Volume XXIV, n° 1 16 septembre 2013

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, chaque semaine, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Troisième édition

 
 



Source : http://lesbeautesdemontreal.com

Patience : dans quelques semaines, nous y serons !

Vous avez manqué les dernières photos de M. Sérien ?

Voyez sa Galerie

 


La rentrée

À l'approche de mes quatre-vingts berges (comme dit mon voisin : un Français de France), je me demande ce qui va rester de ma culture quand je ne serai plus là (ce dont parle notre jeune chroniqueur, Jeff, aujourd'hui).

Ce que je sais, c'est que les trois générations qui me suivent ne me ressemblent pas et que j'ai, depuis un long moment déjà, de plus en plus de difficultés à les comprendre.

J'étais, par hasard (pas tout à fait mais l'expression est grammaticalement correcte), à mi-chemin d'un CEGEP (College d'Enseignment Général et Professionnel, pour ceux qui ne nous lisent qu'épisodiquement) et d'une Université, l'autre jour, assis, bien tranquillement à une terrasse, dégustant un Perrier, quand j'ai vu passer des étudiants et des étudiantes, en phase - j'imagine - initiale, vêtus de vêtements colorés, certes, mais quelquefois diaphanes, laissant présager des fins de soirées légèrement en opposition avec ce que notre Mère Église nous enseigne, et je me demandais dans quelles conditions ces jeunes gens allaient se retrouver le lendemain.

J'ai compris que je n'avais pas le droit de juger, surtout pas le droit de condamner, certaines exubérances rattachées à ce genre d'événements qui, à ce que j'ai pu comprendre, font maintenant partie de la modernité de la plupart des maisons d'enseignements.

Heureusement, ou malheureusement (?), ce genre de manifestations n'est pas du domaine de l'Univerité de Napierville où la rentrée se fait de la façon la plus austère qu'on puisse imaginer.

Autre temps, autres moeurs ? Qui le sait ? Qui le saura ?

Je serai parmi les ombres myrteux lorsque cela sera connu.

En attendant :

Nous vous offrons, avec ce numéro :

  • SimonPopp qui nous parle de circulation et de l'impôt sur le revenu
  • Le cardinal Spitzman qui nous donne son opinion sur la laïcité
  • Copernique Marshall qui nous entretient des anachronismes
  • Jeff qui nous parle, un peu, quand même, de la rentrée
  • George qui...

Mais il faut lire le reste : de quoi satisfaire tous les goûts. En particulier de ceux pour qui s'intéressent à la culture asiatique et au cinéma d'avant-garde.

Bonne lecture !

Obédieusement vôtre,

Heméningilde Pérec, esq.
Co-directeur du Castor™ de Napierville
Secrétaire temporaire permanent
Université de Napierville


 



Mensonges, fausses vérités et exagérations

Je me souviens avoir lu, il y a des années de cela, qu'au moment où l'impôt sur le revenu fut introduit aux États-Unis, un membre du Congrès s'est dit offusqué qu'un gouvernement ose penser demander à ses travailleurs de lui verser 1% de leur revenus : "Je connais les gouvernements, disait-il, et je sais que, tôt ou tard, ce ne sera plus 1% qui sera la norme, mais 2 et 3%, et j'entrevois même le jour où ce sera 10%..." - Aux dernières nouvelles, le taux marginal annuel, aux USA était de 39,6% au-delà de 400 000 $ (il est de 50% au Québec à partir de 135 000 $ et de 49% en France, mais au-delà de, seulement, 500,000 Euros.) -  Plus encore : ce membre du Congrès ajouta que ce nouvel impôt allait rendre les honnêtes citoyens américains, "cachotiers, menteurs et malhonnêtes". Ne s'était pas trompé, le bonhomme. N'avait pas prévu, cependant, l'éclosion des banlieues des grandes villes nord-américaines et, en particulier, celles qui se trouvent sur la rive sud de Montréal car la palme, au niveau des mensonges, des fausses vérités et des exagérations, revient aux habitants de ces banlieues qui, matins et soirs, font la navette entre leurs domiciles et le centre-ville de l'autre côté du fleuve.

Ce que j'ai pu en connaître des rive-sudiens qui m'ont juré, dur comme fer, et qui me jurent encore, que leurs trajets, dans les deux directions ne leur prennent pas plus que vingt minutes car ils voyagent tous en dehors des heures de pointe.

"Heures de pointe mon oeil !", comme je disais à l'un d'entre eux, l'autre jour, "Si je comprends bien, il n'y a qu'une seule et unique raison pour laquelle il y a des embouteillages sur les ponts, soirs et matins : le tourisme."

Suis allé, il n'y a pas très longtemps, sur la rive-sud. À St-Lambert, plus précisément. À huit heures et demi du matin. À l'aller, aucun problème puisque j'allais du centre-ville vers cette hupée banlieue. Par le pont Champlain, naturellement, car le pont Victoria est à sens unique vers Montréal, à cette heure "de pointe". Pour revenir ? Une heure que ça m'a pris. Et il était neuf heures du matin. Ce que j'ai pu en voir des touristes... - J'en ai même vu un qui se rasait au volant de sa voiture. Ne voulait pas, sans doute, qu'on le prenne pour un de ses nombreux sans-abri qui hantent les rues de Montréal.

À ces banlieusards (et pseudo-touristes), un vieux proverbe juif :

"Vous pouvez me pisser dans le dos, mais, je vous en prie, ne me dite pas qu'il pleut."

***

Je lisais, comme si cela n'était pas assez effrayant, dans la Gazette (The Montreal Gazette) du 7 septembre dernier, que, sur les 3 824 521 personnes qui habitent le Grand Montréal (l'île, la rive nord, la rive sud, et les banlieues à l'est et à l'ouest), plus 50 000 personnes n'étaient pas, depuis l'année dernière, des insulaires (par rapport à ceux qui habitent sur l'île). Dommage pour eux : ils ont tous un ou deux ponts à traverser et attendez : une fois rendus sur l'île, ils ne sont pas au bout de leur peine car il leur faudra un autre vingt minutes pour se déplacer quelque peu et trouver un parking. - Mettons quarante pour ceux qui viennent de la rive nord.

Et je n'ai pas terminé :

Je ne vous ai pas encore parlé des super-banlieusards : ceux qui habitent au-delà du Grand Montréal et qui font, chaque jour, le trajet de leur domicile au centre-ville (et vice-versa). Ceux-là sont enore plus mal pris car ils n'ont pas à leur disposition un service de transport en commun digne de ce nom. J'en connais deux : un qui se tape 222 kilomètres par jour et l'autre 166. Le premier a l'avantage sur le second car il n'a que six ou sept kilomètres à faire en auto pour se rendre à une bus-gare (oui, je sais...) où il peut prendre un car vers Montréal, sauf que le dernier de ces cars quitte la ville à cinq heures trente du soir... L'autre est moins chanceux : c'est en auto qu'il doit voyager. Chacun passe entre une heure et quart et une heure et trois quarts à voyager le matin et le soir. Moyenne : trois heures par jour, cinq jours par semaines, quarante, quarante-cinq semaines par année. Faites le calcul : 28 jours de 24 heures. Et si vous êtes de ceux qui dorment 8 heures par jour, pensez plutôt à 6 semaines par année, assis 16 heures par jour dans une auto.

"Mais l'air est plus pure, les taxes sont moindres, nous avons une plus grande maison..."

Parlez-moi de ces gens qui essaient de se convaincre qu'ils ont raison de se donner des coups de marteau sur la tête.

Mais, pour en revenir aux impôts (sur les revenus), je suis sur le point de me faire outrageusement violer. Je prends, sous peu, ma retraite et vous savez, comme moi, comment les milliards de pesos (c'est quoi la plus petite monnaie du monde ?) que j'ai accumulés au cours de mon existence vont être bouffés par l'État.

Qu'on se le dise : Simon Popp n'a pas fini de se plaindre.

Justement, cet après-midi, je m'en vais me faire pisser dans le dos : dans une clinique pour une question de... (J'ai besoin d'une simple ordonnance d'antibiotiques.) - J'en ai pour quelques heures, je sais... à moins que j'aille dans une clinique privée... j'en serai quitte pour quoi ? Trois, quatre cents dollars ?

On m'a souvent décrit la misère comme étant la sensation de ne pas manger à sa faim chaque jour. Mais j'ai déjà entendu une autre définition :

Avoir, dans une famille, deux adultes et quatre adolescents (avec permis de conduire) et que trois Volvo... en banlieue.

Simon

 


Laïcité

Je vois qu'au Québec, on vient de relancer le débat sur la laïcité et les signes ostentatoires des religions : burka, tchador, kirpan (ou kippa), crucifix, turban, soutanes, etc..

À vrai dire, je n'ai pas d'opinion là-dessus : pratiquez la religion que vous voulez mais laissez les autres pratiquer la leur, en paix. Une exception : la burka. Si vous ne voulez pas qu'on vous voie et qu'on ne puisse vous identifier, considérez que vous n'aurez plus jamais le droit de voter, de conduire une voiture ou d'exercer toutes activités dans lesquelles vous devez être identifié(e)s. Suis-je irraisonnable ?

Mais, mis de côté tout cela, il y a une chose qui m'a toujours intrigué : le crucifix. - Je suis peut-être un peu trop sensible vis-à-vis de ces choses-là, mais, Jésus-Christ, qui doit éventuellement revenir sur terre, me semble que... lui rappeler, avec ces croix et crucifix, partout où il passera, qu'il a été baffoué, fouetté et cloué sur deux pièces de bois, ne sera pas de nature à faire appel à ses meilleurs souvenirs.

Spitzman
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c


Anachronisms anyone ?

I started reading a book the other day and nearly dropped it after 20 pages. I won't tell you its title, nor its author, just in case you might have heard about it and had put it on your list of books to read because what I'm about to say might make you think twice about it, notwithstanding the fact that it is very well written, has a good plot and interesting characters. Unfortunately, its author seems to have a penchant to write 1,000 page books and the occasional trilogy of 3,500 pages, not unlike a French female writer (1908-1986) who wrote 400 page essays that could have fitted into 16.

It is set in the early thirteenth century and, at about the page I just mentioned, I read the word "stirrups". Sorry but stirrups weren't introduced in the country where the action takes place until the early fourteenth century and that bugged me.

It reminded me of James Burke :

"With all the academic research available these days about what it was really like, back in the Dark Ages when the European cultural lights went out (or maybe not), it’s a pity Hollywood continues to churn out all that anachronistic garbage about King Arthur. You know: characters using terminology from 900 years later, knights in fancy armor from 700 years later, coats of arms and chivalry from 600 years later, turreted castles with drawbridges from 600 years later and so on."

But he adds :

"Mind you, clearing up these anachronisms would probably go over like a lead balloon at the box office."

(Circles : 50 Round Trips through History, Technology, Science, Culture. New York : Simon & Schuster, 2000)

So, okay, the people who make films about King Arthur or what went on during some other period are not making documentaries but still, it would be nice if they paid a bit more attention as 99% of movie goers get their information about the past from these money makers. - I say so because, in not so a distant past, if you will allow me that anachronism, while I was still a kid, I went to see, with hundreds of other kids, a movie that had astronauts on the ^;anet Mars. - "Very exciting, would have said W.C. Fields. Many people were killed..." - At one point (in the movie), Martians appeared, belligerent, of course, and you know what ? I heard a ten or twelve year old boy, behind me, say to his friend : "Hey, they look like us !" - See what I mean ?

One film that should have gone like a lead balloon at the box office was Rollan Emerich's 10,000 B.C. (2008), the scenario of which he co-wrote with Harald Kloser. - Somebody should have told these two idiots that horses weren't domesticated until about 6,000 BC ; that the first pyramids to appear in Egypt was about 2,300 B.C. and that the attacking birds in their epic had been extinct for something like a million years before (take or leave 100,000 years).

Wanna read more about this sort of stuff ? Try this site :

http://www.totalfilm.com/features/15-dumb-movie-anachronisms

But talking about anachronism, the most famous one isn't part of a film, it is in Shakespeare's Julius Cesar where a clock is heard ringing in the distance. There are several others (in the same play) but that one beats them all :

Brutus :

Alas, good Cassius, do not think of him:
If he love Caesar, all that he can do
Is to himself, take thought and die for Caesar:
And that were much he should; for he is given
To sports, to wildness and much company.

Trebonius :

There is no fear in him; let him not die;
For he will live, and laugh at this hereafter.

[Clock strikes]

Brutus :

Peace! count the clock.

Cassius :

The clock hath stricken three.

Trebonius :

‘Tis time to part.

The earliest clock on record was, of course, about 200 years before Shakespeare, like 1,400 years after Julius.

Aparté :

Anyone remembers film director, screenwriter and producer Sam Taylor (1895 – 1958) ? The man who asked that"additional dialogue by Sam Taylor" appeared on the screen credit of his 1929 adaptation of The Taming of the Shrew ? Too bad he isn't around anymore, we could have asked him to correct Bill's anachronism but then most Shakespeare's fans all seem to agree on one point : that the bard's words should be kept intact. - Until nobody on this planet will be able to understand them, I guess. - I'm sure, however, that if Sam had been allowed to modify Shakespeare's Julius Cesar, it wouldn't have gone over like - last time, I promise -  a lead balloon.

But, anachronism is just a form of what, today, some people would call film or literary bloopers (which they aren't) but on the subject of literary "bloopers", the honor has to go to Ponson du Terrail , the unbelievable French feuilleton writer who was notoriously known for his countless improbabilities and blunders. He had, for example, characters either killed, locked up in jail or in Russia reappear a few chapters down the line, alive, free or in another country at the same time they were supposed to be dead, in jail or in Russia.

The most interesting story about him, however, has nothing to do with his "bloopers" but a laugh-out-loud trick he played with one of his editors. It can be found on this page, which, translated, goes like this :

"One day, estimating himself poorly paid, Ponson du Terrail asked an increase from the editor of one of the newspapers who published his wild stories. - The director found his request highly exaggerated and decided on the spot to dispense with his services. He then appealed to various ghostwriters whose mission would be to continue where Ponson had left off. - Unfortunately the hero of the story, Rocambole [*], had been left locked in a safe at the end of the last intallment. The problem was to have him escape. - The editor, his ghostwriters, the whole team of the newspaper could not find a solution to this unfortunate situation. - Ponson du Terrail was recalled, he was given the increase, and, on the very the next day, the story continued with :

"Having escaped from the vault, Rocambole..."

Couldn't be simpler, could it ?

"All's well that ends well" would have said our aforementioned bard. Actually, he did.

Next time I'll talk about vocabularies with, I believe, statistics that will astonish you.

See you,

Copernique

[*] So outrageous were Rocambole's adventures that it gave the world the word "rocambolesque".
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Les manières d'antant et la rentrée

J'ai un ami qui ne cesse de me dire que. lorsqu'un homme meurt, c'est une bibliothèque qui disparaît. -  Façon de parler, naturellement : ce qu'il veut dire, c'est, lorsqu'un homme meurt, c'est l'expérience de toute une vie et de nombreux souvenirs qui disparaissent en même temps. Restent derrière lui, parfois, des enfants qui, s'il les a bien éduqués, n'ont, hélas, les yeux tournés que vers l'avenir et non son passé.

C'est mon cas, je crois, et ce sera inévitablement celui de mes enfants.

J'ai la chance, cependant, d'avoir un grand-père encore en vie et quand je le vois, malgré la maigre éducation qu'il a reçue, je sens la somme de connaissances qui se sont accumulées en lui et qui, parfois, m'effraient. Il vient de célébrer son 97e anniversaire, ce qui est énorme (à mes yeux) et je ne manque jamais de lui faire parler de son grand-père, né avant la confédération (sic), décédé en 1937 alors que lui, n'avait que 21 ans.

Oh, sa mémoire n'est plus ce qu'elle était, mais pour le connaître depuis des années, je constate, chez lui, des réflèxes, des manières de s'exprimer, des manies même, qui datent d'une tout autre époque. Il me voussoie, entre autres, et qui ose encore dire, de nos jours : "J'eusse aimé que vous vinssiez plus tôt."

Passé, deuxième forme (au conditionnel) suivi d'un plus-que-parfait du subjonctif. - Si, si : je viens de regarder dans mon conjugueur.

Dire que j'ai de la difficulté, parfois, à lire Gide...

***

Chaque année, dès que je vois approcher le mois de septembre, je m'inquiète. Avec quatre enfants aux études, comment vais-je faire pour boucler mes fins de mois ? Mes enfants ne sont pourtant pas difficiles : pas question, pour eux, d'avoir le dernier sac à dos, le dernier stylo, les dernières espadrilles qui sont à la mode. Ils sont - comment dirais-je ? - heureux de ce qu'ils possèdent et n'envient pas leurs collègues de classe ni le fils et la fille d'un de mes amis qui trouvent leurs parents chiches de ne pas leur avoir remplacé leur iphone 4 par un 5 ou encore de leur avoir acheté une tablette qui n'est pas un ipad. Je vois d'ici la honte que ces deux enfants ressentiront quand ils se compareront aux autres.

Quel que soit, quand même, ce dont mes enfants se contentent, il n'en reste pas moins que la rentrée scolaire est un fardeau financier pour des familles comme la mienne, sauf que, dans toutes les familles, il n'y a pas une Élyanne. Me fait souvent penser à ma mère qui, bon temps, mauvais temps, savait trouver l'argent nécessaire pour combler tous nos besoins.

Dire que l'une pense et que l'autre pensait que je ne m'en suis, que je ne m'en étais jamais aperçu.

A+.

Jeff

Note de l'éditeur :

Les chroniques de Jeff Bollinger peuvent être consultées dans leur intégralité à partir de ce lien.
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Chum !

Ma mère avait raison : la vie est ben triste et remplise de chagrins... (oui, oui : "remplise")

Me suis encore pognée avec mon chum, hier. Jamais vu une tête dure comme la sienne. Toujours en train de dire le contraire de ce que j'avance et, quand je lui demande des explications, il s'enfarge dans toutes sortes de commentaires qui se contredisent ou qui ne tiennent généralement pas debout. Jamais une goutte qui vient du coeur. Tout de la tête, comme si on ne pouvait pas avoir du plaisir pour le plaisir. Critique tout et quand je dis "tout", je veux dire "tout" : il analyse, juge et condamne n'importe quoi. Pas moyen de lui faire dire s'il a aimé un spectacle ou non. "Le décor était bien. La prise de son pas trop mauvaise, mais il y a eu des longueurs..." - Non mais, on s'en fou'tu, du décors et de la prise de son ? Comprend jamais qu'on ne va pas au spectacle pour se prononcer sur les talents de quelqu'un, mais bien pour voir, écouter, penser, pleurer et rire. - C'est ce que Paul appelle la "catharsis".

Tout ça à propos d'un bonhomme que j'adore et dont ce même Paul parlait il y a deux semaines : Fred Pellerin.

"T'as aimé ?" - "Excellent vocabulaire. Me fait penser à Rabelais quand il invente des mots.Très sympathique. Communique très bien avec son public..." - "C'est pas ça que je te demande : je te demande si tu l'as aimé !" - Aucune réponse. Je vais lui présenter Simon : vont bien s'entendre. - Même pas capable de dire s'il a, non pas aimé, mais au moins apprécié son "Mile après mile". - "Je préfère la version de Willie Lamothe" qu'il m'a dit mais incapable de dire pourquoi. - Y est allé avec des explications sur le fait que c'est Willie qui a rendu cette chanson populaire, que Willie méritait d'être mieux connu, que Willie était un pionner dans le domaine, etc., etc.

La prochaine fois, j'irai avec ma chum de fille.

Si lui ne veut pas le dire, moi je vais vous le dire : je suis en amour avec Fred Pellerin. Jamais quelqu'un m'a fait passer des moments comme lui m'en fait passer avec ses contes qui, je l'avoue, me font souvent rire, mais autant pleurer. Il est simple, naturel, pas prétentieux pour deux sous. Et puis il est beau comme un coeur. Si je vivais avec lui, il serait tout mon univers : mon amoureux, mon frère, mon ami et puis je prendrai soin de lui comme je prends soin de mon fils, Éric ; mon fils que je regardai, hier, avec son "Geronimo", car il a beau avoir onze ans, il n'est pas encore sorti de l'enfance. Et puis, ma foi du bon Dieu, je pense qu'il ressemble à Fred avec ses petites lunettes rondes, ses cheveux bouclés, son menton arrondi et, quand il rit, c'est Fred en personne, aussi naturel et aussi gauche que lui. Tout le contraire de son père qui vient me le chercher un weekend sur deux.

Oui, la vie est ben triste et remplise de chagrins...

Pas tout le temps, quand même. La semaine prochaine, par exemple, je m'en vais, avec Éric, passer tout le weekend chez ma soeur qui possède, selon lui, la plus grande bibliothèque du monde entier, avec sa collection complète de Tintin, Spirou, Astérix, Lucky Luck et je ne sais quoi d'autres. Un vrai paradis, quoi. Un vrai paradis pour moi aussi car ma soeur est... coiffeuse et esthéticienne. Je vais revenir chez moi, dimanche soir, belle comme un coeur.

Pour me faire dire par mon chum ; "Kosta faite avec tes cheveux ?"

Je vous laisse avec Sacha :

"Elle s'est donnée à moi et c'est elle qui m'a eu."

Et hop !

George
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La Tribune

Le réseau de la Caisse d'Épargne lance aujourd'hui une offre de coffre-fort numérique qui se veut innovante.

L'Humanité :

À la Fête de l'Humanité, Clémentine Autain, la journaliste et militante de la Fase définit les évolutions qu'elle souhaiterait voir au Front de gauche: "Il faut créer du commun et ouvrir les portes et les fenêtres pour que le Front de gauche puisse irriguer la société de façon beaucoup plus profonde et dynamique." - Traduction suit.

The Miserable City News :

La Cour Suprême du Canada serait sur le point d'annuler un jugement de la Cour Supérieure du Manitoba qui aurait donné raison à la Cour Provinciale de cette province qui avait jugé raisonnable une injonction interdisant à un citoyen de la ville de Miserable City de se servir de la Cour des Petites créances pour contester une contravention pour stationnement interdit (deuxième rue, en face du Dol-O-Rama)..

La Croix :

Le nouveau secrétaire d’Etat du Saint-Siège estime que le célibat « peut être discuté ». Rappelant à un journal vénézuélien que le célibat des prêtres « n’est pas un dogme de l’Église », Mgr Pietro Parolin, qui deviendra le 15 octobre 2013 le premier collaborateur du pape François, replace le célibat sacerdotal dans la « tradition ecclésiastique ».

The Telegraph :

In Coleshill, which has a population of 6,343 and was once most famous as the home Brylcreem, there is little to belie the passions that run deep underneath the surface. - But NHS figures show that the town consumes anti-impotence drugs at a rate unrivalled elsewhere in England. - In 2012, in North Warwickshire, the town’s local district, 54.87 prescriptions were issued by GPs per 1,000 men, putting it way ahead of its nearest rival, Wychavon, in Worcestershire, with clocked up 42.66 prescriptions per 1,000 males.

The Morning Call of Leigh Valley - Allentown, Pennsylvania

For those who want to stomp a few grapes with their bare feet, Blue Mountain Vineyards will host a Grape Stomp Picking Party at 9 a.m. Saturday, Sept. 21, 22, 28 and 29. Join in on picking and stomping on bunches of grapes, as well as tasting wine and enjoying a catered BBQ lunch, according to the winery's website.

Radio-Canada :

Richard Marcotte et Tony Accurso : pas de procès avant 2015

The Knoxville News Sentinel

Noted scholar and philosopher Martha Nussbaum will talk, today, about religious intolerance at a University of Tennessee Humanities Center.

London Sun

FOOTIE hard-nut Vinnie Jones today reveals how he gave up booze and sought help after nearly wrecking his 20-year marriage with Tanya. - Vinnie, 48, turned to an LA specialist after being caught on video kissing Russian model Lama Safonova last October. - The ex-Wimbledon and Leeds player, now a Hollywood actor, admits he “risked everything” — leading to the “biggest test” for his marriage.

La Presse

PeterSagan : vainqueur au GP de Montréal.
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Cette semaine :

En la salle du Grand Marshall
Jusqu'au 13 octobre, à vingt heures précises.
Tous les jours (sauf les lundis)

L'oeuvre complète de Misakao Shitake

par :

Les étudiants en littérature comparée du deuxième cycle de l'Université de Napierville

sous la direction du professeur

Olaf de Huygens-Tremblay

Musique de :

Robert Fitzjames-Crenoncelle, s.j.

(Pour plus de renseignements, sur Misakao Shitake, le forçat du haïku, cliquez ICI. )

Note : l'UdeNap tient à remercier la Vatfair-Fair Sport Equipment Company pour sa précieuse collaboration.

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Salle Marc-Ronceraille
Du 16 au 29 eptembre inclusivement

Suite à la demande du nonce apostolique du Caraguay, Monseigneur Ciprende Perstupidi, la salle Marc Ronceraille a été réservée,au cours de la période précitée, à l'usage exclusive du pape François, né Jorge Mario Bergoglio, le 17 décembre 1936, à Buenos Aires en Argentine.

***

Au musée du Grand Marshall
Jusqu'au 13 octobre
Tous les jours (sauf les lundis)

Trains miniatures
et
Jouets du XVIIe siècle

Collection particulière

ayant déjà appartenue au secretaire d'un sous-ministre

sous le régime de Maurice Duplessis.

***

Au Bijou, cinéma de répertoire

Trois salles, trois films ou deux ou trois courts-métrages:
Dès demain - tous les jours - représentation continue de midi à minuit
Jusqu'au dimanche 29 septembre.

Les grands remakes de Hollywood

Taxi de Tim Story (2004)

Scénariste : Robert Ben Garant d'après le scénario original de Luc Besson.

Avec : Queen Latifah, Jimmy Fallon et Gisele Bündchen.

456taxi

The Pink Panther de Shawn Levy (2006)

Scénaristes : Len Blum et Steve Martin.

Avec : Steve Martin, Kevin Kline et Jean Reno.

Psycho de Gus Van Sant (1998)

Scénariste : Joseph Stefano.

Avec : Vince Vaughn, Anne Heche et Julianne Moore.

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Sur les ondes de la CNAP et de la CCAP

Nouvelles boursières

Tous les samedis dès huit heures du matin, l'éminent économiste Pierre Rochemenier est en ondes, pour expliquer pourquoi ses prévisions de la semaine précédente se sont avérées fausses. - Sujet cette semaine :

Le système de mise en marché d'apple
(iphone, ipad, mac, etc.)
et
ses répercussions
dans le domaine des
sectes religieuses

Les grands interviews

Demain, le mardi 17 septembre (première partie ) et le mardi 24 septembre (deuxième partie).
(Avec possibilité de prolongement [troisième partie], le jeudi 26 septembre.)
De vingt heures à vingt-deux heures :

Sir Geoffrey Ralpshbottom, auteur d'un récent roman d'espionage intitulé The Remnants of the British Empire publié chez Posthumous Writings (Londres et Kuala Lumpur).

Interviewer : Copernique Marshall.

Les grands récitals-concerts

Les samedis 21 et 28 septembre, à vingt heures, en direct du Palais du Bingo :

Les clarinetistes manchots de Lot-Renversés

sous la direction de

Raynald Laflamme

Au programme :

Book of Country Walks

de

Max Drainville


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Ist dies etwa der Tod ?

De la poésie aujourd'hui :

Dans la rougeur du soleil couchant

À travers les peines et les joies,
Nous avons marché, la main dans la main.
Maintenant nous nous reposons tous deux
Dans ce lieux silencieux.

Autour de nous les vallées s'inclinent,
Déjà le ciel s'assombrit.
Seules, deux alouettes s'élèvent,
Dans l'air parfumé.

Viens-là et laisse les tournoyer.
Bientôt il sera l'heure de dormir.
Viens, que nous ne nous perdions pas
Dans cette solitude.

Ô calme incommensurable du soir,
Si profond dans le rouge du couchant !
Comme nous sommes las de marcher !
Est-ce peut-être déjà la mort ?
( "Ist dies etwa der Tod ?")

Je ne sais de qui est cette traduction que j'ai retrouvée sur le WEB. Son texte originel (allemand) se trouvera facilement sous le nom de "Im Abendrot" dont la traduction littérale est "rémanence", un mot qui signifie "survivance" et qui se rapporte à  une sensation qui persiste, même après la disparition de ce qui l'a provoquée.

Il s'agit d'un poème d'un écrivain romantique allemand, qui, comme dirait Copernique, est aujourd'hui parfaitement inconnu (quoique Wikipédia insiste pour dire qu'il est encore considéré comme "très important" et même toujours "populaire"). Son nom ? Joseph Karl Benedikt von Eichendorf, né en 1788, décédé en 1857.

Aucune importance, car ce n'est pas de lui dont je veux vous parler mais de Richard Georg Strauss, né en 1864 et décédé en 1949, le dernier des grands compositeurs romantiques (allemand, il va sans dire), qui a mis ce poème en musique en 1948, à la suite de trois autres poèmes de Hermann Hesse (1877-1962), l'auteur de Steppenwolf, et qui furent interprétés pour la première fois en 1950 au Royal Albert Hall de Londres par Kirsten Flagstad (1895-1062) accompagnée par la Philharmonia Orchestra sous la direction de Wilhelm Furtwängler (1886-1954).

Bon, assez pour ces ennuyeux renseignements historiques et passons à l'acte :

Permettez quand même que je mentionne que Strauss n'a pas donné de titre à ces quatre pièces que l'on connaît, aujourd'hui, sous le nom de ses "Quatre derniers lieder" ou "Four Last Songs", de leur titre en allemand, "Vier letzte Lieder", nom que leur aurait donné Ernst Roth (1896–1971), un des directeurs de la maison d'édition anglaise qui a publié à peu près tout l'oeuvre de Strauss.

Et c'est ainsi que nous vous proposons, interprétée par Olga Maria Elisabeth Friederike Schwarzkopf (1915-2006), la dernière de ces quatres chansons dont nous avons cité les paroles au début de cette longue introduction.

Le tout se passe d'autres commentaires, sauf que c'est d'une beauté sidérale.

Il s'agit d'un enregiatrement qui daterait, selon mes sources, de 1953 et qui n'a jamais cessé d'être disponible.

Cliquez sur le lecteur ou la note (format MP3) :

 

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Les enregistrements qui ont fait partie de cette série sont disponibles intégrablement, dans l'ordre inverse qu'ils ont été publiés (présentement en reclassement) :

Cliquez ICI.

          


 

Messieurs Ralph et Gilbert Catface - Bakou, Azerbaïdjan

Eleanora Fagan, Cherilyn Sarkisian et Anna Mae Bullock.

Mr. Johnny Eightpence - Earlscastle (near Sharing), UK

Environ quatre kilos (plus le poids de l'urne).

Mr. Jack Shareburg - Sainte-Rose-du-Dégelé (Dégelis), Québec

Le tiers de la population européenne, entre 1347 et 1351.

Mr. Percy (and his wife, William) Hamleigh - Lost River (New Hampshire), USA

Neuf, ex. : "A rough-coated, dough-faced, thoughtful ploughman strode through the streets of Scarborough; after falling into a slough, he coughed and hiccoughed."

Mr. Jack Fitz Guillaume - Bong Bong (New South Wales), Australie

À droite, derrière la dame avec un parapluie :

123seurat

Mr. Earl Bartholomew - Peresvet, Russie

Yeshua, puis Joshua, Yesus et Jésus (mais seulement à partir du XIV ou XVe siècle).

Mr. Pharamond Openmouth - Pis Pis River, Nicaragua

De 1939 à 1985 en Afrique du Sud ; de 1776 à 1967 aux États-Unis.

Mrs. Jack Flathat - Titz, Allemagne

Komitet Gosudarstvennoy Bezopasnosti. 

Mr. Alan Catface - Wankie, Zimbabwe

Yoshida Kogyo Kabushikigaisha.
 
 

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Joseph Thomas Sheridan Le Fanu
(1814- 1873)

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"Le bonheur ne consiste point dans des instants isolés d'énergie, de volupté ou d'oubli. Le bonheur est une succession presque continue, et durable comme nos jours, de cet heureux concours de paix et d'activité, de cette harmonie douce et austère qui est la vie du sage. Toute joie vive est instantanée, et dès-lors funeste ou du moins inutile; le seul bonheur réel c'est de vivre sans souffrir, ou, plus exactement encore, être heureux, c'est vivre : tout mal est étranger à la plénitude de la vie, et toute souffrance a pour principe des causes de destruction."

Étienne-Jean-Baptiste-Pierre-Ignace Pivert de Senancour (1770-1848) - Rêveries sur la nature primitive de l'homme, sur ses sensations, sur les moyens de bonheur qu'elles lui indiquent, sur le mode social qui conserverait le plus de ses forces primordiales (1798) (pp. 91-92).

 

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