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Numéro hors-série

             


Marcel Proust

À la recherche du Temps perdu
Notes et commentaires

Copernique Marshall et Paul Dubé

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6 - Que lire de Proust

Avant de répondre à cette question, il serait peut-être utile de se demander ce que Proust aurait voulu qu'on lise de lui.

Évidemment ce qu'il a publié de son vivant :

  • Les plaisirs et les jours paru en 1896 chez Calmann-Lévy, un recueil de poèmes en prose et de nouvelles

  • Ses traductions de Ruskin ; La Bible d'Amiens et Sésame et les Lys parues respectivement en 1904 et 1906

  • Pastiches et mélanges, un recueil de préfaces et d'articles de Presse parus dans Le Figaro à partir de 1908 et réunis à la demande de Gaston Gallimard en 1919.

  • Divers articles de journaux ou de magazines qu'on retrouvera, parmi tous ses écrits, réunis dans un volume de La Pléiade intitulé «Jean Santeuil» et dans un deuxième intitulé «Contre Sainte-Beuve»,

À noter que Jean Santeuil et Contre Sainte-Beuve sont des oeuvres inachevées, des ébauches même, et qui n'ont été publiées qu'à titre posthume au début des années cinquante et que le volume intitulé Contre Saint-Beuve (La Pléiade) n'est, en particulier, qu'un titre parmi tant d'autres car son contenu est fait d'articles et réflexions diverses sur Saint-Beuve certes, mais également sur l'affaire Dreyfus, des projets de préface et ainsi de suite.

Sur tous ces écrits, on retiendra les deux préfaces aux traduction de Ruskin notamment celle de Sésame et les lys intitulée «Sur la lecture» qui a été maintes fois publiée séparément de même que les passages de Proust sur Sainte-Beuve où il s'exprime carrément contre la théorie de ce dernier qui insistait sur le fait que pour lire adéquatement l'oeuvre d'un écrivain, il fallait étudier sa vie intime, sa vie sociale, ses amis, ses parents, ses faits et gestes.

Par ailleurs, les textes de Proust sur Baudelaire, Flaubert ou Morand méritent un détour.

Pour le reste, à moins de vouloir devenir un spécialiste proustien, on peut facilement oublier ses innombrables articles sur les salons, la vie modaine, les critiques dont certaines sont définitivement du domaine de la flatterie et même de l'obséquiosité et, naturellement, tous ses travaux préparatoires et ébauches (notamment Jean Santeuil) qu'on retrouvera sous la forme finale dans À la recherche.

Mais depuis le début des années cinquante, il semblerait que l'on veuille tout publier de Proust y compris :

  • Les notes, variantes, pré-textes qui font maintenant partie de  la dernière édition de La Pléiade (Tadié).

  • Sa correspondance (21 volumes !) parue chez Plon entre 1976 et 1993 sous la direction de Philip Kolb. Sans compter les lettes inédites que l'on a retrouvé depuis. - Exemple : Lettres à sa voisine - NRF, 2013.

  • Jusqu'à ses travaux d'écolier, ses cahiers de notes (dessins compris)

  • De même que la moindre carte postale, cartes de visites, livres d'autographes où il a écrit quelques mot.

Notre opinion ?

De Proust, on peut tout oublier sauf À la Recherche du Temps perdu qui regroupe sous une forme ou sous une autre toute la pensée de Proust et non sa personnalité sociale qui est sans rapport avec elle.

Copernique Marshall et Paul Dubé

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