Volume XXIV, n° 10 Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois 7 avril 2014

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de sesinternautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, à chaque semaine et, depuis le 2 décembre 2013, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Première édition

Numéro spécial : les paysages

Nous rappelons à notre aimable clientèle que l'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le premier jeudi de chaque mois.

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Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.

 

   Paysages

Numéro très spécial "indeed" (comme aurait dit Voltaire) :

Je ne sais qui, au juste, lors de notre dernière réunion a choisi le thème de cette édition du Castor™ ("Les paysages") , mais plus j'y pense, plus je suis certain que je ne fus pas un de ceux qui l'aient au départ refusé et je commence même à me dire que j'en fus l'instigateur.

J'en avais jusque là de l'hiver (à mon âge on devient capricieux) et peut-être ai-je été celui qui a suggéré que l'on le soumette au vote. Ce que je sais, c'est qu'il a été adopté à l'unanimité avec un ou deux bémols et une condition, à savoir qu'on pouvait aborder ce thème de n'importe quelle façon. - Quelle ne fut pas ma surprise de constater, au fur et à mesure que les articles de nos chroniqueurs me parvenaient qu'effectivement, certains avaient pris des libertés que nul, surtout pas votre serviteur, aurait pu prévoir.

Paradoxalement - et je pèse mes mots - c'est la chronique de Monsieur Popp qui m'a le plus surpris car, contrairement à ce que l'on pouvait s'attendre de lui, il est celui qui s'y est attaqué directement.

L'approche de Copernique fut surprenante de même que celle de Jeffrey, mais la plus biscornue, je crois, fut celle de Madame Gauvin, si l'on passe sous silence les mots de Madame Malhasti et de notre disk-jockey.

Et puis, cette semaine, nous laissons, pour la première fois la parole à un de nos lecteurs.

Numéro spécial ? - Vous avez dit "spécial" ?

Bonne lecture !

Obédieusement vôtre,

Heméningilde Pérec, esq.
Co-directeur du Castor™ de Napierville
Secrétaire temporaire permanent
Université de Napierville

L'Université de Napierville
Bureau de Montréal
Le 30 mars 2014


 
 



  Paysages !

Je suis venu au monde entouré de béton, j'ai vécu et je vis toujours entouré de béton et, même si j'aimerais me retirer dans une petite maison éloignée des grands centres et devenir un inoffensif excentrique (voir ma chronique précédente - numéro 83), il y a de fortes chances que je finisse ma vie entouré de béton. Alors, si vous me demandez de parler de paysages...

J'aime bien les grands parcs urbains. Sont-ce des paysages, je ne sais pas, mais pour moi, ils le sont.

Dans aucun ordre précis, j'aime :

  • Les parcs Montsouris et Monceau, le Jardin du Luxembourg et les Buttes Chaumon, à Paris. - Moins les Tuileries (trop fréquentés) ou le Bois de Boulogne (trop grand et entrecoupé de trop d'allées, de rues et de boulevards).

  • La longue marche que permet l'alignement du St-James's Park, du Green Park, du Hyde Park et du Kensington Garden à Londres (sans les inoubliables Regent's Park et Hampstead Heath.)

  • Le Central Park de New York, le Vodelpark d'Amsterdam, le Parc Royal de Bruxelles, le Golden Gate Park, de San Francisco, le Grand et le Lincoln Park de Chicago, les Commons à Boston, le Rouge Park en banlieue de Toronto.

J'en ai beaucoup d'autres en tête. Ainsi, à Montréal, j'adore le Westmount Bird Sanctuary, le Westmount Park (surtout depuis qu'on y a interdit la circulation) et le grand parc de l'Île Charron. J'aime également certaines parties du parc Mont-Royal, à Montréal, et des Plaines d'Abraham, à Québec

Il y a plusieurs raisons à cela :

D'abord ils sont facilement accessibles (exception faite pour le parc de l'île Charron). Ils sont relativement peu bruyants et ils sont parsemés d'endroits où l'on peut s'asseoir tranquille et ne penser à rien.

Mes favoris sont le parc Montsouris à Paris et le Vodelpark d'Amsterdam et, parce que j'y vais plus souvent, à cause de sa proximité, le Westmount Bird Sanctuary (où, malgré mon penchant pour les bancs publics, il n'y en a aucun). Mais, compte tenu de leurs caractéristiques ou particularités, ils sont uniques ou changeants. Tout dépend du moment, de la saison et d'autres facteurs, tels que si la température est peu clémente ou si c'est un week-end car, on ne visite pas les Jardins du Luxembourg un dimanche après-midi quand on n'aime pas les cris des enfants.

J'aime regarder des jeunes jouant au baseball dans la partie sud du Westmount Park et je me souviens d'une partie particulièrement intéressante dans les Commons de Boston, un certain samedi matin.

J'aime également me promener dans les cimetières, activité que j'ai partagée longtemps avec un ami (aujourd'hui décédé), si l'on peut classer les cimetières dans le domaine des paysages (quoique certains sont de véritable jardins).

En dehors des parcs et cimetières ?

Pour avoir beaucoup voyagé, j'en ai quand même énormément vu de ces vues "imprenables" ; en France, en Angleterre, en Écosse, en Allemagne, en Italie, dans des dizaines d'états américains et même celles de la Côte Nord, au Québec, où l'on circule une heure en forêt pour entrevoir le fleuve cinq à dix minutes.

Je ne vous insulterez pas en disant que ces "vues" m'ennuient, mais je n'ai jamais fait un détour pour revoir des falaises, une forêt ou un bord de mer. Il m'est arrivé, oui, que je sois resté bouche bée devant un paysage hors du commun et je vais vous en citer un :

Le Monument Valley, en Arizon, aux États-Unis
Photo en provenance du site : http://www.somewhereelseland.com

Simon

u
 


  On Landscapes and sceneries

Ever noticed that, whenever one or a couple of your friends give you a rendez-vous in a Scotch Bar, particularly one of the snobbish varieties, you invariably hear on-going arguments between aficionados who state, on the one hand, that the Very Very Old Special Grandfather McPlouck Very Very Dark is good but not as good as the 17 years old God Save the Queen Really Special Highest Label Oldest Stuff of the Very Little Scottish Island in the Middle of the Sea, to which another party will counter-add that nothing can be compared to the 23 years old Her Majesty's Mystery Score when Lit 001 Centenarian, aged in cherry tree barrels blessed by the Bishop of Inverness (*).

(*) As per the scotch brands described in George Perec's "La dictature du Whisky" which can be found at the following address : http://www.fatrazie.com/whisky.htm.

Same thing with "paysages" : everybody to whom you mention your favorite "paysage" will mention ans, of course, a better one ; even worst : they won't even agree with you on what a "paysage" might be. That is, if they are English or American or Autralian. The reason for this is simple :

Just like there is no French word for "commuters", there is no equivalent of the word "paysage" in English.

English speaking people have two words for "paysage" : "landscape" and "scenery", none of which seems to project the general idea expressed by the French word.

As a general rule , "landscape" implies something like man-made or man-designed gardens or parks, that is the rearrangement of natural elements such as the trees, flowers and plants (with alleys, breen houses, etc.) such as The Kew Gardens in London or Le Jardin des Plantes, in Paris, whereas "scenery" seems to stand for, to quote of the dozens of versions of Merriam-Webster : "the natural features of a landscape considered in terms of their appearance, especially when picturesque" which refers back to "landscape" as if nature had to be reorganized and examined a certain way in order to decide if it's worth looking at or not, nothing to do with the "grandeur" associated with or suggested by the word "paysage".

A matter of taste, really, a problem compounded by the fact that everybody - and their dogs - seems to be entitled to his or her opinion or, in many instances, totally distorted oomphs. - May I pause a moment, here, to mention again that certain things in the universe, including sceneries and landscapes, whatever you prefer, are ugly, unpleasant and disgusting to looks at and that has nothing to do with "beauty is in the eye of the beholder". In the landscape category, for example, a dump, is a dump and it is ugly and smelly, just to mention two of its intrinsic "beauty aspects" although, to hide the fact that they are dumps, they're now called "landfills" just like what used to be known as "swamps" are now called "wetlands". So, if your favorite landscapes or sceneries are dumps or swamps, don't mention it. At least not in mixed society.

And then, there's experience. I once knew a girl for whom the breathtaking views of the mighty St-Lawrence river between Ste-Anne-de-Beaupré and Seven-Islands (Sept-Îles), in the Province of Québec - there are five or six of them on a 600 kilometers stretch - were God's greatest gifts to humanity. Guess she had never seen nor heard about the Grand Canyon in Arizona, nor the Victoria Falls in Zambia (Zimbabwe), nor the Lord Howe Island, in New South Wales (Australia), nor the Rainforest sinkhole in the Jaua-Sarisarinama National Park of Venezuela... just to name a few other "God's gifts".

Now, I don't want to be a spoilsport ("un empêcheur de tourner rond" - try to translate that into English !), but I wholeheartedly agree with George Bernard Shaw who said that nature might be grandiose and very beautiful but he had yet to see a single seat in raw nature that could be qualified as comfortable. In other words, nature, as seen from a landscape or scenery point of view might appeal seriously to very serious people, but I am not one of them.

I'm an annoying and impolite intellectual, the type who prefers to read about or watch a documentary on the American Yellow Park than go out of his way to be impressed by it. I'd rather, if I do have to travel, look at the Eiffel Tower or the San Francisco Golden Gate Bridge and even the Statue of Liberty than fall on my back checking up on all the beauties of the natural world. Not that I hate nature but I can't read nor work when I'm in it or, if you prefer, out in it. Don't judge me but regardless of how many times, I've tried, I've never been able to feel at ease with the sun over my head and earth beneath my feet, with winds from every direction flipping the pages of my book. There are no chairs in nature, nor tables on which I can put my notebooks, nor, most of the time, decent lighting and, considering how cold or hot it can be at times, I'd rather spend my days in heated or air-conditioned interiors. Quiet deserted public libraries also suit me fine.

I spoke not too long ago about readers, tablets and computers in which you can carry hundreds of books. Sorry but technology hasn't reached, as yet, the comfort (remember the word) that a table and a chair can provide. Not that I don't use readers, tablets and computers ( I own at least seven of them, eight if I count my multi-purpose portable telephone or cell which now looks like a miniature tv set) but I'd rather use them on a flat surface than on my lap, knees or whatever.

But enough of that. I promised to mention at least one "paysage" for this column. Here it is :

The view of Le Champ de Mars, as seen from the Trocadero, in Paris.

See below.

So, ok, a lot of it, particularly the Eiffel Tower, rigth smack in its middle, is man-made, but so are la Forêt de Rambouillet, les Jardins de Versailles, Waterloo and the Central Park in New York City (whose architect, by the way, was the one who subsequently designed Le parc du Mont-Royal in Montréal). Now don't tell me that they are not great "paysages"...

Copernique

Sorry about this photo but I couldn't resist.

(If you ever seen the film that was made that day, you'll see how
frustrated Hitler was not to have something similar in his Third Reich.)

Addendum and corrections :

1 - On November 11, 2013 (see article 047, page 5), I wrote a few notes on Friedrich Wilhelm Christian Karl Ferdinand von Humboldt (1767-1835), a Prussian philosopher, government functionary, diplomat, education reformer, translator, and linguist but forgot to mention a good friend of his, Dartolomeo de Sanctis (Dr), who considered himself a true Renaissance man. He involved himself in a wide range of scientific interests (galvanism, electricity, magnetism, heat, light, sound, philosophical laws of harmony) but was, in his opinion, as much a literary man as a scientist. He wrote poetry in Italian, translated Anacreon into Italian (wait 'til I tell you about him !), wrote Latin pieces in the style of Horace and Catullus and even earned a little money writing Latin inscriptions for medals and monuments. But his greatest feat - and I know you've been waiting to hear about this all your life - was carry on a "literary duel" in English on "the impossibility of the tonic accent or emphasis falling on a short syllable".

You can read more about him in the Victoria Research WEB site at the following address :

http://www.victorianresearch.org/

The quote (in italics above or most of it) is from their Eileen Curran, Emerita Professor of English, Colby College, who is currently writing a series of short biographies on obscure contributors to the 19th-century periodicals. In her introduction, she mentioned that the Wellesley Index to Victorian Periodicals names "some 12,000 authors" of articles in a mere forty-three monthlies and quarterlies and leaves many more unidentified adding that "while some of the same writers reappear in the thousands of monthlies and quarterlies not indexed in Wellesley and of weeklies and annuals, those journals would provide thousands of additional authors".

So you think there are too many writers today ?

2 - A reader from Dorval City, Québec, wrote us recently to mention that I was a bit harsh in my last column with my remarks on the difficulties in learning both French and English, stating, amongst various arguments, that he, personally had had lots of problems with French irregular verbs. "Total nonsense" he said, stating, as an example, the verb "aller" ("to go") which, he added, was very common but had the most unusual forms such as : "je vais", "tu vas", "il va", but "nous allons", "vous allez", "ils vont"...and why, in the world, did the first French speaking people decided that the future tense of "aller" would be "j'irai", "tu iras" (and so on) ?"

My answer was that you couldn't find a more common verb in English than the verb "to be" and how is it written ? Well, start with "I am", "you are", "he is", going back to "are" for "we", "you" (plural) and "they", and, while you're at it, look into "was", "been" and "were".

Never said that French was easy to learn, but did mention that English was no picnic either.

3 - And finally, something I picked up in William Cobett's "Advice to a Young Men and (Incidentally) to Young Women in the Middle and Higher Ranks of Life" (1824) :

"Besides reading, every man or woman ought to write. The reason for this is very simple :

If you wish to remember a thing well, put it into writing and you will ; even if you burn the paper immediately afterwards for the eye greatly assists the mind.

Memory consists of a concatenation of ideas. Where theses ideas occur, the time, and other circumstances contribute to their recollection and nothing does that more effectually than putting these facts in writing.

A JOURNAL should be kept by every man and woman.

Put down something in it every day in the year, if it be merely a description of the weather.

You will not have done this for one year without finding the benefit of it.

It disdurbs the mind of many things to be recollected; it is amusing and useful, and ought by no means to be neglected.

How often does it happen that we cannot make a statement of facts, sometimes very interesting to ourselves and our friends, for the want of a record of the places where we were, and of things that occurred on such and such a day!

How often does it happen that we get into disagreeable disputes about things that have passed, and about the time and other circumstances attending them!

As a thing of mere curiosity, it is of some value, and may frequently prove of very great utility.

It demands not more than a minute in the twenty-four hours; and that minute is most agreeably and advantageously employed.

It tends greatly to produce regularity in the conducting of affairs: it is a thing demanding a small portion of attention once in every day; I myself have found it to be attended with great and numerous benefits, and I therefore strongly recommend it to the practice of every reader."

 
 

    Paysages

Je n'ai pas connu mon arrière-grand-père, né en 1889 et décédé en 1967, dix ans avant  ma naissance, mais j'ai connu et je connais toujours mon grand-père qui aura, cette année, 97 ans. C'est un bonhomme qui a peu voyagé contrairement à son grand-père, né sur l'île de Jersey, en 1866, qui est passé par l'Angleterre, la France, les États-Unis, avant d'aboutir au Québec en 1889 à l'âge de 23 ans. Ce fut le grand voyageur de notre famille car, né à St-Rémi, mon grand-père demeure l'homme le plus sédentaire que j'ai connu. Quant à mon père, je crois qu'il est allé une ou deux fois à Toronto, peut-être une fois à New York et, au gros maximum, cinq ou six fois à Montréal, pas plus.

En ce qui me concerne, j'ai si peu voyagé que je me demande si je pourrai, pour cette chronique, me permettre de citer ne serait-ce qu'un seul paysage parmi les six ou sept qu'on m'a fait connaître ou que j'ai remarqués. Je peux quand même préciser que, de tous les paysages qui m'ont frappé, il y en a eu un - je crois même que ce fut le premier - que j'ai particulièrement détesté. Il s'agit de celui connu sous le nom des Chutes Niagara.

J'avais, à l'époque, six ou sept ans, peut-être huit. Mes parents avaient, à ce moment-là des cousins à Buffalo, du côté américain de ces fameuses chutes, et, après leur avoir rendu visite, en juillet ou août, mon père eut l'idée, pour revenir en les célèbres Jardins de Napierville, où nous habitions, de passer par St-Catherines, Hamilton, Toronto et Kingston (au Canada) plutôt que par la route plus rapide que nous avions empruntée pour nous rendre à Buffalo (via Watertown et Syracuse tout en passant  à travers le Montezuma National Wildlife Refuge [sic] et contournant Rochester). - Ce fut, soit dit en passant, le seul "grand" voyage de sa vie. - De ce fait, nous devions passer par une petite ville qui s'apellait, et qui s'appelle toujours, Niagara-in-the-Lake et tant qu'à être là...

Niagara Falls ! En y repensant - j'y suis retourné depuis - il me semble que, même avec beaucoup d'imagination, l'endroit ne ressemble plus du tout à ce que c'était à ce moment-là, mais je me trompe sans doute. Ce dont je me souviens, c'est que pendant tout le temps que je fus présent devant ces eaux qui coulaient avec dans un fracas épouvantable, mes lunettes étaient pleines de buée et ça, ça m'avait beaucoup déplu.

Depuis, j'ai lu la boutade d'Oscar Wilde qui disait que : "Les chutes Niagara étaient la deuxième plus grande déception d'un voyage de noces..." car nul n'ignore que l'endroit est un lieu de prédilection pour les nouveaux mariés.

Alors les chûtes Niagara, pfft !

Pour le reste, je peux dire que je suis allé à Québec plusieurs fois,, à New York (deux fois), une fois à Washington, quelques fois à Toronto en oubliant les randonnées ou visites rendues à des amis répartis un peu partout dans l'Estrie (que tout le monde continue d'appeler les Cantons de l'Est), ou dans les Laurentides (au nord de Montréal). Je travaille sur la Rive-Sud et donc, n'ai pas beaucoup l'occasion ni le besoin réel de me rendre en ce regroupement plus ou moins artificiel de villes que l'on surnomme pompeusement "La Communauté Urbaine [de Montréal]", surtout depuis que les banlieues, rives nord, sud, est et ouest, se sont développées au point où l'on peut trouver à peu près tout sans avoir à traverser un pont.

Je peux quand même ajouter qu'Elyanne et moi avons l'intention de visiter Londres et Paris dès que les enfants auront grandi ; et puis pourquoi pas une partie de la France et de l'Angleterre. Le reste, nous nous contenterons de les visiter virtuellement grâce à l'Internet qui nous permet, entre autre, de visiter à peu près tout ce qui nous intéresse.

Tenez, je vais vous donner une adresse qu'un ami m'a refilée l'autre jour et qui m'a coupé le souffle :

http://wtc.gigapan.com/wtc/?xml=wtc.xml&view.hlookat=380.87&view.vlookat=31.45&view.fov=150.00#panorama

Vous me direz, après ça, s'il est possible de voir quelque chose de semblable "en personne". Oui, d'accord, une ville, c'est plus qu'une photo : y'a les odeurs, les bruits, la population... sauf que... à moins d'être un globe-trotter et perpétuellement en voyage, on ne peut visiter qu'une infime partie de cette planète. Alors, mon opinion ? Vaut mieux connaître à fond son patelin que d'effleurer, au passage, une ville comme Chicago, Berlin, Rome, Moscou, St-Petersburg ; mais il y en a - j'en connais plusieurs - qui, chaque année, se rendent à un endroit différent, une journée ici, une journée là, et qui ne sauraient se rendre de St-Rémi de Napierville à Châteauguay sans consulter un plan, Châteauguay qui n'est pourtant qu'à une vingtaine de kilomètres d'ici.

Tout cela étant dit, permettez que je vous joigne une photo d'un de mes endroits favoris :

Il sagit du pont suspendu de la Gorge de Coaticook, près de Sherbrooke, Qc. - Pour plus de renseignements :

http://www.gorgedecoaticook.qc.ca/

Mais voir également cette photo :

http://www.gorgedecoaticook.qc.ca/fr/360

(Attention vous pourriez avoir le vertige)

A+.

Jeff

 

   Paysages... ?

J'ai voté en faveur. Forcément puisque le vote a été unanime. Ce n'est qu'une fois rendue chez moi que je me suis aperçue que, les paysages n'étaient pas quelque chose qui me touchait réellement. Si j'en ai connus ? Bien sûr. Des dizaines et même plusieurs dizaines, sinon ventaines, mais aucun, je crois, qui ne m'ait pas été imposé. Directement ou indirectement. Par mes parents, amis, amies ou collègues. Combien de fois ai-je entendu : "Je te connais, George, tu aimerais ça : les plages sont superbes, les gens sont d'une grande gentillesse, la nourriture excellente..." - J'ai eu beau dire et redire que je n'ai jamais aimé les plages, rien à faire.  Être obligée de m'y présenter en maillot et voir, de surcroit, des corps dont ma vue se dispenserait... Disons que je préfère les pentes de ski et les pistes cyclables. Les bords de mer, oui, mais rocailleux et seulement à l'automne. Quand tous les ceusses qui ne devraient se déshabiller que dans le noir, et derrière des rideaux, sont repartis vers leurs pavillons de banlieue, avec leur mômes.

Quant aux voyages organisés...

Mais tandis que j'y pense, avant qu'on me le redise, pour la vingtième fois :

On me reproche régulièrement d'écrire "comme un homme et non avec l'esprit et la délicatesse d'une femme". - "Une femme ne s'exprimerait pas comme tu le fais et ne traiterait des sujets dont tu traites" me répète-t-on.  - Bien d'accord :

Il y a plusieurs raisons à cela, mais avant de vous parler de mon cas, j'aimerais souligner que la quantité d'hommes qui écrivent ou ont écrit comparativement à celle des femmes qui écrivent, ou qui ont écrit (depuis que l'écriture existe) est stupéfiante.

J'ai reçu dernièrement un exemplaire de l'Anthologie de la poésie française d'André Gide (La Pléiade, 1949 - en réimpression constante) et je n'ai pas pu faire autrement que de constater que, sur les 78 poètes cités par Gide, il n'y avait que cinq femmes :

  • Pennette du Guillet (1520-1545)
  • Louise Labbé (1526-1566)
  • Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
  • Louis Victorine Choquet (dite : Madame Ackerman) (1813-1890)

et

  • Catherine Pozzi (1882-1934)

Quant au nombre de poèmes cités, c'en est presque gênant.

Bon, nous connaissons tous l'orientation pro-masculine de Gide (1861-1951), mais vous trouverez à peu près l'équivalent chez Seghers, Pompidou ou autres antholologistes. Le  site "Florilège", autre exemple, avec ses 245 "poètes", ne cite que 22 "poétesses".

On me dit que c'est moins spectaculaire en anglais sauf que je lisais il n'y pas longtemps qu'en Grande Bretagne, durant toute la période élisabéthaine (1553-1604), si tous les ecclésiastiques, barons, ducs, marquis, earls et princes de l'époque ont écrit au moins un poème, on ne retrouve que très peu de femmes qui, en dehors d'adaptations ou de traductions, ont rédigé un livre quelconque entre 1500 et 1640...

Je laisse à Copernique le soin de nous pondre un essai plus percutant sur la présence féminine en littérature mais je n'ai jamais entendu parler d'une femme qui ait écrit plus qu'une ligne, des Grecs anciens jusqu'à la fin du Moyen-âge ; plus qu'une ligne citée régulièrement dans tous les manuels scolaires, s'entend. - Pour ceux qui pourraient être choqués par cette déclaration, sachez quand même que la fille du roi Sargon d'Akkad, une certaine  Enheduanna, a écrit des hymnes vers 2.250 avant Jésus-Christ et que ces hymnes doivent - je n'ai pas vérifié - faire partie de ce qu'on enseigne encore, aujourd'hui, en Irak, enfin : de ce qui reste de la Mésopotamie.

Une chose m'apparaît quand même certaine : depuis que les femmes écrivent, aucune ne semble avoir atteint la notoriété, ni l'importance d'un Dante Alighieri (1265-1321), d'un Cervantès (1547-1616), d'un Goethe (1749-1832), d'un Shakespeare (1564-1616), d'un Dostoïevsky (1820-1881), d'un Pessoa (1888-1935) ou d'un Proust (1871-1922). Ce qui me fait dire qu'il ne faut quand même pas se conter de grosses menteries : les femmes les plus célèbres, depuis que le monde existe, ne le sont pas devenues grâce à l'écriture... Mais alors elles le sont devenues grâce à quoi ? Je vous laisse deviner. Un tuyau ? Lire Guitry (1885-1957). - Je tiens quand même à vous souligner que je vous ai nommé sept écrivains de sept cultures différentes. Ajoutez Herman Melville (1819-1881), Ibsen (1828-1906), Kafka (1883-1924), Jorge Luis Borges (1899-1986) ou Gabriel García Márquez (1927- ), si le coeur vous en dit.

Vous pouvez toujours me citer des noms : Marie de Sévigné (1626-1696), Madame de la Fayette (1634-1693), Jane Austen (1775-1817), Mary Shelly (1797-1851), Georges Sand (1804-1876), George Eliot (1819-1880), les soeurs Brontë (Charlotte [1816-1855] et Emily [1818-1848]), Christina Rossetti (1830-1894... et plus près de nous : Virginia Woolf (1882-1941), Agatha Christie1890-1976), Nathalie Sarraute 1900-1999), Marguerite Duras (1914-1996) et même Françoise Sagan (1935-2004)... mais, je ne sais pas, est-ce qu'on peut vraiment comparer Françoise Sagan à Flaubert (1821-1880) ou même à celui qu'on encensait au début du siècle dernier, Anatole France (1844-1924) ?

On me parlait récemment de la Grande Sartreuse (Simone de Beauvoir [1908-1986]). Vous avez lue ? D'un ennui pas possible. Et puis on m'a beaucoup vanté le style de Marguerite Yourcenar (1903-1987) qui - j'ai eu beau me pencher sur ses écrits - m'a parue n'avoir été ni-femme, ni-homme quoique j'ai apprécié ses "Mémoires d'Hadrien".

Beaucoup d'autres également (je ne lis pas tant que ça) ont probablement écrit de grands romans ou essais, s'exprimant autrement qu'un homme, mais j'ai eu beau m'intéresser à la littérature "féminine" des derniers, disons trente ans, j'ai fini par me dire que, sauf exceptions :

Les femmes n'écrivent pas parce que ce n'est pas dans leur nature.

Et voici, à mon avis, pourquoi (mon cas, mais que je crois qu'il est plutôt commun à toutes les femmes) :

L'autre jour, mon chum m'a dit : "Ce que tu peux avoir les fesses fermes !" - Je lui ai répondu : "Je sais. Tous les gars m'ont dit ça !" et j'ai failli mourir. Comme si cent huit amants m'avaient passé sur le corps. - Pourquoi cette réponse-là, spontanée, m'est-elle venue, je ne sais pas. C'est le genre de réflexions qui nous passent par la tête, à nous les femmes, sans qu'on les suscite et qui, malheureusement, nous échappent.

Je connais peu d'hommes qui passent par là. Je me dis qu'il s'agit là d'une expérience typiquement féminine et qu'en conséquence, c'est le genre de choses qui devraient faire partie fondamentalement de notre écriture, à nous les femmes. Malheureusement....

Personnellement, j'ai eu beau me pencher sur ce quoi je pourrais écrire et ce sont toujours de ses pensées qui me reviennent en tête et qui, je crois, me définissent - et qui, j'ajouterai - semblent définir toutes mes amies.

Je vous donne quelques exemples :

  • Parmi elles, il y en une dont le plus douloureux souvenir fut d'avoir retrouvé son mari en voyage d'affaires, dans sa chambre d'hôtel, où son lit était encore chaud de sa dernière conquête. Elle en parle rarement.

  • J'en connais une également, qui a perdu la tête, un soir, avec un homme qui était beaucoup plus âgé qu'elle et qui n'en ait pas encore revenue.

  • Une troisième s'est retrouvée, par accident, quelques secondes, totalement nue devant le meilleur ami de son mari et qui y pense encore, seule, chez elle, la porte verrouillée, dans sa salle de bain.

  • Et puis, quatrième exemple, je me souviens qu'on ait pris une photo d'une copine, à Noël, dont le décolleté, lorsqu'elle se penchait, permettait de voir jusqu'au... Jour de l'An (expression masculine). - Résultat : elle ne fréquente plus une seule personne qui était là ce soir-là. Sauf moi et nous n'en parlons jamais. Quant à sa photo, je crois qu'elle a circulé, à son grand dam, sur le WEB un certain temps.

Dois-je continuer ?

J'en serai bientôt à la demi d'une certaine décennie et, sans en avoir eu mille de ces souvenirs, j'en ai eus suffisamment pour me troubler. Et pourtant, s'il y a des sujets dont je et nous devrions, nous les femmes, traiter...

J'appelle ces moments ou réminiscences "des bouffées de honte". Pourquoi "honte" ? Je ne sais pas. Mais dès qu'elles surgissent, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est de me cacher et non pas prendre la plume pour en rédiger les détails. Une amie-psy les appelle des "moments non résolus". - J'en ai régulièrement, toutes mes amies en ont et nous ne cesserons jamais d'en avoir. - Je connais peu d'hommes qui m'ont avoué en avoir eus, je crois sincèrement qu'il s'agit là d'un sort qui nous est réservé, à nous, les femmes. - Ce sont, mes amies vous le confirmeront, des moments d'intenses émotions sauf que... comment en parler et comment les écrire pour qu'on nous comprenne ? Et l'on voudrait que nous en fassions des romans, des essais, des pièces de théâtre ?

Pour tout vous dire, je n'ai jamais eu de grands desseins littéraires et je serais incapable d'écrire comme Benoîte Groulx (1920- ) dont on a dit que son "Les vaisseaux du coeur" était presque pornographique. - Pour l'avoir lu et comparé à "Quiet Days in Clichy" de Henry Miller (1891-1980), je me suis dit, après une centaine de pages, que c'était un conte de fées.

Dans ces conditions, compte tenu du thème de ce numéro, il me faut ajouter que :

Je n'ai pas de "paysages" favoris.

Des moments, oui. Des bouts de nuages, un bord de mer, une journée pluvieuse mais pas plus.

Je vis, comme je l'ai noté chez la plupart de mes copines, au jour le jour ; ce qui explique, sans doute l'état lamentable de mes finances et de tout le reste. Sans compter que, pour écrire, il faut être constant. Vous en connaissez, vous, des femmes constantes, 28, 30 et 31 jours par mois ?

Excusez-moi, Mesdames, mais Mozart avait raison : "La dona è mobile". C'est ce qui fait notre charme (combien d'hommes me l'ont dit !) et qui permet - des études scientifiques l'ont démontré - notre longévité car nous nous adaptons aux situations et nous n'essayons pas de les modifier ni de les cerner par nos écrits.

(S.V.P. : ne pas me contredire là-dessus : j'aurai, au moment où je recevrai vos messages, changé d'idée... !)

À l'approche de ma mi-décennie, je ne sais pas si je vais mourir avec des souvenirs comme ceux qui précèdent et qui forment une grande partie de ce que je suis, mais, pour en revenir aux paysages, je songe, à travers eux, à des - comment dirais-je ? - "situations temporelles" ayant pour cadres, certains lieux, plutôt que des bouts de montagnes, de vallées, de rivières, de ravins ou de forêts.

À ces situations, j'en ai une qui m'est venue en tête au moment où je m'apprêtais à rédiger ces lignes et que je vous ai gardée pour la fin :

Rockport Massachussets. Un certain matin. Très tôt. Mais pas avec le père de mon fils.

Mon paysage :

Vue du Yankee Clipper Inn.
À Rockport, Massachussetts
Vers six heures du matin.
Un certain été.

Content ?

George

***

P.-S. 1 : Voici quelques notes que Copernique a bien voulu m'écrire après que je lui ai fait parvenir une copie de ce qui précède de peur de m'être fourvoyée dans mes références  :

"Chère George,

[...]

"J'ai lu non sans intérêt vos commentaires sur la littérature féminine et je dois vous avouer qu'il m'est très difficile de mettre en doute leur bien-fondé, sauf que ce que vous dites en rapport avec la "nature des femmes" (qui est sans doute d'une grande justesse) m'est très difficile à, je ne dirai pas "accepter", mais comprendre...

[...]

Vous avez probablement raison quant au fond. Je m'en tiens, pour le moment, à la forme :

Un : Dans la littérature féminine, j'ai souvent noté le "je", mais un "je" très personnel contrairement à celui, par exemple, de Proust qui demeure impersonnel du début à la fin de son "À la recherche du Temps perdu" car que connait-on du narrateur à la fin de ce roman largement autobiographique ? Presque rien. Il est plutôt un observateur que le propre héros de son oeuvre. De la duchesse de Guermantes, du baron de Charlus et d'une foule d'autres personnages, nous avons tout appris, mais de lui ? Presque rien. - Il en est de même de tous les romans de Stendhal (1783-1842), des contes de Maupassant *1850-1893) et des romans de Balzac (1799-1850) ou de Zola (1840-1902) qui, sans nécessairement utiliser le "je" ou le "moi", restent à une certaine distance de leurs lecteurs alors qu'on ne peut s'empêcher de connaître Charlotte Brontë à la fin de son "Jane Eyre". Idem, quoique à un degré moindre, chez Jane Austen qui, à mon avis, est une grande écrivaine, mais pas une écrivaine qu'on pourrait qualifier d'observatrice impartiale. Son regard est ironique ; elle juge en fonction de ce qu'elle pense et non en fonction de ce qu'elle voit. Vous comprenez ?

Deux : Vous manque en ce sens - je pense aux femmes qui écrivent - une tradition car, pour décrire ce qu'elles sont, il leur faudrait une phraséologie différente des hommes, une manière d'écrire qui, dans leur cas, s'est développée au cours de plusieurs siècles et qui a débouché sur différentes formes permettant des styles d'écriture qui n'ont cessé de se multiplier. Pensez à : Homère (8e s. a. J-C.), Sophocle (5e s. a. J.-C.), à peu près tous les écrivains latin, Maïmonide (1138-1204), Chaucer (1343-1400), Rabelais(1494-1553), Racine 1639-1699), Voltaire (1694-1778), Hugo (1802-1885) jusqu'à Verlaine (1844-1896), Rimbaud (1854-1891), Gide (1869-1951) et Céline (1894-1961), sans oublier celui qui a tout bouleversé, James Joyce (1882-1941) et même Hemingway (1899-1961). - Rien de semblable chez la femme, ne serait-ce, qu'une approche découlant vers la création de formes pour exprimer et décrire ce qu'elles sont. Or, plus j'y pense, plus il me semble que les femmes ont, de tout temps, essayé de se décrire comme les hommes les décrivent. - Et en écrivant cela, je pense à Faulkner (1897-1962) qui a su se servir de l'imagination de ses lecteurs pour décrire les personnages de ses romans...

Trois : Et puis, finalement, y'a le féminisme. Grave erreur en ce qui me concerne : écrire pour se défendre contre l'influence des hommes équivaudrait aux hommes de se défendre contre l'influence de leurs mères ou de toutes les femmes qui sont passées dans leurs vies. - Je ne veux pas que vous me disiez sans cesse que les femmes sont égales, supérieures ou inférieures aux hommes, mais bien qu'elles sont différentes ; ce que j'espère, je n'aurai pas à démontrer. Je ne veux pas savoir pourquoi non plus. Cela est du domaine de la biologie, de la psychologie, de l'histoire naturelle et autres sciences ou philosophies. - C'est Antonin Artaud (1896-1948) qui disait que "'homme vrai n'a pas de sexe" ; ce que ce serait agréable de lire, hommes ou femmes, sans savoir qui est qui....

"Tout cela, ces styles, ce manque de tradition, l'insistance sur son sexe, découle forcément de l'histoire, de l'économie et du statut de la femme dans la société depuis des siècles et des siècles, j'en conviens. Ainsi, les soeurs Brontë, par exemple, ont été publiées, à l'origine, sous des pseudonymes masculins et, si ma mémoire est exacte, Jane Austen également. - Chose certaine : Jane Austen devait, les anecdotes à ce propos sont nombreuses, littéralement se cacher pour écrire.

"Vous êtes, George, quand même très sévère envers la "nature" des femmes. Vous les dites émotives, changeantes et irrégulières. Permettez que je sois en désaccord avec vous : je n'ai jamais vu un homme, un seul, qui, pendant des années, a donné naissance à [lire : a été le père de] six, dix, douze enfants et qui en a pris soin, les a nourris, logés, consolés, sans jamais se plaindre tout en préparant leurs repas, repassant leurs chemises, nettoyant leurs appartements, etc. n'a jamais cessé de les aimer et de leur venir en aide. Si ce n'est pas là de la "régularité" ou de la "stabilité", je me demande ce que ça peut être. Je vous avouerai en outre que je suis, à long terme, un admirateur de la fidélité des femmes. Permettez que je passe sous silence leur résilience qui est, pour moi, une de leurs grandes qualités.

"À tout cela, il y a eu, il y a et il y aura toujours des exceptions, exceptions sur lesquelles les hommes ont toujours insisté.

[...]

"En dernier lieu, si je peux me permettre, trouvez-vous un exemplaire de "A Room of One's Own" de Virginia Woolf (*), un essai "à la Grande Sartreuse", - trop long à mon avis, avec toutes ses descriptions de paysages (c'est Virginia !) - , elle vous présente la soeur de Shakespeare, tout aussi géniale que lui, mais qui finit par se suicider parce qu'elle n'a pas le loisir de son frère de... posséder une pièce tranquille où elle puisse écrire. - L'image est inoubliable.

"Autre texte - quasi satyrique, celui-là : de Jane Austen : " Plan of a Novel, according to Hints from Various Quarters." (Une trentaine de pages.)

[...]

"En bref :

"L'âme féminine, avec sa diversité, n'attend qu'une langue.

Remarquez que je n'ai pas parlé de la poésie féminine qui, depuis le début du siècle dernier, est d'un grande richesse.

"Amitié,

Copernique.

(*) Disponible à cette adresse : http://www.goodreads.com/ebooks/download/18521.A_Room_of_One_s_Own?doc=34754

P.S. 2 : Comme disait Jennifer Shreve : "Bloguer est facile, écrire est difficile." ("Not Quite What I  Was Planning - Six Word Memoirs by Writers Famous and Obscure" - Larry Smith and Rachel Fershleiser - Harpin-Collins Publishers - 2008.)

 


  Texte choisi

La Forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

François-René de Chateaubriand (1768-1848) : "Tableaux de la nature."

Tombeau de Châteaubriand à St-Malo.

(Source : http://en.wikipedia.org)

Fawzi

 


     Paysage

Quand on m'a parlé de paysage en musique, j'ai tout de suite pensé à Bedrich Smetana (1824-1884) et sa Moldau ou Vtlava (prononcer "Veltava") tirée de sa Patrie ("Ma Vlast") sauf que j'ai toujours trouvé ça ennuyant comme la pluie. Je lui préfère l'ouverture de son opéra, "La fiancée vendue" ("Prodana nevesta"), que vous trouverez difficilement chez un discaire à moins de la chercher sous le nom de "The Bartered Bride". - Pas un musicien mineur, mais... passons.

Quelqu'un m'a suggéré le thème de la série d'émission télévisée connues sous le nom des "Belles histoires des pays d'en-haut" (1956-1970), tiré, lui, des Saisons d'Alexandre Glazounov (1865-1936), mais écouter une demi-heure de passages plus ou moins intéressants pour n'entendre que cela ? - Autant passer directement chez Vivaldi dont les Saisons sont plus connues.

La sixième symphonie de Beethoven ? - Nah. - C'est magnifique (Bruno Walter, s.v.p.), mais c'est peu descriptif.

À la rigueur, je me serais contenté du cycle Winterreise de Schubert, sauf que son thème principal, malgré qu'il s'y trouve des références envoutantes, n'a rien à voir avec les paysages ou la nature.

(Vous trouverez, soit dit en passant tout ce qui précède - et beaucoup d'autres choses - très facilement sur YouTube.)

Finalement, je me suis tourné vers un chanteur québécois que j'ai toujours admiré, Bruno Laplante dont vous pourrez lire toute une page qui lui a été dédiée en notre "autre" site, celui sur la Chanson française de 1870 à 1945 :

http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/laplante_bruno/laplante_bruno.htm

Tiré d'un coffret (3 x 33t) paru chez Calliope (numéro 183050) en 1977 intitulé "Le livre d'or de la Mélodie Française", sur une musique de Charles Gounod, avec Janine Lachance au piano, un paysage assez particulier, mais d'une grande beauté :

D'un poème d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) :


Le vallon

        

Alphonse de Lamartine


 

Paroles à nos lecteurs

De Monsieur T. de Knowlton, Québec :

Avant-hier, je pensais à un de mes amis que ne j'ai pas vu depuis quelques semaines. Je pensais à lui en saluant, le matin même, un des mes collègues au bureau, puis la caissière de la cafétéria au rez-de-chaussée de l'immeuble, à Sherbrooke, où je travaille trois jours par semaine. J'ai pensé à mon voisin également, mon voisin que j'avais salué ce matin-là et puis j'aurais, comme ça m'est arrivé souvent, s'il m'en avait été donné l'occasion, dit bonjour, parlé de la température, suggéré de regarder telle ou telle émission au préposé du Starbuck's que je fréquente, ou à la serveuse qui me présente régulièrement mon repas du midi. Mais, à mon ami, niet, rien, pas un mot depuis des jours et des jours.

Et c'est comme ça depuis que mes proches vivent à des lieux de moi, depuis l'invention du téléphone, puis des mails (courriels) et des textos : le fait de me sentir si électroniquement près d'eux, si à la portée d'un simple clavier, a réussi à me convaincre que nous n'avions plus à nous parler régulièrement et c'est ainsi que je suis, tout comme eux, devenu, vis-à-vis mes amis, silencieux. Je me suis, je les ai transformé(s), en un, en des êtres désincarnés qui n'avons plus de besoin de chaleur humaine, ni de visage, ni de gestes, pour nous comprendre. Et c'est par ouï-dire, que je me suis, nous nous sommes condamnés à me dire, à leur dire, ou à apprendre que je suis, qu'ils sont dans la dèche, que j'ai, qu'ils ont des problèmes familiaux ou financiers ou que je suis ou qu'ils sont très malades, peut-être même mourant...

Le "global village" de l'internet m'a appris, avant-hier, qu'un correspondant de Nouvelle-Zélande, qu'au demeurant je n'ai jamais rencontré, ni vu et dont je ne possède même pas une photo, vient de perdre son emploi et que sa belle-mère était décédée ; mais qu'en est-il de cet ami de trente ans dont je n'ai pas eu de nouvelles depuis des semaines? Je me suis aperçu, hier, que je n'en savais rien.

C'est lui qui à l'époque de sa séparation m'avait dit : "J'en étais rendu à avoir des conversations plus intimes avec des chauffeurs de taxi qu'avec elle..."

Avouez que c'est d'une tristesse incommensurable.

T.

Note : Traduction de Madame C. Parent.

 

À signaler :

Réédition chez TYPO, une collection fondée en 1984 par Alain Horic et Gatson Miron, aujourd'hui faisant partie du Groupe Livre Québécor Média, "Ce maudit soleil" de Marcel Godin.

Communiqué :

"C'est à travers le regard naïf d'un jeune homme que Marcel Codin nous fait découvrir la triste brutalité de la vie dans un camp de bûcherons de la Haute-Mauricie à la fin des années 1940. La rudesse, la sauvagerie de ces hommes voués à un travail pénible est dépeinte en un portrait authentique et cru dans ce premier roman paru à l'origine en France, en 1965.

La prose incisive de l'auteur joue le même rôle que le « maudit soleil » qu'il décrit: c'est « un témoin gênant » qui met à nu la condition inhumaine de ces bûcherons. Prisonniers de leur forêt d'épinettes, où le soleil n'existe que pour accuser, ces hommes vivent un quotidien d'un ennui mortel qui les mènera à la déroute. Seule Johanne, la femme du camp, offre une issue possible au désespoir.

Ce récit étonnamment moderne raconte le voyage initiatique du narrateur qui, au départ spectateur dégoûté, devient acteur de cet univers impitoyable. Pris entre fascination et malaise, le lecteur n'en sort par indemne.

Cette édition contient un dossier critique augmenté et une nouvelle préface de Serge Fournier, ainsi que celle signée par Émile Ollivier dans la deuxième édition parue chez Lanctôt Éditeur en 2000."

 
 
 

M. Jean-Louis Deschamps - Liège, Belgique

Il s'git, en effet, d'un musée où se trouvent les têtes et les bras qui manquent aux statues que l'on peut voir dans d'autres musées.

M. Terence Stallé - Caracas, Venezuela

Ce célèbre photographe est devenu fou en tentant de photographier l'horizon. De près.

Ms. Pierre Laval - Slowbridge,Wyoming

Il n'existe pas de synonyme pour le mot "Thésaurus".

M. Raynald Canarie - Ste-Christine-d'Auvergne, Québec

Il n'existe pas d'êtres humains qui mesurent moins de 22 centimètres. Vous deviez, à ce moment-là, être à deux ou trois cent mètres des hommes et des femmes que vous avez aperçus.

Ms. Geneviève Mayol - Vichy, France

Un héroïnomane est un être qui ne peut être amoureux que des femmes qui ont déjà sauvé la vie de quelqu'un.

Herr Rudolph Ruscheweyh, jr. - Vaduz, Liechenstein

Non, il n'y a jamais eu de "guerres de religion" entre les athées et les agnostiques.

M. Ubald Régent - Sankt Michael im Lungau, Autriche

"Ouvert 24 heures par jour" ne signifie pas que l'endroit est ouvert 24 heures d'affilées.

Mr. J - San Jose de Buan, Philippines

Ce groupe a changé son nom à "A capella" dès leur sortie d'un prêteur sur gages.

 

Cette édition du Castor est dédiée à :

Richard Dawkins
(1941 - )

"Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toute la fiction car, à bien y penser, il était jaloux, orgueillleux, injuste, impitoyable, contrôleur, nettoyeur ethnique, vindicatif, sanguinaire, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire,, despote,mégalomane, sadomasochiste et capricieux."

(Photo en provenance du site : http://www.thetimes.co.uk/)

c

"À être aimées, les femmes préfèrent être séduites, trahies, trompées et abandonnées."

Giacomo Girolamo Casanova (1725-1789)

 

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Et, en terminant, un clin d'oeil à une amie :

Marine Giraudet