Volume XXV, n° 6 Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 2 février 2015

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Deuxième édition

Nous rappelons à notre aimable clientèle que l'édition corrigée du Castor™,
destinée au marché américain, paraît le premier jeudi de chaque mois.

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47 jours avant le printemps...

         
Beaucoup de mathématiques ce mois-ci et et des commentaires sur les présocratiques.

Une chef digne de mention. Un article sur le Moyen-Orient.

Les enfants et la condition féminine.

Mais il n'y avait que Monsieur Péerec qui pouvait nous parler des erreurs de notre inestimable recteur.

Le tout accompagné de Carlo Butti et d'un poème très rarement cité.

Bonne lecture !

 


 
Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.
 



  Cuisine

Je ne sais pas si les Borgia, la marquise de Brinvilliers, Violette Nozière ou Hélène Jegado, la célèbre empoisonneuse bretonne (sans préjudice à Marie Besnard née Marie Joséphine Philippine Davaillaud, surnommée la «reine des empoisonneuses»), ont fondé des écoles de cuisine, mais quand je pense à elles, je ne peux pas faire autrement que de me rappeler une dame dont je tairai le nom, même s'il y aurait, dans son cas, prescription, et qui faisait si mal à manger qu'invité chez elle, je trouvais toujours une excuse pour ne pas accepter son invitation ou une autre pour arriver à l'heure où l'on servait le café. Sans pousse-café, il va sans dire, car elle fabriquait les siens à partir de sirops délirants comme l'agave, la grenadine ou une sorte d'érable connu dans sa région comme étant "du sirop de poteaux", c'est-à-dire fait de sucre, d'eau d'essence d'érable et autres produits chimiques que la décence et les jeunes filles qui nous lisent m'interdisent de nommer. Parfois, je lui faisais l'honneur - que dis-je ? la charité plutôt - de m'asseoir à sa table sauf que j'avais pris la précaution de manger auparavant, prétextant une indigestion quelconque ou un trouble alléatoire pour ne pas avoir à déguster ne serait-ce que la moindre partie d'un poulet mort de rhumatisme, d'un bifteak qu'il fallait découper à la hache ou des pâtes qu'elle aurait dû préparer avec de la bicarbonate de soude, ce qui aurait peut-être permis de les avaler sans trop de dommage.

Le plus emmerdant dans tout cela, c'est qu'elle se croyait bonne - pardon : excellente - cuisinière et était "continuously fishing for compliments" [1], elle demandait à tous ses convives si "son potage était assez épicé" [2], "sa dinde était correcte" [3] ou "si sa sauce à salade n'était pas trop huileuse" [4].

Si j'ai assisté à ses funérailles ? Non, de peur qu'elle en ait planifié le buffet.

...

[1] Ne vous en faites pas : c'est dans Proust : [Madame Verdurin] "Mais voyons, est-ce qu’on peut refuser quelque chose à une petite perfection comme ça. Taisez-vous, on ne vous demande pas votre avis, je vous dis que vous êtes une perfection." - "Puisque vous le voulez, répondit Odette sur un ton de marivaudage, et elle ajouta : Vous savez que je ne suis pas «fishing for compliments». (Du côté de chez Swann)

[2] De quoi rire : la petite étagère sur laquelle elle alignait ses petits pots d'épices servait de décoration.

[3] Il n'y avait personne au monde capable de "faire la dinde" comme elle.

[4] "Tiens, se disait-on. C'était de la salade ?"

***

Arable comme dans Arabie

Appris, le jeudi 22 janvier dernier, au cours d'un dîner entre ami, la mort du roi Abdallah d'Arabie saoudite. Abdallah, que je me suis dit, ce n'était pas le roi de je-ne-sais-plus-quel-pays, dans Tintin ? - Hé, je ne savais même pas qu'il y avait un roi en Arabie saoudite. - À vrai dire, si ma vie en aurait dépendu, je ne sais pas si j'eusse été capable, au cours de ce dîner, de définir sur une mappemonde, même réduite, les limites frontalières de cette Arabie dite "saoudite". D'ailleurs, ça vient d'où ce qualificatif de "saoudite" ? [1] - Et la conversation s'étira sur ce qu'allait devenir dans les prochaines années le Moyen-Orient, le règlement du conflit israélo-palestinien, pour se diriger, invariablement, vers l'Iran, l'Iraq, l'Afghanistan, l'État Islamique, les attentats chez Charlie Hebdo, celui du 11 septembre, la deuxième langue parlée dans les écoles parisiennes, etc., etc.

J'ai pensé à l'assassinat de Kennedy qui a occupé, pendant des semaines, les discussions autour des tables de 1963 à - j'allais dire : 1969-1970, mais ça a duré plus longtemps que ça. - J'ai surtout pensé qu'il faut être, aujourd'hui, agé de plus de soixante ans pour se souvenir où l'on était en novembre 1963 et qu'il faut avoir au moins 18, 19 ans pour se souvenir réellement du onze septembre 2001...

Et puis j'ai repensé à une réponse dans le courrier de la précédente édition du Castor™ où il est dit qu'il a fallu six à sept mois avant que l'on apprenne, en France (en Europe, en fait), la chute de Constantinople (1453) ; or, la chute de Constantinople, si vous vous intéressez quelque peu à l'Histoire avec un grand "H", est un jalon mauditement plus important que le onze septembre 2001, que la mort de Kennedy et, a fortiori, la mort de cet Abdullah de mes deux, sauf qu'on n'en parle plus sinon entre historiens ou professeurs d'histoire

Sous le règne de Tibère (de 14 à 37, AD, au cas où vous l'auriez oublié, vous devez vous souvenir qu'on a crucifié un certain Jésus Christ ? - La question est : de quoi parlait-on lors des dîners à ce moment-là ? - De ce faux prophète ou du successeur de ce Tibère, Caligula ?

Raison de plus pour ne pas s'intéresser à ce dont les journaleux parlent dans leurs canards et de fermer sa radio ou son téléviseur lorsque les bulletins de nouvelles se mettent en branle.

"L'actualité, disait Philippe Bouvard, est composée de faits divers examinés à la loupe."

Dailleurs, tous les jours, n'êtes-vous pas mis au courant d'un incendie survenu sur la rue X et dont la cause sera enquêtée dans les heures qui suivent et dont vous n'entendrez jamais plus parler ?

Reste la circulation. Toujours la même. Et la météo, ce à quoi, depuis la "tempête du siècle" de la semaine dernière (où était-celle d'avant ?), les Newyorkais...

Dernière remarque à propos de cette tempête :

J'ai lu dans je-ne-sais-plus-quel-canard qu'elle avait causé des dommages commerciaux irréparables. Ben oui : le bonhomme qui avait prévu cette journé-là s'acheter un nouveau réfrigérateur a abandonner ce crucial projet pour toujours.

...

[1] Je viens de vérifier : "saoudite" ou "saoudien" vient de Saoud ben Mohammed al-Mouqrin, chef local de l'oasis de Dariya (ad-Dir°iyah) de 1720 à 1725, dont le fils Mohammed ben Saoud Al Mouqrin fonda le premier État saoudien en 1744. (Wikipedia) - À oublier immédiatement, s.v.p.

Simon

 



La non-infaillibilité du Professeur

Parmi les nombreuses lettres des très documentés lecteurs qui me demandent des informations sur le Professeur Marshall, notre distingué recteur, j'en ai noté une d'un correspondant de Macédoine, Monsieur Alexandre (Legrand), qui s'est dit surpris qu'on ne parle jamais des erreurs de notre ami, de ses défaites, des projets qui furent siens et qui se sont avérés être des fiascos ou encore des théories fausses qu'il aurait développées au cours de sa longue carrière.

Ne connaissant personnellement aucune de ces choses je me suis adressé à l'intéressé lui-même, hier midi, au Dragon Basané (section quick lunch).

- Des fiascos? Mon Dieu, me dit-il, une encyclopédie monumentale ne saurait en dresser une liste même partielle.

- Vous me surprenez.

- Et pas seulement les miens mais ceux de ma famille, de mes ancêtres et des ancêtres de mes ancêtres.

- Vous me faites marcher.

- Mais pas du tout. Souvenez-vous l'an dernier quand j'ai voulu, à l'Institut de Pointe-aux-Trembles, présenter ma thèse sur le chameau.

- Rappelez-moi-z-en les faits.

- J'ai essayé de démontrer que le mot «chameau» venait d'une vieille expression arabe qui signifiait «pingouin du désert.» J'ai échoué, naturellement.

- Je m'en souviens.

- Et l'autre fois, quand j'ai soutenu que la signification du mot «mutation» était en perpétuel changement...

- Aussi.

- Et le papier-peint transparent? Et la trombonne à coulisse en plexiglas? Et la Société de location de savon en poudre (Vatfair Soap Rental Company)? Et le silencieux pour les camions? - Vous n'avez qu'à regarder autour de vous pour constater à quel point j'ai réussi.

- Et vos ancêtres ?

- Et il y a eu Kolestat de Marshall, celui qui a inventé le bas.

- Le bas ?

- Oui, oui : le bas. Sauf qu'il a fallu attendre plus de quatre cents ans avant qu'un autre de mes ancêtres comprenne qu'ils auraient fallu les fabriquer en paires.

- Et plus récemment?

- La Tour Eiffel.

- Vous avez été mêlé à la construction de la Tour Eiffel?

- Pas moi mais mon arrière grand-oncle. Cette tour a bien fallli s'appeler «Tour Marshall.»

- Vraiment?

- Encore une fois les Marshall avait visé à côté. Figurez-vous qu'il avait, ce cher homme, insisté pour qu'on la construise dans une trou.

- Un trou!

- Exactement. Vous voyez ça d'ici? «Venez, Messieurs, Dames, venez contempler Paris du haut d'un... trou!»

- Evidemment.

- Quand on pense qu'on parlerait aujourd'hui de la descente de la Tour Marshall !

- Autre chose ?

- Les sous-vêtements en papier.

- Celle-là a réussi : on en parlait à la radio la semaine dernière.

- Sauf que les nôtres étaient en crèpe de Chine et, avec le coût du voyage, je frissonne à l'idée du prix qu'il aurait fallu les vendre!

Comment ne pas constater l'évidence? -- Cet homme, si génial, est aussi assez humble pour parler de ces défaites.

Obédieusement vôtre,

  Herméninglide Pérec

 


Things of interests and beauty

Having a finger in many pies, several irons in the fireplace, being interested in arts and science, and, to top it all, being a compulsive touche-à-tout, I'm often asked what I have found, over the years, to be the most wonderful piece of knowledge I have ever came across. Actually it is one of the most beautiful thing I have ever laid eyes on. And, oh, it's not a secret. It's a geometrical theorem known as :

 The Pythagorean theorem or Pythagoras's theorem, for short.

There's a lot of reason why it is called so, even though traces of its existence heve been found, way before Pythagore (c. 570 B.C.) ; in Babylonia (700 B.C.) and in India (800 B.C.) , with the obvious certainty that the Egyptians had known its application, hundreds of years before that. You can read all about it on the Wikipedia site :

http://en.wikipedia.org/wiki/Pythagorean_theorem

It doesn't matter. What I like about it is its simplicity.

It reads like this :

"In a right angle triangle , the sum of the areas of the two squares of the smaller sides (in this case, a and b) equals the area of the square of the third or the hypotenuse (c).

Sounds mumbo-jumbo when spelled out like that but think of it this way :

Take three sticks, one three units long, a second, four units long and a third five units long. Assemble them togother and you'll automaticall have a right angle where the first two sticks meet and the consequence mentioned in the previous sentence.

In algebra, it can be written this way :  a^2 + b^2 = c^2\!\, , where a is the first stick, b the second and c the third.

Then, forget about it all. Just look how simply and elegantly everything fits together as if some magic hand had thought about it way before mathematics or geometry were invented (yes, Mary, there are many types of mathematics).

Proof of the existence of a super being ? - I'll leave that up to you.

A more appropriate proof that God exists can be found in the simplest Kleenex box :

Who do you think pushes up the next sheet of paper when you pull one out ? - As to what remains when the last sheet is gone, well... that's eternity.

There you go.

...

Another similar curiosity is the Fibonacci  sequence (see http://en.wikipedia.org/wiki/Fibonacci_number), examples of which can be found everywhere in nature :  in the branching of trees, arrangement of leaves on a stem, fruitlets of a pineapple, the flowering of artichoke, uncurling ferns or pine cones, etc.

Reminds me of the archeologist who was out there to prove that the great pyramids of Egypt contained the details of every known aspects of the universe, including how to build an "H" bomb, until he was found, one day, filing a stone so his calculations would match.

...

? - It's too well known to be mentioned.

...

And, in French, found on the Internet :

  1. Quoique né au Moyen-Orient, tous les "documents historiques" (?) stipulent que Jésus était blanc, et c'est ainsi que tous surent très tôt qu'il était d'origine divine

  2. Même si Marie fut mariée longtemps à Joseph, elle demeura toujours vierge, même après avoir mis au monde Jésus, ce qui, en soit, est un mystère.

  3. Joseph fut déclaré saint parce qu'il vécut avec une femme avec laquelle il n'a jamais pu avoir des relations sexuelles. - Tout homme marié devrait être en mesure de vous confirmer que cela ne peut être autre chose que la pure vérité.

  4. L'enfant Jésus n'a jamais pleuré ; il dormait des nuits complètes, sans aucune interruption, et lorsqu'il se réveillait, il attendait patiemment que sa mère se lève, à son tour.

  5. Dernière scène :

    a) Jésus ayant regardé à droite et vu Pierre qui allait le trahir trois fois avant le lever du jour. Thomas, à gauche qui n'allait pas croir en sa résurection et Judas, près de lui, insista auprès du garçon qu'il prépare des aditions sséparées.

    b) Tous les convives étaient assis d'un seul côté parce que la table "autour" de laquelle ils se trouvaient n'avaient que deux pattes.

  6. La Chine est une nation impie. Nous devrions, de ce fait, boycotter ce pays communiste et ne pas y acheter quoi que ce soit sauf  des objets ou des bibelots de nature religieuse qui, de toutes façons, sont invariablement, pour la plupart, fabriqués en Chine.

À bientôt, as the French say,

Copernique

 
 

Ce que l'on enseigne aux enfants...

Grâce à la divine Providence, je suis né au XXe siècle et ai ainsi appris que la terre était ronde, qu'elle tournait autour du soleil, que le soleil était une des milliards d'étoiles d'une galaxie parmi autant de milliards d'autres ; que le monde n'a pas été créé en six jours ; qu'avant Jésus (et Mohamed), des milliers de dieux aux noms aujourd'hui légendaires, furent adorés : Thor, Zeus, Jupiter, Bahà, Akal Purakh, Brahman, Ishvara, Shiva, Vishnu, Jah, Olodumare, Allah... sans compter tous ceux, sauf le Zeus et le Jupiter déjà cités, de la mythologie grecque ou latine.

J'ai aussi connu, ne serait-ce que pour en avoir entendu parler, les découvertes de : Galilée, Newton, Leonardo da Vinci, Kepler, Darwin, Pasteur, Einstein, Tesla, Marie Curie, Alan Turing, Niels Bohr, Max Plank et bien d'autres.

Et voici que je me retrouve le père de quatre enfants du XXIe siècle à qui je dois enseigner ce qu'est la vie, le bien, le mal, comment se conduire vis-à-vis leurs prochains et se servir d'une foule de choses que les gens du XIXe et même du XXe n'ont jamais connues : le téléphone, le métro, l'automobile, l'ordinateur... y compris des appareils aussi mondains qu'un grille-pain, un malaxeur ou une cuisinière électrique.

Au jour le jour, ça peut aller, mais quand ces enfants miens me posent certaines questions, ou que je me les pose à moi-même, je ne sais pas quoi répondre.

Ça a commencé bien innocemment : "Jusqu'à quel âge, doit-on laisser un enfant croire au Père Noël ?"

Et ça s'est poursuivi tout de suite après par des : "Si Dieu est partout, pourquoi faut-il lui rendre visite dans sa maison une fois par semaine ?"- "Pourquoi certaines madames portent toujours un foulard ?" - "Ce sont qui les messieurs en jaune qui chantent Hare Krishna dans les super-marchés ?"

Enfin : vous voyez le genre.

J'en suis... Pardon : Élyanne et moi en sommes, aujourd'hui - aux : "Est-ce que Dieu existe ?" - "Pourquoi le monde mourre ? (sic) Et ils vont où  ? Tu vas mourir, toi, papa ? Quand ?"

Comment expliquer à Matisse qui aura bientôt sept ans ce qu'est un attentat dit religieux ?

J'en étais là, l'autre jour, en regardant Alysée (13 ans) qui sent bien que quelque chose "se trame" en elle ; qui voit bien que les garçons qui lui tournent autour agissent d'une drôle de façon, et je me disais que doit-on faire, en tant que parents ? Et c'est alors que je suis revenu à la philosophie.

"Revenu" est un bien grand mot car, en réalité, je ne me suis jamais penché vraiment sur les pensées des "grands" philosophes.

Pas vraiment mon choix, mais, n'étant point né dans le rang de l'aristocratie ni dans la pourpre du commerce, il m'a fallu gagner ma vie relativement assez tôt, n'yant lu, avant ma seizième année, que des Tintin, des Spirou, des Bob Morane, des Doc Savage ou des Biggles (mon père, anglophone, en avait de ces Biggles, toute une collection datant des années quarante et cinquante).

Une chose :

À mes enfants, je ne voudrais pas laisser l'image d'une vie à l'eau de rose où les malheurs et les peines disparaîtront dans un paradis qu'ils verront s'ils se conforment aux règlements d'un Dieu dont le fils est venu sur terre, dans un pays, presque encore à l'âge de bronze, en un jour précis, mais qui ne meurt jamais à la même date, d'année en année ; qui a été enfanté par une vierge, a marché sur les eaux, a nourri une foule avec douze pains et douze poissons, qui est ressucité des morts, accompli des miracles et qui n'a pas su quoi faire de trois clous, mais qui est revenu sur terre après sa mort pour s'envoler vers les cieux de la même façon qu'un autre, sept cents ans plus tard, presqu'au même endroit...

Ni ne voudrais, non plus, qu'ils suivent les règles d'un autre (le même, mais sous un autre nom) qui leur demande de s'agenouiller vers un lieu mytique sept fois par jour.

Je voudrais qu'ils réfléchissent et comprennent leur vraie situation dans ce vrai monde où, depuis qu'il existe, preuve a été faite qu'il a été formé il y a des milliards d'années.

Et c'est ains que j'en suis passé de la Bible telle qu'interprétée différemment par les Presbytériens, les Baptistes, les Anglicans, le Vatican (et j'en passe) aux écrits apocryphes, aux philosophes grecs et, des plus connus, aux plus anciens, ceux qui ont vécu des centaines d'années avant notre Sauveur et qui, pour plusieurs, ont dû subir les foudres de leur entourage parce qu'ils questionnaient les mythes et fables des dieux de leur époque.

Et qu'ai-je appris ? Qu'il fallait questionner tout. Mettre en doute les paroles des plus, apparemment, sincères prêtres, pasteurs, penseurs, politiciens, journalistes et même les écrits des plus imminents philosophes qui, pour la plupart, demandent justement que nous nous questionnions et que nous exigions des preuves de tout ce qu'on nous avance. - Il s'agirait, selon certains, d'une habitude qui se développe, d'une habitude découlant de quelque chose qui s'appelle "la raison". - Et quoi de mieux que de commencer, jeune, avec les toutes premières questions que se posaient les tous premiers vrais philosophes, les présocratiques...

Voir à ce propos, la section "Lectures" de ce Castor™.

A+.

Jeff

P.-S. : À la toute dernière, il a fallu peu de temps, lorsque je lui ai demandé si un gros bonhomme vêtu de rouge pouvait passer par notre inexistante cheminée et dans toutes les cheminées de toutes les maisons du monde entier, en une seule nuit et livrer des jouets à tous les enfants du monde, pour qu'elle me réponde non. - Et elle était très fière d'avoir déduit ça toute seule.

ui

   Texte choisi

"J'ai rangé la demeure et refermé la salle,
Je veille sur les biens de mon maître endormi :
Le grand chien du logis, qui s'étend sur la dalle,
N'a pas, ainsi que moi, les yeux clos à demi.

J'ai fait taire la vasque et fait luire la lampe,
J'ai serré la vaisselle et plié les habits
Et, dans la paix obscure où s'achève la rampe,
Mes pleurs silencieux coulent sur mon pain bis.

Je n'aurai de repos, Seigneur, que sous la pierre :
Pour la première fois l'appel me sera doux,
Lorsque je l'entendrai dans le fond de ma bière,
Et que je dirai :
« Maître! » et que ce sera Vous !"

Robert de Montesquiou-Fezensac (1855-1921)
(La prière du serviteur)

Fawzi

 

Les mâles

Je suis, je pense, comme toutes les femmes de mon âge : j'ai trente-six (!) affaires qui me passent par la tête vingt-sept heures par jour. Et puis, par dessus le marché, j'ai mes "périodes", ces temps où on le me dit que je suis vraiment moi-même !

Certains matins, je me lève et ai l'impression d'avoir pris six kilos en dormant ; et puis d'autres où j'en ai perdu huit. Mes cheveux sont beaux, moches ; ma coiffure est superbe et ne me va pas du tout. J'ai de plus en plus de rides. Ma grossesse a détruit tout ce qui était convoité chez moi. On ne me salue plus ; on ne flirte plus avec moi. Mon Dieu, que je vieillit mal.

Et qu'est-ce qui va arriver à mon fils ?

À tout ça, faut quand même que j'avoue qu'à bien y penser, je me suis habituée.

Ce avec quoi j'ai beaucoup de difficultés, c'est de vivre dans un monde d'hommes, construit par des hommes, géré par des hommes, revu, étudié, jugé par des hommes.

Pas question là-dedans de faire son chemin ; enfin : pas son véritable chemin.

Je regarde mes collègues, celles, surtout, qui n'ont pas de chums et qui essaient de faire passer leurs idées dans des domaines où l'on admet - pardon : tolère - une certaine forme de jugement, mais à l'intérieur de règles non écrites, évidemment comprises par tous les hommes qui, naturellemen, se comprennent entre eux.

Petite vie (par bouts),

George

 

 

Chansons qui font pleurer les mères

Enrico Caruso fut le premier à enregistrer la chanson qui suit. - L'ont suivi : Tino Rossi, Mario Lanza, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, Andrea Bocelli, enfin : touts ceux qui ont  eu une certaine velléité à monayer leurs voix, y compris naturellement, celui qui a brisé les coeurs de bien des femmes de 1930 à 1956, le chanteur qu'on a surnommé le Bing Crosby ou le Frank Sinatra d'Italie et à qui on attribue plus de 1.500 enregistrements (dont on peut en retrouver plus de 200 sur YouTube), le plus populaire des chanteurs italiens de sa génération, Carlo Buti, né à Florence en 1902 et décédé à Montelupo Fiorentino en 1963.

Célèbre pour son interprétation de La Paloma (et d'Amapola), il ne pouvait pas se permettre d'oublier Core 'ngrato (cœur ingrat en dialecte napolitain) une chanson écrite par le poète Riccardo Cordiferro et mise en musique par Salvatore Cardillo en 1911.

La voici, sous étiquette Columbia, en date de 1945.

Catari, Catari, pecche me dice sti parole amare,
pecche me parle e 'o core me turmiente, Catari?
Nun te scurda ca t'aggio date 'o core, Catari,
nun te scurda...

Core, core, 'ngrato,
t'aie pigliato 'a vita mia,
tutt'e passato...

Caterina, Caterina, pourquoi me dis-tu ces mots si cruels ?
Pourquoi me tortures-tu ainsi, Catari ?
N'oublie pas : je t'ai donné mon coeur...

Coeur ingrat ,
Tu m'as tout pris, tout volé
Tout est fini...

Core 'ngrato - Carlo Buti

Second

       


Carlo Buti

(Photo en provenance du site http://www.laut.de/)

Paul

Pour nos enregistrements (en ordre inverse de leur publication), cliquez ICI.


        


 

Book Review - Lectures

Les présocratiques

Pas un livre ce mois-ci, mais une série d'adresse Internet où vous trouverez les informations de base sur les premiers philosophes grecs, dits "les présocratiques".

Pour plus de renseignements, consulter :

   Dans la Bibliothèque de la Pléiade, au numéro 345

Les Présocratiques

Traductions du grec ancien par Daniel Delattre, Jean-Paul Dumont et Jean-Louis Poirier. Édition de Jean-Paul Dumont avec la collaboration de Daniel Delattre et Jean-Louis Poirier - Parution : le 11 Mai 1988. - 1680 pages.

    Ou dans Folio Essais

Les Présocratiques

Idem à l'édition prrécédente, mais un appareil critique plus simplifié.
952 pages

Note :

Ces deux livres ne sont pas, à proprement parler, des études sur les philosophes présocratiques, mais des compilations de tout ce qui a été écrit sur eux par leurs contemporains, accompagnées, naturellement, de notes, de résumés et de références donnant une très bonne idée de leurs pensées et influences.

***

Adresses

J'ai mis en rouge, tous ceux qui m'ont parus les plus intéressants. Fascinante lecture car j'y ai trouvé des explications simples mais logiques en réponse aux questions que les enfants me posent. - Simples et logiques car elles sont d'une époque où l'on se posait justement ces mêmes questions en utilisant des approches différentes.

Depuis quand, par exemple, a-t-on commencé à penser que le soleil était un astre incandescent et non pas un dieu ? Que tout était fabriqué d'atomes ? Que la terre n'était peut-être pas plate ?

Bonne lecture !

***

Des écoles d'Ionie

Thalès

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Thal%C3%A8s

Anaximandre

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Anaximandre

Héraclite

   http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite

De l'Italie pythagoricienne

Pythagore

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore

Empédocle

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Emp%C3%A9docle

Phillolaos

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Philolaos_de_Crotone 

Archytas

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Archytas_de_Tarente

L'école pythagoricienne

  http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_pythagoricienne

Les Éléates

Parménide

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Parm%C3%A9nide

Zénon d'Élée

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9non_d%27%C3%89l%C3%A9e

Les Abdéritains

Leucippe

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Leucippe

Démocrite

  http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocrite  

L'infini à Athènes

Anaxagore

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Anaxagore

Les Sophistes

Protagoras

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Protagoras

Gorgias

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Gorgias

Prodicos

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Prodicos_de_C%C3%A9os

Hippias

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippias_d%27%C3%89lis

Bonne lecture !

Jeff

 

Le Courrier

Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

***

Réponses diverses :

M. Cicéro Levasseur - Santa Monica, Californie

Le lieutenant-colonel "Mad" Jack Churchill.

Mme Afadur Départies - Ste-Anne-de-la-Pérade (Québec)

Son code régional est le 672.

M. Tacite Lespérance - Castlefiff, Nouvelle Calédonie

52! ou, environ, 8.06582 x 10 à la puissance 67.

M. Bernard Shaw - Provincetown, Ohio

Le centre des États-Unis, d'est en ouest, se trouve dans le Dakota Nord (ville de Rugby).

M. Louis-Ferdinand du Branlebas - Alamin, Mexico

Muhamed Bin Ahmad en l'an de grâce 967.

Mme Carmen-Danielle-France-Josée-Carolyn-Nancy-Marie-Anne du Passey (et autres) [1] - Montréal, Québec

111,111,111 x 111,111,111 = 12,345,678,987,654,321

[1] S'agissait d'une lettre circulaire.

Mr. Jackson Vermeer - Delft, Pays-Bas

Bill Maher.

M. Entouré de Vert - Cretonville, New York (New York)

La poule. - La Bible, cette source inépuisable de vérités scientifiques, stipule en effet que les oeufs ont suivi et non précédé la poule. (Genèse, second récit de la création, versets 20 à 22.)

Mr. Réçamment Disparu - Oneye City, Virginia, USA

La sauce Worcestershire, communément applée "sauce Perrins" (du nom de son principal fabricant, Lea & Perrins) est essentiellement composée de ketchup et d'anchois.

Ms. Samantha-Nancy Dreamboat - Verdun, Québec

Deux. Le reste du temps, il se faisait baiser.

Mme Petula Saturday - Goose Village, Montréal (Québec)

1.575 marches pour se rendre au sommet de l'Empire State building ; 1.792 pour le sommet de la tour Eiffel, mais que 269 pour se rendre au sommet de la tour de Pise.

Mr. Jerome K. Jerome - Pigtwon, Écosse

L'affaire des fiches parfois appelée "affaire des casseroles".

M. Jean Lorrain-Gide - Val de Grâce (Var)

Le joyau dit d'Alfred datant du IXe siècle qui se trouve aujourd'hui à l'Asmolean Museum d'Oxford du nom de son premier donateur, Elias Asmole (1617-1692).

Mr. de Phocas - Passeville (Gironde)

Les plus connus sont : Benjamin Franklin, Voltaire, Frederic II, Goethe, Mozart, George Washington, Jules Ferry, Théodore Roosevelt, Simon Bolivar et le duc de Kent.

Ms Irene Adler - SW1, London, England

Sherlock Holmes n'a jamais dit : "Élémentaire, mon cher Watson." - C'était un anglophone.

 
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Publius Cornelius Tacitus
(Tacite)
(A.D. 56 - c.117)

(Photo en provenance du site https://www.flickr.com)

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"Enseveli sous les vagues d'un océan d'informations qui lui parviennent désormais sous forme de flashes de plus en plus brefs, l'homme moderne ne goûte déjà plus qu'à l'écume du savoir. Paradoxalement, tandis que l'érudition n'a jamais été aussi disponible, nous avons vu naître un mutant : l'homme fragmentaire. "

(Pierre Leroux)

 

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