Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois

Numéro hors-série

             2017-11-25


Marcel Proust

À la recherche du Temps perdu
Notes et commentaires

Copernique Marshall et Paul Dubé

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4 - Lire Proust, oui, mais dans quelle édition ?

D'une certaine manière, poser cette question, c'est se demander si l'on tient à lire «À la recherche du Temps perdu» :

- dans l'état où il a été, à l'origine, publié

- dans celui où, par la suite, il a été publié

- l'état dans lequelil aurait pu être publié

- l'état dans lequel il aurait du être publié

ou

- l'état que les spécialistes estiment qu'il devrait être publié.

Tout cela, étonnament, est possible car À la recherche du Temps perdu est essentiellement l'oeuvre d'éditeurs, Proust étant décédé bien avant qu'il ait eu le temps de le réviser en entier et de corriger toutes les épreuves des sections déjà entre les mains de ses éditeurs. - À sa mort, trois seulement de ses sept parties avaient été imprimées et il en était encore à mettre en forme sa cinquième, en attendant les résultats des corrections (voir plus loin) qu'il avait apporté à la quatrième. - De plus. au fur et à mesure qu'on lui présentait des épreuves, quelles qu'elles soient, il se permettait de faire d'inombrables déplacements de textes, d'y apporter des ajouts, des corrections, des retranchements, des annotations (i.e. «À replacer après le paragraphe x de la page y») et souvent à plusieurs reprises, parfois même sur des copies dactylographiées ou épreuves différentes.

Quant à ce qu'il a laissés derrière lui, ceux qui se sont penchés sur ses manuscrits n'ont pas eu la tâche facile : écritures illisibles, pages numérotées mais contenant des bis, ter, quatre, cinq ou des feuillets prélevés à un endroit (où la narration est conséquemment interrompue) collés ailleurs (où ils la brouillent), à intercaler on-ne-sait-où, des cahiers contenant des feuillets joints ensmble et qui s'étirent jusqu'à deux mètres, des fragments supplémentaires  sans compter les parties biffées (mais «à refaire et replacer tout de suite après...»), ni même des indications où devait commencer, par exemple, la dernière partie.

La raison de cet état de choses est double :

1 - L'oeuvre devait avoir, au départ, deux, puis par la suite, trois volumes. mais comme le premier volume a été publié en 1913 et qu'il a fallu attendre 1918 avant d'entreprendre la publication du second et du [prévu] troisième, Proust a utilisé ce délai pour augmenter considérablement son texte qui s'est transformé en un roman ayant sept parties qu'il a fallu, éventuellement, publié en 15 volumes.

2 - À partir de la publication d'«A l'ombre des jeunes filles en fleurs» (deuxième «partie»), Proust a consacré son temps non plus à corriger des épreuves, mais à mener à bien les parties qui allaient suivre, notamment la dernière dont le contenu devait être dans la suite des textes existants.

(Un exemple, parmi tant d'autres, soulignée par Pierre-Edmond Robert dans sa préface à La prisonnière : «Prousst reprenant une ébauche de 1914 pour un quatuor destiné à être entendu chez la princesse de Guermantes dans Le Temps retrouvé et la plaçant au milieu de La Prisonnière...»)

Cela a eu pour résultat que de 1913 à 1927 jusqu'en 1947-1949, diverses éditons se sont succédées, les erreurs flagrantes étant corrigées - les erreurs «d'imprimerie» d'abord et le texte général ensuite - pour en arriver à un texte qui fut stabilisé au point où l'on a pu, enfin, considérer qu'on en était rendu à une version définitive. - Cette version contenait l'intégrale de La Recherche en sept parties publiée à l'origine (suite aux travaux de son frère Robert, Jacques Rivière et Jean Paulhan, ces deux derniers de chez Gallimard) dans l'ordre suivant :

1 - Du côté de chez Swann - Grasset, 1913 (1)
2 - À l'ombre des jeunes filles en fleurs - Gallimard, 1918
3 - Le Côté de Guermantes I et II - Gallimard,1919 et 1922
4 - Sodome et Gomorrhe I et II - Gallimard, 1923
5 - La Prisonnière - Gallimard, 1923
6 - Albertine disparue (2) - Gallimard - 1925
7 - Le Temps retrouvé - Gallimard, 1927

(1) repris chez Gallimard en 1918.

(2) Cette partie ou ce volume devait, à l'origine, se lire La fugitive qui correspondait au volume précédent (La Prisonnière) mais ayant paru avant sa publication un livre du même nom de poète Tagore, on lui substitua celui d'Albertine disparue quoique, dans leur édition de 1952 - voir ci-après - Clarac et Ferré, insistèrent que le titre de La fugitive soit rétabli.

le tout fut republié plusieurs fois par la suite, la dernière fois de 1947 à 1949 comme suit :

1. Du côté de chez Swann. Première partie.
2. Du côté de chez Swann. Deuxième partie.
3. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Première partie.
4. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Deuxième partie.
5. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Troisième partie.
6. Le côté de Guermantes. Première partie.
7. Le côté de Guermantes. Deuxième partie.
8. Le côté de Guermantes. Troisième partie.
9. Sodome et Gomorrhe. Première partie.
10. Sodome et Gomorrhe. Deuxième partie.
11. La Prisonnière. Première partie. (*)
12. La Prisonnière. Deuxième partie. (*)
13. Albertine disparue. (*)
14. Le temps retrouvé. Première partie.
15. Le temps retrouvé. Deuxième partie.

(*) On fait souvent références à ces trois volumes (Jean Milly, entre autres) comme étant "Sodome et Gomorrhe. Troisième partie" constituée de : I pour La prisonnière et de II pour Albertine disparue, comme cela est indiqué de la main de Proust dans ses manuscrits.

Pour de plus amples détails quand à la publication de Du côté de chez Swann en 1913, voir les quatre lettres suivantes :

De Proust à Fasquelle - 28 octobre 1912

De Proust à Fasquelle - peu après la lettre précédente

De Proust à Gallimard - 2 novembre 1912

De Proust à Gallimard - 5 novembre 1912

Pour les puristes :

Une des première édition (originale) comprenant le volume paru chez Grasset et repris chez Gallimard lors de la publication des Jeunes filles en fleurs, surtout avec une dédicace de Proust, est plus ou moins régulièrement mise en vente aux enchères. - Il en existerait une douzaine [connues]. - On en demande entre 75 et 125.000 $ (Américains). Alors si vous tenez absolument à lire Proust dans le texte, tel qu'il fut publié au départ et non revu et corrigé par lui....

Par contre, l'édition 1947-1949,  épuisée depuis longtemps, est cependant disponible gratuitement en format PDF, EPUB, WORD et MOBI, en la Bibliothèque électronique du Québec à l'adresse qui suit :

https://beq.ebooksgratuits.com/auteurs/Proust/proust.htm

Pas la toute dernière ? - Qu'importe, c'est à partir de cette édition que la plupart des plus importants livres sur A la recherche ont été publiés. - Elle est complète, cohérente et répond à peu près à tous les critères qu'on pourrait imposer à n'importe quelle oeuvre du genre.

À noter qu'une édition de la version originale, dite de luxe ("À la gerbe", chez Gallimard), en trois volumes, a été mise en circulation en 1932.

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Autres éditions :

Depuis 1949, trois autres éditions sont parues :

1 - En trois volumes, dans La Pléiade, sous la direction de Pierre Clarac et André Ferre, en 1952-1954.

On pourra en lire en annexes la préface d'André Maurois et, surtout, les notes de Clarac et Ferré de cette édition où l'on verra qu'ell a été rédigée avec un grand soin à partir des manuscrits originaux reclassés, avec quelques variantes, dans l'ordre de l'édition originelle mais avec divers ajouts omis dans cette dernière.

Cette édition fut réimprimée et distribuées de plusieurs façons. Par Gallimard, par exemple : en livre de poche (7 volumes), en folio (idem), en quarto (1 volume) ; chez Robert Laffont (collection Bouquins - 3 volumes grand format avec un Quid et une introduction de Bernard Raffali) ; Aux Presses de la Cité (2 volumes), etc.

C'est l'édition que nous préférons. - Surtout dans le format Bouquins quoique rien n'empêche de lire Proust en livre de poche, un format beaucoup plus facile à manier.

À noter, comme ce fut le cas de l'édition originale, qu'une nouvelle édition dans la collection "À la gerbe" fut imprimée de cette dernière édtion en 1954 et puis à nouveau, avec des illustratioins de Philippe Julian, en 1969.

2 - En dix volumes (format poche) chez Garnier-Flammarion sous la direction de Jean Milly, le tout, selon une nouvelle interprétation des manuscrits de Proust, quand même assez prês de la version précédente, mais accompagnée de notes et d'introductions différentes. - Date de publication : 1984 à 1987.

À noter que son huitième volume, Albertine disparue, a fait l'objet d'une nouvelle édition sur laquelle nous reviendrons dans quelques minutes, en 2003.

3 - En quatre volumes, dans la Pléiade encore une fois, sous la direction d'Yves Tadié, de 1987 à 1989.

Comparée à la précédente (de la Pléiade), cette nouvelle édition suit essentiellement le texte tel qu'établi par Clarac et Ferré, avec diverses corrections et réorganisations au niveau des chapitres (Le Temps retrouvé, par exemple, ne débute pas au même endroit), mais surtout l'ajout, la plupart en annexe, de toutes les variantes contenues dans les textes originaux ou manuscrits de Proust, y compris les textes abandonnés, et les versions qui ont précédé la version finale.

Cette édition a été confiée à :

Du côté de chez Swann («Combray» et « Noms de pays: le non») - Francine Goujon

Du côté de chez Swann (« Un amour de Swann») - Pierre Roger

À l'ombre des jeunes filles en fleurs - Pierre-Louis Rey

Le côté de Guermantes - Thierry Laget et Brian Rogers

Sodome et Gomorrhe - Antoine Compagnon

La prisonnière - Pierre-Edmond Robert

Albertine disparue - Anne Chevalier

Le Temps retrouvé - Pierre-Edmond Robert et Brian Rogers

(Le tout sous la direction de Jean-Yves Tadié)

Informations supplémentaires :

Le texte de cette édition, sans variantes, ni notes, a à peu près la même longueur dans les deux éditions de la Pléiade : 3123 pages dans les trois volumes de Clarac et Ferré et 3048 dans les quatre de Tadié.

Cette édition a permis, entre autres, la ré-impression d'À la recherche en un seul volume Quarto-Gallimard (2,400 pages) en 1999 (sans notices, notes et variantes).

C'est une version (celle en quatre volumes) qui, à notre avis, est destinée aux spécialistes et, dans le cas de la version Quarto (en un seul) à ceux qui n'ont pas objection à voyager avec un livre pesant près d'un kilo.

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Vers une sixième édition ?

Il aurait été loisible de penser, en 1984, que le fonds des manuscrits de Proust qui se trouve aujour'hui en la Bibliothèque Nationale de France - surtout après les apports de ses héritiers et celui d'un rare collectionneur qui avait acquis après la mort de Robert Proust treize des cahiers d'À la recherche - allait être considéré, à l'exclusion de la correspondance, comme étant la totalité des écrits de Proust sauf ceux qui sont accidentellement disparus ou qu'il a lui-même fait détruire (voir Céleste Albaret «Monsieur Proust» - Robert Laffont, 1972). mais voici que deux ans auparavant une deuxième version ou épreuve dactylographiée d'Albertine disparue, annotée de la main de Proust, version qu'on croyait inexistante ou perdue, fut retrouvée dans les archives de la famille Mauriac et remis en circulation dans les mains de Tadié et possiblement celles de Milly au moment où le premier débutait son travail de réédition vers 1985.

Note :

Le fonds Proust en la Bibliothèque Nationale de France est décrit in extenso par Florence Callu dans le premier volume de l'édition Tadié, pages CXLV et suivantes. Il contient : «l'ensemble des oeuvres de l'écrivain, qu'il s'agisse de ses écrits de jeunesse : Les Plaisirs et les jours, Jean Santeuil, des traductions de Ruskin, des articles critiques, ou bien des innombrables manuscrits d'À la recherche du temps perdu, conservés sous forme de notes préparatoires, de cahiers de brouillon, de mises au net, de dactylographies et d'épreuves corrigées.»

Le texte de cette deuxième épreuve d'Albertine disparue a été publié chez Grasset, en 1987, par Nathalie Mauriac [Dyer] et Étienne Wolf sous le titre de:

«Albertine disparue... Édition originale de la dernière version revue par l'auteur».

Dans son avant-propos, Nathalie Mauriac avance que cette version est celle de l'«ultime texte d'Albertine disparue» et, qu'en conséquence, toutes autres versions passées ou à venir doivent dorénavant être considérées comme étant inexactes.

À cette publication, Étienne Wolf et Madame Mauriac ont reçu deux réponses.

Anne Chevalier, responsable de la présentation du texte d'Albertine disparue dans l'édition Tadié (La Pléiade) dit en avoir pris connaissance mais dans ses notes et variantes, elle mentionne que si cette version inédite était plus ordonnée que la version jusque là connue, elle posait deux problèmes : celui des coupures et celui de la non-concordance de son contenu avec celui du Temps retrouvé. Elle en tint de ce fait peu compte. - Il était, en effet, courant, chez Proust, de déplacer de longs paragraphes (de les biffer) pour les insérer ailleurs, mais dans le cas de ceux supprimés dans l'Albertine de Mauriac-Wolf, où les replacer ? - Quant à la révision du Temps perdu - pour que son texte soit en adéquation avec celui de cette «ultime version» d'Albertine disparue - par où commencer et surtout comment se substituer à Proust ?

Dans sa très détaillée préface de l'édition Folio (1992), elle résume sa position comme suit :

«L'histoire compliquée du texte [dont nous allons donner quelques aperçus] fait qu'aucune des éditions n'est entièrement fidèle à un seul document. - L'étude de la genèse est essentielle à qui veut comprendre, non seulement l'histoire, mais la configuration actuelle du texte d'Albertine disparue. Nous avons affaire à un montage de morceaux de provenances et de dates plus diverses peut-être qu'en aucun des autres livres de la Recherche...»

Et, comme l'ont mentionné divers critiques, comment être vraiment convaincu que la deuxième version dactylographiée a été amendée après la première. Il s'agit de deux versions qui ont été remises à Proust le même jour...

Milly a été plus gentil. Dans une version amendée de son Albertine, il publia une nouvelle édition en 2003 où il y fit référence à cette «nouvelle» version en mentionnant, cependant, dans son introduction la note «Référence : s'en servir - mais avec réserves» - précisant dans son introduction :

«Nous avons souhaité aujourd'hui, dans la présente édition, restituer au lecteur, avec exactitude et fidélité, l'état ultime du texte d'Albertine disparue et, dans la mesure du possible, la dactylographie retrouvée elle-même. Toutes les corrections et additions de Marcel Proust sont signalées au cours du texte : nous avons joint, dans les notes placées en fin de volume, les précisions qu'il adresse parfois à Gaston Gallimard, à qui il était sur le point de livrer son travail, et tenté d'éclairer l'ensemble par les références et commentaires qui nous ont paru indispensables.»

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Suggestions (à ceux qui voudraient en savoir plus)

Lire en ce qui concerne ce qui précède et de possibles futures éditions d'À la recherche :

(En espérant que ces pages soient conservées de façon permanente.)

1 - L'article de Nathalie Mauriac Dyer (Proust, la mémoire dans l'atelier) paru dans la revue item : suivante :

http://www.item.ens.fr/index.php?id=75980.

 2 - L'article d'Élyane Dezon-Jones «Éditer Proust : hier, aujourd'hui et peut-être demain» paru dans la revue Littérature en 1992 (Numéro 4), pp. 46 à 53 :

http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1992_num_88_4_1558

 3 - Et celui de Françoise Leriche «Rééditer Proust au vingt et unième siècle» sous-titré «Intertexte, intratexte et avant-texte» paru dans Gensis (Manuscrits-recherche-Invention), numéro 36, en 2013 :

https://genesis.revues.org/1133

... dont le faire-valoir ou résumé se lit comme suit :

«Comment lira-t-on Proust au XXIe siècle ? Les éditions imprimées des années 1980-1990, en intégrant l’intertexte, l’intratexte, et partiellement l’avant-texte dans l’apparat critique d’À la recherche du temps perdu, témoignent d’une évolution de l’intérêt du public vers les processus d’écriture et invitent à une lecture dynamique et «enrichie». Cette conception «réticulaire» de l’œuvre et du texte en devenir est contemporaine d’une nouvelle épistémê, celle du rhizome, de la navigation. On rêve d’un HyperProust savant qui permettrait d’interconnecter tous les corpus, mais en attendant qu’il soit techniquement possible d’éditer numériquement les brouillons, tout désigne la correspondance pour être la première brique d’une telle entreprise. En effet toute édition imprimée de ce corpus en expansion modelé par la réapparition des lettres est vouée à une obsolescence rapide, et la nature interdiscursive du texte épistolaire, en prise sur son époque, en fait le premier réseau intertextuel de l’œuvre.»

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Notre opinion :

Relativement familiers avec les éditions qui précèdent (sauf la première, bien entendu - quoique l'on peut s'en faire une idée à partir de sa traduction en anglais par C. K. Moncrieff, traduction sur laquelle nous reviendrons), nous en sommes venus à la conclusion que quellle que soit l'édition dans laquelle on lira À la recherche, l'essentiel de ce roman plus ou moins autobiographique tel que conçu par Proust demeurera toujours le même.

L'oeuvre est assez riche pour être lue avec ou sans les modifications que lui ont apportées, au début, Rivière, Paulhan et Robert Proust ; Clarac et Ferré par la suite ; et finalement Tardy et Milly (avec ou sans le texte de Nathalie Mauriac [Dyer]) car :

Dès Clarac et Ferré, l'on aura compris que À la recherche est une oeuvre qui, malgré les interventions de différents éditeurs, interventions devenues nécessaires par le désordre dans lequel les manuscrits ont été retrouvés, peut être considére comme étant, pour un lecteur avisé, tout à fait cohérente, terminée même, mais pas nécessairement dans un ordre totalement fixe. Le choix de faire débuter - exemples que nous avons déjà mentionnés - Le Temps retrouvé à deux endroits différents (Clarac-Ferré v. Tadié), la disparition habitellement peu remarqué de la mère du narrateur parti prendre le thé chez une dame qui a peu d'impact sur l'ensemble de la narration et même les deux morts d'un personnage (quand ce n'est pas la réapparition d'un autre décédé plusieurs pages [lire : mois] auparavant) n'auront, quelle que soit l'édition dans laquelle on voudra  lire À la recherche du Temps perdu aucune importance.

Alors dans quoi lire Proust ?

En attendant que les cinq éditions mentionnées ci-dessus soient disponibles électroniquement, notre suggestion première est de considérer d'abors ses habitudes physiques de lecture. Elles sont très importantes, ces habitudes, quand on entreprend la lecture d'une oeuvre de 3,000 pages... - Et puis, il y'a aussi la question du coût : l'édition Tadié, en quatre volumes, par exemple, représente quand même un déboursé de plus de 300 Euros ou 500 $ (Can).

Celle que nous trainons avec nous... dans nos lecteurs ? - La version 1947-1949 contenue dans Les oeuvres complètes de Marcel Proust disponible chez Amazone-Kindle pour la somme astronomique de 2,99 $ - Deux dollars et quatre-vingt-dix-neuf cents ! - Avec, en prime toutes les autres oeuvres publiées de Proust, y comrpis ses traductions de Ruskin.

Celles que nous avons dans nos bibliothèques ? Les deux versions de La Pléiade (Paul) et la version Milly (Copernique)...plus quelques volumes parus en format poche (pour les préfaces), l'édition Bouquins et diverses traductions en anglais.

Copernique Marshall et Paul Dubé

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