«La carriole chargée, rênes
en main, Cocotte, la jument grise, descendit de son pas assuré la pente
ombragée, poursuivit son chemin d'un trot tranquille jusqu'au château où elle
s'arrêta d'elle-même devant la porte d'entrée.»
(Victoire de Montesquiou - Je suis née un dimanche - Préface de Jean d'Ormesson de l'Académie
Française - Éditions Jean-Claude Lattès, 1990)
«- Veux-tu que nous
essayions de composer une histoire ? - Je ne demande pas mieux mais laquelle ?
- Effectivement, laquelle ?»
(Flaubert, Bouvard
et Pécuchet, chapitre IV)
«En une telle conjoncture,
je fis ce qu'exigeait la dignité de la science, je me tus.»
(Anatole France, Le
Crime de Sylvestre Bonnard - Jeanne Alexandre II)
Nicodème, à cause sans doute
d'un mystère du tout début du Moyen-Âge (et non pas Le Mystère de la Passion d'Arnoul Gréban comme on le mentionne trop souvent lors de la
télédiffusion des derniers matchs de la Coupe du Monde), reste rattaché à un
personnage lourd, simple d'esprit, un peu niais, peu doué intellectuellement,
quelque peu sot, dénué de jugement, crédule, naïf et inintelligent. («Ce
nicodème de Jules Verne» - Philippe Pétain ou encore «Ce nicodème de
Louis XV» - Le Duc de Castries).
Le saint, pourtant, mérite tout
notre respect :
Pharisien, il fut le seul à
défendre Jésus-Christ devant le sanhédrin. Plus tard, il écrivit un évangile,
aujourd'hui oublié, sous le nom de «Les Actes de Ponce-Pilate» dans lequel il innocente ce gouverneur soupçonné
d'avoir trop souvent pris des bains de mains et dans lequel il décrit également
- et de façon fort colorée - la descente de Jésus aux enfers.
Ses reliques furent découvertes
en 415 et il fut élu Grand Cardinal des Mers à titre posthume.
Sa fête est célébrée le 3 août
mais on rappelle son nom au cours de la collecte de la messe consacrée aux sept
douleurs de la Vierge Marie :
«Adesto,
Domine, populo tuo : ut, bati Nicodemis Martyris tui merita praeclara
suscipiens, ad impedrandam misericordiam tuam semper ejus patrociniis
adjuvetur»
(Seigneur soyez
attentif à votre peuple qui recueille le souvenir des mérites éclatants de
votre Martyr, le bienheureux Nicodème ; et faites que l'appui de sa prière
nous aide à implorer votre miséricorde.)
Notre
photo :
Saint
Nicodème, lors de la descente de la croix, arrachant les clous des pieds du
Christ. (Église Saint-Martin, Caen.