Il est venu à mon attention que certains chrétiens et
certaines chrétiennes suivaient, depuis quelque temps, une mode qui veut qu'on
l'on remette en doute le fait incontestable que Jésus-Christ, notre Sauveur,
ait été crucifié pour effacer cette tare originelle qui nous marque tous
depuis qu'Adam et Ève aient, contrairement aux directives reçues du Très-Haut,
goûté le fruit drupe d'un certain arbre que l'on consomme encore de nos jours
frais ou cuit (en compote, en gelée, en pâtisserie) et dont le jus fermenté
fournit le cidre.
Il est vrai que les Évangiles nous enseignent que
Jésus-Christ a d'abord été condamné par le sanhédrin le soir de la Pâque
[juive] même si la loi judaïque de l'époque interdisait au sanhédrin de se
réunir durant le temps pascal.
Il est vrai également que les Évangiles précisent que ce
même sanhédrin, l'ayant condamné à mort, a fait appel à Ponce Pilate pour
qu'il soit crucifié ; or, le sanhédrin aurait pu tout aussi bien condamner
Jésus à être lapidé - ce qui était la coutume de l'époque - sans passer par le
gouverneur de la Judée.
Il n'est pas dit ce pourquoi le sanhédrin a condamné
Jésus. - Il est cependant généralement admis et historiquement exact que la
crucifixion était, dans l'Empire Romain réservé qu'aux personnes ayant commis
un crime contre l'état. - Quel crime aurait-il alors commis pour être ainsi
traité ?
Le titre «Roi des
Juifs»
est mentionné dans les quatre Évangiles... - Serait-il que
Jésus-Christ, notre Sauveur, ait eu des velléités monarchiques qui attirèrent
sur lui l'attention des Romains ?
Une explication récente nous a été fournie par le
Révérend Giuseppe Larose de l'Église
Baptiste des Saints du Beau Christ :
Les Évangiles, écrit-il, ont été composés
après la révolte juive de 69 à 74 a.d., c'est-à-dire, au moment où, à toutes
fins utiles, le judaïsme n'existe plus en tant qu'organisation sociale,
politique ou militaire. Or, poursuit-il, il faut se rappeler que ces
Évangiles étaient surtout destinés aux gentils, c'est-à-dire aux Grecs et aux
Romains (particulièrement aux Romains) et qu'il eut été malhabile de leur
imputer la mort du Christ. - Aussi, le blâme en a été transféré aux Juifs.
Habile interprétation.
Jésus-Christ révolutionnaire ? Anti-romain ? - Voila ce
qui expliquerait sa condamnation par une administration romaine et une cour
romaine à une sentence romaine exécutée par des soldats romains.
Oui mais Pilate ne s'en est-il pas lavé les mains ?
n'a-t-il pas offert à la foule le choix entre Barrabas et Jésus (selon une
coutume du temps de Pâque) ? - Autre invention nous dit le Révérend
Larose : une telle coutume n'a jamais existé dans l'Empire Romain. - Il
existe cependant une autre coutume qui veut qu'un homme condamné à la
crucifixion ne soit pas inhumé mais laissé sur sa croix jusqu'à ce que son
cadavre se décompose ou soit dévoré sur place par des oiseaux. - Et puis voilà
qu'on apprend que Joseph d'Arimathie, celui-là même qui alla réclamer à Pilate
le corps de Jésus était un membre du sanhédrin...
Graves questions.
Quant à la crucifixion elle-même, tout dans les
Évangiles nous portent à croire qu'elle s'est déroulée presque en privé et
dans des circonstances assez particulières :
a) Jésus est mort très rapidement - ce qui est
assez inhabituel dans le cas d'une crucifixion
b) On lui donne du vinaigre à boire : un
stimulant
c) On ne lui brise pas les jambes - ce qui était
coutume...
Mort crucifié, Jésus ? Pour des crimes commis contre la
nation juive ?
Il faut le croire car à quoi ressemblerait notre signe
de croix si Jésus, condamné par le sanhédrin, eut été lapidé ? Ou, pire
encore, s'il eut été empalé ?