fixe : les lundis m'indiquaient que la semaine débutait et les vendredis qu'elle s'achevait ; que les samedis étaient la journée pour les activités que je n'avais pas eu le temps de faire dans les jours précédents et que les dimanches étaient la journée où je pouvais penser ne rien faire, sauf lire et peut-être écouter de la musique.

Tout était réglé quotidiennement et même d'heure en heure au point où il m'arrivait souvent de penser que les jours de fête, les week-ends de trois jours étaient de véritables délices qu'il ne fallait pas louper ; que, cependant, les vacances étaient des moments d'une vie irréaliste qu'il fallait utiliser parcimonieusement de peur d'ankyloser son esprit, reliquat d'un catholicisme trop proche, j'imagine, d'un protestantisme omniprésent dans l'environnement où j'ai été éduqué.

J'ai dit "quotidiennement" et même "d'heure en heure". Tout à fait exact. Aujourd'hui, je ne sais plus à quelle heure manger ni, surtout, quand et combien d'heures je dois dormir.

Me réveiller en perpétuelles vacances, ne me paraît pas normal. Surtout que je n'ai plus de réveille-matin et qu'il m'arrive de prendre de longues siestes pour ouvrir les yeux à je-ne-sais-plus quelle heure de la nuit et souvent au beau milieu de l'après-midi.

Solution : un agenda ?

J'en suis là.

À suivre...

Simon

 


1 - Go ahead : decide for me.

Years ago, when microcomputers cost an arm and a leg and were quite limited, that is, something like yesterday in a lifetime, I had a program that remembered how I wrote. T'was at a time where I was writing reports, letters and other mundane stuff. Nothing important, really, but lotsa of it.

Can't remember the specific name of that all-purpose, all-remembering program but it was very disturbing in that, after a while, it began to guess what I was about to write. For example, if I was writing a letter and began by typing "Tu", it would instantly suggest the date, say : "Tuesday, March the 9th, 19**". I then had a choice to either accept that date by pressing on the ";" key and the date would immediately appear on my screen, followed by two blank lines with the cursor at the beginning of the second. Typing "D" would be followed by "Dear" and other choices : "Sir" ; pressing on the semi-colon twice would change that to "Madam" ; a third time  and "Miss" appeared. Two spaces and it would erase all its suggestions but, if following these two spaces, I typed ";", dot or a colon, it would type just that. And so on and so forth. Three keys to remember : semi-colon and two spaces.

A few annoyances : backspace would erase an entire word (but followed by the same word but spelled correctly, just in case you had missed a letter or two ; a dot followed by pressing ";" would insert two returns ; at the end of "Dear Sir" (as in the last paragraph), if I typed a comma, it would insert two returns as well.

A bit, a long bit, to get used to.

As a whole, though, after a few hours, I got the hang of it but what really annoyed me was that it showed me how little imagination I had. "Fu" became "Further to ", "Yours" at the beginning of a line, bottom of page, was followed by "Yours truly", a comma and four lines with my name and title. - Problem is that it went on and on, occasionally typing entire letters, particularly if I had written the same letter twice in a row or three or four times in the past week or so.

Briefly, it gave me the impression that I was a thorough twit who had had a couple of brain gaskets blown and particularly inclined at repeating myself.

Today, the same thing has creeped (or is it "crept" ?) into my "intelligent" phone even guessing in what language (French or English) I was trying to send a texto. - But I got rid of that.

The whole thing reminded me an old, now deceased, friend of mine who dictated, day after day, the same letter-report but was totally anti-computer and insisted, years after red ribbons - remember those ? had disappeared from typewriters, continuously saying "underline in red" whatever word he thought was important in the same letter-reports he was dictating.

Oh, I hate programmers (hell Apple !) who think and showing me with precise details that I'm an idiot.

2 - Calendars

Here's something I picked up in a paperback by the late George Carlin ("Napalm & Silly Putty" - Hyperion 2001) who was considered as one of the great American stand-up comics but was more of a social commentator. It's a little essay on calendars which I found not only interesting but also a perfect illustration of man's stupidity.

I quote verbatim.

What Year Do You Have ?

"Never mind a piddly little half-hour difference in India, how about thousands of years ? The major calendars disagree by thousands of years. To the Chinese, this is 4699; the Hebrews think it's 5762; the Muslims swear it's 1422. No telling what the Mayans and Aztecs would say if they were still around. I guess their time ran out.

"Remember, folks, these are calendars we're talking about, instruments specifically designed to keep track of time. And they're all different. And they're not just off by a couple of weeks, this is thousands of goddamn years we're talking about. How did that happen ?

"Our current (Gregorian) calendar is such an amateur show that every four years we have to cram in an extra day just to make the whole thing work. We call it February 29. Personally, I don't believe it. Deep down, I know it's really March 1st. I mean, it just feels like March 1st, doesn't it ?

"But even that simple quadrennial adjustment doesn't fix things, so every 100 years we suspend that rule and dispense with the extra day. Unless, of course, the year is divisible by 400, in which case we suspend the suspension and add the extra day. But that's still not quite enough, so every 4,000 years we suspend that rule too, and back comes February 29 !

"Here's how we got to this sorry state : The Julian calendar was introduced in 46 B.C., the Roman year 709, but it was off by eleven minutes a year, so by 1582 there was an accumulated error of ten days. Accordingly, that year, Pope Gregory XIII decreed that the day following October 4 would be called October 15. They just skipped ten days. Threw them out. Officially, in 1582, no one was born in France, Italy, Spain or Portugal during the period October 5 through October 14. Weird, huh?

"But even weirder, Britain didn't adopt the Gregorian calendar till 1752, when they dropped eleven days out of September. Since this also applied to the American colonies, officially, no one was born here from September 3 through September 13, 1752. Except Indians. By the way, during that same year New Year's Day was moved from March 25 to January 1. The way it had been handled before, for example, was that March 24, 1750, would be followed by March 25, 1751. Pretty fucked up, huh? And you thought that big millennium party you went to was being held right on time."

Comment :

Thank God he didn't even mention the lunar, liturgical, Russian and Soviet calendars ! (And others.)

Copernique
Tuesday, the 13th of Jumaada al-Thaany, 1436 A.H. (Islamic calendar)

P.-S. : By the way, Mr. Andrew C.of (Burlington, Vermont,, I particularly don't like pompous windbags acting like boardroom chairmen because they are boardroom chairmen. And this goes as well for people who are members of the only true religion and whose opinions are the only opinions to which everybody should adopt in the whole world (including parts of Jamaica and the Northern part of Saskatchewan) aka : bats from hell. - I also happen to dislike chocolate box art, fancy shaped whiskey bottles, boutique bags the size of which is totally useless, egregious names given to car paint colors and any commercial that uses bears to sell toilet paper. Why did you ask ?

 
 

Dans le cadre du Salon [International] du Livre de [la ville de] Québec

Oh, Monsieur Popp, et même Copernique Marshall, auront beau nous répéter que le livre imprimé est en voie de disparition, ce ne sont pas les divers salons du livre qui ont lieu un peu partout dans le monde, avec leurs milliers (millions ?) de visiteurs, qui leur donneront raison. C'en est presque ridicule. Des centaines d'auteurs, des dizaines de douzaines d'exposants et, comptoirs par dessus comptoirs, des montages de livres, revues, dépliants et catalogues dans lesquels on retrouve des écrits en tous genres du Comment faire des confitures de cactus aux Origines du monde selon le dernier vulgarisateur scientifique. Des tonnes de romans également ; et des biographies. De la dernière vedette au plus grand golfeur de tous les temps. À en croire qu'aujourd'hui, comme disait Bernard Pivot (je crois), tout le monde publie sauf quelques auteurs. Quoiqu'on serait en droit de se demander ce que les auteurs ont à faire dans ces bazars :

Sur un livre qui se vend vingt euros (± 25$), on leur remet un euro (1,25$). Le reste, on le remet dans les caisses du libraire. Pas tout car, entre l'auteur et le libraire, y'a quand même l'éditeur et son comité de lecture ; puis y'a les correcteurs, les metteurs en page, les imprimeurs, les relieurs, les emballeurs, les distributeurs, les transporteurs, les exportateurs et les importateurs, sans oublier que, pour publier un livre, il faut un graphiste et un dessinateur de format, un type qui choisit le papier, la fonte, la présentation. - Et, pour le vendre, il faut des publicistes, des affichistes, des maquettistes et des relationnistes. Doit-on ajouter les préfacistes, postfacistes et rédacteurs de faire-valoir ? Des comédiens aussi - quoi ? vous ne connaissez pas Geronimo Stilton ?

Suivent : les traducteurs, les adaptateurs, les lecteurs d'extraits, les interviewers en direct ou en différé et, le cas échéant, les scénaristes, les dialoguistes...

Sans compter que sans les critiques, les journalistes et les faut-qu'ils-passent-à-mon-émissionistes...

Et...  les gouvernements, car vous ne pensez pas que tout ce beau monde peut exercer, chacun son métier, sans aide gouvernementale...

Mais là n'est pas mon propos.

Deux choses :

D'abord, quels que soient les propos de Monsieur Popp ou de Copernique, qui possèdent, tous les deux, un téléphone intelligent, un lecteur électronique, une tablette, au moins un portable et un ou deux ordinateurs de table, chacun rédige ses notes dans des calepins en papier, l'un avec un stylo à bille et l'autre avec des crayons à mine. Définitivement pas rendus à la montre-bracelet-ouvre-bouteille d'Apple. - J'ai été quand même surpris d'entendre Monsieur Popp dire à son téléphone, l'autre jour : "Situation des ponts - Montréal" et voir, sur son écran, que le pont Victoria était à 83% de fluidité vers Montréal, le pont Mercier à 67% et ainsi de suite. Chose que je n'ai pas encore réussi, sur mon Samsung, ne serait-ce que pour ouvrir mon courrier...

"We all live in a bubble" aurait pu dire Copernique. We do.

Mais en attendant :

À propos des écrivailleurs en tous genres - vrai objet de cette intervention -, je retiens toujours cette boutade de Copernique - qui la tient, je crois de Paul Dubé - qu'"écrire est un acte non-naturel" ; qu'un homme normal ne s'installe pas à un bureau, devant un bout de papier ou un ordinateur pour aligner des mots et des phrases décrivant une certaine irréalité totalement en désadéquation avec sa vie, sa vraie vie qui consiste à : marcher, courir, manger, dormir tout en réfléchissant quelque peu ; ne serait-ce qu'instinctivement. - "Oui, me direz-vous, mais la pensée transcende l'homme..." Probablement. Elle lui rappelle, évidemment, qu'il est un peu plus qu'un primate.

Ce qui n'explique pas le "pourquoi".

Copernique (encore) ajoute à ce propos que l'écriture aide à découvrir le sens caché des choses, ce à quoi, j'ai répondu, il y a quelque temps, qu'écrire, c'était également une manière d'éclairer et de revivre certains épisodes de sa vie (*).

Je me suis ravisé depuis.

Entre la réalité de l'existence telle que vécue et la réalité telle que revécue par le biais de l'écriture, je commence, depuis quelque temps, à me poser de sérieuses questions à savoir si la fiction, particulièrement, est une image, même éclairée, de la première.

Je crois que oui, mais indirectement, en ce sens que chaque écrivain, par son approche, décrit, sans s'en rendre compte, son univers par les mots qu'il utilise et la façon qu'ils lui parviennent, qu'ils s'organisent dans son esprit et qu'ils sont choisis avant d'être rédigés.

À ce propos, Paul-Marie Lapointe, a rédigé deux volumes de poésie intitulés ÉcRItures (L'obsidienne, 1980) dans lesquels il s'est efforcé de faire suivre chaque "vers" de chaque "poème" en faisant bien attention qu'il n'ait aucun rapport avec le précédent. C'est quelque chose que j'ai trouvé dans la bibliothèque de Paul [Dubé] et qui est tout-à-fait fascinante. Un peu comme lire ce qui se passe dans la tête d'un autre.

Voilà.

Excusez le décousu.

***

Déjeuné (lunché) avec mon ami Serge jeudi dernier. Pas de sens d'humour, les Aspies ?

Au garçon qui nous demanda si nous désirions voir la carte des vins, il répondit : "Non, mais apportez-nous la carte des vins ou plutôt... la carte des vins.." - J'ai failli pouffer de rire.

Plus tard, il ajouta :

"Quand les gens parlent, ils ne disent jamais ce qu'ils veulent dire mais s'attendent à ce que je les comprenne, sauf que je ne les comprends jamais. Alors je fais la même chose. Sauf que, dans mon cas, c'est consciemment."

A+.

Jeff

(*) Chronique numéro 34 - 22 juillet 2013 (note de l'éditeur).

 

  Texte choisi

«Je vous vois encore ! En robe d’été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n’aviez plus l’humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts.

La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette
Et c’était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée ! Et c’est pour cela
Que je garde, hélas ! avec quelque orgueil,
En mon souvenir, qui vous cajola,
L’éclair de côté que coulait votre œil.

Paul Verlaine - Romance sans paroles - 1874

Fawzi

 

 

306-365 - Nostalgie

"Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
  Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux...
"
      (Victor Hugo - A Villequiers)

Je ne sais pas pourquoi, un matin, il y a deux semaines, j'ai pensé à ce vieil Hugo, mais, me réveillant, j'ai eu la bêtise, contrairement à mes habitudes, de penser à mon passé plutôt qu'à mon avenir. J'ai regretté tout à coup l'absence d'un journal que j'aurais pu tenir et dans lequel je me serais plongé pour savoit où j'étais, ce que je faisais un certain jour d'avril de, mettons, 1977. Remarquez que n'importe quelle date aurait pu suffire. Et c'est ainsi que les "tempus fugit", "beaux jours", "c'était le bon temps"... me sont revenus jusqu'à ce que je comprenne, que je réalise que, quoique nous fassions, au cours de nos vies, nous laissons tous des traces, invisibles peut-être, mais indélibiles et inéffaçables.

Mes traces ? Je les ai laissées dans ma discothèque (33t) que j'ai scindée et donnée il n'y a pas très longtemps, en trois morceaux : 1) la musique dite "populaire", 2) la musique dite "classique" et 3) mon fonds jazz. Ne me reste plus que des CD au nombre de mille, mille deux cent cinquante qui ont tous été empétroirisés et sont, depuis plusieurs jours-semaines-mois-années dans quatre ou cinq disques externes et donc, à deux ou trois touches des deux ou trois claviers de mes ordinateurs... avec la plupart des ces 33t qui se trouvent maintenant chez d'autres qui, je l'espère, en prendront soin.

Voilà pour la nostalgie.

Journal, j'ai dit ? C'est que, sans le savoir, j'en ai tenu un. Sous la forme d'enregistrements datés (vive l'informatique !) de la journée (et de l'heure !) où je les ai choisis pour faire partie de cette chronique et d'autres pages rédigées pour ce site ou celui sur la chanson française dont l'adresse se trouve au bas des présentes.

D'où ce nombre de 306-565 auquel j'aurais pu ajouter 1.345 car :

Dans cette chronique, j'en suis maintenant à 306 enregistrements sur les 565 qui font partie de ce site, comparativement au 1.345 qui font partie du site "Du temps des cerises aux feuilles mortes", site dont la lecture et l'écoute doivent s'étirer sur des milliers d'heures. C'est beaucoup, non ?

Pas tellement. une quinzaine de jours, à huit heures par jour. Rien de comparable aux onze mois qu'il faudrait pour écouter tous les enregistrements contenus dans mes fichiers mp3 que j'ai écoutés au moins une fois. Chacun. Certains des centaines de fois : mes quatuors de Beethoven, par exemple, ou mes Fred Gouin ; car oui, j'ai un faible pour ce chanteur des années vingt et trente dont vous pourrez lire la biographie à l'adresse suivante :

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/gouin_fred/gouin_fred.htm

De lui, un disque Odéon, numéro 165189, enregistré en juin (?) 1927.

L'âme des roses

Paroles et mujsique de René de Buxeuil.

Cliquez sur la note : Second

 

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.  - (Mise à jour terminée.)

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Book Review - Lectures

Vous reprendrez bien un peu de latin...

Jusqu'à tout récemment, j'ai cru que je savais encore lire le latin et que je n'avais [presque pas] perdu ce qu'on m'avait enseigné, il y a quelques décennies, de cette langue, dite morte, quelques siècles auparavant. C'est que je ne lisais plus ; je relisais. Toujours les mêmes auctores : Pline le jeune, Tite-Live, Tacite, Suétone ou Horace, parfois Virgile et Ovide ; César aussi, sauf que je n'ai jamais aimé son style. Quant à Cicéron, ayant été forcé d'apprendre par coeur presque tout son Quousque tandem, je ne me souviens pas l'avoir cité au-delà de nihil timor populi. Bref : je ne lisais pas du latin, je lisais du latin que j'avais auparavant lu, compris et traduit. Un peu comme on le fait en écoutant un lieder de Schubert ou un tango de Carlos Gardel : on oublie les mots, la grammaire, la syntaxe parce qu'on les connaît trop, convaincu qu'ils font partie de nous-mêmes.

(Permettez ici que je passe par dessus mon missel quotidien des fidèles (français-latin), précieux guide de cette, aujourd'hui, maintenant que j'y pense, étonnante partie de ma vie où je fus servant de messe deux fois par jour, parfois quatre (car étant celui de 7 heures et 7 heures et demi, j'avais souvent à compenser l'absence de celui de 8 heures et 8 heures et demi) et cela pendant six ou sept ans. - Il est, au demeurant, ce missel, toujours dans ma bibliothèque, relié avec du duct tape... - Tout comme mon dico latin-français d'ailleurs et quelques autres livres indispensables. Un Gotha de 1911, par exemple)

J'en étais où ? Ah oui ! À : jusqu'à tout récemment.

Jusqu'à tout récemment, en effet, je me croyais un de ces vieux latinistes qui, pompeusement, disent encore des a fortiori, errare humanum est ou ne plus ultra, mais voilà que, ayant décidé de me taper certains passages de De rerum natura de Lucrèce, je me suis aperçu qu'à tous les trois mots, je devais jeter un coup d'oeil sur la traduction française, page gauche, parce que je ne m'y retrouvais plus.

Retour à Gaffiot, Petitmangin, Boxus, Lavency et Goelzer (Henri).

Horreur des horreurs ! Il a bien fallu que je me rende à l'évidence : je ne me souvenais plus de rien !

Découragé ? Non. - Résident presque à côté de la Grande Bibliothèque , je m'y suis précipité et là, en fouillant presque pas, j'ai mis la main sur un livre qui m'a rappelé bien des souvenirs :

"Vous reprendrez bien un peu de latin"
de Claude Terreaux,
"professeur de lettres dans la région parisienne"
(dixit le faire-valoir),
publié chez Arléa (diffusion Seuil) en octobre 1999.

Un véritable délice.

Voici ce qu'on peut lire sur sa couverture :

"Peut-on imaginer une façon plus radicale de faire retour aux sources que celle qui consiste à se replonger, sans ennui ni contrainte, dans la langue latine, qui, comme on le sait, fut le creuset de notre propre langue ?

"Qu'on ait, au temps des ses "humanités", penché son front sur l'Énéide ou le De viris illustribus ou, au contraire, qu'on n'ait jamais mis son nez dans une grammaire latine, Claude Terreaux a mis au point une formule qui, à partir de textes de différents âges du latin, peut fournir au plus réfractaire des apprentis les clés de cette langue savante et savoureuse.

"D'Ovide à Pétraque, en passant par Virgile, Cicéon, Salluste, Ovide, Tite-Live, Lucrèce..., on trouvera dans ce livre de quoi savourer en connaisseur les chefs-d'oeuvre de l'Antiquité romaine, et l'on renouera avec "rosa la rose" en s'amusant."

Un exemple ? Voici comment Claude Terreaux approche Lucrèce (De reum natura - livre II, vers 14 à 33) :

Après une courte introduction, il cite ces vers :

O miseras hominum mentes o pectora caeca !
Qualibus in tenebris vitae quantisque periculis
Degitur hoc quodcumque est !
... etc.

Puis, il les traduit sous nos yeux :

O miseras mentes, ô misérables esprits ; hominum, des humains ; o pectora caeca, ô coeurs aveugles ; qualibus in tenebris vitae, dans quelles ténèbres de la vie ; quantisque periculis ; et dans quels grands dangers ; hoc aevi, ce (peu) de vie ; quodcumque est, quel qu'il soit... etc.

Reprenant, par la suite, sa traduction, la rendant plus près de son sens réel :

Ô pitoyable esprits des hommes, ô coeurs aveugles ! Dans quelle vie ténébreuse et pleine de danger passent-t-ils le peu de temps qui leur est imparti !

Et c'est comme ça pour des passages d'Ovide (Métamorphoses), Tite-Live (Histoires), Virgile (Énéide), Apulée (L'âne d'or), Suétone (La vie des douze César), Cicéron (Les Catilinaires), Ovide (Fastes) Lucain (La guerre civile), et même saint Augustin (Confessions).

Faudrait citer le livre tout entier pour en saisir le ravissement qui s'en dégage.

Je me suis même pris en train de relire (retraduire) Cicéron !

...

Oui, oui, je sais : demain matin, il y aura des foules chez tous les libraires de votre région en quête de ce superbe bouquin, de quoi provoquer des émeutes ou, pire encore, des manifestations où les forces policières devront intervenir, sauf qu'on peut toujours commander par la poste.

Simon

P.-S. : À ne pas manquer : Les Métamorphoses ou l'Âne d'or d'Apulée. Un peu osé, mais si vous pensez que le dernier film de Sam Taylor-Johnson (Fifty Shades of Grey) est ce qui ce qui s'est fait de mieux en érotisme, voir à :

http://fr.wikipedia.org/wiki - Métamorphoses.

 
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Cette mini-édition du Castor est dédiée à :

Hedwig Eva Kiesler
(Hedy Lamarr)
(1913-2000)

(Photo en provenance du site Wikipedia)

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"Confess to yourself wether you would have to die if you were forbidden to write."

(Rilke)

 

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro

 

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2 - Malgré l'attention portée à la rédaction de ce journal, ses auteurs ou son éditeur ne peuvent assumer une quelconque responsabilité du fait des informations qui y sont proposées.

3 - Tel qu'indiqué au début, les erreurs de frappe, de date et autres incongruités contenues dans ce Castor™ seront ou ont déjà été corrigées dans sa version destinée au marché américain.

4 - La direction du Castor™ tient à préciser qu'aucun enfant n'est victime d'agressions sexuelles au cours de la préparation, pendant la rédaction et lors de la publication de son hebdomadaire.

 


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