Dès la présentation de Jésus
au Temple, le vieillard Siméon avait prédit à Marie qu'un glaive de douleur
transpercerait son coeur maternelle.
(Nous rappelons à nos auditeurs qui ne seraient pas
versés dans la mythologie de l'Église romaine - dont le siège social se
trouve aujourd'hui au Vatican - que Marie fut la mère de Jésus-Christ qui,
iconographiquement, est souvent représenté mi-nu, crucifié et porteur d'une
couronne d'épines.)
Cette prédiction se réalisa d'abord par la fuite en
Égypte - ce que nos amis anglophones appellent la
«pain number one».
(On a peu parlé de ce voyage qui aurait eu lieu vers
l'an deux ou trois avant Jésus-Christ. Sans doute est--ce dû au fait que -
l'histoire nous l'apprend - Jésus-Christ serait né quatre ans avant
lui-même.)
Notre-Dame eut ensuite la douleur de chercher son
fils pendant trois jours («pain number two»).
(L'histoire situe cette épisode vers l'an quatre ou
cinq de l'ère chrétienne soit à une époque où Jésus-Christ aurait eu huit ou
neuf ans. - La mythologie catholique veut que, pendant ces trois jours, notre
sauveur ait été enseigné la théologie à Jérusalem ce qui, selon nos coutumes
actuelles, semble peu vraisemblable mais on sait que l'enseignement, pendant
longtemps, a surtout consisté en un professorat où l'enseignant posait des
questions à ses élèves, technique qu'a repris, depuis, l'Université de
Napierville.)
Vint ensuite - «pain
number three» - la séparation.
(On ne saurait trop insisté
sur le fait qu'il ne s'agit pas ici de la séparation de Marie et de Joseph,
son époux, mais bien de la séparation de Marie et de son fils, alors âgé de
quelque trente ans*, ce dernier ayant décidé d'abandonner le métier de
menuisier pour se consacrer à une vie plus publique qui allait consister à
prononcer des discours, à faire des miracles et à nourrir des foules à l'aide
de quelques poissons et quelques pains**.)
(*) Le Professeur Léomey de
Saint-Fulgence (Var) soutient que les enfants, du temps du Christ, avaient
tendance à habiter longtemps avec leurs parents, qu'ils se faisaient rarement
tatoués et que le piercing était, à ce moment-là, pratiqué uniquement
par les membres de certaines tribus sud-africaines et quelque peu en Asie.
(**) Les chiffres de quarante
poissons et de quarante pains sont généralement avancés.
La
«pain number four» vint quelque trois ans
plus tard lorsque Marie rencontra à nouveau son fils dans des circonstances
sur lesquelles les évangiles ne nous donnent que peu de détails.
(On situe cette scène vers
onze heures, midi - peut-être même dix heures (dix heures et demi étant
l'heure la plus probable) - , un certain vendredi de mars ou d'avril de l'an
trente-trois (ou vingt-neuf). De passage [?] à Jérusalem* (Al-Quds) - dans ce
qui est aujourd'hui la partie de la vieille ville - Marie aurait, ce jour-là,
croisé son fils fraîchement flagellé, couronné d'épines [voir ci-dessus] et
porteur d'une croix. - On ne sait si cette croix était déjà assemblée ou si
elle était, comme c'était la coutume à l'époque, encore en deux morceaux.)
(*) Une tradition orale veut
que la vierge aurait habité au numéro 7 - aujourd'hui détruit - de la rue
Haram al-Charif, près du tunnel d'Ézéchias, à quelque 400 mètres de l'endroit
où fut construite la piscine de Siloé**.
(**) Ne pas confondre ce
Siloé avec Gil de Siloé, le sculpteur flamand, actif à Burgos dans le
dernier quart du XVe s. et qui fut l'auteur, à la chartreuse de Miraflores,
d'un retable et de tombeaux d'un style gothique exubérant.
Les trois autres douleurs
«pain number five
to seven» sont associés à ce qui s'est passé par la suite :
Eut lieu d'abord la
crucifixion (voir à De
la crucifixion du Christ du
Révérend Chasuble) qui fut suivi de la présence de Marie au pied
de la croix et puis de la réception - toujours par Marie - du corps inanimé
de son fils.
«Stabant juxta Crucem Jesu
mater ejus, et soror matris ejus Maria Cleophae, et Salome et Maria Magdela»
nous rapporte le Cardinal Spitmann.
Sur cette Marie Clephas,
soeur de sainte Anne, la mère de Marie, peu de renseignements nous sont
parvenus. On sait cependant que la Salomé au pied de la croix n'était pas
la princesse juive («jewish
princess»), fille d'Hérodiade qui, après une danse demeurée célèbre et
poussée par sa mère, finit par obtenir de son beau-père, Hérode Antipas*, la
tête de
saint Jean-Baptiste : il s'agissait en effet
de sainte Marie Salomé, épouse de Zébédée, la mère de saint Jacques le Majeur
et de saint Jean.
(*) On doit à
cet Hérode Antipas le nom d'un plat composé de viandes
froides et de légumes marinés
Quant à Marie-Madeleine,
connue pour ses jupons, les Évangiles nous parlent de trois femmes auxquelles
pourrait être appliqué ce nom : la pécheresse (Luc, VII, 36-40), Marie de
Béthanie (Luc, X, 38-42 et Jean, XI, 1 et 44) et Marie Magdala (Luc XVIII, 2
et XXIII, 27-29 ; Matthieu, XXVII, 55 et Jean, XX, 1-18). - On peut, selon
une tradition datant de l'an 867, admettre qu'il s'agit de la même personne
qui, convertie par Jésus, se serait mêlée aux deux autres femmes au pied de
la croix.