Attention

Cette chronique qui devait, à l'origine, paraître dans l'édition du Castor en date du 27 décembre dernier a été légèrement modifiée, avec le consentement de l'auteur, pour être diffusée dans un encart scellé joint à l'édition du 10 janvier 2011.

Elle est réservée à un public majeur et averti car elle contient des propos qui pourraient être choquants pour certaines personnes.

La direction suggère particulièrement aux parents de jeunes enfants d'exercer leur contrôle habituel.

H. P.

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Sequitur, actus ipse ponam igni.

    Le lundi 27 décembre 2 010.

Je n'en reviens tout simplement pas.

C'était mon anniversaire récemment et l'on m'a rappelé que j'étais née sous le signe du sagittaire.

Sous le signe du Sagittaire !

Non mais vous vous rendez compte : six, sept mille ans de civilisation et il y en a encore qui ne jure que par des regroupements d'étoiles qui n'ont rien en commun et à qui des gens supposés intelligents ont donné, il y a deux mille ans, des noms basés sur une religion qui a été, depuis, remplacée par une autre, la vraie et qui, si je me fie à ce que je lis dans les journaux, est sur le point de se faire remplacer par une troisième, la plus vraie que l'autre.

C'est l'histoire de la dame qui trouvait horrible le fait que certaines tribus africaines forçaient leurs femmes à se percer le nez alors que, dans son pays, beaucoup plus évolué, c'était aux oreilles qu'on accrochait des anneaux.

Il ne faut pas remonter bien loin dans le temps pour comprendre qu'on brûlait des sorcières, torturait des infidèles, lançait des fauves sur des hommes, femmes et enfants... parce qu'ils pratiquaient une religion qui n'était pas la bonne ou qu'on ouvrait de pauvres oiseaux sans défense pour prévoir l'imprévisible..

Jeune, je me souviens qu'on m'ait raconter l'histoire d'un grand bonhomme descendu d'une montagne avec des tablettes contenant des commandements, d'un autre, encore plus grand, qu'on a cruficié pour nos péchés et, ces temps-ci, l'on voudrait que je crois en l'existence d'un troisième, plus grand que les deux autres, qui, de berger-commerçant qu'il était a reçu d'un ange la preuve de l'existence d'un Dieu, le vrai des vrais celui-là, d'un Dieu Tout miséricorde et Miséricordieux.

Comme disait l'humoriste américain, George Carlin,  dans le domaine des mensonges, de la fourberie et des fausses promesses, y'a pas un homme d'affaires, aussi véreux soit-il, qui peut se considérer sur le même pied qu'un pasteur, un prêtre, un ayatollah ou n'importe quel ecclésiastique parce que dans le domaine de la tromperie, des exagérations et de la mystification, les gens qui enseignent ou qui sont issus de la vraie religion sont dans une classe vraiment à part. - Pas de besoin d'une course à la chefferie, d'un sondage ou d'une enquête approfondie : vous n'avez qu'à vous demander ce qu'un dieu, qui doit gérer deux cent milliards de galaxies, chacune contenant deux cent milliards d'étoiles, peut bien faire pour s'intéresser à une obscure planète où s'entretuent depuis des siècles des bêtes à deux pattes qui ont inventé les romans télévisés, les sandwichs qu'on vend dans les aéroports et la bombe atomique.

IL serait, d'après les frères C. et A. Skonmadit, tout puissant et donc capable de tout gérer (quoiqu'il semble toujours avoir, si je me fie aux quêtes que l'on fait constamment en son nom, des problèmes financiers mais cela est une autre histoire). Tout puissant ? Ben, j'ai bien hâte de le rencontrer parce qu'il y a des questions que je voudrais lui poser :

  •  Pourquoi faut-il vieillir, voir ses facultés diminuer, disparaître au point où l'on ne se souvient plus de rien ? Même quand on a suivi ses directives à la lettre...
  • C'est quoi l'idée de faire naître des enfants difformes, sidéens, drogués quand c'est à leurs parents qu'il faudrait s'en prendre ?
  • Cet enfer où l'on brûle, souffre, mange des claques sur la gueule jusqu'à la fin de temps, c'est parce qu'Il nous aime?
  • La guerre, les épidémies, les tsunamis, les erruptions volcaniques, les tremblements de terre, les ouragans, les cataclysmes en tous genres, le rap, ça faisait partie de son grand dessein ? Lequel ?
  • Etc., etc.

Je lisais dans Loui Ott (*), l'autre jour, le premier des grands principes de la théologie (chrétienne) :

«Dieu, notre Créateur et notre Maître, peut être connu avec certitude au moyen des choses créées, par la lumière naturelle de la raison

J'sais pas pour vous autres mais dans le lot, je crois qu'IL m'a oublié parce que j'ai beau me fendre la tête en quatre, je n'arrive pas à trouver des réponses à ces questions et, vous ferez comme vous le voulez, comptez pas sur moi pour revenir au bonhomme avec des tablettes, me mettre à genoux devant deux bouts de bois avec, dessus, un bonhomme crucifié ou m'acheter un tapis pour me tourner vers une obscure ville au Moyen-Orient sept fois par jour.

Il y a longtemps, soit dit en passant, que j'en suis arrivé à cela mais me faire dire, à une semaine de Noël (etc.), que je suis né sous le signe du sagittaire, c'est pas loin de la provocation, ça.

Et si vous pensez qu'il y a deux jours je me suis endimanché pour assister à la messe de minuit, vous vous trompez : je suis resté chez moi à attendre le Père Noël. - Il est venu, d'ailleurs, à peu près au milieu d'une bouteille de Scotch et d'un sac de pretzels.

Simon
popp.udenap@gmail.com

(*) Précise de théologie dogmatique - Édition Salvator, Mulhouse, 1954 - Traduction de Grundriss der Dogmatik (Note de l'édit.)


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